Nouvelles héroïnes ?
Je suis Sainz d'ailleurs, celle qui murmure à tes oreilles
des récits d'aventures insolites et de dépassements de soie
à travers des histoires de femmes super inspirantes
qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance
et trouver ton propre chemin.
Bienvenue dans le monde surprenant des nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes ?
Il était une nouvelle héroïne
qui avant d'être même tout bébé
n'était encore escalope peinée.
Et une escalope bien collée à son frère
dans le ventre de sa maman.
Nous sommes à la maternité de Rennes à l'automne 1992.
Devant l'immense porte vitrée,
Pauline, la future maman de Jumeau,
arrive péniblement en piétinant dans les feuilles mortes.
À 26 semaines d'aménorer...
Oui, oui, je sais, c'est un langage codé et sans règle,
je reprends.
À 26 semaines d'aménorer,
peut-être tout juste 7 mois de grossesse,
une grande agitation était palpable
à la surface du ventre de la future maman.
Qui sait ce qui pouvait bien se passer
à l'intérieur de ce bidon ?
Loulou 1.
Ah, et, et, mais, ranta, mi,
t'as mis dans le couteau de mon oreille, oh !
Loulou 2.
J'ai déjà un pied juste dessus de mes fèches,
je peux pas plus me recroviller,
allez, pousse-toi un peu vers le bas
qu'on y voit vers la...
Regarde, regarde, la lumière l'a vite !
Ces deux Loulous doivent être dans une forme olympique
et ont décidé de pointer leur année
en ce 25 octobre 1992.
Une année déjà olympique
car les jeux d'hiver ont eu lieu à Albertville,
à la montagne, bien loin de Rennes, en Bretagne.
Le premier jumeau à sortir sans museau
était un garçon, plus rapide que sa cobidon
dont il fit, par la même occasion, sa petite sœur.
Plus rapide et surtout en meilleure forme.
En sortant prendre l'air,
la petite fille était déjà très, très essoufflée
et toute mûle.
Le médecin comprit vite qu'elle avait un rein bouché.
Ah !
Pauline donne le prénom de Clarisse à la fille
et Aurélien au garçon.
Aussitôt nommé,
les médecins annoncent à la maman
que la petite Pitchoune,
toute légère dans son petit corps d'un kilo d'os et d'eau,
doit être placée dans une couveuse
pour être couvé et connecté à des perfusions.
Non, pas au couvent,
mais dans une couveuse pendant quatre semaines,
vingt-huit jours,
avant de réparer le rein des faillants.
Clarisse n'a pas son mot contre triple adhia
et ses parents, à caisse.
Pauvrissage.
Le jour de l'opération,
les médecins s'actif pour réparer ce rein.
L'opération se passe bien,
mais le rein réparé,
Clarisse ne se réveille pas.
Clarisse ?
Clarisse, réveille-toi mon an,
je sais papa et maman.
On est toujours là avec toi.
Clarisse ?
On a cru, on a cru.
Elle tombe dans le coma.
Tout le monde panique.
Les médecins sont très inquiets,
mais Pauline et Victor, les parents de Clarisse,
n'imaginent pas un seul instant
que leurs filles ne puissent pas se réveiller.
Un jour passe,
puis deux,
trois,
quatre, bientôt cinq,
six.
Les médecins ne se font plus d'illusion.
Madame, monsieur,
je suis au regret de vous annoncer qu'il est trop tard.
Rendez-vous à l'évidence.
Clarisse était extrêmement prématurée.
Ces yeux ne s'ouvriront plus,
et si elle respire encore un peu,
c'est parce que la couveuse reste encore branchée.
Mais, demain, il faudra la débrancher.
Une semaine se passe.
Au septième jour, au dimanche de la Providence,
les médecins arrivent dans la pièce.
Il faut dire qu'ils se sentent tout penaud
face à ce tout petit bébé,
l'ové dans sa couveuse.
Allez, on débranche.
Allez battre ma petite puce.
Allez, on est là.
Et tous d'entendre,
un gémissement à l'ébaillement à la corneille
de la six petites bouches de Clarisse,
alors qu'il s'apprête à débrancher.
Un médecin se retourne vers Pauline
et lui confie.
Votre fille sera une battante.
Son réveil n'est pas encore synonyme de retour à la maison.
Il faut prendre du poids,
d'efforts et encore beaucoup d'amour de Pauline et Victor,
qui se relaient à son berceau.
Et comme un cadeau de Noël,
le 25 décembre 1992,
Clarisse se transforme en mer Noël
et rentre à la maison,
offrant à Pauline et Victor le plus beau des cadeaux.
