Il était une nouvelle héroïne, Peggy, né en haute sa voix à Evian Lebin il y a un
siècle et si son histoire commence en haute montagne c'est un haute mère que je t'emmène
découvrir Peggy l'aventurière.
Petite dans la cour de récréation de l'école Peggy joue plus avec les garçons que les
filles.
Hé Peggy, t'es un garçon manqué, t'es un garçon manqué.
Non tu dis n'importe quoi Gaston.
Je suis Peggy une fille réussie arrêtez de m'embêter.
C'est pas parce que je n'aime pas jouer avec les poupées et les dinettes que je suis
un garçon, moi je veux jouer à l'aventurière.
Après l'école Peggy fait le os-autogarie au judo, fait le service à la cuillère au
tennis.
Un salto arrière à la gymnastique nage le dos-crolet au cours de natation et fait du
touche-ousse l'hiver-uski.
Et quand Peggy tombe sur le tête à mi au ratune-balle, ses parents lui répètent cette
phrase de Socrates un philosophe grec de l'Antiquité.
La chute n'est pas un échec.
L'échec c'est de rester là où l'on est tombé.
Un neuf ans, Peggy aime lire les histoires d'Héroïne Rebelle comme
celle qui fut Marquise Desanges pour l'étruant de la Cour des Miracles, Marquise de Plessis
Bélière, Maréchal de France pour les Seigneurs de la Cour de Versailles et pour tous et
toujours merveilleux Angélique.
Angélique, Marquise Desanges et comme celle des nouvelles Héroïnes.
À dix ans, dans sa chambre, est appissée cette phrase de Sénèque, encore un philosophe
grec de l'Antiquité.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas.
C'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.
Je te laisse songer.
Adolescentes, elles se passionnent pour les récits d'aventure d'Alexandra David Nel
ou Éla Mayard, qu'elle dévore.
Péguis voit ainsi sa vie comme un immense terrain de jeu.
Stop !
Bonsoir, vaste publique.
Maître Indianaka Pellou von Bande des aventurières perdue.
Parfaitement.
Qui est Éla Mayard ?
Éla Mayard est Suisse et nait en 1903 à Genève.
À l'école, on ne peut pas dire qu'Éla Mayard brille comme une étoile.
Plutôt que de faire ses devoirs, Éla préfère le sport et par tous les week-ends faire du
ski.
En Suisse, les montagnes ne sont jamais très loin et jamais trop hautes.
Et quand les neiges ont fondu, Éla apprend à naviguer sur le lacrimon.
A peine dix ans, elle apprend à barrer un voilier avec son ami d'enfance, Hermine,
surnommée Niette.
Cette passion pour la voile l'amène aux Jeux Olympiques de Paris en 1924.
Et là, concours en voile sur un dériveur solidaire.
Elle est ainsi la seule femme de l'épreuve et la plus jeune.
Que ses sports soient réservés aux hommes, elle s'en moque.
Elle projette même de traverser l'authentique, mais le projet tombe à l'eau.
Et là, ne veut pas se marier, ne veut pas d'enfant, elle veut juste être libre et
par explorer la Russie.
Elle parcourt 350 km à pied du nord au sud.
Un périple qui n'est pas de tout repos puisqu'elle est violemment mordu par un
chien de berger.
Une blessure qui lui fait faire un détour par l'hôpital.
Heureusement, le chien n'avait pas la rage et elle décide de poursuivre la route,
la jambe en flé.
Après la Russie, Ella paranchie et traverse les déserts d'Asie centrale.
Elle voyage sans bagages, à d'autres chameaux, sans autorisation, à l'aventure, avec un
sac de farine d'orges grillés, un pedaille, des raisins secs, content manger ce qu'elle
trouve sur son chemin.
Bref, une vraie aventurière qui passionne notre jeune Pégui.
Au revoir et repartons en poésie.
Pendant toute son enfance, Pégui se nourrit des rissis d'aventure et les livres de
Théric Tabarli, un navigateur français et marin de légende.
Tout cela va confirmer la passion de Pégui pour la mer.
