Quel est le pont commun entre Josephine Baker, Maria Montessori ou Frida Kahlo ? Ce sont
toutes les femmes qui soignent aller à l'encontre des injonctions sociétales.
Oui, mais au siècle dernier et depuis, la société a changé.
Maria n'avait pas TikTok et Frida ne postait pas sur Instagram.
La génération de nos enfants, ces adultes de demain font donc face à un tout autre
monde.
Je suis Céline Steyer, votre haute maman de Madeleine et Manon et vous accueille sur le
podcast des nouvelles héroïnes, le podcast qui explore les parcours de vie de petites
filles rêveuses devenues des femmes fortes et libres et engagées aujourd'hui.
C'est aussi mon envie de transmettre à mes filles et à leur génération en racontant
des histoires de femmes d'aujourd'hui qui osent peu importe qui elles sont.
Je vous propose ainsi deux formats, un format conversationnel pour les grandes oreilles
où je vous invite à rentrer dans l'intimité de mes invités à travers leurs histoires
d'enfance et d'adolescence qui composent l'adulte qu'elles sont devenues.
Oui, un format plus court sous forme de compte un peu décalé à partager avec vos enfants
pour les aider à croire en leur puissant.
Si vous cherchez à être décomplexé et accompagné dans votre parentalité à travers un démentail
inspirant de modèles féminins, abonnez-vous car vous êtes au bon endroit.
Si cet épisode vous plaît, vous pouvez le partager en me tagant et en laissant un
commentaire et cinq étoiles sur Apple Podcast.
Je suis ravie de vous proposer aujourd'hui d'écouter au micro des nouvelles héroïnes
Lucy Codias qui est à la fois directrice de la communication et du développement
chez Action contre la Fin, professeur de yoga Kundalini et facilitatrice de cercle de
femmes.
J'ai rencontré Lucy sur les bancs d'école de commerce, puis on s'est un peu perdu
de vue avant que la magie d'Instagram nous perd.
Lucy, c'est une femme solaire qui attire la lumière comme un aimant et qui vit ses
combats et engagement avec tellement de passion qu'elle ne peut que vous inspirer.
Et comme rien n'arrive par hasard dans la vie, 15 minutes avant l'enregistrement
de l'épisode avec Lucy, j'ai eu mes premières contractions lors de ma deuxième grossesse.
Vous entendrez d'ailleurs des petits gaisouilles de ma petite fille alors âgée de deux mois.
C'était écrit, il fallait qu'elle entende aussi cette lumineuse Lucy.
Dans cet épisode, Lucy vous ouvre les portes de son enfance, sa famille, sa quête d'équilibre,
sa démarche humanitaire et son incomparable désir de libérer la parole des femmes.
J'espère que vous serez auto-inspiré et passionné par le parcours de Lucy que je l'ai été.
Je vous invite à l'écouter d'à maintenant. Bonne écoute !
Bonjour Lucy Codias et bienvenue dans les nouvelles heroines. Je te laisse te présenter.
Merci beaucoup pour l'invitation Céline, je suis super contente d'être là.
Alors, donc je suis Lucy Codias et ce qui m'anime dans mon quotidien,
j'ai peut-être envie de répondre par ça en premier. C'est la connexion et la rencontre avec les autres,
avec un grand A. C'est vraiment quelque chose qui est un fil rouge avec l'humain, avec l'humanité.
Et cette connexion, on fait tous partie d'une même humanité, je pense que c'est quelque chose qui
m'anime beaucoup et que je décline du coup dans plusieurs choses. Il y a d'une part mon métier
chez Action contre la Femme, parce que je suis directrice de la communication et du développement
depuis maintenant un an. Ça fait quatre ans que je suis engagée dans cette voie humanitaire.
Et je suis également enseignante de Yoga Kundalini et facilitatrice et formatrice de cercle de parole.
Alors le podcast, il met vraiment en exergue l'exploration de l'enfance de l'invité.
Donc, on va commencer par ça. On va essayer de voir quel était l'enfant que tu étais,
comment tu as grandi et quel était ta famille.
Alors moi j'ai grandi avec, enfin près d'Orléans déjà, à Orléans, à une heure de Paris,
d'Hydreville tranquille et avec mes deux parents, mes deux parents qui sont toujours ensemble.
Ça fait maintenant depuis 40, plus de 40 ans, 43 ans, quelque chose comme ça.
Et avec mes deux soeurs et mon frère, donc on est quatre dans notre famille.
Ce qui était intéressant de notre famille, c'est qu'on a été trois filles très proches.
Donc en l'espace de cinq ans en fait, la famille est venue s'agrandir de trois filles.
Donc moi je suis l'aînée et ensuite il y a Marion et Laure.
Et bien des années plus tard, il y a eu le bébé Surprise.
Donc ma mère avait déjà presque 40 ans et donc est venue mon petit frère, mon petit frère Jérôme.
Et donc on a 15 ans d'écart et c'est génial en fait.
C'est une relation vraiment géniale d'avoir un petit frère comme ça qui a 15 ans de différence.
J'ai eu une enfance très chouette avec beaucoup de moments, en fait ce qui me vient en fait quand je te parle là comme ça.
C'est beaucoup de moments assez convivio où ma mère a adoré cuisiner en particulier des gâteaux.
Donc vraiment le rassemblement si tu veux, des moments familiaux, c'était souvent autour des gâteaux.
Et en fait tu vois, une des images qui me vient là en tant parlant, c'était nos goûteres anniversaires qui étaient des événements assez attendus dans l'école.
Parce que ma mère faisait vraiment des gâteaux, tu sais, assez spectaculaire en forme de quelque chose.
En forme de manège, en forme de papillon, en forme de lion.
Il y avait vraiment plein plein plein de choses, elle est quand même hyper douée et elle était assez,
enfin elle était super douée aussi pour faire les déguisements, des spectacles de marionnettes.
Et c'est ça qui me vient en tête en tant parlant, je pense que tu vois dès le début, ça me fait dire qu'il y avait en fait ce goût pour la fête aussi.
Et de célébration en fait, je pense que c'est quelque chose que j'ai vraiment gardé et que je continue d'ailleurs à utiliser dans ma vie de manager.
De ma maitreuse, c'est de célébrer les choses du quotidien et y compris dans la vie professionnelle.
Mais donc une célébration qui est très créative, tu étais dans un environnement très créatif.
Oui.
Est-ce que ta maman, qu'est-ce qu'elle faisait comme métier ?
Alors ma maman, ça qui est intéressant, tu fais bien poser la question.
En fait, maman, elle a toujours travaillé dans le social.
Elle a une carrière en fait, en tant que travailleuse sociale pendant 40 ans.
Et alors ce qui est très drôle, c'est qu'elle a fait plein de choses.
Elle a commencé vraiment à accueillir les communautés immigrées près d'Orléans.
Donc dans les cités, au départ, elle a vraiment accueillir, elle a beaucoup travaillé avec les femmes notamment.
Donc il y a vraiment des choses que j'hérite d'elle et je me rends compte mais bien des années plus tard.
C'est ça qui est incroyable.
Et elle a tout au long de sa carrière fait beaucoup de choses autour du lien.
Autour du lien avec différentes cultures, différentes personnes et à travailler pour une bonne intégration
des personnes qui rejoignaient notre pays ou des personnes d'ailleurs françaises
qui avaient aussi besoin de soutien à des moments donnés.
Et ce qui est très drôle, c'est que quand j'étais ado, je voulais absolument pas faire comme elle.
C'était hors de question.
Je me suis dit, un métier faut aider les autres mais toute la journée, c'est pas possible.
Et j'ai pas du tout envie écouter les problèmes et tout.
Non, non, non, non, non.
Alors évidemment, je me rends compte que je fais quand même quelque chose de très similaire maintenant
même si c'est quand même un petit peu différent.
Mais il y a quand même, on va dire, la fibre qui est là.
Et mon père, mon père a été enseignant de sciences physiques dans un collège aussi pareil.
Donc pendant de nombreuses années et de lui, je me rends compte c'est pareil, c'est très récent.
Depuis, je pense peut-être là, cette dernière année, c'est vraiment tout neuf
que j'ai vraiment le goût de la transmission.
Et ça, c'est quelque chose qui m'anime énormément la transmission
dans tout ce que je fais, que ce soit dans la vie professionnelle
ou dans le yoga ou dans les formations que je donne pour pouvoir faciliter des cercles de parents.
Mais du coup, cette transmission, tu l'as déjà...
elle était déjà présente avec tes soeurs et ton petit frère.
Je ne sais pas trop si elle était déjà présente peut-être de façon inconsciente
parce qu'étant l'aînée, je pense que j'ai vraiment...
je dis souvent en parlant de moi que j'ai un côté un peu mama italienne, tu sais.
