Salut les petites oreilles ! Et bien nous voici au dernier épisode de ce cycle Nature.
Et n'oublie pas, si tu as envie de garder le contact avec l'équipe du podcast Oye,
tu peux t'inscrire à la newsdater en te connectant sur oyelepodcast.fr.
A très vite et bonne écoute !
Oye, le podcast des 7-12 ans !
Bonjour les petites oreilles et bienvenue dans Oye, le podcast des 7-12 ans !
Pour ce nouveau cycle autour de la nature, nous avons registré avec Noémie un épisode bonus,
qui est le quatrième épisode de cette série.
Noémie, vous la connaissez parce que c'est la voix du podcast Oye.
Moi je suis Émilie et d'habitude je suis derrière l'enregistreur.
Et aujourd'hui mon invité est Noémie, donc elle ne peut pas être l'invité et l'intervueuse.
Donc c'est moi qui m'occupe de l'interview de Noémie qui est donc avec moi.
Aujourd'hui bonjour Noémie, bonjour Émilie, bonjour les petites oreilles.
Et merci beaucoup d'avoir accepté d'être l'invité de ce podcast,
qu'ouvre-du avec Lacasmat, le centre de sciences de Grenoble.
Avec grand plaisir !
Noémie, toi, tu es la voix du podcast Oye, mais dans la vie tu as un travail,
tu as même plusieurs travails.
Un de ces travails, c'est d'être, finalement, médiatrice de l'environnement
et on peut dire même animatrice de la nature.
Tu aimes te définir comme agitatrice culturelle.
Alors moi la première question que j'aimerais bien poser,
c'est qu'en fait Oye, effectivement c'est un podcast qui est coproduit,
on a dit avec Lacasmat qui est le centre de sciences de Grenoble.
On tourne parfois les épisodes chez toi,
toi tu n'habites pas à Grenoble,
le Grenoble pour les petites oreilles qui nous écoutent d'ailleurs.
Et bien en fait c'est une ville entourée de montagnes,
mais toi où est-ce que tu habites et à quoi ça ressemble ?
Alors moi j'habite justement dans la montagne,
à 1500 mètres d'altitude, donc ça veut dire 1,5 km au-dessus du niveau de la mer,
donc bien bien haut, tout proche d'une forêt d'épicéat.
Il faut imaginer que chez moi c'est enneigé 4 mois par an.
Oh t'as souvent les pieds dans la neige alors ?
Très souvent, voire les pieds mouillés des fois.
Il fait pas toujours beau, par exemple le mois de novembre on est dans le nuage.
Quand vous dans la ville vous avez les nuages au-dessus de vos têtes,
il y a des gens dans les montagnes qui sont dans le nuage,
et puis des fois on a le nuage juste en-dessous,
et là c'est magnifique parce qu'on voit les montagnes,
et une mer de nuage et on ne voit plus la ville.
Donc ça veut dire que toi tu habites dans la montagne,
j'imagine qu'il y a plein d'animaux aussi dans cette forêt.
Ah oui, alors moi j'habite pas toute seule,
on est dans mon petit village 50 habitants,
et puis il y a des centaines d'animaux, des dizaines d'espèces différentes,
autant des oiseaux que des grands ongulés,
et puis parfois on a la chance de voir une trace de loup passée,
ou le cri d'un lynx de temps en temps.
Wow, ça doit être absolument impressionnant,
et c'est d'autres sons justement qu'on n'entend pas en ville.
Absolument pas.
On a aussi par contre des sons plus industriels,
si je puis dire, des dameuses par exemple,
puisque j'habite dans une station de ski,
le bruit aussi des télécabines,
des sons que vous n'avez pas non plus.
Mais tout ça c'est comme dans chaque territoire,
il y a des espaces où on entend le son des bateaux près de la mer,
et puis où on entend le chant du coq le matin en plein milieu de la campagne.
Pour les enfants qui n'habitent pas en montagne,
qui ne seraient jamais allés à la montagne dans une station de ski,
un télécabine, un téléférique,
c'est un espèce d'ascenseur dans lequel les gens montent
avec leur ski, leur snowboard ou même à pied
pour remonter la montagne sans trop se fatiguer,
et ensuite ils redescendent avec leurs pieds,
ou en glissant avec leur ski ou leur snowboard,
jusqu'en bas de la montagne,
et c'est ce qu'on appelle des télécabines, des téléfériques,
et aussi des télés-sièges en plein air,
qui sont des ascenseurs sur lesquels on est assis, en quelque sorte.