18 ans, Pégui voit Florence Arto arriver en tête de la route du Rome, une première.
Mission accomplie, Florence Arto a battu ce record de traversée de l'Atlantique en solitaire.
16 heures cet après-midi, Florence Arto peut enfin laisser éclater sa joie.
La première femme à avoir traversé l'Atlantique en moins d'une heure.
Pégui ne veut plus attendre et se rapproche de la mer en faisant ses études en Angleterre
et très précisément à Plimouth, patraude mousse, dans la moth pour naviguer tous les
cannes.
A l'issue de son diplôme, elle part à Brest, en Bretagne pas grande.
Est-ce que tu sors mais tu m'a déteste d'avoir pu un jour quitter Brest?
La rade le pense qu'il en reste, le vent dans l'avenue, j'enjeu reste.
Un jour, alors qu'elle sèche un cours de gestion à l'école, elle visionne un documentaire
à la télévision sur une traversée du Pacifique à la rame qui déclenche ainsi la suite de
son histoire.
Pour elle, c'est ce qu'elle attend depuis trop longtemps.
L'aventure avec un grand A.
Si un homme peut le faire, pourquoi pas moi?
Bon, ok, ça prendra du temps mais je veux en être.
Être la première femme à traverser l'Atlantique à la rame.
Je vais chercher des sponsors, étudier les options de bateau.
Allez l'Atlantique, j'arrive.
Mais très vite, Peggy doit faire face à des commentaires sur son jeune âge et son
manque d'expérience.
Vous êtes complètement inconsciente?
Oh là, je ne vous laisserai pas partir si vous êtes émavis.
En attendant, vous avez dit ça, elle a des bras sous les cotons-tige puis elle veut partir
en mer.
Oh là, je ne vous laisserai pas partir si vous êtes émavis.
Pendant un instant, elle imagine réaliser ses traversées en double.
Mais un autre navigateur, Olivier de Carsezon, le lui des conseils.
Et Olivier sait de quoi il parle.
C'est un navigateur qui a réalisé un tour du monde en solitaire en 71 jours, mieux
que Jules qui en 80 jours depuis reste verne.
Cette traversée de l'Atlantique doit être une aventure personnelle, intime, que tu
dois vivre seul.
Si ton seul obstacle, c'est ton manque d'expérience en haute mer, t'as qu'à faire une traversée
à la voile en équipage.
Peggy prend Olivier au pied de la lettre, démissionne de son travail et part réaliser
une traversée de l'Atlantique à la voile, mais pas toute seule, en équipage.
A bord, c'est dur.
Le skipper ne ménage pas Peggy.
Peggy, ne fais plus jamais ça.
Tu fais plus jamais ça Peggy.
Peggy, à ma mort.
Mais Peggy ne baisse pas les bras.
De retour en France, Peggy investit toutes ses économies dans l'achat de son bateau.
Beaucoup trop fiers pour demander de l'aide à ses parents.
Déterminée, elle trouve un job pour aller éplucher des brocolis à côté de Brest,
de 4h du matin à 13h tous les jours.
Avant de trouver un job à Paris Brest, enfin, juste à Paris.
La semaine, métro, boulot, dodot à Paris, et le week-end à Brest pour travailler sur son bateau.
Super, j'ai mon premier sponsor.
A 24 ans, Peggy monte sa société et a bien en tête de devenir la première femme à tenter cette aventure.
Celle de traverser l'Atlantique à la rame.
Le grand jour est arrivé.
Nous sommes le 10 mars 1998.
Peggy monte à bord de son bateau, dans un bord des Canaries.
Son bateau, c'est un bateau de 8 mètres de long, 1 m 40 de large, 300 kilos sans Peggy,
et 650 kilos avec tout le matériel plus Peggy.