En fait, finalement, c'est marrant que tu me poses cette question, c'est hyper intéressant
parce que je donne des cours de yoga sur des archétypes féminins.
Et donc là, je l'ai donné, le dernier cours de yoga que j'ai donné,
c'était sur l'archétype de la mer.
Au début, c'est marrant si cette archétype ne me parlait pas du tout.
Je pense que j'avais une très mauvaise compréhension de ce que ça voulait dire derrière.
Et au final, je me suis rendu compte en me plongeant dedans et en préparant tout ça
à quel point j'étais extrêmement connectée à cette fibre-là
et c'est venu, bien sûr, en étant la grande soeur de tout ce petit monde.
Je pense qu'il y a un côté en moi qui est très protecteur.
Et évidemment, le côté, tu sais, le côté face de la pièce
auquel je dois faire absolument attention, c'est un côté sauveur
qui que j'apprend à comprendre et que j'apprend à désinguer, j'ai envie de dire,
parce qu'en fait, quand on avance sur notre chemin,
on se rend compte qu'on peut sauver personne à part soi-même.
Donc voilà, donc c'est ça qui est intéressant.
Le protectrice, ouais, je dirais que j'ai un côté mama italienne, protectrice.
Et en fait, tu as créé ce insère de soeur.
Vous étiez très très lié les trois avec tes deux soeurs.
Écoute, on est devenus très liés, plutôt quand on est devenus plus adultes.
Je pense qu'à l'adolescence, on était dans des mondes un peu différents.
C'est-à-dire que moi, tu sais, j'ai eu une adolescence qui n'était pas top-top.
J'ai beaucoup souffert en fait, j'étais en surpoids,
j'étais pas du tout bien dans ma peau.
Donc en fait, j'étais complètement rebelle par rapport à tout ce qui était autorité.
Je supportais pas du tout l'autorité.
Ça a commencé par l'autorité de mon père, bien sûr,
une énorme opposition par rapport à mon père,
qui m'a permis de grandir et d'avancer sur mon chemin, bien sûr.
Et donc par rapport à mes soeurs, l'entente n'a pas toujours été au beau fixe
pour dire vraiment la vérité, pas du tout.
Et je pense qu'en fait, c'est contre nous-mêmes, avons fait nos chemins personnels,
que là, on s'est vraiment réunis.
Et maintenant, on a des liens qui sont très profonds.
Parler un peu ton adolescence, qui était difficile.
Comment tu en es sortie ?
Comment tu es sortie de cette période ?
Oh là là, j'en suis sortie tard, très tard.
Ça a pris beaucoup de temps.
En fait, tu sais, pour remettre dans le contexte, on est dans les années 90.
Donc je sais pas si tu vois, mais c'est les modèles...
Bah ouais, on a exactement le même âge, Céline.
Alors du coup, les modèles qu'on avait, c'était la catastrophe.
Tu sais, c'était les grands top-modèles,
les Cindy Crowford, les Claudia Chiffre.
Comment se construire quand tu es un ado...
Voilà...
Ouais, un peu avec des...
Des points de souffrance qui s'exprimer régulièrement,
avec des modèles féminins qui étaient ceux-ci.
Je trouve que c'est...
Tu vois, la grande chance que les ados ont aujourd'hui,
c'est d'avoir accès à beaucoup plus de modèles féminins.
Et ce que tu fais d'ailleurs avec son podcast à ce titre-là,
c'est absolument fantastique.
Donc en fait, j'ai eu un rapport au corps,
qui était absolument catastrophique.
Donc j'étais en surpoids,
et j'étais très très mal dans mon corps.
Donc j'étais très mal avec moi-même,
j'étais très mal avec les garçons,
alors que ça fait partie de cet éveil,
en fait, de la jeune fille, quoi.
De prendre conscience, d'être curieuse.
Voilà, les premiers amours, les premières relations.
Et moi, j'étais au contraire tétanisée dans mon coin.
Et il m'a fallu beaucoup de temps et beaucoup de travail sur moi,
avant de réussir à devenir progressivement la femme
que je suis aujourd'hui.
Et je sais que l'image que je renvoie,
c'est quelqu'un qui a une confiance en elle,
vraiment assez incroyable.
Mais c'est un message d'espoir que je donne là,
parce qu'en fait, ça s'est construit vraiment,
tu vois, au fur et à mesure des expériences.
Et il m'aura fallu, je sais pas, te dire vraiment d'année.
En fait, je crois que le déclic,
ça a été quand j'ai été capable
de commencer à me regarder avec amour,
et de commencer à regarder mon corps avec amour.
Et ça, ça m'aura pris au moins 10 ans, 15 ans,
vraiment.
Quand t'avais 20 ans, même après l'école de colère ?
Lâgement, même après 30 ans.
Il était la coutiflucie avant de devenir Lucie à nous.
Oui, c'est ça.
La petite Lucie, elle était...
J'ai toujours été une enfant joyeuse.
Tu vois, j'étais un peu le genre, le petit clown.
Et tu vois, la joie, ça fait vraiment partie de moi.
C'est quelque chose que j'ai gardé.
Je suis quelqu'un de nature très optimiste.
Et je suis quelqu'un, tu vois,
mon sourire, c'est moi, c'est ma nature.
Et ça, c'est vrai que j'ai toujours été comme ça en étant petite.
Maintenant, tu sais, il y a un côté un peu plus triste.
C'est-à-dire que souvent, je me suis mise en fait comme responsabilité
de faire les adultes, et notamment mon papa,
qui a traversé une dépression très grave quand j'étais enfant.
Et donc j'essayais tout simplement de lui donner le sourire
et donner le sourire à ma mère.
Donc il y a eu aussi, moi, j'ai dû apprendre à déconstruire en fait ça
et à me poser la question,
qu'elle ait ma joie profonde à moi,
sans vouloir plaire et faire rire les autres.
Ma mère avait dessiné un ferpart,
tu sais, qu'on envoie pour annoncer la naissance.
Et je sais pas d'où elle avait été inspirée,
ma mère est quelqu'un de très connecté.
Et elle avait dessiné un petit bonhomme
qui marchait avec son baluchon,
tu sais, à l'ancienne avec un baluchon vraiment sur les pôles.
Et une belle route comme ça, sinueuse,
avec un magnifique, alors levé ou couché de soleil,
je ne sais pas, mais un magnifique soleil, en tout cas un magnifique lumière.
Et en fait, des petites, je voulais être ce bonhomme.
Je voulais être à tout prix, ce personnage.
Je dis, mais moi, je veux être ça, qu'est-ce qu'il fait ?
C'est qui lui ?
Et elle me dit, bah,
elle me dit, c'est un pelrin.
Et bah, c'est vraiment venu nourrir ce côté pelrin
si on devait lui donner un nom que j'ai en moi.
Et tu vois, il y a le côté en fait de voyage,
découverte et le pelrin certes, il est seul à des moments,
mais il va aussi à la rencontre des autres.
Et il va aussi à la rencontre en fait de personnes
qu'ils ne connaissent pas, d'endroits qu'ils ne connaissent pas.
Et donc ça, c'est quelque chose qui finalement,
quand tu m'as posé cette question,
et je trouve ça génial que tu possèdes questions,
parce que ça fait mettre en perspective tellement de choses.
Je me dis, bah, en fait, dans cette image,
tout était là dans ce que je suis maintenant.
Et quelle était la définition du pelrin que tu donnais tes parents
quand tu leur posais la question ?
Il y avait un côté quand même très spirituel.
Tu vois, il y avait un côté qui était...
Alors moi, j'ai été éduquée dans une religion catholique.
Et après, très vite, dans des temps à dos,
je me suis assez rapidement détachée,
mais j'aimais quand j'étais enfant, d'ailleurs,
tu sais, j'étais même enfant de cœur.
Ça sentait que je raconte pas beaucoup,
parce que j'aimais cette ambiance des églises.
J'aimais en fait ce silence qui venait déjà
à nourrir mon âme d'enfant.
Mais évidemment, je le conscientisais pas du tout,
j'étais une enfant, tu vois.
Donc il y avait ce côté spirituel,
il y avait ce côté, en fait,
d'être bien avec soi,
mais pour être bien avec les autres.
Il y avait ce côté de comment aller...
Comment être dans le partage, en fait ?
Ce qui est important pour moi.
Et là, je me rends compte, avec le travail que je fais,
tu vois, moi, mon job quand même,
c'est de mobiliser, d'expliquer le problème
de la fin dans le monde et comment se fait-il
que des personnes n'arrivent plus à se nourrir
dignement et correctement,
alors qu'on a tous les moyens pour le faire.