Exactement, on peut aussi redescendre en télécabines téléfériques,
monter en haut de la montagne, juste pour profiter du paysage,
et ça c'est vrai que ça vaut le coup.
Alors dans l'introduction Noemi, j'ai dit un gros mot,
et j'ai donné plein de synonymes de ce gros mot,
j'ai dit le gros mot de médiatrice culturelle,
c'est comment est-ce que toi tu définis ton travail,
est-ce que tu peux me raconter et raconter aux petites oreilles
qui nous écoutent aujourd'hui,
ce que c'est qu'une médiatrice culturelle ?
Alors moi je mets en relation un objet culturel,
avec un ou des publics.
Un objet culturel, ça peut être très très vaste,
ça peut être un tableau,
ça peut être une pièce de théâtre,
ça peut être un morceau de musique,
et puis moi j'aime bien dire
qu'un objet culturel, ça peut être aussi une recette de cuisine,
ça peut être un conte,
ça peut être une fleur,
ça peut être un arbre,
et ça peut être un animal en voie de disparition.
Donc finalement, quand on habite dans une ville,
ou quand on habite dans une montagne,
tout ce qui est autour de nous est un objet culturel,
c'est ça que tu es en train de nous dire.
Pour moi oui, tout est culture.
Très bien.
Alors, à quoi ça te sert justement
de mettre en relation cet objet culturel
et ce public qui pourrait très bien être un enfant,
parce qu'en fait quand on fabrique
OILLE podcast,
finalement on propose à un enfant
d'écouter la voix d'un adulte
qui lui raconte sa propre culture,
son propre objet culturel.
À quoi ça te sert justement
de raconter ces objets culturels qui nous entourent ?
Exactement, c'est ce que tu viens de dire.
On fait avec OILLE
de la médiation culturelle.
On choisit donc une thématique,
on sélectionne un expert
et on le fait écouter à des centaines de pères de petites oreilles.
La médiation culturelle,
ça permet finalement de mieux comprendre entre nous tous
de mettre en relation les gens
et les cultures.
Chez moi, dans la montagne,
j'aime mettre en relation le territoire
avec les gens qui y habitent
ou qui seulement y passent.
Je suis persuadée que si on connaît un territoire,
on va l'aimer et on pourra le protéger.
Et aujourd'hui,
protéger nos espaces
sans cible ou non, c'est essentiel.
Alors, tu as dit un mot qui est « connaître ».
Et moi, la question que je me pose,
c'est finalement comment est-ce que toi
en tant que Noémie,
tu connais mieux ton territoire ?
J'ai rencontré des gens
qui en savaient beaucoup parce que je ne suis pas du tout de la montagne.
Aujourd'hui, j'habite à 1500 mètres d'altitude,
mais je viens d'un département
qui s'appelle la Mayenne,
dont le point culminant doit faire
200 mètres d'altitude.
En général, c'est loin,
c'est à 800 km de Grenoble.
Et puis c'est plutôt la campagne.
Quand je suis arrivée
dans ma montagne,
j'ai découvert des gens,
et puis je suis allée me balader aussi
pour en apprendre par moi-même.
J'ai écouté les histoires des anciens,
notamment, j'ai beaucoup appris auprès d'eux.
Et t'as lu peut-être aussi ?
Oui, j'ai lu, effectivement,
je suis allée dans des musées aussi.
Il y a des espaces,
les bibliothèques où on les délivre,
les musées où on peut être
mis directement en relation
avec des œuvres ou des objets du quotidien passé.
Ça nous permet d'en apprendre plus
sur l'endroit où on vit.
Je comprends bien que toi,
tu essayes d'engranger des connaissances
à partir du moment où tu arrives
dans cette montagne, c'est rigolo parce que tu te dis
ma montagne. Donc c'est vraiment,
là, c'est ton lieu à toi.
Parce que tu veux protéger
cette montagne. A ton avis,
là où tu habites toi
en ce moment près de Grenoble, dans la montagne,
quels sont les objets culturels
qu'on doit protéger ?