Alors il lui faut un compas électronique, un compas de cloison, un compas de relèvement,
des cartes marines, un GPS, un téléphone par un soleil, un torche, un torche, une emparentale,
une poule de sacs de doulice, des boulons, des câbles à souder,
malettes complètes préparées par le docteur Le Roussique, crème solaire, pustic à lèvres,
crème pour la main, deux brossadans, brossadans encore, du dentifrice, délingètes,
bras à cheveux, sachets, du lit au filet, des pâtiers, autodavos, la yocurite, crème des cerfs, vanilles,
des bars vite à fri, on dit, des appareils photo, 20 litres de boissons sucres,
de l'eau désalanisée à une boire, matériel dilu, un tubar, 80 celles et feux de détresse.
C'est bon Capitaine Peggy, le compte est bon ? Alors que l'aventure commence.
Quand elle ferme la porte derrière elle, elle sait qu'elle ne peut plus faire marche arrière,
et pense à une citation d'André Gide, un écrivain et prix Nobel.
L'homme ne peut découvrir de nouveaux océans tant qu'il n'a pas le courage de perdre de vue la côte.
Et voilà, l'aventure de Peggy commence, elle t'en marche, enfin sur l'eau.
Bon, tu ne trouve pas que Peggy elle aime beaucoup les citations pour s'inspirer ?
Mon Atlantique est devant moi, je suis prête à larguer les amars.
Pendant 78 jours, Peggy maîtrise la technique de son bateau.
Bâbore, trébore, quand elle a des coups de mots, elle écoute de la musique.
Et le 27 mai 1998, Peggy est à seulement 130 km d'éco de la Guadeloupe, de sa ligne d'arrivée.
Il est 7h du matin.
Allez, encore un petit défort pis, on y est presque.
Et à la proche des îles, les vagues sont d'une houle de 6 mètres de haut, comme deux étages d'animaux.
La mer est violente.
Vite, vite, faut que j'attrape ce herné. Allez, Peggy, tu n'as pas fait tout ça pour rien.
Peggy met vite son herné pour bien s'attacher et ne pas être emporté par la mer agité.
Mais qu'est-ce qu'il se passe-t-il ?
En un éclair, elle est projetée par dessus le cockpit.
Et se retrouve sous le bateau renversé.
Elle venait d'ouvrir un huplo pour sortir ses avirons.
Peggy se retrouve coincée sous le bateau par le herné qui l'empêche de remonter à la surface.
Elle arrive à se dégager avant de suffocer.
Impossible de redresser le bateau, j'y arrive pas.
Si j'essaye encore, allez, Peggy, allez.
Impossible, c'est pas possible.
C'est lourd et il pèse des tonnes avec l'eau qui s'est ongouffrée.
Bon, faut que je replonge dans le cockpit pour trouver la balise de détresse comme ça je pourrais appeler Aled.
C'est bon, je l'ai.
D'ici 2h30, je serais tirée d'affaire.
Plus rien d'autre à faire pour Peggy maintenant que de se cramponner à la caraine et d'attendre les secours.
Et puis ici la balise ne marchait pas.
Bon, allez, j'y retourne.
Il faut que je replonge pour pouvoir récupérer l'autre balise.
Bon, cette vague y'allait trop haute là.
Celle-là aussi.
À la prochaine ghibée.
Peggy a peur d'être assommé par les vagues trop hautes à l'intérieur de la cabine du béton.
Il est désormais 16h et dans une heure, le soleil se couchera.
J'ai peur avec l'arrivée de la nuit.
Les requins, le bateau en train de couler.
Petit Aled.
Aled.
Aidez-moi, non?
Tu veux pas mourir maintenant?
Je ne veux pas mourir.
Je veux pas mourir maintenant.
Non.
Peggy attend les secours à 6 à Califorschon sur la coque.
Elle est frigorifiée, exténuée et se sont abandonnées.
Quelques mètres plus tard, des requins de 4 mètres se délectent des réserves de nourriture
biophilisées qui s'échappent du bateau.
Tiens.
Sauvez-moi.
Sauvez-moi.
Sauvez-moi.
Sauvez-moi.
Quand soudain, tu bruites à violon.
Léo ! Léo ! Léo ! Léo !
Suth, l'avion ne me voit pas.
Allez, pitié !
Peggy doit trouver une solution plus vite.
Ses yeux brûlent, elle ne voit presque plus rien à cause de la trouvée de la nuit.
Bon.