Exactement.
Et de faire en sorte de les soutenir, en fait.
Donc clairement, tu vois bien qu'il y a déjà un lien,
par rapport à ça, qui est quand même assez fou,
quand on y pense.
Tu as une vie et tu as un continuème pelerinage, en fait.
Oui.
C'est ça, tu sais.
Il est sans fin, en ce pelerinage.
Il est sans fin, parce que tu vois, c'est exactement ça,
parce que qu'est-ce que c'est un pelerinage, en fait ?
Pour moi, c'est...
ça, là, le rencontre de soi et de savoir, en fait,
ce qui nous fait du bien, ce qui nous anime,
ce qui nous met en joie.
Tu vois, c'est une expression que j'utilise beaucoup.
C'est qu'est-ce qui nous donne de la joie.
Et comme t'as dit, en fait, on se rend compte,
finalement, que quand on va vers ce qui était déjà là,
quand on était en France, c'est ça qui bimbe.
C'est comme si on appuie des boutons, tic, tic, tic, tic, tic.
Et là, tu vois, ça s'exprime.
C'est comme une explosion de bonheur, de joie,
tout notre être vient viderer.
Et il y a aussi un dernier élément dans ton...
Tu vois, tu me demandais comment mes parents m'expliquaient ça.
Il y a aussi la connexion avec la nature.
Tu vois, dans ce côté pelerin, c'est d'être vraiment
en connexion très profonde avec la nature.
Et là, je m'aperçois à quel point, dans ma vie,
c'est un élément absolument...
Et à Adolescent, j'ai commencé à avoir une colère envers tout.
Et envers tout ce qui représentait une forme d'autorité
ou une forme de soumission.
Où on m'enlevait mon pouvoir de décision à moi,
même si j'étais encore une jeune adolescente.
Tu vois, 13 ans, 14 ans, 15 ans,
mais j'ai passé de mes 13 ans à mes 20 ans très en colère.
Cette colère aujourd'hui, elle...
Déjà, j'ai appris à l'identifier, à lui parler,
à la transformer parce que la colère en tant que tel,
c'est une émotion, c'est un sentiment, c'est quelque chose de très fort,
mais qui n'est pas forcément négatif
si elle est utilisée et transformée à bon escient.
Tu vois, c'est-à-dire...
Tu vois, en yoga, pundalini,
on parle beaucoup des chacras, des centres énergétiques,
donc la colère, elle est assimilée à l'élément du feu
et le feu, c'est un élément transformateur,
c'est un élément qui va permettre d'alchimiser
une émotion et de la transformer,
de se transformer d'un état à un autre.
Et donc, cette colère, finalement, je me rends compte aujourd'hui
que, bon, je l'ai beaucoup dirigée contre moi
pendant des années et des années, jusqu'à très, très tard.
Jusqu'à très, très tard, et même encore, pour être très honnête,
encore un peu, parfois maintenant.
Et c'est un travail que je fais tous les jours,
mais cette colère, elle m'a aussi permis d'agir.
Tu vois, elle m'a permis d'agir
et elle m'a permis de me dire, de m'élever
quelque part contre l'injustice,
contre les injustices que je constatais en voyageant.
Tu vois, j'ai toujours été passionnée de voyage,
ça, c'est la pelerine version moderne,
qui, du coup, allait découvrir le monde.
Et quand j'ai commencé à voyager toute seule,
voilà, donc on est en plein dedans,
et je voyais, tu vois, les gens, mon premier voyage toute seule,
c'était au Cambodge, c'était en 2011, quelque chose comme ça,
2010, 2011, et je voyais les gens qui avaient faim.
Et là, je me suis dit, mais, mais, mais, mais,
plus naît, c'est pas possible, quoi, c'est pas possible.
Et donc, tu sais, plus ça allait, plus je trouvais,
plus j'avais un décalage avec,
avec ce que je, avec, avec, avec comment dire,
ce qu'on m'avait vendu comme étant du bonheur,
toi et moi, on a fait la même école de commerce.
Et finalement, bah moi, tu sais, ce qui s'est passé,
c'est quand j'ai atteint mes 30 ans, je me suis dit,
ok, bah j'ai coché toutes les cases, mais en fait,
je me sens mes complètement vides.
Et plus je partais en voyage et j'étais exposé
à, à, à, au monde, quoi, aux gens,
à leur réalité de tous les jours,
et plus j'arrivais pas à me remettre dans ce moule,
dans ce moule de la case estampillé, bonheur,
vas-y, c'est ça le truc, tu serais directrice marketing,
ou je ne sais quoi, et ça sera génial,
et tu vas kiffer ta vie, pas du tout.
Donc, cette colère, si tu veux,
elle est, elle est venue vraiment grandir, en fait,
au fur et à mesure, et c'est ça qui m'a permis de tout quitter.
Donc je remercie vraiment cette colère finalement,
qui était, qui était là, hein,
qui a grandi au fur et à mesure de mes années,
mais c'est ça qui m'a permis de dire, ok,
stop, et j'ai tout quitté à l'âge de 30 ans
pour partir voyager toute seule.
C'était quoi ce jour où j'ai dit bon, c'est fini, j'arrête.
Écoute, en plus, effectivement,
c'était, j'avais atteint une situation confortable,
mais que j'avais créé moi-même, parce que j'avais monté
ma propre agence de com, donc tu vois,
j'étais pas non plus dans la sécurité de l'emploi, etc.,
tu vois, mais effectivement, j'étais arrivé,
et je ne l'avais pas créé toute seule, on était trois,
à un confort de vie que j'avais jamais connue,
je gagnais très, très, très, très bien ma vie, voilà, etc.
En fait, tu sais, je pense que c'est mon corps,
mon corps a lâché, mon corps a décidé à ma place.
Donc, à un moment donné, j'ai juste pu,
j'ai pas pu ouvrir la porte de ma propre agence de com,
mon corps a refusé de faire, tu vois,
parce que mon bras puisse appuyer sur la poignée de la porte,
t'imagines le truc ?
Donc, tu es paralysée,
tu n'arrives pas à ouvrir la porte de ton agence,
et là, j'imagine qu'on vient d'ouvrir,
enfin, qu'est-ce que tu fais ?
Là, tu sais, il a fallu que j'avais pas d'autre choix
que de me rendre à l'évidence qu'il y avait
une énorme déconnexion entre la vie que je m'étais créée
et mon être intérieur.
Donc, je décide de m'arrêter,
ce qui n'a pas été facile pour moi,
parce que c'était déjà un premier pas,
vers l'aveu, et un premier pas vers la conscience
et la conscientisation de ce qui est en train de se passer.
Et là, écoute, j'ai été en épuisement vraiment physique,
donc j'ai beaucoup dormi, j'ai beaucoup pleuré,
enfin, tu vois, en étant vraiment...
je me rappelle de certaines journées,
tu vois que je passais au lit sans me lever,
mais j'étais très mal, quoi, j'étais très très mal.
En plus, tu sais, c'était il y a six ans,
donc on n'était pas encore dans tout ce...
cette mouvance, tu sais, on en parlait encore très peu du burn-out,
c'était encore quelque chose d'assez tabou,
on n'était pas encore dans cette mouvance de personnes
qui ont envie de changer de voie, qui se retrouvent plus,
et donc tu vois, une autre voie est possible.
Donc j'étais en train de me dire, mais qu'est-ce que tu as fait Lucie,
qu'est-ce que tu fais ?
Tu as vu qu'est-ce que tu fais maintenant, en fait, c'était ça,
ma question, c'est si ça, ça ne te convient plus,
ok, c'était déjà la première étape,
mais maintenant, qu'est-ce que tu fais ?
Et je crois que, en fait, tu vois, j'ai repris des forces
et en fait, le seul truc que j'avais envie de faire,
c'était de partir voyager seul.
Là, je suis partie voyager seul pendant un an et demi
en Amérique du Sud.
Donc je suis vraiment partie, genre, je voulais,
je voulais en fait, je voulais être en 7EI de voyageuse,
je voulais plus du tout.
Moi, j'ai eu de suite.
T'as vu ?
Et en fait, tu sais, les autres voyages,
Cambodge, etc., c'était mes vacances,
entre guillemets, tu vois, c'est pour ça
qu'à chaque fois de revenir dans la matrice,
c'était...
c'était mission impossible à la fin.
Et donc, à chaque fois que je voyageais
pour des petites durées, donc 2 semaines,
je rencontrais des personnes qui me tuaient,
les fameux, je pars faire le tour du monde, etc.
et donc ils voyagaient pour de longues durées
et je discutais beaucoup avec eux
et je me disais, mais un jour, ça sera moi.