Clarisse repart de la maternité de Rennes
avec un tampon dans son carnet de naissance,
extrême, prématurée.
Qu'est-ce qu'un bébé né en extrême prématurité ?
Une grossesse dure 40 semaines,
mais 7 bébés sur 100 naissent prématurément.
Par prématurité, il faut entendre
avant que 37 semaines de grossesse nous soient passées.
Si le nourrisson vient au monde avant 30 semaines,
il est question d'extrême prématurité.
Et Clarisse est née à 26 semaines.
Comme la très célèbre ballerine russe,
Anna Pavlova,
oui, comme le gâteau à la meringue,
la petite taille d'Anna Pavlova,
une conséquence de sa naissance prématurée,
lui permet de devenir
l'une des plus talentueuses danseuses de ballet,
et son nom, donner un gâteau.
Miam !
Plus petite que déjà beaucoup plus grande
que dans la couveuse,
Clarisse grandit dans le bitume
de la ville de Gennevilliers,
loin des terres de la famille.
Car les parents de Clarisse sont tout donnés au Togo.
Son grand-père, le papa de Pauline,
est même roi d'attaque-pamée,
une ville au centre du Togo.
Le Togo, c'est un pays d'Afrique.
Le papa de Clarisse, il est quant à lui naît,
et même au fin fond de la brousse à Amoussa,
un tout petit village de Casse.
...
Va-dessus !
Avance !
Avance !
...
2, 3, 4, restez en place,
tout sortant, bras en l'air,
sur la tête, aux épaules.
Ah, Clarisse, tu ne suis pas !
...
A l'école, la directrice convoque un jour ses parents.
Est-ce qu'elle a de mauvaises notes ?
Non, non.
Est-ce qu'elle est insolente ?
Non plus.
Est-ce qu'elle est méchante ?
Mais non, cornichons.
...
Dans la cour de récréation,
Clarisse tape trop souvent sur les garçons
et ne tient pas en place, en classe.
...
Nous n'arrivons vraiment pas à la canaliser.
Cela ment la directrice.
Ça commence comme ça, en CE2,
votre fille n'a aucun avenir si elle ne rentre pas
dans le randonnion.
Mais que faire ?
...
Oh, écoutez, Monsieur et Madame,
votre fille est un peu un garçon manqué.
Alors, trouvez-lui un sport de combat pour la défouler.
Ce n'est plus possible, je vous en prie.
...
Garsons manqués, fi réussis, non ?
Mais, Madame la Directrice,
Clarisse fait déjà de la danse, de l'athlétisme.
Mais, comme Madame la Directrice juge que ce n'est pas suffisant,
à la bonne heure, j'en prendrai pour mon 4 heures, Madame.
Quelques jours plus tard,
Clarisse passe l'après-midi au gymnase des multisports
avec son fer oréliens.
Lui teste le lancer de javaux.
Clarisse le judo.
Dieu d'en guillaute, entendrait-elle.
...
Quand son papa lui demande le soir comment c'était,
elle lui répond.
Papa, j'ai adoré,
j'ai fait des roulades,
et on a fait des combats, c'est trop génial.
Clarisse intègre à l'âge de 9 ans,
épaisent toutes ses dents de lait,
le club des arts martiaux, Danière, au nord de la capitale, Paris.
Avant de pénétrer le dojo,
la salle d'entraînement,
Clarisse se regarde dans le miroir du vestiaire.
Elle porte une veste un peu trop grande,
une ceinture mal attachée,
un bat-sur-vêtement un peu usé
et des nates toutes décoiffées.
Oui, bon, cette histoire, c'est pas encore gagné,
mais je sais qu'aujourd'hui, dans ce dojo,
ce que je dois être, se dit Clarisse.
Stop !
Maître Cabello, au plutôt sainisé,
Capello du Judo.
Bonsoir, vaste publique.
Tu peux nous en dire plus sur ce sport ?
Parfaitement.
Alors, tu t'entraînes dans un dojo
et plus précisément sur un tatami,
dans une tenue qui s'appelle le judoji,
et pas le kimono comme on pourrait le penser.
Au revoir, et repartons en poésie.
Obie, la ceinture est appelée.
Et oh, maître Yuda, je t'ai reconnu là.
Bon, comme tu es là, voici quelques règles à respecter.
Règle numéro 1.
Sur le tatami, tes chaussures tu enlèvras.
Règle numéro 2.
Au bord du tatami, la bouteille d'eau restera.
Règle numéro 3.
Ta-da !
Sur le tatami, tu arriveras.
Bonjour, tu diras.
Monkso !
Le salut tu feras.
Debout les jambes serrées,
les mains sur les cuisses.
