C'est un épisode un peu spécial que je vous propose aujourd'hui, une interview à trois
voix qui est diffusée dans le cadre du podcaston, un événement caritatif.
Pendant 7 jours, plus de 300 animateurs animatrices de podcasts se mobilisent pour mettre en avant
le monde associatif et ses valeurs.
Il n'y aura donc pas d'histoire à compter aux enfants aujourd'hui.
Mais c'est l'histoire de deux nouvelles héroïnes qui se sont unies pour protéger les
tout petits.
C'est l'histoire d'Od Lafite, maman de Timothée, bébé victime du syndrome du bébé
secoué à l'âge de deux mois qui a fait de sa vie un combat et qui s'est unie à
Elodie Hemmo, infirmière puricultrice et fondatrice du Cercle des parents pour créer
l'association Avis comme action contre les violences infantiles.
Mais aussi Avis pour préserver la vie de nos tout petits.
C'est un exercice nouveau pour moi, un exercice d'utilité publique et je vous souhaite une
belle écoute.
Bonjour Ode, bonjour Elodie.
Bonjour.
Je suis ravie de vous accueillir aujourd'hui, alors dans ce petit studio pour donner un
peu de contexte, on est dans mon appartement.
On est le mercredi 8 mars et c'est toute une symbolique un petit peu parce qu'on est
là autour de la table.
C'est trois maman qui vont parler et deux maman plus précisément qui vont raconter
l'histoire de leur rencontre et leur engagement et leur combat aujourd'hui.
Alors j'ai en face de moi Ode Lafite qui est militante pour la protection de l'enfance.
C'est comme ça que je te définis et que tu dois définir aujourd'hui.
Et Elodie est maud qui est infirmière puis récultrice, cofondatrice du collectif Je
suis infirmière puis récultrice, mais également toutes les deux.
Et c'est pour ça en fait que cet épisode est cet enregistrement un peu spécial.
Il est enregistré dans le cadre du podcaston où j'avais envie de mettre en avant une association
et c'est cette association dont vous allez parler aujourd'hui qui est à vie, qui est l'association
contre les violences infantiles.
Et pour moi c'était important en tant que maman de deux petites filles, en tant que créatrice
du podcast de nouvelles héroïnes, de mettre en avant cette association pour la protection de
l'enfance, pour défendre ces petits êtres, ces petits enfants qui bien sûr n'ont pas
toutes les facultés de s'exprimer.
Et en fait aujourd'hui j'ai deux nouvelles héroïnes à ma table.
Donc c'est pour ça que je suis un peu émue.
Je vais vous laisser peut-être si je n'ai pas tout dit.
On va commencer par Aude, par te présenter aussi un petit peu à ta façon.
Et ma première question sera la naissance de votre rencontre.
Ok, merci déjà pour cette belle introduction et merci d'avoir choisi à vie pour ce jour
particulier.
Donc je m'appelle Aude, je suis la maman de Louise, qui a huit ans bientôt neuf, et
de Timothée, qui avait deux mois quand il a été secoué et qui en est décédé.
Et depuis ce drame, je me suis engagée dans la protection de l'enfance, comme tu l'as
dit.
Voilà, j'ai commencé en organisant une marche blanche en hommage à mon fils, mais
pas que, en hommage aussi à toutes les petites victimes de cette maltraitance, qui est le
syndrome du bébé secoué.
Et j'ai commencé à prendre la parole dans les médias pour alerter et dénoncer parce
que c'est une maltraitance dont on ne parle pas.
C'est complètement tabou.
Et quand on en parle, c'est toujours présenté sous l'angle des faits divers, alors que
c'est un véritable phénomène de société.
C'est dans ce parcours-là que j'ai assez rapidement rencontré Hélodie.
On a été mis en contact par une relation commune et elle a été mon premier soutien.
Le soutien de la première heure, Fidel soutient.
Je lui laisserai raconter également notre rencontre plus précisément, mais pour dire
que moi, à partir de ce moment-là, j'avais en tête de créer une association.
Mais j'ai pris le temps de le faire.
Ça m'a pris trois ans parce que j'avais besoin aussi de faire un travail personnel
pour bien distinguer mon histoire de mon engagement, parce que cet engagement, il
n'est pas pour mon fils.
Alors il est motivé pour mes enfants, c'est eux qui me donnent la force, mais il est
pour tous les enfants et ceux à naître.
C'est chargé d'émotion évidemment.
Moi, je m'appelle Hélodie, je suis infirmière-pyricultrice, mais je suis aussi et surtout maman
de deux enfants, une petite florade cinq ans et d'un petit bâti de quatre ans.
Et je suis co-fondatrice du collectif et donc je me bats pour cette profession, mais
je me bats évidemment pour la prise en soin des enfants.
C'est ce qui nous rassemble au démoir.
On s'est rencontrés il y a dix-huit mois à peu près.
On s'est eu au téléphone, en fait, haut de m'a contacté un soir divers.
Je me rappelle lui un soir de novembre au décembre, juste avant que la campagne nationale
sur la prévention du syndrome du bébé se coûtait sorte.
Et je me rappelle encore de cet appel, je me rappelle de mon été et je me rappelle
de ce récit, je me rappelle de cette force incroyable de cette femme.
Et j'ai tout de suite évidemment eu envie d'être assez coté, d'y l'aider et de la
soutenir dans ce combat que je trouve noble.
Et évidemment, en plus de par ma profession, ça a tout son sens puisque je me bats pour
une profession qui justement peut faire de la prévention, soutenir, aider et mettre
des actions en place.
Et donc c'est très logiquement que voilà, on a fait un bon petit bout de chemin toutes
les deux et qu'aujourd'hui va naître aimée en tout cas à vie pour justement lutter,
lutter contre les violences infantiles des plus jeunes de la naissance aux trois ans
de l'enfant.
Donc c'est une rencontre entre deux mamans.
Aude, je voulais un peu savoir parce qu'en fait je dis aujourd'hui que le syndrome
du bébé se coué est un tabou, on ne parle pas.
C'est vrai que moi en tant que maman, on n'a jamais m'a jamais informé en maternité,
lors des cours de préparation.
Votre façon on nous prépare très très peu à l'après, on nous prépare surtout sur
le moment d'accoucher.
À quel moment en fait tu as cette force pour te dire je veux parler ?
Cette force elle a mis un petit peu de temps lorsque mon fils décède, concrètement je
suis une mort videontaine.
Et ça dure cet état de sidération et de dépression, il dure un petit moment et une
année, en réalité.
Et là, les un ans de la mort de mon fils approchent et je me dis c'est plus possible.
Soit j'arrête tout, soit je transforme mon chagrin en quelque chose de positif et
c'est à ce moment là que je décide de m'engager et de transcender tout ce chagrin
et toute cette tristesse pour être à nouveau non plus à subir ce qui m'est arrivé mais
à agir pour tous les autres enfants et que ces drames là n'arrivent plus puisque c'est
une violence.
On n'est pas sur une maladie, on n'est pas sur un accident, on est sur une violence
volontaire donc c'est quelque chose qu'on peut endiguer.
Quelle va être ta première action ?
Ma première action c'est comme je te le disais c'est la marche blanche que j'organise
dans ma ville et qui me permet de prendre la parole dans les médias et je profite de
ce moment où je prends la parole dans les médias pour interpeller un petit peu.
Alors pas directement mais en tout cas commencer à poser une base qui est de dire exactement
ce que tu as dit sur ton vécu personnel de dire voilà moi j'ai accouché dans deux maternités
parisiennes différentes je n'ai jamais reçu de prévention sur le syndrome du bébé
sequé et c'est pas normal.
Du coup ça me permet ensuite d'aller interpeller le secrétaire d'état à l'enfance pour
demander à le rencontrer et le sensibiliser sur cette question de cette maltraitance
là dont on ne parle pas.
La nécessité et l'urgence d'agir est notamment par le biais d'une campagne nationale de
communication et donc je tombe sur monsieur Adrien Takei qui a vraiment une écoute très
attentive qui comprend l'enjeu qui comprend l'urgence et je commence à travailler avec
ses équipes à la réalisation d'une campagne nationale qui va sortir alors on est en pleine
période Covid aussi donc il y a des priorités de communication pour le gouvernement.
Parce qu'en fait la marche blanche c'est mars 2020.
Exactement mars 2020 et la campagne est sortie en janvier 2022 donc elle aurait dû sortir
plus tôt mais voilà elle est finalement sortie en janvier 2022.