Donc ça a été assez...
ça s'est imposé un peu comme une évidence,
finalement, de partir pour une longue, longue durée.
J'avais pas de dates de retour,
j'avais pas appris de billets de retour
et donc je suis partie en Colombie.
En Colombie, j'ai rejoint de mes amis
à Cartagena et j'ai sûrement
resté 4 mois parce que c'est un pays
absolument fantastique et après,
j'ai voyagé pendant un an et demi
dans l'ensemble de l'Amérique.
Et donc, t'as retrouvé cette joie.
Ouais.
Et donc, t'es revenue
à l'Amérique du Sud
au bout d'un an et demi,
ou t'es resté un an et demi en Amérique du Sud ?
J'avais pour projet de rester.
Je voulais pas rentrer en France,
je voulais m'installer...
je voulais m'installer à Rio,
j'ai pas assez 4 mois
et puis en fait,
les attentats de Paris, on en fait autrement.
Donc je suis rentrée
et là, ça a été
le bouffre.
Ça a été un moment extrêmement difficile de ma vie
parce que, bon, déjà, il y a
le choc des attentats, je pense que tout le monde
s'en souvient.
Moi, j'ai des amis qui ont été touchés de près
et il y a le décalage qu'on peut ressentir
quand on revient
de voyages
à l'étranger.
Il y a toujours cette phase d'atterrissage
qui est extrêmement difficile
à gérer.
J'étais
complètement
devant le précipice de ma vie,
c'est-à-dire que je n'avais
aucune idée de ce que j'allais faire,
de ce pourquoi j'étais faite,
de ce que j'avais à offrir au monde,
quelle était ma valeur.
Je vivais
une peine de cœur en plus.
C'était la totale, quoi.
Pas de job,
je m'étais faite larguer,
j'étais chez mes parents.
Comme le corps est de toute façon
notre meilleur ami
pour nous signifier
quand ça ne va pas,
j'ai pris 10 kilos.
J'étais en grande souffrance.
Et puis un jour,
je regardais
les infos.
Là, on est en début 2016
et c'était
le moment
de la crise des réfugiés
qui partait beaucoup de Syrie,
de beaucoup de pays
dans cette zone-là,
proches et moyennoriant,
mais aussi d'Afghanistan,
de certaines zones d'Afrique.
Et là,
je voyais, travaillant dans la com,
je sais que les images,
je ne suis toujours à prendre avec beaucoup de recul,
et je voyais tous ces gens qui fuyaient
et je me aimais.
Mais c'est fou, quoi.
Et j'avais ce besoin
de me sentir utile.
Tu vois, il y avait ce truc-là qui était très fort,
c'était...
J'avais cette conscience, même si j'étais dans
mon propre précipice,
que ma prochaine action,
ça serait tourner vers les autres.
Le seul indice que j'avais, c'était ça.
Et là, je vois, en fait,
que les beaucoup de réfugiés arrivent à Calais.
Donc Calais, c'est en France.
C'est à 2h de train de Paris.
Et puis moi,
dans mon esprit, où je revenais de voyage,
tu sais, je voulais repartir,
mais je voulais repartir en Inde,
dans un Ashram, ou alors je voulais partir
en mission humanitaire, à l'étranger.
J'avais ce truc de repartir,
qui était finalement une espèce de fuite, en avant, bien évidemment.
Et puis, ma mère,
me dit un jour, elle qui travaille
dans le social, depuis 40 ans,
mais tu sais, Lucie, t'as pas besoin
de partir très loin,
pour pouvoir être utile
et louer,
et avoir ce
sentiment de faire ta part,
entre guillemets, et d'aider,
et de soutenir.
Et là, si tu veux,
ça, c'est moi.
Du coup, j'ai un passage à l'action qui est très rapide.
C'est qu'une fois que les deux fils se sont touchés,
BIM !
Je me dis, ok, en fait, je suis paracalée.
Là, tu vois, ça a été une espèce de transcendance,
un espèce de...
un appel, en fait, si tu veux.
Et là, je...
Je connais ces personnes.
Donc, je me dis, ok, comment je fais ?
Je t'habite, je fais sur internet,
et tout ça, je trouve une assaut du coin.
Un numéro de portable, j'appelle.
Yolène.
Infirmière à la retraite. L'accent calaisien,
mais alors, tu vois le truc, quoi.
Elle est en voiture,
j'entends des hyper-males,
et tout ce que je comprends, c'est...
Ouais, viens demain, viens demain, quoi.
Je suis, ok, bon bah je prends un biais de train,
et puis j'arrive, quoi.
Et tu vois, et en fait, c'est comme ça que je me suis retrouvée
à Calais, et je devais...
Je pensais y rester, mais tu vois, peut-être,
je sais pas, moi, 10 jours de semaine,
et j'ai su rester 4 mois.
Et là, c'est...
Ouais, 4 mois, ça a changé ma vie, là.
Ça a été une claque.
La sauce, elle s'appelait salame,
et donc qui était
plutôt des profils de retraité, en fait,
calaisien,
mais super actif, et hyper engagé.
Et donc, j'étais au début
avec salame, et après, j'étais avec médecin du monde,
où j'étais travailleur psychosocial.
Et...
Et là, mon rôle,
c'était... Donc au début,
c'était beaucoup, tu vois,
de la distribution, de nourriture,
de produits digéennes, de tout ce dont
les personnes pouvaient avoir besoin.
Et avec
médecin du monde, c'était plus
sur, du coup,
faire des maraudes dans le camp
pour
repérer les personnes les plus vulnérables,
les plus en difficulté,
et donc
les orienter vers les services de soins,
donc les services de santé, qui pouvaient
autant servir de santé
physique, mais que santé
mentale aussi. Donc on avait une des équipes
de psy, qui étaient là, parce que, en réalité,
il s'agissait beaucoup de faire du lien.
Et juste de les regarder
en tant qu'être humain.
Tu vois.
Parce que
quand t'arrives dans cet endroit-là,
en fait, tu t'es déshumanisée
complètement. Tu dois faire la queue
pour tous tes besoins primaires.
Manger.
Et donc, j'imagine, tu vois beaucoup d'enfants.
Il y avait quelques enfants, c'était beaucoup
des hommes seuls, parce que souvent, c'était
les hommes seuls qui arrivaient pour ensuite essayer
de faire venir leurs familles. Donc il y avait
quelques femmes et quelques enfants.
Mais je me rappellerais toujours
d'un
d'un enfant
qui avait un enfant, 11 ans,
qui a été
qui est arrivé à Calais, en fait,
qui venait de déritrer
et qui est
arrivé tout seul.
Tu imagines le chemin
qu'il a dû faire, tu imagines ce qu'il a
pu vivre en chemin.
Je... enfin,
et dans ses yeux,
je me rappellerais toujours de son regard,
parce qu'il y avait
une espèce de
rage, vraiment.
Là, c'est même plus de la colère, c'est de la rage.
Mais certainement,
qu'il l'a amené jusqu'ici.
Donc je sais pas ce qu'il est devenu,
ce gamin.
Mais tu te dis, je l'ai remis un peu
dans ton rôle de cloume triste,
parce que tu faisais face
à une situation
tragique, et tu essayais de redonner
de la joie et de créer de liens
avec ces gens.
Enfin, voilà.
Carrément. Je trouve ce
rôle, voilà.
J'essaye de
vous transmettre
une joie que j'ai en moi
pour que vous retrouviez le sourire.
Calais, c'était
un des endroits très dangereux,
parce que...
Donc, elle n'est pas la vilain.
Le camp, ce qu'on appelait la jungle.
Ce que j'ai appris quand je suis arrivée là-bas, c'est qu'en fait,
le nom, c'était
les réfugiés eux-mêmes
qui avaient appelé ça, parce qu'en fait,
Djingel,
dans leur
langue, c'était surtout
les afghans
qui avaient appelé ça comme ça.
Ça veut dire nature.
Et en fait, le camp
de...
Là où il s'était tous installé, c'était
près de l'océan.
Enfin, tu vois, c'était assez dans la nature,
en fait, étant dehors de la ville.
Et donc, originalement, c'est venu de là.
Mais ceci dit, t'as tout à fait raison
dans ce que tu perçois aussi, parce que c'était
complètement...
C'était un contexte qui était
qui était...
qui était horrible.
Dans le sens où
déjà, c'était un endroit très dangereux,
parce que dans le monde, si tu veux,
moi qui travaille dans l'humanitaire, pour le coup,
je peux te dire, et donc après, j'ai travaillé en Irak.