Alors d'abord, je crois que
dans chaque territoire,
il y a une histoire
à protéger. L'histoire, c'est
ce que les gens ont à dire,
comment ils ont vécu et ça va nous permettre
de comprendre où on en est aujourd'hui.
Si on n'a pas cette histoire,
on va être un peu perdu,
il va nous manquer quelque chose en maillon
pour mieux
nous sentir
dans notre espace.
Donc d'abord, il y a l'histoire
qui est très importante.
Et puis ensuite, ce qu'il faut protéger
pour moi aujourd'hui, mais partout
en France, voire partout dans le monde,
c'est notre nature,
notre environnement. Ce qui fait
qu'aujourd'hui,
les espaces sensibles, peut-être les animaux,
ce qui fait qu'on est un monde
aujourd'hui.
C'est marrant parce que ça fait deux fois que tu parles
d'espaces sensibles. Est-ce que tu peux expliquer au petit zauré
ce que c'est un espace sensible ?
C'est une définition bien particulière.
Pour moi, un espace sensible,
c'est d'abord un lieu
où on se sent bien
ou du coup on est attaché
intimement, donc dans notre
être le plus profond.
Ça c'est le côté sensible, sens,
que les sens c'est
le toucher, la vue, l'odorat, tout ce
qui va nous
nous heurter, si je puis dire,
au bon sens. Et au monde.
Qui nous met au monde effectivement.
Et puis sensible dans le sens
dont on doit faire attention.
Où on ne va pas
aller écraser par exemple certaines plantes,
où on ne va pas rouler,
où on ne va pas mettre
des vaches en pâtur.
Il y a plein d'espaces comme ça en France
où on
ne peut pas,
ou qu'il ne faut pas
en fait dégrader,
pour garder toute leur authenticité.
Très bien, donc tu nous as parlé d'un territoire
d'objet culturel
à protéger, de connaissance que tu as.
Moi, je n'ai pas une très grande connaissance
des enfants, mais j'ai l'impression qu'ils n'aiment
pas trop rester assis. Alors, comment
est-ce que tu partages ces connaissances
sans les mettre derrière une table et qu'ils t'écoutent
pendant des heures, parce que c'est aussi important
de trouver des moyens
de les intéresser et de faire qu'ils soient
bien aussi quand tu leur racontes tout ça.
Alors, ça tombe bien,
parce que moi, je n'aime pas trop non plus rester
derrière une table. En tout cas, surtout quand je parle
à des enfants, donc ce qu'on fait, c'est que
les groupes que je rencontre, je les emmène
en forêt et là, on va
observer d'abord. Dans un premier temps,
regarder ce qui nous entoure.
Alors, chez moi,
on a des forêts qui sont composés
à 99%
d'épicéa. Un épicéa,
c'est un conifer, donc c'est un arbre
qui a des aiguilles
et qui ne perd pas ses feuilles,
comme les feuilles.
Les épicéas, on va les regarder
et puis on va faire
des petits jeux autour
de ce qu'ils sont.
À prendre à compter
leur âge, par exemple,
ou alors, juste découvrir
les autres espèces qui les entourent,
qui peuplent l'épicéa.
D'ailleurs, toi, tu sais comment on compte l'âge
de l'épicéa ?
Moi, je pense qu'il faut le découper
dans son tronc.
Du coup, on le tue, mais
on regarde le nombre de cernes
qu'il y a à l'intérieur. C'est comme ça que moi,
je contrais. Donc, je ne contrais pas beaucoup
le foulage des épicéas parce que je n'aime pas trop
les tuer comme ça.
Alors ça, effectivement, c'est le cas
avec la plupart des espèces.
On a besoin de couper l'arbre pour savoir
quel âge il avait. Effectivement, des fois,
on peut juste regarder la circonférence
de son tronc, puis on se doute bien
s'il est vieux ou pas. Mais l'avantage
des épicéas, c'est qu'on n'a pas besoin de les couper
pour savoir. Il faut compter le nombre
de verticiles. Alors, le verticile, c'est
quoi ? C'est en gros un étage de branche.
Donc, on compte le nombre
d'étages de branche d'un épicéat depuis
la base de son tronc jusqu'à son sommeil
et on ajoute
trois ans.