Il reste des fusées de détresse, des fumigènes dans les coffres du bateau.
C'est ma dernière chance.
Mais si j'y retourne, l'eau va s'en victrer.
Peggy n'a plus rien à perdre. Elle les récupère après plusieurs tentatives.
Mais l'avion est partie.
Quand soudain, elle l'envoie les fusées de détresse.
C'est bon.
L'avion lui largue un canot de survie à moins de 5 mètres.
Mais Peggy n'a plus de force.
Elle est récupérée par un cargo de 250 mètres de long et haute de 20 mètres.
Elle doit attendre la corde, mais c'est à bout de force qu'elle sera sauvée.
Après 79 jours de mer, 5500 km à la force de ses bras et ses heures interminables de survie dans une mer déchaînée,
Peggy doit accepter cette victoire inachevée à seulement 120 km de l'arrivée.
A peine le piéter, Olivier de Carsezon l'encourage à repartir.
Lors d'un déjeuner chez lui, elle lui annonce qu'elle va publier un livre sur cette traversée et lui rétorque.
Tu as failli réussir. Ça ne te dérange pas d'écrire un bouquin sur quelque chose que tu n'as pas terminé ?
On pleure, puis en colère, elle lui répond.
Je suis pas sur un bateau à voile de 35 mètres de long, avec un mac grand comme l'arque du triomphe.
Le mien a une mesure 8 mètres. Tu sais, c'est une coque de noix à propulser à la seule force de mes bras.
Elle décide de repartir. Elle parle le 18 novembre 1999 des îles du Cap Vert au large de l'Afrique.
Elle rame 10 à 13 heures par jour. Une nuit, un chelutier l'avore.
Hé, oh, tu le corrompes ensemble ? Oh, la pétirée, tu veux découvrir le monde des hommes ?
Balance une dizaine de pêcheurs.
Mais cassez-vous, laissez-moi tranquille !
Pendant la traversée pour ne pas se sentir seul, elle chante à tue tête, écoute son baladeur et les gants de son de ses films préférés des années 90.
Nous sommes le 4 décembre 1999 et l'américaine Victoria Murden vient officiellement d'être la première femme au monde à traverser l'Atlantique à l'Arab.
Mais non, c'est pas vrai ! C'est moi qui ai osé la première ! C'est moi qui ai ouvert la voie !
Elle est comme enfermée dans le tambour d'une machine à laver en marche.
Les vagues sont toujours plus violentes.
Elles se sentent comme un petit rirent du tout sur l'océan et à peur de revivre l'enfer de la première traversée.
Après 800 000 coups d'orames, elle accoste le 5 janvier 2000 en Martinique.
Ces fusées de détresse se transforment en émouvant feu de bingales de la victoire.
Peggy Boucher est la première française à avoir traversé l'océan Atlantique à l'arame et la première femme à avoir osé le faire.
Voilà, c'était l'histoire de Peggy Boucher ou plutôt le début de la grande histoire de sa vie d'aventurière.
J'espère que ça t'a plu. Psssssssssssssss !
Si tu fermes les yeux, je vais te dire ce que Peggy m'a confié pour toi.
Ose toujours, aide parfois, ne renonce jamais.
Crois en tes rêves et réalise-les rapidement.
On vieillit quand le nombre des regrets a dépassé celui des rêves.
L'histoire de Peggy a été écrite et racontée par Seline Steyer, c'est moi, avec à la
prise de son et à la réalisation sonore Jean-Baptiste Fouré. Je tenais particulièrement à remercier
toutes les voix qui ont magnifié son histoire. Merci à Amandine, Tiffen, de la voix déluciole,
Philippe Alparzan, Kenan et Gilles. J'aimerais beaucoup que tu me dis ce que tu as pensé de
cette histoire. Dis-le-moi par mail à l'adresse Helloat. NouvellesHéroïnes.fr sur Instagram,
où si tu m'écoutes sur Spotify en cliquant sur le bouton Répondes situé sur la page de l'épisode,
demande à un adulte. Nouvelles Héroïnes, le podcast pour tous les enfants, il faut que ça