Donc j'ai vu des camps
de déplacés ou de réfugiés
qui étaient gérés par les nations unies,
qui est généralement la façon où ça se passe
quand il y a des mouvements de population,
quand il y a des gros mouvements comme ça, de gens qui
fuient, les nations unies qui arrivent, et si tu veux,
c'est un gros armada pour mettre les gens
en sécurité. Et donc,
c'est-à-dire, tu sais, c'est les fameux stands blanches
à la... tu vois, les grandes rangées qu'on a
en tête, tu vois, voilà. Mais c'est
des camps cinq étoiles par rapport à Calais.
Parce qu'à Calais, tu penses bien, il n'y a pas
les nations unies, vu qu'on est en France.
Donc, tu as, finalement,
chacun qui arrive avec ces tant quechua, etc.
Le gouvernement français avait quand même
dénié à un moment donné
mettre en place des conténères, en fait, dans lesquels
il y avait 12 lits superposés, donc c'était
genre minuscule. Et
la particularité,
c'est que non seulement l'endroit était
vraiment
insalubre. Et en plus
de ça, c'est que
t'avais beaucoup, enfin, plein de communautés
de gens différents.
Donc, t'avais des Afghans,
des Sudanais,
des Irakiens, des Kurdes,
des Érythréens,
des Etiopiens, des Syriens.
Et tous, tous, si tu veux,
ne peuvent pas se blérer, quoi. Ils ne peuvent pas
se sentir. Il y a
des conflits
de religion, il y a des conflits
ethniques, il y a surtout des guerres
de pouvoir, parce que finalement
les communautés à l'époque
de 2016, quand moi j'y étais, qui étaient
les plus présentes et ça a
retourné juste avant le Covid
il y a 18 mois,
ça n'a pas changé, ce sont les
Sudanais et les Afghans. Et en fait, donc
c'est les guerres de pouvoir pour avoir
accès au parking,
où se gardent les camions et pour pouvoir
passer en Angleterre. Donc en fait, si tu veux
derrière, il faut avoir conscience qu'il y a
énormément d'argent qui se joue.
Parce qu'un passage en Angleterre
à l'époque où moi j'y étais, c'était
10 000 euros.
10 000 euros?
10 000 euros par personne.
Par personne?
Donc évidemment,
certaines communautés
n'ont pas du tout accès à ça. Il faut qu'elle
passe sans, sans,
sans, sans, tu vois, sans payer.
Mais d'autres familles
qui avaient fui, avaient
de l'argent, avaient tout, tu vois,
avaient une vie en fait, comme toi et moi.
En fait, tu vois, c'est ça. C'est-à-dire qu'en fait, moi,
je pensais qu'ils arrivaient avec rien, pas en
sentiment poche, etc. C'était pas tout à fait
vrai. Certaines
personnes, oui, mais certaines personnes,
non.
Et moi, ce qui m'a vraiment marqué,
c'est ça, c'est de se dire qu'en fait,
si tu veux, je reverrai toujours cette
première image, en fait, quand j'ai fait ma
première distribution de petits déjeuners, où je donnais du pain, etc.
Et je les voyais tous passer
un par un, mais cette connexion,
les yeux dans les yeux,
ça, ça m'a, ça m'a tué.
Parce que je me suis dit, mais qu'est-ce qui s'est passé
en fait, dans la vie de ces personnes,
pour qu'elle quitte tout et qu'elle se retrouve
dans un endroit comme ça.
C'est une question de survie, de toute façon.
Donc là, cette connexion
et ce coût triste dont tu parlais,
alors là, il s'est
carrément activé, parce que j'avais envie
de tous les sauver,
j'avais envie de tous les faire rire,
j'avais envie de donner un peu de joie, mais à quel prix,
ça a l'air, je suis repartie de là, j'étais
complètement, mais tu sais, il y a un mot
qu'on utilise beaucoup dans le secteur humanitaire,
c'est cramer, c'est un burn out, j'ai refait un burn out.
Parce que c'était évidemment
pas la, pas la, pas la façon adaptée
de pouvoir aider ces personnes.
Et c'est là, et je m'en suis rendu compte tout seul, quand même.
Et donc je me suis dit, ok,
j'ai envie de continuer dans cette voie,
maintenant c'est une voie
le secteur humanitaire qui s'est beaucoup, beaucoup
professionnalisé. Donc j'ai fait une formation.
J'ai fait une formation en...
Il y a des formations qui existent
pour ce secteur.
J'ai fait une formation de 3 mois à l'Institut
BioForce, qui est vraiment
une formation que je recommande
à tous ceux qui ont envie
de s'orienter
dans cette voie-là.
Et moi j'ai fait une formation
en management de programmes humanitaires.
Non pas en 3 mois.
Dans nos 3 mois, et là j'ai tout appris, j'ai tout appris
du secteur, des acteurs, des compétences,
donc l'idée c'était évidemment,
j'avais déjà 10 ans d'expérience,
c'était plutôt un repacadge,
mais mes compétences en fait adaptées au secteur.
Quand t'as quitté
quel est
après cette formation,
c'est là que t'as rejoint
Action contre la Femme. Exactement.
C'est tout à fait ça.
Dans l'ordre chronologique, c'est ça parce que
Action contre la Femme, c'est une ONG
qui a 40 ans, c'est une ONG d'experts.
Et donc pour pouvoir
y rentrer,
il faut effectivement avoir
les compétences adaptées tout simplement.
Et sans cette formation,
j'aurais jamais eu
cette première mission
qui était
avec Action contre la Femme en Irak en 2017.
Donc Irak en 2017.
Là aussi,
un voyage qui change
ta vision
de l'humanitaire.
Ah bah ouais, complètement
parce que tu sais, moi j'avais aussi un peu
des préjugés sur l'humanitaire.
Comme beaucoup de gens on dit est-ce que c'est utile
Tu sais que c'est vrai qu'on a cette image
de l'humanitaire un petit peu.
Je pars avec mes stylos au vénin
et j'essaye de monter une école.
Oui c'est ça, ça n'a rien à voir.
Carrément.
Et en fait, c'est tu veux déjà le premier truc
qui m'a marqué parce que moi j'y arrivais
en étant formée mais avec mes yeux neufs
et aussi avec mon propre sens critique
à moi Lucie, tu vois de tout ce qu'on a
dans l'imaginaire collectif, tu vois.
Est-ce que ça fonctionne ?
Est-ce qu'il détourne pas l'argent ?
Donc je suis partie en étant responsable
finance et RH
d'un bureau de 100 personnes
qui était situé dans le Cure Distant
Irakien, donc c'est dans le nord de l'Irak
au-dessus de Mosul.
Donc Mosul, on était en 2017, on était encore
en plein conflit avec
Daesh.
Alors, juste une question.
À cette époque-là, parce que tu disais que
les attentats de 2015,
tu étais beaucoup marquée.
Du coup, en 2017,
quand tu te retrouves dans cette situation,
est-ce que t'as peur ?
Non, j'ai pas peur.
J'ai pas peur parce que justement
ça fait partie
des choses que je découvre en travaillant
dans une ONG internationale qui a l'habitude
de travailler dans des zones de conflit
les plus dangereuses du monde, tu vois en ce moment
le Lakchad, le Yemen,
le Tigré,
enfin, et en fait
il y a beaucoup, beaucoup,
c'est très cadré, rien n'est laissé à
l'improvisation. Donc on
travaille dans des zones de conflit, mais on
n'est pas sous les bombes, etc.
Tu vois, il y a vraiment tout un
process, en fait, très, très clair,
très spécifique
à suivre quand on travaille
sur ce type de terrain.
Et donc en fait, curieusement,
je me suis toujours sentie
en sécurité
parce que je sais qu'il y avait
des compétences locales
et internationales
sur toute l'analyse du contexte,
tu vois, donc jour après jour
et tous les process de sécurité
pour te dire c'est un go ou un no go
pour aller dans
telle zone, tel jour à tell heure.
Après
tu vois, quand on passait la frontline
ça m'est pas arrivé beaucoup parce que moi
ma vocation, c'était d'être plutôt
sur, plutôt au bureau
puisque j'étais responsable de finances et RH
mais donc j'ai quand même
pu voir différentes choses.
Mais quand tu as passé la frontline
et qu'on allait du coup
dans des zones
qui étaient, il fallait qu'on fasse attention
on restait maximum
deux heures. D'accord et tout était
cadré. Tout était super cadré.
C'est là que tu arrives, tu vois
il y a beaucoup de staff
on distribue ce qu'on a distribué. Là on est vraiment
dans l'intervention d'urgence.