Malheureusement pas à la télé le budget le permettait pas forcément mais avec une campagne
digitale très ciblée et quelques diffusions en replay et puis surtout ce qui se passe
à ce moment là donc je fais le lancement avec le secrétaire d'état à l'île pour
mettre en lumière une maternité qui fait de la prévention qui a mis en place un protocole
de prévention systématique auprès des parents et c'est toute l'idée c'est de ne pas s'arrêter
à de la communication alors c'est un premier pas de pouvoir avec un spot qui est choc et qui
rappelle bien que secouayin bébé est une maltraitance qui peut être mortelle et que
si elle est pas mortelle pour l'enfant qui va survivre ce seront des séquelles à vie.
Ça c'est une première chose mais derrière c'est aussi la volonté de mettre en place des
actions très concrètes et notamment la prévention au moment des suites de couches en maternité
où on est au natologie pour informer tous les parents et leur donner des outils concrets sur
comment je fais si un jour je me sens dépassé et en difficulté face aux pleurs de mon bébé que
je ne comprends pas et que je ne sais pas et que je ne sais pas calmer et que je sens la colère
monter en moi. Concrètement qu'est ce que je fais et les recommandations sont très très simples
il faut poser l'enfant en sécurité sur le dos dans son lit, fermer la porte et s'éloigner.
Ensuite mettre en place les actions qui nous permettent de faire retomber la pression donc elles
sont propres à chacun moi j'allais pleurer dans ma salle de bain après ça elle est mieux et puis
éventuellement passer un appel à un ami pour pouvoir décharger demander du relais si vraiment on
sent qu'on n'arrive pas à se calmer et ne revenir auprès du bébé ne le reprend dans ses bras que
lorsqu'on est à nouveau apaisé. Voilà donc ça c'est le point de départ qui devrait être connu
de évidemment tous les parents. C'est une gestion des émotions. Oui on est dans la gestion des
émotions et ça c'est quelque chose qu'on ne nous a jamais appris jamais. On ne nous prépare pas.
On ne prépare pas à ça. À apport à ce syndrome du bébé c'est quoi alors moi déjà le termo donc
c'est le syndrome. Moi je l'aime pas. Parce qu'en fait je trouve qu'il y a quelque chose de...
On dirait une maladie. Oui exactement ce que j'allais dire c'est une maladie et alors qu'en
fait c'est une violence. Une violence commence à se traduit factuellement voilà parce que c'est
quand même quelque chose de c'est la violence donc comment ça se concrétise. Alors concrètement
c'est un adulte qui va empoigner un tout petit généralement sous les aisselles et qui va le
couler très violemment d'avant en arrière. Ce qui se passe c'est que le bébé n'a aucune
résistance au niveau du coup parce que dans la majorité des cas ce sont des bébés de moins
de 12 mois et dans deux tiers des cas ils ont moins de 6 mois et il y a un pic entre 2 et 4 mois.
Donc on est vraiment sur des tout petits. On fait très attention justement à tenir la tête.
Voilà parce qu'ils ont aucune résistance au niveau de la nuque et donc quand ils vont être secoués
comme ça très violemment d'avant en arrière leur tête elle va complètement balotter dans tous
les sens donc venir taper contre le dos et puis venir taper contre le thorax à l'intérieur de la
tête ce qui va se passer c'est que le cerveau pareil il va être balotter dans tous les sens et il
va venir taper contre la boîte crânienne alors en plus le cerveau du bébé il n'est pas il a
encore grossi suffisamment pour la remplir donc ça va vraiment créer des chocs très violent
qui vont entraîner la rupture de veine des veines ponts donc c'est des veines dans le cerveau qui
vont se mettre à saigner et ça va créer donc ces fameux ématomes sous du rô. Il va y avoir
également des émoragies au niveau des yeux et c'est d'ailleurs pour ça qu'une délésion
importante pour les bébés qui survivent concerne la vue donc il y a beaucoup de bébés qui vont
être aveugles ou qui seront mal voyants et puis et puis parfois il y a également des d'autres
lévions au niveau du squelette parce que la colonne vertébrelle peut être peut être touchée
également donc en fait c'est un peu un monde passé sous silence dans le sens où ça peut après
quelques années seulement se vérifier et être diagnostiqué exactement on va pas dire j'ai
mal ou exactement parce qu'on part je crois c'est 500 bébés par an qui sont aujourd'hui diagnostiqués
diagnostiqués mais on est certainement sur sur une échelle fois deux fois trois fois cinq on
n'en sait rien oui oui ça tous les experts s'accordent à dire que c'est que la partie émergée
de l'iceberg c'est 500 bébés par an et qu'il y en a beaucoup plus parce qu'effectivement
seuls les cas les plus graves vont être amenés à l'hôpital et c'est parce qu'ils vont être à
l'hôpital hospitalisé et qu'on va pouvoir leur faire passer les examens permettant de poser le
diagnostic qu'on va pouvoir les reconnaître comme victime de cette maltraitance en revanche les bébés
dont l'état n'est pas jugé suffisamment grave par l'adulte ne sera pas amené à l'hôpital le bébé
va sembler sans remettre donc il va être Mikao de toute façon déjà mais voilà il va il va
paraître sans remettre même s'il y a toujours des symptômes et toujours un changement de comportement
sauf que les lésions qui ont été créées dans le cerveau du bébé elles ne s'en remettront jamais
et effectivement on ne va les découvrir qu'au fur et à mesure des apprentissages de l'enfant
quand il va grandir donc au moment de la marche au moment des premiers mots et puis beaucoup aussi
au moment de l'entrée à l'école et c'est là où on va pouvoir bien identifier des troubles de
l'attention des troubles du langage des difficultés à la marche plein de séquelles mais qui ne
pourront plus être rapportés au fait qu'il a été secoué puisque on n'aura jamais posé le
diagnostic au moment et que ensuite le corps voilà les ématomes vont se résorber les émoragies vont
s'arrêter mais les conséquences elles seront elles seront là et donc cette violence aujourd'hui
elle n'est pas reconnue c'est ce que c'est ce que tu dis en fait si elle est elle est reconnue en
revanche encore faut-il pouvoir la diagnostiquer et c'est là où le bablaise c'est à dire que
tant qu'on ne fait pas passer à l'enfant les examens nécessaires on ne pourra pas poser le
diagnostic du syndrome du bébé enfin de la maltraitance du bébé secoué parce que les les les
ions elles sont internes donc l'extérieur ça se voit pas ça se voit pas et je le répète on est
sur des tout petits qui ne parlent pas encore et qui donc ne vont pas pouvoir dénoncer la violence
dont ils ont été victimes j'ai une question en tant que maman comment l'expliquer aux frères ou
à la soeur ouais alors ça ça a été un gros sujet déjà parce qu'au départ moi moi même je
ne comprenais pas ce qui arrivait tu parles de cette première année où tu as été dans cette
état de mort vivante mais donc t'as ta grande fille qui est aussi présente et pour laquelle tu
oui et pour laquelle je dois être là alors que j'ai plus aucune ressource alors déjà j'ai un le papa
de ma fille qui n'est pas le papa de mon fils déjà était d'un grand soutien pour s'occuper
voilà plus de louise ma fille à ce moment là et et j'ai repris la garde de ma fille au fur et à
mesure et de manière accompagnée par son papa après on a aussi fait suivre louise par une pédopsy
pour deux choses à la fois pour que louise puisse poser des mots donc elle a quatre ans et demi à ce
moment là il se trouve que elle a une capacité déjà à quatre ans et demi de poser des mots sur
ses émotions donc ça facilite énormément le travail et deuxième chose c'est que y a pas de tabou à la
maison je lui ai toujours tout raconté alors à la hauteur de et avec les mots qu'elle pouvait
entendre bien sûr sans rentrer dans les détails et je lui ai fait cette promesse dès le départ de
toujours tout lui dire au fur et à mesure des voilà de ce que moi même je comprenais ou que j'apprenais
puisque à ce moment là moi quand mon fils décède il y a un signalement de fait et le procureur
le procureur ouvre une enquête judiciaire donc il y a aussi des choses que je ne vais pas immédiatement
connaître et que je vais apprendre au fur et à mesure du début de la procédure au moins donc ça
voilà et on fait toujours ce travail avec le papa de louise quand il y a des informations
importantes de se réunir tous les trois pour lui en parler et la phrase vraiment c'était toujours
on disait à louise tu as le droit de poser toutes les questions que tu veux et on t'y répondra et si
on ne connaît pas la réponse on ira chercher la réponse et on te la donnera dès qu'on la
donc louise est complètement consciente du combat que tu mènes de les actions
oui oui oui oui oui ah oui oui elle est au courant de tout elle est elle est même elle fait de la
prévention dans son école elle raconte à ses copains et copines déjà elle a toujours raconté ce
qui était arrivé à son frère et elle leur dit il faut pas secouer les bébés parce que ça fait
ça parce que ça fait ça. Et si jamais, oui, oui, et puis elle dit si jamais un parent,
il n'arrive pas, eh bien il faut qu'il pose le bébé dans son lit et non mais elle est incroyable.