Devant l'entraîneur, tu t'inclineras.
Monkso, vous vous remuez ?
Je t'ai mis.
Oui !
Règle numéro 4.
Règle numéro 5.
Le code moral du judo tu liras.
Sur les bords du dojo,
Pauline regarde sa fille sourire à pleine dent.
Clarisse, elle, elle se dit,
cool, je suis là exactement où je dois être.
À 10 ans, elle est remarquée au club.
Ce n'est pas tant sa technique à Clarisse qui est hors norme.
C'est son mental.
Après avoir perdu 10 fois sur le tatami,
elle se dit toujours,
je ne perdrai pas une 11ème fois.
Le soir à la maison, Clarisse entraîne avec Aurélien son cobiton.
Tu te souviens ?
Elle lui dit, bon,
tiens, je te fais un haut solo Gary,
un croche patte,
ou encore un cumia cata.
Allez.
Mais Aurélien en a marre qu'il ne fait que tomber.
Bernard, son professeur de judo, veut qu'elle fasse des compétitions.
Mais avant cela, elle doit passer les ceintures.
Jaune, orange, verte, bleu, marron et noir.
Pas complètement arc-en-celles, les couleurs des ceintures.
Plus grande et encore plus forte, tout juste adolescent,
Clarisse combat sur le tatami,
mais quelque chose qu'elle ne maîtrise pas se passe dans les gradins.
Espèce de sale moi !
Dans le public, les gens écorgent son nom,
d'autres imitent des cris de singe.
Alors son entraîneur lui dit,
ne t'inquiète pas,
un jour, tous ces gens connaîtront ton nom.
Et quand elle en parle à son père,
il lui répond qu'elle a eu raison de lui en parler
et qu'il faut dénoncer ses comportements.
Tu sais, Clarisse,
l'écrit de singe et les insultes racistes,
tu en entendras d'autres dans ta vie.
Si tu es au-dessus de la bêtise de ces personnes,
ils arrêteront de t'agresser.
Ouais, papa, t'as raison.
Et tu sais quoi,
ça me donne encore plus envie d'être la meilleure et de gagner.
À l'école, c'est la même rangaine.
Des garçons se moquent d'elles,
car elle s'habille en survêtement et fait du judo.
Clarisse, t'es une fille ou t'es un garçon
et le sport de combats, c'est pour les garçons,
pas pour les filles, non, non, non.
Pour Clarisse,
c'est dur de ne pas faire usage de sa force
face à la bêtise des camarades de classe.
Mais elle se souvient toujours de cette règle.
Les combats, c'est sur le tatami.
Heureusement qu'elle est copine,
Anissa, Laetitia et Lorraine,
la garde rapprochée de Clarisse.
Un jour, à la fin d'un entraînement,
son entraîneur lui propose de faire les championnates
France et d'Europe,
si elle est sélectionnée par la Fédération de judo.
Et c'est comme ça que Clarisse,
la combattante, est née
en gagnant son premier championnat de France.
Cette première grande victoire,
lui ouvre les portes du pôle
de l'équipe de France de judo à Orléans.
Et voilà, elle doit quitter la maison,
à seulement 14 ans.
Elle part étudier et s'entraîner en semaine,
et elle revient le week-end.
C'est la plus jeune des membres du pôle France.
Alors forcément dans les couloirs,
ça chuchote,
sur le tatami aussi.
Hé pisse, ta vie hier,
regarde, c'est verris, c'est l'étranger.
Qu'est-ce qu'elle fait là ?
C'est pour les pros,
mais elle est superbe.
Oh non,
c'est là, on va la patonin.
Oh non, on va la patonin.
Elle en bat.
Elle appelle sa maman tous les soirs.
Maman, c'est vraiment trop dur.
Je sais pas si je vais y arriver,
qu'est-ce que je dois faire,
et puis là, j'ai eu mes règles,
je sais pas, je me sens aussi seule.
Bon, coûte, je sais pas.
Oh donne-moi de la force.
Le judo prend alors une très grande place
dans la vie de Clarisse.
Elle ne passe plus ses vacances d'été au Togo,
comme tous les étés de son enfance.
Elle ne voit pas ses copines.
Elle ne fête pas ses anniversaires.
Mais Clarisse s'accroche.
Au Pôle France, les journées sont difficiles.
Cour, entraînement, déjeuner,
cour, entraînement, dîner, de voix.
Et pour les petites amourettes,
avec les petits copains,
c'est dur de leur faire accepter sa passion pour le judo.
Alors, quand ça se termine,
elle pense très fort.
Un jour, un garçon m'aimera moi et le judo.
Elle devient championne de rock à 21 ans.