Ce que j'ai découvert du coup en arrivant de là bas
c'est qu'on faisait et ça, donc c'est à dire
donner à manger
ou du matériel pour cuisiner
aux familles dans les villages
qui venaient de se faire libérer
de Daesh. Donc ça c'était une première chose
on parlait vraiment sur du life saving
quoi, c'est
une intervention d'urgence et en même temps
on faisait aussi tout ce qui est
plutôt
des choses de
moyen terme voire long terme
en tout cas
autour de l'accès à l'eau, donc on venait
installer des réseaux d'eau dans les camps
de déplacer ou les camps de réfugiés. On faisait
beaucoup d'activités en fait autour de la santé
mentale, parce qu'en fait on y pense pas
de prime abord
si tu veux mais
une maman
qui est un petit bébé
et qui a dû
fuir pour sa survie
elle va
peut-être
pas systématiquement mais avoir
des conséquences sur sa santé mentale
qui va l'empêcher de nourrir son enfant
qui va l'empêcher de pouvoir allaiter son bébé
c'est
complètement lié et nous effectivement on parle
un petit peu de notre confort d'OPM, du
postpartum après la naissance etc
alors qu'on a pas
de nez chez nous
on est couchés etc
mais c'est vrai que c'est complètement lié
dès que tu as un stress, tu n'as plus de lait
ben voilà c'est ça
et tu stress
tu angoisses, lui il est pleur
et c'est un cercle vicieux
donc effectivement
on n'en parle pas assez, c'est pas du tout
mis en lumière aujourd'hui dans nos sociétés
de ces nouvelles mamans
qui se font face
à cette situation
le fait d'une santé mentale
oui c'est ça donc si tu veux
moi j'ai assisté à des cercles
en fait
on y vient
alors on y vient
aux fameux cercles de vicieux
et du coup les premiers cercles
auxquels j'ai assisté c'était
sous des tentes en Irak, dans des camps
avec des mamans qui avaient des enfants
qui allaient de tout bébé
nous réçons à 2 ans
pour
pour créer ou renforcer le lien
mère-enfant
parce que
après des traumatismes comme ça
il se peut aussi au-delà de l'allaitement
qu'il n'y ait plus de lien affectif
et un enfant qui ne reçoit pas d'amour
est un enfant qui ne se nourrit pas
c'est très émouvant parce que
là je suis en train d'allaiter
ma nouvelle fille
qui a 2 mois
ça m'aimait beaucoup
ce que tu dis
c'est super de créer
de recréer ce lien entre mère et enfant
et tu vois j'ai des frissons
parce que c'est hyper beau
ce qu'on est en train de partager
toutes les deux
très très émouvant
oui parce que
tu vois ça c'est le lien universel
tu vois et c'est ça en fait
donc toi pour revenir
à ce qu'on disait au début
du coup moi je suis arrivée avec
ok les actions contre la fin c'est quoi
quand je me suis rendu compte que c'était
toute cette palette et que oui
on sauve des vies et que oui
c'est utile
et que pour le coup
moi j'étais responsable de des budgets et de la finance
donc je peux te dire que non
que oui l'argent il va
là où il y a besoin et qu'il n'est pas
détourné je ne sais où je ne sais comment
et bah ça a été une révélation
ça a aussi devoir en fait
aussi toute l'expertise
et l'efficacité
des actions
donc
je me rappellerai d'un jeune homme
aussi là on a parlé des mamans
tu vois pour parler de la santé mentale
je me rappellerai
toujours d'un jeune homme qui a sauté
au coup d'un travailleur psychosocial
donc ce que j'avais fait moi à Calais
qu'on a aussi dans plein de
pays dans lesquels on intervient
qui les sautait au coup
qui l'a remercié en disant mais en fait
tu m'as sauvé la vie parce que suite
à des sessions qu'il avait eues avec lui
il avait
il avait décidé de ne pas
mettre fin à ses jours
par exemple
donc tu vois voilà c'est donc
forcément moi j'ai vécu ça à mes propres yeux
et donc c'est pour ça que j'aime
mon métier passionnément
parce que je suis intimement
mais convaincu
de ce qu'on fait et c'est ça aussi que je voulais te dire
c'est que la surprise que j'ai eu
aussi en arrivant donc la première surprise
c'était de dire toute la palette
en fait de très large des activités
qu'on met en place
parce que finalement la fin
c'est quelque chose de très complexe
il y a plein de causes en fait et de conséquences
donc nous on s'occupe autant des causes
que des conséquences et la deuxième surprise
ça a été de voir qu'en fait sur les 100 personnes
on était deux expats
qui avaient moi et Assad
mon collègue pakistanais
tu vois donc aussi d'expatriations
sud-sud et en fait
95%
des équipes d'action contre la fin
sont des locaux
donc on est bien loin
tu vois du cliché de l'Oxidne
blanche qui arrive etc etc
c'est encore nécessaire d'avoir
des postes de toute façon
ouvert à des personnes en dehors
du pays pour des questions aussi de sécurité
parce qu'il y a de fortes pressions
financières etc qui peuvent être
démontrées à l'égard des staff par exemple
et donc aussi pour
pour tout ça
ça fait que
5%
de cadres internationaux
qui peut être d'ailleurs
issu de pays du sud également
chez Axel III la fin
par exemple tu vois moi mon poste
il a été ce qu'on appelle nationalisé
c'est à dire que j'ai formé
Tchera
qui était la contape
donc Kurd
irakienne Kurd
à prendre mes responsabilités
et c'est elle qui a eu le job après
donc tu vois ça c'est aussi
une superfierté
ça fait 5 ans que maintenant
4 ongles et action contre la fin
dans un rôle
de
responsable de directrice de la communication
donc
sur le territoire français, sur d'autres territoires
moi je me suis principale
ment de la France
mais en réalité du coup
nous on travaille dans
50 pays et on est organisé
en réseau en fait
et donc finalement de fait je vais être amené
à parler alors peut-être pas des 50
parce que ça fait beaucoup
mais en tout cas selon les actus
beaucoup d'actualité internationale
donc j'avais extrêmement lié
à ce qui se passe évidemment
sur le plan de l'agé au politique
international
donc ouais
donc maintenant tu es heureuse
dans ton rôle
heureuse dans cette vie
dans ces actions
ah ouais
on regarde un petit peu la Lucie
il y a 6 ans qui était
étanisée à l'idée d'ouvrir la part
de son agence et aujourd'hui
du coup comment tu la vois
et comment tu te sens aujourd'hui
je me sens
très heureuse
très heureuse parce que j'ai la chance
d'avoir un métier
passion, un métier que j'aime
beaucoup
qui me permet
de venir nourrir
mon côté pèlerin
c'est vraiment on est en plein dedans
tu appris ton baleuchon
et t'es partie dans le miracle
le côté pèlerin
il faut pas que ça soit mal interprété
il n'y a pas de logique de white saver derrière
comme on a bien dit
je ne veux pas que mes mots soient mal interprétés
c'est quand j'ai côté pèlerin c'est-à-dire le côté
de me sentir utile en fait
de me sentir utile à la société
et au monde en général
et de sentir qu'on est tous reliés
dans notre humanité
c'est ça que ça va venir nourrir quand je parle de ça
c'est sûr que si tu veux
entre eux créer
des histoires et des campagnes
pour vendre des produits
qui n'existent pas
et pour faire en sorte que
les gens achètent des produits
là de raconter la réalité
de personne
c'est-à-dire tant les choses difficiles que les solutions
parce qu'il y en a plein des solutions
donc que les succès, que l'impact qu'on a
pour faire en sorte
d'avoir encore plus d'actions
ça change tout forcément
maintenant tu vois mes journées ressemblent
mais vraiment de façon
très pragmatique
à des journées d'une directrice de la com'
ou du marketing pour n'importe quel autre
marque ou n'importe quelle boîte
j'ai les comics
j'ai les copines
tu vois j'ai tout ça
et donc finalement
je suis bien loin du terrain
mais
c'est une vie qui me correspond aussi beaucoup
parce que tu vois ce qui me nourrit
aussi c'est que je ne fais pas que ça
donc je prends aussi beaucoup de recul par rapport à mon métier
je pense d'ailleurs que c'est comme ça qu'on est bons
c'est en prenant beaucoup de recul
et ce qui m'aide aussi beaucoup
c'est la deuxième vie professionnelle que j'ai
qui est devenue une deuxième vie
c'est un peu un peu un peu un peu du terrain
tu vois au moment où j'avais pas très très bien
on a beaucoup parlé de l'amour
de soi et de l'amour du
tu vois comment aimer son corps, comment s'aimer
je me cherchais beaucoup
et j'avais en fait besoin
tu parlais de rôle model féminin
tu n'as pas utilisé ce mot mais en tout cas des inspirations
et
typiquement des personnes qui ont joué
un rôle important dans ma vie
je pense à quelqu'un comme Camille Sves
qui a lancé
les cercles
c'est à dire une tente rouge c'est un cercle
ce sont des cercles de femmes
ce cercle de femmes qu'est ce que c'est
pareil il y a beaucoup de préjugés
beaucoup d'images qui viennent dans la tête
c'est hyper simple
on est de courant non mixité
mais ça peut tout à fait se faire en mixité
hommes et femmes
et on va avoir cette notion
de s'asseoir en cercle
que s'asseoir dans une même salle
ou symboliquement par zoom
et de faire circuler la parole
donc c'est un tour de parole
c'est un cercle de parole
et ce qui est assez
étonnant
finalement c'est que
on va avoir notre temps de parole
qui est souvent de 5 minutes
et personne ne va nous poser de questions
ni nous interrompre
ni nous donner des conseils
et on est dans un espace vraiment coco
de non-judgements et de bienveillance
et d'amour absolu
c'est à dire d'acceptation
donc moi quand j'y fais
quand je fais des cercles de parole
je suis pas Lucie directrice
je suis juste Lucie
et Lucie qui va bien
et parfois Lucie qui a besoin de sortir
et de conscientiser
ce qui va moins bien
et pourquoi on parle beaucoup
des cercles de femmes c'est parce qu'il y a vraiment
ce besoin de se rassembler
entre femmes dans ces espaces là
qui ne soient pas les espaces justement
où on a une espèce de pression sociale
tu vois, la professionnelle
la superpote
ou du coup d'une espèce d'obligation de résultats
dès que tu sors avec tes copines de t'amuser
alors que en fait tout ça se trouve t'es juste épuisé
et que t'as envie d'être en PLS dans ton lit
tu vois ce que je veux dire
ou la maman
tu vois la sortie d'école de crèches
etc.