Il ne peut pas y en avoir une d'années là. Exactement, exactement.
Donc tu l'as complètement intégré. Pas de tabou et c'est pour ça en fait que
tu libères la parole beaucoup plus facilement parce que tu as intégré qu'il faut plus en faire
un tabou. Mais oui, mais honnêtement, j'ai été très, en fait, ça m'a révolté le fait qu'on n'en
parle pas et que le peu de fois où j'en avais entendu parler, donc c'était comme d'un fait
d'hiver et j'avais toujours entendu des histoires où c'était une assistant maternelle qui a
mis enfants à la crèche et donc la maltraitance du bébé sequé, ça ne me concerne pas. Sauf que
on parle d'assistants maternels, c'est l'an ou nous à la maison. C'est ça. Et comme on n'avait
jamais parlé à la maternité ou par un professionnel de santé, je connaissais, j'avais l'impression
de savoir ce qui était le syndrome du bébé sequé mais en fait pas du tout. Pas du tout,
j'avais des idées reçues énormes sur le sujet et sauf qu'en fait cette maltraitance, elle est à 80%
d'un traf familial et à 70% commises par les pères des bébés. Et rien que ça, je me suis dit mais
pourquoi on ne le dit pas, pourquoi on n'en parle pas. Là où je me suis dit mais je n'ai jamais
entendu une maman en parler, quand c'est son conjoint qui a secoué l'enfant. En rencontrant
d'autres mamans, etc. je me suis rendu compte qu'en fait c'est l'homerta de la famille. On n'en parle
pas quand c'est dans le cadre intra-familial parce qu'il y a une forme de honte qui existe. La honte
que l'homme qu'on a choisi, l'homme qu'on a aimé, l'homme avec qui on a fait un enfant,
ce soit cet homme-là qui soit violent avec notre enfant et qui l'est tué. Et donc certaines femmes
s'enferment dans une sorte de déni parce que c'est évidemment très violent de faire ce constat-là,
en plus du fait d'avoir déjà perdu son enfant. Mais il fallait que je brise ce tabou. Et je me suis
dit c'est le premier pas pour qu'ensuite on déconstruise toutes les autres idées reçues autour
de cette maltraitance. Et à quel moment tu contactes et le dis ?
Alors moi j'ai plus la date exacte en tête, je me souviens parfaitement du moment où...
C'était avant le lancement de la campagne. C'était dans ce cadre-là.
Je la contacte du coup...
Comment tu la contactes ? Je la contacte Instagram.
En fait je suis en contact avec une infirmière péricultrice qui a lancé un compte Instagram
et qui me recommande de contacter Elodie en me disant elle a créé un collectif
Je suis infirmière péricultrice. Je pense que tu pourrais faire des choses avec elle.
Donc je lui envoie un message.
Est-ce que toi à ce moment-là, tu es en préparation de ce lancement de campagne avec
Adrien Taket avec le gouvernement, tu as commencé à parler beaucoup, tu fais beaucoup de
médias. Du coup c'est quoi ton idée avant de la contacter ? Parce que si tu la contacter
un objectif.
Oui j'ai un objectif très concret de travailler avec des infirmières péricultrices sur la
prévention auprès des parents. Parce que pareil, le métier d'infirmière péricultrice,
moi je le découvre à ce moment-là, je le connais pas. En tant que maman, je ne le connais
pas. Pour moi il y a la sage-femme qui accompagne la maman jusqu'à l'accouchement et un petit
peu après. Et puis ensuite c'est le pédiatre qui prend le relais. Mais alors ce métier
médical dédié à la petite enfance ou à l'enfance inconnue au bataillon.
J'ai posé une question bête et le dit. Et du coup les personnes qu'on va voir en
PMI, ce qu'elle est leur métier ?
Alors il y a des infirmières péricultrices en effet en PMI et qui ont justement ce rôle
de prévention d'accompagnement des jeunes mamans. Malheureusement aujourd'hui la PMI
est un peu associée parfois à tout ce qui est être social à l'enfance. Et puis même
si c'est un outil fantastique, ça ne touche que 20% des familles en moyenne en France.
Ça veut dire qu'il y a 80% des familles qui ne vont pas en PMI. Donc ils n'ont pas forcément
accès à cette profession là. Puisqu'après les infirmières péricultrices, elles travaillent
en maternité, en crèche, en pédiatrie. Dans tous les endroits il y a des enfants en pédopsychiatrie,
en pouponnière.
Il y en a combien en France ?
Entre 23 et 25 000 à peu près. Donc on est aussi nombreuses que les sages-femmes quasiment.
Mais je dirais que ça va en lien avec tout ce qu'a décrit Haute. C'est une profession
qui s'occupe des enfants.
Il y en a 25 000. Il y a combien d'enfants qui laissent chaque année ?
150 000.
Oui, alors tu serais mieux que moi. En viant, 700 et 750 000.
Mais en tout cas c'est une profession qui est en effet sous-exploitée et qui pourrait
offrir des consultations, soutient la parentalité, avoir un gros rôle de prévention dans tout
ce qui est maltraitance infantile et notamment par rapport à cette maltraitance du bébé
secoué.
Et donc je pense que c'est dans ce cadre là qu'Haute m'appelle parce qu'elle sait
que ce métier là est une ressource.
Mais moi je dirais que ce tabou que tu as réussi à lever, en effet, il y a un vrai
tabou par rapport à toute cette petite-enfance et aux maltraitances qui peuvent être commises.
Parce qu'en effet les bébés ont pas les mêmes outils de communication que les plus
grands et parce qu'on a un regard sur la toute petite-enfance et l'enfance, mais encore
plus par rapport à la toute petite-enfance.
On a un regard encore ancré de valeur ancienne malgré tout, malgré les nouvelles lois,
malgré les nouvelles recommandations.
Sociétalement parlant, ce n'est pas encore vraiment intégré.
Quand tu parles petite-enfance, c'est 0-3 ans, c'est les 1000 premiers jours.
Alors les 1000 premiers jours, c'est même de la période de la grossesse, du 4e mois
de grossesse jusqu'au 2 ans de l'enfant.
En fait, les 1000 jours, la politique des 1000 jours, ça a été quand même, je dirais,
un premier, pas un vrai premier grand pas dans le lever de tabou et dans la prise de conscience
que pour faire bouger les choses, pour que les mères se sentent tout moins seuls, pour
qu'on prenne mieux en soins les bébés, pour qu'on applique tous les podcasts, les livres
qu'on peut voir, il y avait besoin d'accompagner et de soutenir.
La politique des 1000 premiers jours, c'est un vrai premier pas là-dedans.
Après, je pense qu'il faut aller bien plus loin et on va en parler après avec Avis et
avec d'autres choses.
Les parents d'aujourd'hui, face à leurs jeunes enfants, le syndrome, la maltrétance
du bébé, ce qu'on a peu entendu parler et les parents ne sont pas non plus très armés
pour faire face aux émotions des enfants puisque le cerveau du bébé, il ne fonctionne pas du
tout comme le cerveau de l'adulte.
Et donc, c'est important en plus qu'ils aient ces premiers gestes, évidemment, c'est la
première chose qu'on doit dire aux parents de poser leur enfant dans un lit, mais aussi
peut-être de leur expliquer comment fonctionne un bébé, quels sont ces besoins, comment
se passe la gestion des émotions qui est extrêmement différente de celle des adultes.
Oui, parce que moi, j'ai grandi, j'ai gardé tant les dépayettes.
J'ai grandi avec des parents et des grands-parents qui laissaient pleurer l'enfant longtemps
en disant « ben ça lui fera les poumons ».
Aujourd'hui, on n'est plus du tout dans cette mouvance, moi, j'ai jamais laissé de ma fille pleurer
pendant une demi-heure.
Du coup, comment toi, tu as combattre parce que tu es fondatrice du cercle des parots ?
Voilà.
C'est un projet qui se déploie aujourd'hui sur dix départements et qui soutient la parentalité, fait de la
prévention du dépistage et de l'orientation vers l'offre de soins déjà existantes.
À quel moment tu t'es dit que tu balançais ce cercle ?