Des fois, c'est un peu difficile de voir
les sommeils des épicéas, surtout quand ils sont
dans une forêt un peu dense. Donc,
ce qu'on peut faire aussi, c'est qu'on regarde
si l'épicéat a des
cônes. Les cônes,
ce sont les pommes de pain,
ce qu'on appelle habituellement les pommes de pain,
mais en l'occurrence, c'est les cônes d'épicéas,
chez les épicéas. Si il en a,
c'est qu'il a au moins
50 ans. Mais s'il en a pas,
il a moins de 50 ans.
Alors, c'est comme la puberté
chez les humains, on n'est pas à un an près,
mais c'est assez
vrai comme
loi de la nature, si je puis dire.
Ce qui est intéressant aussi à rajouter peut-être pour les
enfants qui sont
pas forcément habitués à aller en forêt,
c'est qu'un épicéat, en fait, ça ressemble à un sapin de noël.
C'est une sorte de sapin de noël.
Exactement. C'est pas un arbre avec des feuilles
comme un pommier
ou comme un poirier.
Il n'a pas de feuilles, il a
des épines.
Des aiguilles.
Ça vous permet de
vous figurer ce que c'est qu'un épicéat.
Alors, un petit moyen mémo technique
pour reconnaître un épicéat dans le sapin,
notamment,
épicéat, tête en bas,
on regarde les cônes et ils ont la tête vers le bas,
alors que les sapins,
sapineaux, t'est en haut.
Prodigeux.
Je ne savais pas et je suis toujours très embêtée
devant un truc avec des aiguilles.
Je sais que
c'est un sapin ou un épicéat,
mais je ne sais pas comment les reconnaître.
Tête en bas, tête en haut.
Epicéat, tête en bas, sapineaux, tête en haut.
C'est superbe, comment il y a un logo technique.
Merci beaucoup.
Alors, là tu nous apprenais beaucoup des arbres.
Tu les observes.
Tu peux les dater.
Tu peux savoir s'ils sont là.
Tu peux les observer sur le temps long
et nous dire s'ils disparaissent ou pas.
Mais finalement, comment est-ce qu'on fait
pour les animaux parce qu'ils fuient devant nous ?
Ils se laissent pas compter.
Il faut imaginer une sortie scolaire
avec un groupe de 32 enfants.
Ça fait du bruit.
C'est impossible.
A la rigueur, on arrive à voir quelques oiseaux,
mais on ne les voit pas de près.
Mais en fait,
les animaux, ils laissent des traces derrière eux.
Des petites empreintes dans la boue,
dans la neige,
parce que toi, tu as de la neige autour de chez toi.
Voilà. Donc ça, ça marche pour
les lièvres, par exemple.
Les lièvres variables.
Ça, c'est très facile.
On remarque des Y dans la neige.
Donc c'est le passage d'un lièvre variable.
Mais les écureuils.
Beaucoup plus compliqué de voir un écureuil.
Sauf si on a un noistier près de chez soi.
Mais les écureuils, lui,
dans les forêts, il va manger
les cônes de conifer,
les pommes de pain.
Et il va y laisser
toujours un tout petit bout
avec des écailles au bout.
Et puis tout le reste du cône va être bien,
bien mangé.
Donc la tige au milieu sera très, très propre.
Ça, c'est l'écureuil.
Comme lorsque vous mangez une pomme,
vraiment très bien et que vous laissez
juste quelques petits pépins
au milieu.
Mais que tout le reste, vous la mangez très,
très bien. Alors quel autre animal
ne mange pas très bien son cône ?
Alors effectivement, il y a les sucettes.
Donc voilà, deux les cureuils.
Et puis il y a les sucettes du muleau,
qui lui, il mange pas très bien.
Il est dans beaucoup plus court le muleau.
Et donc il va pas jusqu'au bout.
Donc il arrache
des boues, des écailles
des cônes d'épicéa.
Donc ça, c'est une partie
sur les petits rongeurs.
Mais on a...
On peut trouver des déjections.
Par exemple, les cacas sur les cailloux.
Tu sais à quel espèce ça appartient ?
Je dirais que ça appartient
si ces petits érons, ça appartient
à un lièvre ou un lapin.