on a beaucoup de pression
et si tu veux moi je dis souvent que participer à une tente rouge
ou à un cercle de parole
c'est un acte militant
pourquoi c'est un acte militant ?
parce que ça veut dire en fait
que on vient
venir nourrir
un autre modèle de relation sociale
qui est très simple
parce qu'en fait on n'a rien inventé
ça existe depuis la nuit des temps
c'est à dire depuis vraiment des femmes
d'une même communauté, d'un village
qui venait s'asseoir
entre elles avec ce côté aussi
qui est très intéressant, qui est transgénérationnel
donc autant les jeunes filles
donc de 13 ans, 14 ans
et la puberté en fait, dès qu'elles deviennent
des femmes que les anciennes
tu vois et on a perdu
en fait ce côté rassemblement
ce côté transmission
et ce côté connexion entre femmes
et donc c'est ça qu'on vient
redécouvrir en fait
dans ces tentes rouges, dans ces cercles de femmes
c'est
comment se connecter les unes aux autres
avec
tu vois, je dis militant parce qu'en fait
moi
j'ai beaucoup eu
ce modèle de compétition
et en fait pour moi
c'est dire non, c'est dire stop
je ne veux pas de cette compétition
et je sais que c'est possible de faire autrement
et donc ça commence par les femmes
tu vois et moi
ça a été
ça a changé ma vie
en fait de participer à ces cercles
parce que
ça a complètement
c'est venu complètement rebattre les cartes
en fait parce que je me suis rendu compte
parce que pourquoi je me mettais tellement en compétition
avec notamment les autres femmes c'est parce que je m'aimais pas
c'est parce que j'avais tellement pas confiance en moi
que si tu veux, à chaque fois
j'avais l'impression que si je disais quelque chose de positif
à une, ça allait m'enlever quelque chose
à moi, ce qui est évidemment
pas vrai du tout
donc si tu veux de me dire ok
en fait
quand on s'écoute les unes les autres et quand on se regarde
tu vois avec
en étant en vérité
avec un grand v c'est à dire
en ne cherchant
à rien prouver
si tu veux en étant juste nous-mêmes
en fait on gagne
on gagne à tous les coups et ça c'est certain
et la magie d'un cercle opère
à chaque fois, à chaque fois
et tu vois on a beau être 4, 5
dans un petit cercle 13, dans un grand cercle
même ne serait-ce que 4, 5
de faire un cercle, ne serait-ce qu'on tramit
c'est à dire laisser la parole se circuler
tac, le même temps
est juste d'écouter
et de s'écouter et de voir ce que ça génère
en nous parce que évidemment le partage des unes
vient mettre en lumière et en miroir
des choses qui sont à l'intérieur de nous
déjà on se rend compte que
en fait on se rend compte de la vulnérabilité
de chacune
qui n'a
aucune place en fait cette notion vulnérabilité
n'a aucune place dans la société
parce qu'on a assimilé ça de la faiblesse
mais tu penses que c'est
une vocation de s'agrandir
aux plus jeunes, aux enfants aujourd'hui
parce qu'on parle beaucoup
de harcèlement à l'école
etc. est-ce que tu penses
que c'est une vocation
d'être
d'en offrir aux plus jeunes
alors complètement
tu sais
là je propose
des formations
que j'ai appelé gardienne de cercle
et leadership au féminin
parce qu'il y a vraiment ce côté
leadership c'est exactement ce que t'as évoqué
c'est-à-dire de reprendre notre pouvoir
notre pouvoir intérieur, pas le pouvoir
sur quelqu'un et de se rendre compte
de la valeur que nous avons
en tant que femme, petite parenthèse fermée
dans cette formation
en fait
les gardiennes sont invités
à réfléchir à leur projet
et donc il y a beaucoup de projets justement autour des enfants
autour des ados parce que c'est exactement
ce que t'as dit, on a la conscience que si on avait bénéficié
de ces espaces-là, si on avait été
enfant ou ados ça nous aurait peut-être épargné
en tout cas moi personnellement des années de psychothérapie
tu vois, pendant longtemps
ça revient assez souvent de dire qu'un cercle
de parole c'est plus fort
ou aussi fort que une psychothérapie
en fait
tu vois pour moi le cercle c'est un outil
c'est un outil en fait au service
d'un objectif bien plus grand
l'objectif bien plus grand c'est simplement
de se comprendre, de s'accepter
et de s'écouter
voilà, qui est 99% du job
une fois que tu fais ça franchement après
le reste, y a un espace qui se libère
en poitrine, on se sent
soulagé quoi, c'est un peu comme si on venait
cracher notre valda
et je pense que
les enfants accompagnés
des parents bien sûr
ou accompagnés en tout cas
de personnes encadrantes
que ce soit
les enseignants ou de personnes
qui ont un plan
auraient tout à fait
leur place
dans ce type d'espace
pour moi tout l'enjeu c'est de
démocratiser et de faire connaître les cercles
de parole
et donc de sortir presque
du féminin sacré, avec les tentes rouges
etc mais en fait juste de se dire
que ça c'est un outil
comme si finalement
t'allais dans
je sais pas moi
une réunion par an élève
et en fait on commence tous
avec un espèce de tour comme un peu ce qu'il y a
en entreprise, tu sais sur la météo intérieure
par exemple
moi j'utilise beaucoup cet outil
dans mon job
parce que ça crée
des conditions de confiance et ça crée
tout simplement une connexion entre nous
qui est très forte et très puissante
mais l'objectif de tout ça c'est pas que
ça reste dans le cercle, c'est que
une fois que t'as vécu ce moment
c'est comme si tu l'emportais
avec toi, tu vois moi
les moments de connexion
très fortes que j'ai pu ressentir
avec les femmes ou les moments de réalisation
à travers le témoignage d'une autre femme
en fait, je me suis dit
oh je serais pu dire bon pombo ces mots-là
en fait l'objectif c'est
que ça transforme
ma façon d'être avec
avec les femmes
donc si ça transforme ma façon d'être avec
les femmes, bah ça transforme la société
si tu veux, c'est la
petite part du colibri
toi, c'est ta façon de voir le féministe
pour toi c'est
un modèle de féministe
ah bah c'est en tout cas
complètement pour moi, tu sais
j'ai mon ami Alice
qui un jour m'a dit en fait
participer à une tente rouge ou un cercle
c'est faire partie d'un
mouvement féministe pacifique
et pour moi c'est exactement ça
parce que le féminisme
pour moi
c'est un peu ce que je disais tout à l'heure
et ce que je pense
dans ce que tu partages aussi de Fosséline
c'est
se réapproprier
notre pouvoir de femme
voilà, notre pouvoir de femme
en fait, il s'exprime
de plein de façons
ça peut être inspiré par d'autres
modèles, on en a beaucoup parlé au début
avec la phase de l'enfance etc
et puis ça peut être aussi avoir conscience
de ma valeur, de ce que j'ai à proposer
et à offrir au monde
donc c'est d'arrêter en fait avec ce syndrome de l'imposteur
c'est d'arrêter avec ce
ce sentiment d'illigitimité qu'on a
qui nous colle constamment au bas
qui vient de nos mémoires collectives
c'est pas que nous
voilà dans notre histoire personnelle
et donc le féminisme
pour moi c'est toutes les actions
qu'on va pouvoir entreprendre
qui vont viser
à me sentir bien
avec moi et avec les autres, avec les femmes
et les hommes, les hommes
font partie intégrante
du processus
et pacifique parce que tu vois
il y a différents styles dans le militantisme
il faut
de tout, tu as le militantisme
très vocal
très terrain
donc les manifs, les collages etc
et puis t'as d'autres types de militantisme
et donc finalement
participer à un cercle de paroles