Tu en avais entendu parler ? Aude ?
Non, non, je l'ai découvert.
Je me lance en janvier 2022 en tant que la campagne, en fait.
Donc quand on s'appelle, je viens juste d'obtenir l'appel à projet et de l'ARF.
Mais c'est synchronicité à l'uniment des planètes.
Tout est lié, je pense, à mon histoire aussi personnelle, pas que pro.
Je pense que peut-être moi enfant, j'aurais besoin que ma mère soit plus soutenue.
Voilà.
Ça vient aussi de là et ça vient de ma profession.
Évidemment, on ne fait pas un choix de profession comme ça par hasard.
Mon déclic, c'est que je me rends compte quand je deviens mère moi-même,
de deux enfants avec 16 mois d'écart, que je suis loin de ma famille, que j'ai plein de connaissance.
J'ai un bac plus 4, deux diplômes universitaires, mais je suis larguée.
Je suis complètement larguée, ils me manquent quand même du soutien.
Et donc je pense que... Alors que tu es... Alors que j'ai plein de connaissance.
J'ai plein de connaissance, mais j'y mets mes filtres éducationnels.
J'y mets ce que j'ai reçu, comme tu disais.
On laisse pleurer les enfants ou plein de choses qui sont ancrées en moi dans mon sac à dos.
Donc j'ai pas, j'ai eu beau lire, j'ai beau connaître.
Quand la pratique vient faire surface, il y a un gouffre énorme entre la théorie et la pratique.
Et moi, ce gouffre énorme, je tombe dedans.
Je tombe dedans comme beaucoup, beaucoup de mères et beaucoup de pères.
Et les cercles de parents, ça a aussi cette notion d'intégrer les pères dès le départ
pour leur donner des informations, pour faire de la prévention, pour qu'ils soient sensibilisés
comme le sont les mères déjà avant.
Parce que les mères, elles ont la grossesse, elles se préparent, on leur donne des enfants,
on leur donne des références et tout ça.
Donc il y a déjà un décalage entre les deux.
Donc ce projet-là, en fait, il naît de mon histoire professionnelle, de mon histoire personnelle,
d'enfant et de maman.
Et je me dis, voilà, c'est génial, qu'on sensibilise, qu'on commence à lever les tabous,
mais donnant des ressources aux maman, donnant des ressources aux papa pour pouvoir faire face à
ce tsunami, ce bouleversement qui est de venir parents.
Donc le projet de cercles des parents ?
Le projet des cercles des parents.
Et du coup, c'est vrai qu'au démon on continue évidemment à échanger, on est en lien.
Il y a cette idée, mais tu vas en reparler de la naissance de cette association qui vient de Haude.
Et on se dit, en fait, ça peut être un super outil.
Alors pas que, en les cercles de parents, c'est un outil parmi tant d'autres, évidemment.
Mais on se dit, ça peut être un super outil pour faire de la prévention auprès des parents,
auprès des professionnels aussi, parce qu'Haude va en parler, mais en fait, on se rend compte
que les professionnels de santé, ils ont des connaissances sommaires.
Et donc, quand tu as des connaissances que sommaires, tu ne peux pas bien transmettre.
Donc je pense qu'il y a aussi cette notion d'aller sensibiliser les professionnels.
Et plus que ça, c'est-à-dire qu'effectivement, je m'aperçois, en rencontrant différentes maternités,
que le premier frein à la prévention, donc ce sont les professionnels de santé, eux-mêmes,
qui, parce qu'ils ne maîtrisent pas le sujet de cette maltraitance du bébé secoué,
ont peur d'en parler avec les parents.
Et c'est pour ça qu'il n'y a pas de prévention, parce qu'ils n'osent pas aborder le sujet
avec des parents qui vont donner la vie ou qui viennent de donner la vie.
C'est un sujet triste, c'est un sujet sensible, c'est vrai.
On fait l'autruche, on n'en parle pas et on espère que tout se passera bien.
Donc il faut vraiment commencer par la formation des professionnels de santé
et des professionnels de la petite enfance pour qu'ils aient cette maîtrise,
qu'ils leur permettent d'en parler avec les parents et de pouvoir répondre aux éventuelles questions.
On a eu longtemps des affiches uniquement, d'ailleurs des affiches placardées dans les maternités.
C'était un bonhomme qui, je ne sais pas si tu te rappelles de cet affich.
Il y a eu une affiche qui a longtemps été sur le syndrome du bébé secoué,
mais on se rend bien compte que placarder une affiche sur un mur,
c'est pas vraiment faire de la sensibilisation.
Non, ça suffit.
Non, et là je suis en train de me souvenir si en crèche justement en première section,
tu changes ton bébé sur une table à l'engêt jusqu'à l'entrée de la crèche.
Et en fait, je vois l'affiche, mais ce n'est pas du tout sur la maltraitance du bébé secoué.
C'est, il ne faut pas poser le bébé sur le ventre.
Oui, effectivement.
Et c'est cet affiche.
Exactement.
Mais c'est cet affiche.
Effectivement cet affiche, tu la regardes en permanence.
Parce que c'était en train de changer.
Et voilà, c'est le bébé sur le ventre, alors qu'après, il y a deux écoles et que moi,
mon osteopathe, sage-femme, m'a toujours dit,
vous pouvez laisser un bébé sur le ventre.
Bon, je n'ai jamais fait.
En tout cas, ce qui est certain, c'est que la mort inattendue des nourrissons,
et que j'ai aussi triste que le syndrome du bébé secoué, on en parle.
On a réussi à dépasser ce tabou sur la mort d'enfant.
On en parle beaucoup.
Dans les maternités.
Et c'est vrai que moi, je l'ai souvenir,
la sage-femme est en crèche de voir cet affiche.
Et en fait, j'étais très angloissée.
Je regardais en permanence comment dormais mes filles.
Je mettais les 10 coups sans.
Mais tu vois, c'est ça que tu soulèves.
C'est que t'as des infos et t'es très angloissée face à ces infos-là.
Et c'est là où au démoin, on se dit, en fait,
il faut informer, il faut sensibiliser et il faut accompagner.
Accompagner sans le côté oxygène, c'est comme le bébé à tête plat.
Moi aussi, j'étais très...
Et le papa a dit, ça va, c'est bon.
Et c'est là où je lui mettais des petits cousins,
où je la changeais de côté.
Effectivement, c'est deux... Alors comment on me dit ça ?
C'est deux choses différentes.
La mort inattendue d'une nourrisson, c'est...
Voilà, ça s'appelait... Mais on en parle.
Parce que c'est pas... Mais c'est pas une maltraitance.
C'est pas une maltraitance.
Exactement, tu soulèves le point, Clé.
En fait, c'est ça parce qu'on est dans une société où,
déjà comme Haude le dit, on va faut dire les choses.
C'est une majorité de pères qui se coulent leurs bébés.
Donc ça vient soulever quelque chose.
Tu vois, ça vient dire quelque chose d'une société, quand même.
Donc ça, c'est difficile.
Rien que quand je le dis, je me dis, mon Dieu, qu'est-ce que je suis en train de dire ?
Tu vois ? Mais oui, c'est un fait.
Alors après, il y a aussi des assistantes maternelles, évidemment.
Mais, force est de constater que c'est souvent les mamans
qui sont le plus avec leurs bébés.
Pour autant, ce sont plus de papas qui se coulent leurs bébés.
Donc il y a un problème.
Oui, il y a force, c'est un problème.
Il y a tout le temps, les rendez-vous que tu fais avec ta sèche femme.
Ben, j'en amends, c'est...
Soit là, maman seule.
Ah ben alors là, c'est la grande difficulté,
c'est réussir à capter le papa.
Parce que les mamans, on les voit...
Voilà, elles sont quand même surveillées comme...
Le lait sur le feu quand elles sont enceintes.
Avec des rendez-vous réguliers, le papa,
on espère qu'il va accompagner la maman,
mais on n'a aucune certitude de le croiser pendant ce parcours-là.
Et le seul moment où on est certain de le voir,
c'est à la maternité au moment de l'accouchement.
Enfin, il est quelques jours après la naissance de l'enfant.
Donc c'est vraiment ce moment qui est fondamental
pour faire la prévention de la maltraitance du bébé secoué.
Parce que faire cette prévention auprès des mamans
qui ont une chargée mentale, énorme,
avec toutes les informations qu'on leur donne à la naissance de leur bébé.
Et alors que ce ne sont pas elles qui sont l'auteur principal de cette maltraitance,
ça n'a pas de sens.
Il faut vraiment adresser cette prévention au couple.
