Curieux de science.
Un podcast image doc.
Co-produit par Bayard Genesse et le Muséum national d'Histoire naturelle.
Bonjour !
Bonjour !
Vous allez bien ?
Oui.
Enchantée, moi c'est Grasse.
Moi je m'appelle Théophile.
Théophile.
Moi c'est Raphaël.
Et moi c'est Estélia.
Je suis trop contente de vous avoir avec moi.
On est où là ?
À la Grande Galerie de l'évolution.
C'est magnifique en tout cas.
L'éléphant, regardez comme il est grand.
Ah oui, il est très grand.
Théophile, qu'est-ce que tu vois ?
Un guépard.
Regardez la taille des giraffes.
Wow.
Et lui on dirait qu'il nous regarde.
T'as vu ?
On dirait qu'on est dans le marché de Noël.
Regarde le babou, regarde le nez.
Vous pensez qu'il existe combien d'espèces d'animaux comme ça ?
Non, beaucoup.
On les connaît toutes ?
Non.
Ça veut dire qu'il y aura encore des animaux à découvrir ?
Peut-être.
Vous savez quoi ?
On est au Muséum national d'histoire naturelle.
Et je pense qu'ici on peut trouver quelqu'un qui va nous aider.
Je vais regarder sur mon téléphone.
Alors...
Ah, l'or corbarie.
Elle travaille juste à côté, je vais l'appeler tout de suite.
Bougez pas.
Allô, bonjour.
Bonjour.
Je lis que vous êtes biologiste marine.
Taxonomiste, c'est ça ?
Vous pouvez me dire ce que c'est ?
Ben mon travail, c'est d'étudier les espèces et de les décrire.
Justement.
Je suis avec les petits curieux et on se demandait s'ils restaient encore des animaux à découvrir.
Est-ce qu'on peut venir en parler ? On est vraiment juste à côté.
Avec plaisir.
Super, à tout de suite.
Oui, elle a accepté, on va y aller.
Oui.
Bonjour.
Bonjour.
Alors c'était bien cette visite à la Grande Galerie ?
Oui.
C'était vraiment super.
Et du coup, on a plein de questions à vous poser.
Parfait.
On y va.
On vous suit ?
Les petits curieux, est-ce que vous pensez vous qui restent des espèces à découvrir ?
Oui, oui.
Peut-être qu'elle serait toute petite à notre œil et qu'on pourrait pas les voir à l'œil nu.
Ben peut-être dans les fonds marrants.
On a des endroits compliqués du accédé.
Et oui, vous avez tout à fait raison, il reste encore beaucoup d'espèces à découvrir.
On connaît 2 millions d'espèces sur la Terre.
C'est déjà beaucoup de millions.
Oui.
Mais en vrai, on estime qu'on aurait peut-être 10, voire 15 millions qui seraient présentes sur la Terre.
Donc vous vous décrivez les espèces que vous avez découvertes ?
Oui, c'est une partie de mon travail.
Une partie de mon travail est aussi d'aller les chercher, d'aller faire des inventaires de la biodiversité.
Comment vous faites pour découvrir les espèces ?
Ben voilà, on va justement comme vous avez dit tout à l'heure dans des endroits qui sont un peu reculés
ou alors des endroits pour lesquels il n'y a pas eu d'études scientifiques depuis très longtemps aussi.
Moi, comme je travaille en blanche marine, on s'en va soit sur des bateaux,
soit on s'en va avec des équipes de plongeurs pendant 15 jours, 3 semaines, un mois,
des fois un peu plus, dans certains endroits, pour récupérer toute la biodiversité de cet endroit.
Ça, c'est la première étape.
Après, on ramène tout ça ici au muséum et on va pouvoir commencer à les étudier.
Pas tout seul, on les étudie avec plein de gens un peu partout dans le monde.
Est-ce que vous avez déjà découvert des espèces ?
Oui.
Comment ça se passe ?
Ben non, je...
Comment je fais pour aller chercher des nouvelles espèces ?
Oui, et avec qui ?
Donc on s'en va avec une équipe, ça dépend, ça peut être 10 personnes
et des fois on est partis jusqu'à 50 ou 60 personnes.
On s'en va, il y a une zone qui a été choisie dans le monde
pour lequel on pense qu'il y a une forte chance qu'on trouve beaucoup d'espèces
pour en faire l'inventaire, pour qu'on sache les espèces qui sont présentes dans cette zone-là
et potentiellement, il doit aussi y avoir peut-être des nouvelles espèces.
Je peux vous expliquer sur le bateau par exemple.
À votre avis, comment on fait pour récupérer des animaux dans les océans ?
Elle est en plongée.
Alors à la plongée, c'est déjà un premier point pour aller récupérer des animaux
mais les océans, c'est quand même très très profond.
L'océan Atlantique, au milieu, c'est entre 3500 et 4000 mètres.
Là, les plongeurs, ils peuvent pas y aller.
On peut peut-être utiliser un sous-marin, enfin...
On peut aussi mettre une caméra.
La caméra, c'est très intéressant.
Par contre, ça ne permet pas de ramener les animaux pour pouvoir les étudier,
ça permet juste de les voir.
C'est déjà très intéressant.
Les sous-marins aussi, mais on peut pas récupérer beaucoup.
Et après, il y a un autre moyen qui est tout simple.
Qu'est-ce qu'ils mettent dans l'eau les pêcheurs ?
Des filets.