c'est, ça fait partie
en fait de cette palette
d'actions
et de façon d'agir
aujourd'hui quel serait le
message que tu aimerais passer
alors déjà
le message que tu aimerais donner à ces plus si
enfants
si tu avais un message à lui donner
j'aimerais lui dire
d'ailleurs allez pas loin, j'ai une petite photo d'elle
à côté
je la regarde tous les jours
parce qu'en fait si tu veux
je pense que c'est plutôt elle qui me donne le
message
c'est à dire que
finalement c'est ma meilleure
alliée, c'est mon meilleur guide
et quand je sens que
quelque chose n'est pas aligné
en moi, comme tu en as parlé
l'instant, donc ce côté mal
dans la peau etc
c'est juste que finalement il y a quelque chose
qui n'est pas
ou je ne suis pas à ma place
et donc la Lucie
enfant, elle sera toujours là
pour me le rappeler
et tu vois, je suis
là j'ai monté un petit groupe
qui s'appelle les guerrières de lumière
et ce sont des femmes hyper engagées
en fait dans la voie du kundalini yoga
qui pratiquent
très régulièrement
et en fait on a un petit groupe
watsap et on a
très spontanément, ça s'est passé comme ça
ça n'était pas du tout une de mes idées
en fait, elles ont commencé
à tout envoyer des photos d'elles en étant enfants
parce qu'en fait
et donc j'ai fait un petit montage, là, donc on est une trentaine
tu vois et donc la mosaïque
elle est vraiment magnifique en fait
de tous nos visages en étant enfants
parce que ça représente cette espèce
d'étincelles purs
de qui nous sommes
donc en fait
finalement j'ai envie de dire que ma Lucie enfant
et je les appelle nos mini
nos mini nous, donc mon mini moi
donc mon mini moi, je lui dis
que
que je lui fais la promesse
d'être toujours à son écoute parce que je sais
que c'est mon meilleur guide
pour continuer mon chemin
et comme tu me dis que t'as une photo de toi pas très loin
c'est quoi l'image
la photo de ton mini toi
Lucie, quand je dis
comment t'étais enfant
quelle est la première image que tu vois
qui vient à ton esprit
j'ai une image qui vient à mon esprit
c'est moi devant un sapin
tu vois, et encore ce truc avec les pains
avec la nature
et genre j'ai une espèce de
combichorte, tu sais très années 80
tu vois, genre très courte et tout
et j'ai des espèces de
lignettes
un peu déguisées
tu vois, qui a toujours cette espèce
de clown en fait et de
et de joie en fait, la pour le coup
tu vois, je la signifie le rond
et de regards sur le monde, un regard différent
que les lignettes
elles ont une forme etc donc c'est un regard différent
sur le monde et sur les autres
d'accord, c'est super intéressant
je n'avais pas pensé c'est hyper beau
t'es très poétique Céline j'adore
c'est hyper beau
c'est un truc qui est intéressant
avec cette petite lucie
il faudrait que je trouve la photo
c'est qu'elle est plantée
tu vois, sur ces deux jambes
tu sais, un peu écartée, c'est à dire solide
tu sens qu'elle est
ancrée, elle est plantée là
elle est là, et ça va pas
rigoler, mais elle se marre
toujours cette joie
toujours cette joie
mais c'est vrai que t'es très sourie
on t'écoute, t'as le sourire
lèvre
et
aujourd'hui, le podcast s'appelle Nouvelle Héroïne
quand je cherchais un nom
pour le podcast, c'était très dur
parce qu'on parle beaucoup de super héros
on parle pas du tout de super héroïne
même de Nouvelle Héroïne
je le trouvais que dans le côté nouvelle
il y avait effectivement le monde
d'aujourd'hui, le monde d'après
ce sort de nouveauté
héroïne
c'est pas le côté héroïque
c'est qu'on est tout un peu héroïne
de notre vie
on prend en main notre vie, notre chemin
notre bêle chon
et on avance
aujourd'hui, est-ce que tu en as
quelles sont tes
héroïnes d'aujourd'hui
tes role-models
on n'a pas dû tout parler de ce rôle-model
mais quels sont aujourd'hui tes roles-model
les femmes qui t'inspirent
en fait, tu sais, ce qu'on t'allie
c'est vraiment ce qui me vient
c'est toutes les femmes
que j'accompagne
soit dans
un chemin de transformation
à travers le yoga kundalini
parce que je me suis mis à faire du coaching
aussi individuel
et où les femmes
qui participent
à la formation
et qui prennent pleinement leur place
et leur rôle en fait
et ce qu'elles ont envie de transmettre et d'offrir au monde
ou toutes les femmes qui font la démarche
en fait de participer
à des cercles
comme là je vais proposer un cercle
sur la relation à la nourriture
qui est quelque chose de très
très important pour moi
et en fait, à chaque fois que je vois ces femmes
en fait
vraiment, mon inspiration
vient beaucoup d'elle parce que
ce que j'y vois c'est énormément de courage
énormément d'engagement
énormément de volonté
énormément de lumière
énormément de joie
et en fait tu vois le chemin de la transformation
cette note d'espoir dont on parlait au début
c'est pas que dans le pâteau
c'est le drama et quelque chose de difficile
et ça peut aussi se faire
avec beaucoup de
de désance
et de joie
et donc vraiment elle
c'est mon carburant au quotidien
ça c'est certain
dans les femmes
ensuite qui m'inspirent beaucoup
il y a mon ami Emily Vido
qui est journaliste
et qui a fait le podcast
Social Calling et qui est en train
de changer de vie
et qui a ce courage de justement péter le cadre
quitter la matrice
et d'aller vivre au Mexique
avec vraiment
très très très peu de choses
en ayant aucune idée
tout ce qui va se passer pour elle
et donc ça je trouve que c'est vraiment
très inspirant parce qu'elle suit
cette espèce d'élan du coeur
il y a
évidemment
ma mère
ma mère et quelqu'un qui continue
à m'inspirer beaucoup
ma grand-mère qui est
enseignante de Atta Yoga
qui a 88 ans et qui a suivi un cours
de Kundalini avec moi
il y a 2 semaines
pendant 1h30
enfin
tu vois la transmission
elle est pas forcément parent
enfant
c'est aussi ça peut être une transmission
vers nos
anciens
ouais c'est fou
et ça c'est fou et j'étais pas du tout
prête à ça en fait je ne l'avais même pas
conscientisée qu'on allait vivre un moment
comme ça et donc je donnais mon cours
tu sais sur Zoom et donc elle était à côté
et je la checkais quand même
tu vois de là
mais elle a trop assuré
elle a fait des postures et tout
c'est en 88 ans
elle m'a
épaté et c'est comme si à travers
la grâce de ce moment
on s'était redécouverte
ça me fout des frissons
c'est quand sa motion
ouais et
tu vois
des personnes qui essaient
d'apporter
d'apporter
leur pierre à l'édifice
de porter
leur voix, ce que tu fais
c'est l'ine avec ta petite manon
dans les bras depuis 1h
en se disant
que voilà c'est de l'héritage
c'est la transmission, c'est ce que tu veux
pour moi c'est une valeur très importante
aujourd'hui, c'est hyper fort
pour créer ce lien
parce que j'aimerais donner comme conseil
au petit garçon, le petit fini
de 7-8 ans
c'est
d'aller vers ce qui
leur procure le plus de joie
de rire
de bonheur
d'insouciance, de légèreté
parce que
il y a fort appareillé que c'est ce qui
c'est ce qui les
c'est ce qui les guidera
vous venez d'écouter
ma conversation avec Lucie Codies
vous pouvez suivre son travail
à action contre la fin sur LinkedIn
et sur Instagram pour assister à une séance
de yoga kundalini
ou à une tente rouge
vous trouverez les liens dans la description
de l'épisode
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l'histoire de Lucie racontée
aux enfants