Donc avec le père présent.
Et je dis au couple parce que la maman,
il faut qu'elle soit informée bien sûr,
et puis parce qu'elle va être sûrement le relais de cette prévention
auprès de tous ceux qui vont être amenés à s'occuper de son bébé.
Donc c'est pour ça que c'est important de toucher les deux parents.
Mais quand tu parles de prévention, d'accompagnement,
je le mets à la place.
Est-ce qu'il ne faudrait pas le rendre obligatoire parce que l'homme,
à un moment donné, il va dire ma chose.
Mais si, mais oui, c'est un truc...
C'est un truc...
Les rendez-vous de préparation à l'accouchement,
la présence de l'homme du papa n'est pas obligatoire.
Elle est recommandée, mais elle n'est pas obligatoire.
Est-ce que ça passerait plus par une obligation ?
Peut-être tu pourrais parler du rapport qui t'a été demandé
pour les assises de la pédiatrice,
qui a une refonte du système de soins
qui est en train d'être pensée au niveau de la prise en soins de l'enfant
en milieu hospitalier, notamment mais pas que.
Et du coup, le syndrome du bébé se coué,
eau d'elle fait de nombreuses propositions
d'amélioration du système d'aujourd'hui.
J'ai fait un rapport complet pour faire un état des lieux
sur cette maltraitance et des pistes d'action
et notamment...
Oh, qui sont envoyés au gouvernement ?
Exactement.
D'accord.
Pour que...
Pour que les choses bougent en profondeur ?
Exactement, pour qu'il y ait des solutions concrètes
qui soient apportées lors des assises de la pédiatrice
qui auront lieu en mai prochain.
Donc je demande plusieurs choses, effectivement.
Comme je vous l'ai dit tout à l'heure,
déjà la formation des professionnels
puisqu'il ne peut pas y avoir de prévention efficace
si les gens ne sont pas formés.
Et ensuite, cette prévention systématique et obligatoire
auprès des parents,
au moment du passage en maternité pour la naissance de l'enfant,
mais aussi de façon répétée.
Et là, il y a deux outils que j'aimerais voir systématisés
dans toutes les maternités et dans toutes les régions.
Ce sont les cercles de parents, effectivement,
qui sont cet accompagnement pour le couple.
Et les groupes papa, qui existent dans quelques maternités
et avec des groupes papa un peu particuliers
sur l'exemple de celui qui a été créé au CHU de Bissettre.
Parce que les groupes papa qui existent dans quelques maternités,
généralement, c'est les groupes de futurs papa.
Et à Bissettre, on a travaillé avec l'équipe
justement à un moyen de prévention qui toucherait les paires
et c'est ce groupe papa qui est né,
mais qui va mettre en présence les futurs papa et les papa de nouveau né.
Et ça, ça change tout parce que les futurs paires,
ils sont dans une paternité bébé,
projeté, fantasmé avec un bébé idéal qui ne pleure pas,
qui... Sauf que quand on les met au contact des papa
de tout petit bébé qui vient de naître,
qui ont des cernes jusqu'aux genoux et qui leur disent,
« Non mais en fait, c'est pas du tout comme je l'avais imaginé ».
Là, il se passe quelque chose de magique.
Et là, la parole se libère.
Et là, on peut aborder les vrais sujets.
Et c'est un dispositif qui fonctionne,
les paires de nouveau né se rencontrent ?
Oui. Alors c'est un petit peu difficile à prendre
parce que personne n'est au courant, personne ne sait que ça existe
et qu'il faut de la communication et peut-être le rendre.
Et c'est ce que j'aimerais,
que le gouvernement les rend obligatoires,
comme il a fallu du temps aussi pour les mamans
pour qu'elles soient toutes, qu'elles assistent toutes
au cours de préparation à l'accouchement.
C'est quelque chose qu'on offre,
c'est une possibilité qu'on offre,
qu'on ne peut pas après obliger les gens.
Ah, encore que manger des idées aussi
pour obliger un moment où on doit avoir le papa.
La maman, quand je... Voilà, je pose ça comme ça.
Mais la maman, quand elle retourne au travail,
elle a une visite avec la médecine du travail obligatoire.
Ah bon ?
Bah oui, normalement.
À partir du moment où il y a un arrêt de plus de 3 mois,
en fait, il y a l'obligation de voir la médecine du travail, généralement.
C'est pas lié forcément qu'à la maternité,
mais c'est lié à l'arrêt de travail.
Comme un congé maternité sur 3 mois,
bah non, normalement, on est censés voir la médecine du travail pour faire le point.
Et pourquoi il n'y a pas ce même rendez-vous pour les papas ?
Parce qu'en plus, ça donnerait...
Ça aurait du sens pour plein de raisons
et notamment aussi pour que l'entreprise reconnaisse
que l'homme ait devenu père
et que ça a des implications par la suite sur ses horaires de travail.
Exactement. Peut-être des jours, garde-enfant malade, etc.
Qu'on ne fait que poser que sur les épaules de la maman.
Et moi, je dirais même, je te rejoins,
parce que moi, du coup, les cercles de parents, ça fait un an, plus d'un an.
On a 80% de femmes qui viennent, 20% d'hommes.
Il y a une résistance.
J'ai des femmes qui me disent, j'aimerais bien qu'ils viennent avec moi,
mais voilà, parce que ce n'est pas non plus facile pour les hommes.
Aujourd'hui, on ne leur a pas appris à libérer la parole.
Donc, c'est des trucs de filles, c'est des trucs de femmes.
Mais non, la parentalité, ce n'est pas un truc de femme.
La parentalité, c'est un truc de couple.
Et en plus, on sait aujourd'hui, pour échanger avec Élise,
qui fait un travail génial au niveau de maman blues,
on sait que la dépression du postpartum, ça touche beaucoup les femmes,
mais ça touche aussi les hommes.
Les hommes, au-delà de cette maltraitance,
et à la vie, ça vient toucher aussi d'autres types de maltraitances.
Ils ont besoin d'être sensibilisés à de nombreux sujets,
et notamment à comment est-ce que ça fonctionne un bébé
et comment est-ce que je deviens père,
puisque c'est un processus maturatif.
Et donc, qui dit processus maturatif,
je dis nécessité de comprendre des choses,
de se comprendre soi-même,
pour pouvoir être un père qui puisse faire face.
Et justement, dans le nouveau congé paternité,
qui s'est avancé toujours, ce n'est pas un clou dedans.
Ce rendez-vous du papa ?
Non, non, non.
Parce que ça pourrait être logique de l'inclure.
Parce qu'en fait, je...
Même, c'est vrai que en tant que maman de dire,
« Ah ben le père, il va faire cette visite médicale,
ou il va avoir un accompagnement... »
Non mais c'est soulage !
Et ça rassure !
Et c'est l'occasion de passer plein de messages.
Parce qu'il est effectivement l'ordre de dire en entreprise aussi
que le papa, c'est pas seulement la maman qui va aller chez le pédiate,
c'est pas la seule maman qui va aller chercher l'enfant à la crèche,
parce qu'il y a un enfant mélède.
C'est le papa aussi, effectivement, comme tu dis,
c'est la parentalité, c'est une histoire de couple.
Après, là, ça bouge un peu au niveau des mentalités, au niveau des meurs,
s'il y a des influenceurs, pères, on les voit...
Mais ça reste quand même très marginal.
Oui, c'est marginal.
Et puis, en effet, ça ne représente pas la population globale.
C'est à l'état de porter ça.
C'est à l'état d'impacter ça très clairement aujourd'hui.
Nous, on va monter une association,
on va se battre pour qu'il y ait des choses qui soient faites,
on va proposer des outils,
on va essayer d'avoir des levées de fonds,
enfin voilà, en tant que citoyenne, on va faire bouger les choses.
Mais il ne faut pas oublier que c'est quand même du rôle de l'état d'impacter, d'accompagner,
et surtout les lois qui m'emplacent,
que la loi sur les violences éducatives ordinaires aussi, c'est un sujet.
Ça, on fait partie, mais il ne de rien,
puisque les violences, elles démarrent aussi des tout petits
avec des violences éducatives ordinaires
qui peuvent aller jusqu'à des maltraitants chez les jeunes enfants.
Une loi, ça s'accompagne, une loi, ça se porte,
et ça s'accompagne de mesures, de soutien et de dispositifs.
Donc voilà.
Donc je pense que l'avenir, c'est aussi des mouvements citoyens
pour faire bouger les choses,
que les médias saisissent aussi de certains sujets.
Ça, c'est un vrai sujet,
parce qu'aujourd'hui, les politiques, une fois que les médias sont...