Elle bataille, insiste, s'agri, s'agrif,
s'attache et s'entête, se cramponne.
Tu m'étonnes, se dispute, se retient, se rattrape
et se colle, se détend et se défend.
Et à chaque nouvelle compétition, Clarisse dit
« Bon, si je vais, c'est pour gagner ».
La suite, le jic suit.
À seulement 18 ans,
et c'est comme ça qu'elle remporte son premier titre mondial.
On est en 2014.
Entre temps, Clarisse a beaucoup voyagé à travers le monde
pour différentes compétitions.
Nous sommes en 2016 à Rio.
Elle est présente pour représenter la France jeux olympiques.
Dans sa tête, son rêve, ce sont les giots.
Son rêve depuis toujours et pour toujours,
comme une obsession.
L'or, l'or, j'ai vu l'or, rien que l'or, rien que l'or, rien que l'or, rien que l'or.
Mais face à une judo-cade israélienne, elle s'incline
et obtient la médaille d'argent.
C'est dur pour Clarisse, la combattante.
Quand elle rentre à la maison, elle cache cette médaille
comme si elle avait honte.
Mais Clarisse, un an plus tard, devient championne du monde
pour la deuxième fois, la revanche après la défaite de Rio.
Son nouvel objectif, les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.
Elle s'entraîne pour cela au moins 5 heures par jour,
parmi lesquels désormais de longues séances de yoga, mais aussi de boxe.
Mais voilà, un Pangola et une chauve-souris en décident autrement
et la voilà confinée à l'île de la Réunion.
Les J.O. sont reportés et pendant un instant,
elle ne veut plus qu'on lui parle de judo.
Alors, quand les responsables annoncent que les J.O. auront lu en 2021,
c'est tant beau rebattante que notre combattante se prépare.
Personne ne m'enlèvera la possibilité de chercher cette médaille d'or.
À Tokyo, elle est sacrée championne olympique.
Et en 2023, elle accroche une 6e médaille de championne du monde,
une médaille qui a une saveur différente de la médaille en chocolat,
car elle est désormais maman
et a repris les chemins des tatamis,
moins d'un an après la naissance de sa mère.
Elle s'applique à sa fille, Athena.
Un prénom d'une déesse grecque,
une déesse de la raison, de la prudence,
de la stratégie militaire et de la sagesse.
Telle une judo-quête, comme maman.
La prochaine compétition de Clarisse Aurallieu
sur les tatamis parisiens aux Jeux Olympiques organisés en 2024.
Et Clarisse a bien l'intention de décrocher l'or.
Allez, à fond avec toi Clarisse.
Voilà, c'était l'histoire de Clarisse,
à Gbegne Nyu,
ou plutôt le début de la grande histoire de sa vie sur les tatamis.
J'espère que ça t'a plu.
Si tu fermes les yeux, je vais te dire les secrets de Clarisse.
Secrets numéro 1.
Clarisse déteste qu'on la nomme le tédirineur féminin.
Non mais c'est vrai.
Elle s'entend très bien avec le double champion olympique,
mais elle ne supporte plus la domination masculine dès que l'on parle de sport
et elle milite pour plus de retransmissions de compétitions de sport féminin à la télévision.
Secrets numéro 2.
Clarisse adore assumer sa féminité sur le tatami.
Elle porte des cheveux colorés, des fossiles,
se met des traits de Highliner pour ne pas tâcher le kimono
et des super vernis à ongles.
Secrets numéro 3.
Son péché mignon est le chocolat.
Secrets numéro 4.
Elle adore écouter Maître Gims quand elle est en route pour les compétitions.
Et tu veux connaître son entraise à philosophie ?
Je dois me battre pour exister,
puisque je me suis battue pour vivre.
Un super exemple pour tous les enfants
nés en extrême prématurité.
Juste avant d'écouter une autre histoire,
j'ai quelques messages à te dire.
Si c'est la première fois que tu écoutes ce podcast,
merci d'être venu jusque là,
je t'invite à t'abonner pour ne pas rater les prochaines histoires.
C'est tous les mercredis pour l'histoire
et le samedi pour découvrir les héroïnes de la semaine.
Aussi, tu peux m'aider à faire grandir le podcast
en parlant de l'histoire que tu as préférée à tes professeurs,
camarades de classe, directeur d'école, professeur de danse
ou entraîneur de basket.
Et cerise sur le gâteau, demande à tes parents ou grands-frères
et grande-sœur de mettre 5 étoiles et 1 avis
sur la plateforme Apple Podcast et Spotify.
Ça me fera très, très, très plaisir.
Et comme ça, je pourrais te dédicacer une prochaine histoire.
Je compte sur toi.