Ah ouais, mais parti. Ça, tu peux en trouver n'importe
où sur le chemin. Mais vraiment, ceux qui sont
sur les cailloux. Ah, il y a des princesse
à des mots et des princesse
qui ne font que sur des cailloux.
C'est une bonne question.
Sur les cailloux, sur les cailloux.
Peut-être
les cureuils qui descendraient
et qui mettent son arbre, qui se retient.
Je ne vais rien laisser ici. Je vais tout aller
mettre en bas. Non ? Bien plus gros.
Le renard. Ah...
Le renard est le princesse cailloux.
Exactement. Le prince cailloux.
Le prince cailloux. Tout à fait.
Et puis, vous pouvez aussi
trouver des pelottes de réjection
des chouettes ou des hiboux.
Ça, c'est intéressant de leur expliquer ce que c'est.
Peut-être aux petites oreilles, parce que c'est assez spécifique.
Alors, en fait, les chouettes
mangent tout ce qui va passer. Par exemple,
une souris entière. Et puis,
elle va
recracher une partie,
notamment les poils et les osse. Et donc, on peut
retrouver, sur leur passage,
ces pelottes de poils.
Parfois, quand on ouvre un peu les pelottes,
on découvre d'autres choses.
Et notamment, moi, dans ma forêt,
il y a pas mal de pelottes
avec des coquilles de poule.
Alors, il faut imaginer qu'à 1500 mètres d'altitude,
il n'y a pas des poules...
Sauvages. Sauvages, effectivement.
Mais par contre, il y a de l'activité humaine.
Il y a des humains qui mangent des oeufs
et qui ont des composts.
Et en l'occurrence,
ça vient peut-être de chez moi.
On met nos oeufs dans le compost.
Et peut-être que les chouettes viennent
se nourrir directement dans nos composts.
Puisque, en fait, comme les renards, d'ailleurs,
il reste toujours un peu de blanc.
Et c'est très, très bon.
Donc, ils viennent
récupérer cette nourriture.
Peut-être les chouettes avalent quelques bouts de coquilles.
Et c'est quelque chose qu'elles digèrent pas.
C'est pas très sympathique, quand même, Valé.
Donc, elles leur recrachent.
C'est fantastique. Donc là, tu es en train de nous dire qu'avec les enfants,
tu vas observer la nature.
Et c'est la première chose que tu fais avec ces enfants
pour leur raconter comment protéger la nature
et comment la regarder.
Et puis, il y a aussi la deuxième chose.
C'est que tu m'as beaucoup parlé des ateliers
que tu faisais avec les enfants
pour leur permettre de mettre la main
à la patte, justement,
pour leur permettre peut-être de fabriquer des choses,
pour leur permettre de fabriquer leurs propres objets culturels
par rapport à ce qu'ils les entourent.
Est-ce que tu peux nous raconter un atelier que tu fais avec eux ?
Alors oui, un atelier que j'aime beaucoup
qui s'appelle le cyanotype.
Donc, il faut imaginer la photographie
sans les appareils photos.
Un peu d'urdis comme ça.
En fait, on va réaliser
une empreinte de végétales.
Donc, les végétaux, ce sont
les fleurs, les feuilles,
les arbres.
Tout ce qui n'est pas animal.
On parle en cueillette.
Il y a quelques règles à respecter.
On ne va pas cueillir les fleurs chez les gens.
On ne ramasse pas
certaines espèces qui sont protégées.
Comme le sableau de Vénus ou les Delveys ?
Par exemple, voilà.
Sur ma montagne, on a
des orchidées qui poussent au printemps.
On a l'impression que ce n'est pas du tout rare,
parce qu'évidemment, il y en a partout,
juste dans l'espace où on vit.
Et pour autant, il y en a partout
pendant deux semaines et après, il n'y a plus rien.
Il faut vraiment prendre grand soin.
On ne ramasse pas
toutes les fleurs au même endroit.
Quand on est une classe de 32,
on ne va pas ramasser 32 piscons lits
juste au même endroit. On va essayer
de se répartir sur le chemin
pour qu'il y en ait les années suivantes.
On fait notre cueillette,
puis on rentre en classe.