Enfin, c'est les médias qui impullent,
c'est ensuite parfois la politique qui s'en saisit.
Donc voilà, mais évidemment que ce serait hyper rassurant.lmer.
Ça les déculpabiliseraient, parce qu'en effet, en tant que mère,
là, je me suis dit,
« Oh, mais mon Dieu, oui, qu'est-ce que j'aurais été heureuse,
qu'on propose à mon mari d'aller faire une consultation,
pouvoir parler de tout ce qui peut l'inquiéter ? »
Oui, et puis c'est pas genre une sanction, une interrogation,
une évaluation sur la capacité à être père.
C'est un accompagnement.
On vous explique les choses,
voilà ce qui va se passer.
Et c'est vrai que tu demandes aujourd'hui à tout le père,
au bout d'un an, deux ans,
« Bon alors, qu'est-ce t'as vécu ? »
On dirait que ça a été un tsunami émotionnel,
j'étais pas préparée.
On a grandi avec l'image du petit Nicolas et du papa
qui restaient dans le fauteuil et qui les aient son journal.
On n'a pas du tout grandi.
Et la maman au foyer.
Oui, et même si les pères aujourd'hui,
ils emmènent leurs enfants à la crèche,
ils changent les couches, ils donnent le bain,
ils font tout ce que les mères font.
Bon, il y a quand même la charge mentale qui revient à la mère,
la responsabilité d'eux,
et puis il y a encore des professionnels maman crèche qui vont dire,
« Bah vous direz à la maman de… »
Et le papa, ils ne le vivent pas forcément bien ça,
parce qu'eux aussi ils ont envie de s'investir.
Mais pour qu'ils puissent s'investir,
il faut bien qu'ils aient des outils.
Parce que s'ils n'ont pas d'outils,
quand t'as pas d'outils pour faire face à une situation,
t'as tendance à reculer quoi.
Tu laisses faire l'autre,
parce que c'est plus difficile pour toi sans outils.
Donc nous on en a plus,
dans le sens où on n'est plus accompagné,
on a cette gestation de 9 mois qui nous prépare
physiquement, mentalement.
Ils ont moins d'outils.
Donc il faut d'autant plus les sensibiliser
pour qu'ils puissent faire face.
Faut le voir comme ça.
Faut qu'ils prennent leur place aussi,
il faut qu'il y ait un mouvement dans les deux sens qui se fasse.
Moi je pense qu'on va dans le bon sens,
je pense qu'on y va parce qu'il y a une volonté quand même
de jeunes pères que j'observe et qui viennent au cercle
qui ont envie.
Sauf que des fois ils viennent,
et puis j'ai la maman qui me dit,
ben je sais pas, on installe des rituels pour le coucher,
mais lui il comprend pas trop l'intérêt.
Et donc du coup ça va être d'expliquer
comment fonctionne l'enfant.
Et il ressort et il a compris,
mais il ne pouvait pas savoir puisqu'on lui a pas expliqué.
Donc s'il ne va pas chercher de l'info,
et on sait que les papas vont beaucoup moins chercher de l'info
que les mamans,
puisqu'on les responsabilise moins sociétalement parlant.
Donc c'est elles qui vont chercher de l'info,
c'est elles qui ont les connaissances,
et qui après le diffuse au père,
quand ils veulent rien...
Avec le filtre de maman.
Et forcément oui, mais il était biaisé,
non mais t'en fais trop.
C'est de la psychologie,
oui peut-être qu'il faut simplifier la vie.
On a l'air de faire tout sur une tuaire.
Voilà, mais en fait,
d'un regard détaché c'est logique.
Ils n'ont pas les mêmes codes.
Donc comment forcément,
eux ça leur paraît peut-être trop tôt ?
Oui, et puis il y a vraiment ce point fondamental,
qui est la question de l'empathie,
et elle est possible,
effectivement, cette compréhension
des besoins du bébé et de l'enfant,
elle est possible,
si on a les connaissances suffisantes,
comme le dit Elodie.
Donc c'est tout...
Voilà tout cet accompagnement
et ces outils qui vont leur permettre
de mieux comprendre leur bébé et leur enfant,
qui ne pourront être que bénéfiques
pour les enfants.
Alors parlons maintenant de cette association,
concrètement,
comment je se composais là ?
Je te laisse peut-être répondre à ça,
parce que c'est haut de la présidente d'Avi.
Oui, alors en fait, on est 5.
Il y a, on est plusieurs parents d'enfants
qui ont été victimes de cette maltraitance.
Donc on est 2 maman,
Marie et moi,
et un papa, Manu,
d'un petit Raphael qui, lui, a survécu,
mais qui est lourdement handicapé,
quand la fille de Marie, Rose,
est décédée comme mon fils de cette maltraitance.
Et ensuite, donc il y a Elodie,
infirmière purécultrice,
et Sylvie, qui est avocate,
une avocate qui défend depuis
des nombreuses années des victimes
du bébé Sequouet et leur famille.
Et voilà, c'est un petit peu ceux qui m'ont rejoint,
que j'ai rencontrés au fur et à mesure de mon engagement,
et qui ont été ces belles rencontres,
et des gens avec cette envie d'agir,
et de faire changer les choses,
faire changer les mentalités,
parce qu'au fond, c'est ça, le sujet,
c'est de considérer enfin le bébé
comme un citoyen à part entière,
et non pas un mini-adulte en devenir.
Quand on aura réussi ça,
le chemin va être long et il y a du boulot,
mais c'est vraiment ça qui changera les choses.
C'est vraiment ce sujet de...
ces petites vies, elles comptent autant.
Elles comptent autant et déterminent ce qu'on est toute notre vie.
Mais elles ont besoin d'être protégées,
échouayées à tout prix,
parce qu'elles sont très vulnérables,
et un bébé de deux mois, évidemment,
ça survit des pans de l'adulte qui va s'occuper de lui.
Soutenons les parents pour protéger nos enfants.
C'est ce que j'ai tendance à dire,
et oui, quand Ode dit, c'est changer les choses en profondeur,
et se regarde sur ce petit être si dépendant,
si vulnérable, mais qui en même temps
a tout autant de valeur qu'une vie adulte,
c'est ce qui m'anime autant qu'elle,
évidemment, et c'est ce qui nous rassemble
autour de cette association.
C'est ça le sujet, c'est changer de regard
sur la toute petite enfance,
parce qu'en fait, ce sera bénéfique à tout point de vue,
ce sera bénéfique sociétalement parlant,
parce que aussi, ça fera des adultes plus sereins,
plus confiants, et qui eux, à leur tour,
pourront aussi transmettre des choses positives.
On est toutes les trois mamans,
on est toutes les trois d'accord pour dire qu'il y a des choses aujourd'hui
et qu'on a vécu dans notre enfance
et notre toute petite enfance qui influencent.
Est-ce qu'on est aujourd'hui,
ce qu'on a envie de transmettre,
ou ce qu'on a envie d'être ?
Et pour revenir sur Avis et sa composition,
c'était important de ne pas être que des parents.
On n'est pas une association de parents, de victimes.
Donc il y a des professionnels,
et alors Marie, la maman de Rose,
elle est maman de victime et elle est infirmière aussi.
Ça donne des compétences différentes aussi.
Et l'idée, c'est vraiment de...
On n'est pas une énième association locale de parents,
c'est vraiment...
On a des grandes ambitions déjà.
On veut professionnaliser les choses.
Et donc la présence de ces professionnels,
que ce soit du côté de la santé, de la petite enfance,
ou du droit avec la présence d'une avocate,
c'est important pour aller vraiment plus loin
et proposer, mettre en place des actions efficaces
qui vont changer les choses.
Et je dirais que l'Alliance de professionnels, de santé
et de parents experts, pour le coup haute,
je pense qu'elle est plus qu'elle est que moi
sur la maltraitance du bébé secoué encore,
c'est hyper riche.
Ça permet d'avoir un regard assez novateur
sur cet item de prévention et de santé,
parce que c'est ensemble entre les professionnels de santé
et des parents qu'on apprendra mieux
et puis qu'on peut s'apporter des choses aussi.
Donc ça aussi, cette valeur-là,
de collaborer entre parents experts et professionnels de santé.
Et aujourd'hui, vous êtes soutenue par quels organismes ?
L'association vient d'être créée.
Elle a une semaine et demi.
Une semaine et demi.
Elle a été créée le 27 février 2023.
Donc c'est vraiment tout récent.
On est en train de...
Elle a été créée dans les juridiquement...
Oui.
Voilà.