On s'est inspiré des techniques de pêche
et on a deux enjins qui nous permettent d'aller gratter
sur le fond des océans pour récupérer des animaux.
Est-ce qu'il y a des endroits où on n'est pas encore allé ?
Oui, bien sûr, il y a des endroits sur Terre où on n'est pas encore allé.
On estime qu'on a exploré à peine 20% des océans.
Il y a des endroits qui sont très difficiles d'accès
mais il y a des endroits aussi dans des forêts, qui sont aussi difficiles.
Tu coules la forêt amazonienne ?
La forêt amazonienne, moi, j'ai des collègues qui sont allés en 2014.
Ils ont fait une mission en Guyane.
En plein milieu de la forêt amazonienne, ils sont restés un mois
pour aller regarder toute la biodiversité.
Donc beaucoup d'insectes, de plantes.
Ils ont trouvé aussi des nouvelles espèces de grenouilles.
Donc pour pouvoir découvrir des nouvelles espèces,
il faut passer du temps sur le terrain pour aller explorer.
Comment on fait pour savoir que c'est des nouvelles espèces ?
Bah peut-être qu'ils les écrivent après, sur une feuille.
Quand on est naturaliste, ce qui est important, c'est observer la nature.
C'est ce qu'on fait sur le terrain.
Et ensuite derrière, c'est observer les spécimens qu'on a ramenés.
Et on va pouvoir ensuite comparer avec les autres spécimens,
parce qu'on connaît un petit peu et puis surtout il y a des livres,
il y a des écrits, des informations qui nous permettent de dire
cette espèce est proche d'une autre.
Mais attention, je l'ai observée et je vois qu'elle est différente
et que je ne trouve nulle part ailleurs.
Donc ça veut dire que c'est une nouvelle espèce.
Qu'est-ce qu'on fait quand on découvre quelque chose de nouveau, les enfants,
pour en parler ?
Toi, t'es au fil, tu ferais comment pour nommer une nouvelle espèce ?
Peut-être par rapport à son image, enfin, quand on le voit.
Oui, elle est physique, à quoi elle ressemble ?
Là, on l'a découvert.
Oui, il y a le système de ce qu'on appelle la nomenclature.
C'est comme un alphabet qui nous permet de classer les espèces entre elles.
Par exemple, j'ai décrit avec un collègue, un petit crustacé
qui s'appelle Papoie d'Ocus, Bloody Wye.
Papoie d'Ocus, parce qu'il venait de Papoisine-Nouvelle-Guinée.
Et Bloody Wye, c'était un mot.
Alors, le langage de Papoie d'Ocus, ça voulait dire,
en pijine, provient du bois, parce que je l'avais trouvé
à l'intérieur d'une écorde de bois et qu'on pense que c'est là où il habite.
Vous avez dû voir dans la grande galerie des noms d'espèces,
qui sont écrits en latin.
Vous en avez vu ?
Oui.
Vous avez vu que c'est composé de deux mots.
C'est comme votre nom et votre prénom.
C'est un peu pareil pour les espèces.
C'est le nom de genre et le nom d'espèces.
Et ensuite derrière, il y a le nom d'une personne,
qui est la personne qui a décrit cette espèce.
Et il y a la date qui nous permet de dire
quand il a décrit cette espèce.
Quand on veut décrir une nouvelle espèce,
on n'a pas le droit de la nommer à son propre nom.
Par contre, j'ai des espèces, par exemple, qui m'ont été dédiées,
parce que comme j'ai été les ramener et que je les ai données à quelqu'un d'autre,
pour me remercier, il y a des gens qui ont donné le nom d'espèces
avec mon nom, mon prénom.
Donc il y en a qui s'appelle Corbariahe,
pour mon nom Corbari, ou l'Oraé, pour mon prénom, l'or.
Est-ce qu'il y a encore des gros animaux qu'on n'a pas découvert ?
Il y a sans doute des gros animaux qu'on n'a peut-être pas découvert,
mais il y en a moins que les petits.
Les petits, c'est ça qui est magique, c'est que des fois tu as un échantillon,
puis tu as mélangé avec du sable, des choses.
Et puis c'est un peu chercheur d'or, on met ça sous un microscope.
Puis avec une pince, on cherche les petits animaux.
Puis des fois, on en trouve et ils ont des formes complètement bizarres, atypiques,
et on les a jamais vues.
Est-ce qu'on peut encore découvrir des animaux en France ?
Oui.
On a fait une mission en Corse entre 2019 et 2021,
parce que ça faisait très longtemps qu'il n'y avait pas eu d'inventaire en biologie marine,
mais également au niveau terrestre.
On s'est dit, bon, on va refaire notre travail d'inventaire,
mais peut-être il y aura pas de nouvelles espèces, mais si si.
Il y a une nouvelle espèce de mouche qui a été décrite,
et il y a une espèce de verre également qui a été décrite.
On sait qu'il reste encore beaucoup d'espèces à découvrir,
et comme le dodo qui a disparu,
on sait qu'il y a beaucoup d'espèces qui sont en train de disparaître.
Et c'est bien pour ça qu'on met en œuvre toutes ces explorations scientifiques
pour continuer à découvrir de nouvelles espèces.
Merci beaucoup, leur corbari.
On va pouvoir retourner dans la grande galerie de l'évolution.
Oui, merci beaucoup, leur...
Merci à vous, les enfants !
Curieux de science, un podcast ImageDoc co-produit par Bayard Genesse
et le Muséum national d'Histoire naturelle.