Les statues ont été déposées le 27 février.
Après, on est entouré d'un certain nombre de personnes,
que ce soit des professionnels de santé
et autres que...
Et l'audit, on a des neuropédiatres à nos côtés.
On a des infirmiers, des infirmières surtout,
des infirmières péricultrices, des professeurs.
Voilà, on a surtout les experts de la maltraitance du bébé secoué.
Des médecins légistes.
Des médecins légistes.
Mais aussi, on a des politiques qui nous soutiennent,
que ce soit des sénateurs, des anciens ministres.
Voilà, on a quelques politiques qui veulent aussi
contribuer à faire changer les choses.
On a des parents qui nous soutiennent, des parents de victimes.
On a des avocats qui nous soutiennent également.
Donc voilà, on a créé un réseau
qui va nous permettre un beau lancement officiel très bientôt.
Et puis surtout d'agir très rapidement et concrètement.
Et puis le but aussi, ce sera de sensibiliser des personnalités publics
pour donner du poids.
Parce qu'on sait qu'aujourd'hui, médiatiquement par l'on ne peut pas faire sans.
Et donc il essaie de voloncer aussi
d'aller sensibiliser les gens qui ont du poids médiatiquement parlant
pour que ça devienne un vrai sujet de société.
Et c'est ça, le but,
c'est que l'espace public se saisisse de ce sujet,
mais vraiment à bras le corps.
Et c'est le but de cette association à vie aussi.
Comment vous soutenir aujourd'hui à notre échelle ?
En faisant un groupe, en faisant un podcast.
Déjà, le podcast, déjà en parler de la parole, c'est du...
Non, et puis ça va être...
On est en recherche de soutien financier, il ne faut pas se mentir.
Et bien on va sur associationavie.fr.
Donc on lui fait un don.
Il ne sera dans la description de l'épisode.
Exactement.
Et on fait un don.
Mais pas que.
Après, on va être présent à la course des héros.
Donc c'est pareil, venir courir...
Mais c'est pas la course des héros.
...au profit de ce contexte.
C'est une course qui a organisé...
Alors dans plusieurs villes de France,
mais nous on va être présent sur celle de Paris.
Donc alors à lieu le 18 juin.
Et pourquoi c'est pas la course des héros et des héroïnes ?
Mais je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Il faut que j'en parle aux organisateurs.
C'est vrai.
C'est quand même...
J'aime saisir du sujet.
Exactement.
Et donc c'est un événement festif.
Les gens viennent courir.
Mais c'est au profit d'une cause.
Donc il y a un certain nombre d'associations qui sont inscrites.
Et pour qui on peut courir.
Et l'idée c'est de créer sa team de collecteurs
pour pouvoir écolter suffisamment d'argent.
Donc il y a un minimum pour pouvoir courir.
Et ensuite cet argent est reversé à l'association qu'on a choisi.
Très bien.
Donc ça va être des actions concrètes,
de la sensibilisation, des campagnes de notoriété.
Est-ce que du coup vous êtes toujours en contact
avec le gouvernement sur d'autres campagnes ?
Alors là je suis en contact avec le ministère de la Santé
déjà pour les assises.
Donc c'est l'assise de la pédiatrie.
Oui les assises de la pédiatrie qui vont avoir un impact
sur vraiment les soins des enfants.
Je suis en contact également avec le secrétaire d'État à l'enfance.
Et puis là on va voir ce qu'on peut mettre en place.
Mais effectivement des campagnes régulièrement.
Moi je pense qu'il faut au moins une campagne par an
télévisée pour parler de cette maltraitance.
Télé sur des plateaux télé ?
Alors j'ai été, oui, j'ai fait les maternelles
comme au moment de la marche.
D'accord.
J'ai participé aussi à un documentaire
qui s'appelle « bébé secouer la violence inavouable »
Dan Palmovski, qui a été diffusée sur public Sénat
en janvier dernier, qui part de l'histoire de trois mamans,
dont celle de Marie et la mienne,
et qui comme ça va venir déconstruire toutes les idées reçues
qu'on a sur la maltraitance du bébé secouer.
Donc ça c'est un bon outil de prévention aussi.
Et d'ailleurs ce documentaire a été pensé, réfléchi
et là encore j'ai eu l'honneur de pouvoir
réfléchir avec l'équipe de production et la réalisatrice.
Il a été pensé pour être ensuite au-delà d'une
diffusion grand public de réveil des consciences on va dire,
mais aussi d'être utilisé comme un outil de prévention
pour que ce soit auprès des professionnels de santé,
de la petite enfance, etc.
Qu'est-ce qu'elle te dit aujourd'hui, Téphi,
on va revenir sur des questions.
Voilà, on sait comment se souvient l'association et Avis,
là, c'est Avis, il y a plein de choses,
il y a violence infantile,
mais quand on dit Avis, il y a quelque chose d'hévitale.
Mais oui, c'est pour la vie de ces bébés.
Après c'est une maltraitance qui a des conséquences Avis aussi,
à mort bien sûr, mais Avis pour ceux qui vont survivre,
parce que les séquelles qui vont avoir ces bébés,
ce sera pour toute leur vie.
Et puis moi, c'est mon combat.
C'est ma mission à vie maintenant.
C'est ta mission de vie.
Oui, c'est ma mission de vie.
Ma fille, qu'est-ce que je lui dis ?
Ma fille, elle comprend tout, très vite, toute seule,
et elle m'a dit un jour, j'en étais bouleversée,
elle m'a regardé très profondément dans les yeux,
elle m'a dit « maman, tu sais, je suis tellement fière
que de tout ce que tu fais pour protéger les bébés. »
Et j'étais en voiture, un feu rouge,
j'ai mis le frein à main et…
Je crois que j'ai…
Voilà, il fallait que je me reprenne,
parce que l'émotion était hyper forte,
mais je ne le fais pas pour qu'elle soit fière de moi.
Mais ce que ça traduit quand même,
et ça c'est important, c'est un de mes moteurs,
ce que ça traduit, c'est qu'elle a compris
qu'on pouvait se relever de quelque chose qui est…
La mort de son enfant, il n'y a pas de mot aussi.
On s'en relève, alors pas comme avant,
on va boiter toute notre vie avec ça,
mais on se bat et on essaye, on en fait quelque chose,
on le transforme en quelque chose qui a du sens
et qui va aider les autres.
Et ça c'est aussi important que je lui donne ça comme exemple
pour qu'elle se construise,
que j'ai arrêté de subir et qu'on doit tous passer à l'action.
Et elle passe et j'ai à l'action.
Et elle passe et j'ai à l'action.
Elle passe et j'ai à l'action à 9 ans,
génial, nouvelle héroïne Louise.
Dans quelques années, c'est toi que j'aurais à ce micro.
Elle serait ravie, elle sera ravie.
J'ai vu poser une question à toutes les deux que je pose
dans le cas des nouvelles héroïnes,
du coup je vais poser deux.
Quelle serait le message que tu dirais à haute enfant ?
Wow.
C'est une question.
Vas-y, Lodi.
Déjà je voudrais dire que je suis moi aussi hyper hyper fière de toi
et hyper fière de te connaître.
Je vais faire pleurer.
Parce que je l'admire pour ce qu'elle fait,
pour justement cette force à avoir pu se relever
de ce qui me paraît de mon regard de maman sur mon table.
Donc il n'y a pas de voilà, je suis hyper fière de te connaître,
hyper fière de toi.
Et je te rejoins dans ce que tu donnes à ta fille,
en fait de lui dire, voilà, c'est symbolique, je me relève,
même si c'est super dur.
Moi ce que je voudrais dire à Lodi petite,
c'est de lui dire d'avoir confiance en elle, qu'en effet,
on tombe, on chute, on se fait mal dans la vie,
on se fait très très mal des fois.
Mais l'important c'est de se relever et de savoir se relever.
Parce que se protéger toute sa vie et mettre un masque,
ça empêche d'entrer en relation avec les autres
et de créer des belles relations sincères.
Et de passer à l'action et de mener des combats.
Donc en fait, ce que je voudrais dire à Lodi petite,
c'est de se retirer ton masque, n'est pas peur,
tu vas tomber, tu vas peut-être te faire mal,
mais sur ton chemin tu vas croiser des super belles rencontres,
des super belles personnes, et c'est ça qui compte.
Et puis aussi de croire en tes idées où étaient valeurs.
Une facile balata, je t'ai mis là-bas en haut, là.
Oui, alors j'ai plus tendance à penser à Louise
et à ce que je lui digne et de la...
Je vais t'aider.
Parce que je pense que tu es là sur le bout de la langue.
Quand on a démarré cette rencontre ce matin,
on n'était pas en enregistrement.
Et on a parlé justement de la difficulté aujourd'hui
d'élever nos filles.
Et tu as parlé de ton grand-père et de ton grand-frère.
Est-ce que tu peux nous redire ?
Alors c'est peut-être une anecdote,
mais moi je trouve que c'est la première chose que tu as dit
et je trouve qu'il est extrêmement joli
et comment tu l'as transformé.
Donc voilà, est-ce que tu peux nous en parler ?
Effectivement, dans ma famille,
mon grand-père regardait quotidiennement question pour un champion
et il disait à mon frère,
quand tu seras grand, tu iras et puis tu gagneras.
Et moi, il me regardait et il me disait
et puis toi, tu feras Miss France et tu gagneras.
Et au final, voilà, mon frère,
c'est lui qui a fait du mannequinat.
Il a arrêté ses études relativement tôt
parce que c'est un autodidacte
et que l'école ne lui convenait pas,
enfin c'était pas ce qui lui correspondait.
Et moi, à l'inverse, j'ai continué dans les études
et j'ai un bac plus sain qui est donc c'était marrant
de voir cette différence entre ce que mon grand-père imaginait pour nous
et puis finalement la réalité.
Et oui, c'est aussi cette question de confiance en soi,
de se dire que, alors qu'en tant que petite fille,
il y avait sûrement des plein de pensées limitantes,
de se dire ben non, croient en toi.
Et à partir du moment où ça, c'est quelque chose vraiment.
Alors je dis souvent, oui, il faut que les planètes soient alignées,
ça c'est mon côté un peu perché.
Mais quand je sens que je suis dans le juste,
je sais que j'ai raison d'agir comme ça, d'être là où je suis,
et ben à ce moment-là, je sais que ça marchera.
Et je suis à ce moment-là de ma vie où j'ai l'impression d'être à ma place
et de toujours être en cohérence avec soi-même, avec ses valeurs.
Ça, ça me semble important et de se dire,
quand on ressent ça, ça ira.
Ça ira.
C'est très beau.
Un message aux parents.
De protéger, de choyer, d'aimer,
et nos enfants et nos bébés,
et de protéger les plus vulnérables évidemment.
Mais ça là-dessus, elle le dit,
va avoir un discours beaucoup plus percutant que le mien.
Moi je leur dirais, croyant vous.
La première des choses, vraiment croyant vous,
ça se traverse pas sans heur de devenir parents.
Donc ça se traverse collectivement.
Ne restez pas seuls.
Libérez la parole de tout ce que vous vivez,
de vos nuits hachés sans sommeil,
des pleurs qui sont difficiles.
Parlez, libérez la parole.
Et arrêtez de perpétuer cette hau meurta,
ce couvercle qui empêche les émotions,
parce qu'on est des êtres d'émotion,
parce que c'est comme ça et parce que comme toute crise
dans la vie de quelqu'un,
ça se traverse avec des choses plus ou moins faciles.
Donc parlez, parlez, parlez,
et puis partagez et faites-vous accompagner évidemment.
Ne restez pas seuls.
Ne restez pas seuls.
Moi je rajouterais un truc,
parce que ça m'a beaucoup pesée quand je suis devenue maman,
c'est cette idée qu'il faut savoir tout gérer en même temps
et sans jamais se plaindre,
et que si on y arrive pas c'est pas normal,
et qu'il faut à la fois être une supermaman
qui sait tout faire,
et qui, voilà, que c'est pas toujours le cas,
et que c'est quelque chose qu'on apprend au fur et à mesure,
et c'est pas grave,
mais qu'au-delà d'être une supermaman,
il faut être aussi une super épouse,
et puis une super amie,
et puis une super salariée, etc.
Et ce côté Wonder Woman, stop,
faut arrêter.
En fait c'est ça qu'on devrait dire à nos petites filles intérieures.
Vous n'êtes pas faite pour tout le temps plaire,
tout le temps être parfaite,
et tout savoir gérer,
et vous avez le droit de ne pas savoir,
d'en avoir marre,
et de pas tout le temps être gentil et d'occu.
Est-ce que vous avez des livres,
des ouvrages,
que vous conseillez aujourd'hui aux jeunes parents ?
Alors il y a le livre
« Dépression du postpartum des listes de maman blues que je conseille »
et de « Mal de mère »
c'est leur intitulé Instagram.
Moi il y a un livre plus personnel
que ma mère m'a offert à la naissance de mon fils
qui s'appelle « Maman ».
Juste « Maman ».
C'est un livre d'illustration avec des images magnifiques
et des textes d'une profondeur absolue.
Juste « Maman » avec un M majuscule au sein du lit.
« Maman ».
Il y a plein d'images,
de plein de cultures de mères différentes,
mais c'est tellement parlant quand on est dans le postpartum.
Enfin c'est un livre qui est magnifique, vraiment.
Donc je conseille ce livre-là
parce qu'il fait réfléchir à la posture de mère, à ce qu'on vit,
sans que ce soit vraiment un livre.
En fait c'est plutôt un livre illustratif,
mais ça fait vraiment...
Et c'est vrai que c'est intéressant de voir les maternités
dans les autres cultures.
Parce que t'as vraiment plus ce terme de...
Il faut un village pour élever un enfant
qu'on n'a pas dans nos sociétés,
qu'on n'a plus dans les...
Oui, parce qu'en fait c'est vrai qu'on l'avait,
c'était les grands-mères qui s'occupaient,
tout le monde vivait sous le même toit.
Mais c'est ça qui faisait aussi
que c'était peut-être un peu moins dur.
Il ne faut pas oublier,
il y a les nouvelles normes sociétales
et toutes les connaissances.
Oui, il y avait la lignerie,
il y avait cette pression,
il y avait...
C'était différent.
C'était peut-être pas forcément plus facile pour les mères.
Moi je ne pense pas.
Mais c'était plus collectif.
Donc il y avait moins cette solitude.
Et puis t'avais quand même moins cette pression de...
Je suis désolée, mais sur Instagram,
t'as quand même le reflet de ces femmes,
de ces mamans hyper parfaites,
qui se prennent en photo,
qui font des réels,
et je me disais comment elles font pour faire des réels.
Toute la journée est hyper parfaite,
moi je ne sais pas faire un poste.
Si, mais il y a une faute de deux heures,
il n'y a pas à faire un.
Enfin voilà, je me dis,
parce que je vais passer du temps avec mes enfants,
je me dis comment elles font.
Donc ça nous renvoie aussi
l'image un petit peu de la mère pas faire.
Et du papa parfait aussi.
Oui, bien sûr.
Après il y a des contre-comptes.
C'est-à-dire qu'il y a des comptes qui montrent,
qui commencent à montrer des séquatrices de ces arènes,
des mamans avec des...
Il y a des contre-mouvements.
Moi je dirais qu'il ne faut pas perdre de vue
que les médias et le côté web, c'est génial.
C'est super, c'est indispensable.
Il y a même des plateformes,
maintenant où les parents tapent leur question
et des réponses automatiquement.
Mais on est quand même...
Regardes, là aujourd'hui on se rend compte toutes les trois,
ça n'aurait pas eu la même saveur
si on avait fait un truc en vidéo, on est d'accord ?
Et c'est pour ça que tu voulais qu'on se rencontre.
Mais bien sûr.
Et donc la parentalité c'est pareil,
Instagram, Facebook, les groupes de maman, c'est nécessaire.
Il y a un écran entre les...
Mais il y a un écran.
Et en fait autant les...
Voilà, il y a un écran émotionnel.
Et en fait autant ça peut être une ressource à certains moments,
quand même, autant ça ne suffit pas.
Il ne faut pas oublier qu'on est des êtres de relation
et qu'on a besoin d'échanger, de se voir, de se toucher,
de se serrer, de sentir nos odeurs.
Enfin voilà.
Non, en tout cas j'ai été vraiment ravi de faire votre rencontre,
je crois que c'est une très belle rencontre.
Et nous aussi.
Merci pour ce moment.
Oui, mars.
Et voilà, je mets à l'honneur ces nouvelles 01,
parce que vous êtes vraiment des nouvelles 01.
Je raconte votre histoire aux enfants.
Mais en tout cas, merci pour votre temps, c'était juste.
Merci à toi.
Et donc toutes les informations sur l'association Avis
seront en description de l'épisode.
Et bien sûr dans le cadre du podcaston,
on en parlera beaucoup.
Donc voilà, merci pour votre écoute.
À très bientôt.