Et là, on va réaliser notre empreinte
avec le soleil.
On met notre végétale sur un papier
qui est enduit de produits chimiques.
Et on fait prendre le soleil
à ce papier.
Ensuite, on rentre à l'intérieur.
On rince notre papier.
Et là, l'empreinte apparaît un fond blanc.
Donc l'empreinte blanche
avec un contour bleu
bleu qu'on appelle cyan,
un bleu puissant,
un peu plus lumineux
que le bleu marine qu'on connaît.
Le bleu marine, c'est presque du noir.
Là, il faut imaginer un bleu
qui tire un peu vers le clair,
mais qui n'est pas un bleu clair.
C'est compliqué à raconter à la radio,
mais c'est ça.
Ça, c'est le cyanotype.
C'est une animation, un atelier
qui fonctionne très bien
et surtout qui nous permet de nous sensibiliser
à ce qu'on appelle le changement climatique.
Qui est un gros mot,
mais qu'on entend de plus en plus aujourd'hui.
J'aime bien expliquer aux enfants
qu'on va cueillir du pissenlit,
mais que peut-être
dans 10, 20, 30 ans
à 1500 mètres d'altitude,
il fera trop chaud,
et donc il n'y aura plus de pissenlit qui existera.
Quand on retrouvera
le cyanotype de ces enfants en 2050,
on pourra comparer
cette empreinte avec ce qu'il y a
réellement sur le terrain.
Je comprends bien. C'est vraiment fascinant
parce que tu as autant une approche
sportive du milieu
et puis aussi une approche culturelle
de pratique culturelle
avec la nature qui t'entoure.
Pour finir,
cette interview qui nous permet de mieux comprendre
ton travail, quand tu ne travailles pas
sur Oillet, tu souhaites nous parler
d'un dispositif, donc dispositif, ça veut dire
projet, qui te tient
particulièrement à coeur.
C'est le FénauClim.
Oui, alors le FénauClim, c'est un programme
scientifique
qui permet de mesurer l'impact
du réchauffement climatique
sur les écosystèmes de montagne.
Ce programme, il a un pendant plein,
donc partout ailleurs en France,
en dehors des massifs montagneux, que sont
le massif central, les Pyrenees, les Alpes,
les Vosges et le Jura. Donc partout ailleurs,
vous avez le même programme qui s'appelle
l'Observatoire des Saisons.
L'idée, c'est que
chaque citoyen
de 0, peut-être
de 3 ans, à 99 ans
puisse
prélever des données dans la nature
et les transmettre bien internet
à des scientifiques.
Ces scientifiques
vont analyser toutes les données qu'ils ont reçues
et en tirer
les conclusions
qui s'imposent.
Et donc voir notamment si les arbres
fleurissent plus tôt ou plus tardivement
d'une année sur l'autre. Est-ce que c'est
une année seulement où il y a eu un changement
ou est-ce que ça s'installe ce changement
dans le temps ? Voilà, c'est ce qu'on appelle
des sciences participatives.
C'est super, ça veut dire que chaque citoyen
peut envoyer ces données
aux scientifiques, mais alors est-ce qu'il faut
avoir beaucoup d'arbres à surveiller
beaucoup de fleurs, beaucoup d'animaux
est-ce que ça prend beaucoup de temps ?
En fait, on choisit.
Moi par exemple, j'ai commencé avec 3 épicées A
donc il faut au moins 3
arbres en l'occurrence pour pouvoir
avoir différentes données.
Parce qu'il y a des fois, par exemple, pour les épicées A
on va regarder s'ils fleurient ou non.
Sauf que le problème de l'épicée A
c'est qu'ils fleurient pas tous les ans.
Donc des fois, il ne va pas faire de cônes.
Ce que les scientifiques
veulent savoir c'est
est-ce que c'est dû
à un changement dans le territoire ?
Ou est-ce que c'est juste l'arbre en lui-même
qui cette année-là n'a pas fleuri, mais parce que c'est normal
dans son cycle ?
Donc il faut au moins 3 arbres.
Mais ensuite, on choisit
les espèces. Donc moi j'ai choisi
les épicées A, là ça fait déjà 2 ans
que je regarde, que j'ai appris
beaucoup, que ça y est, je me sens assez
en confiance avec le programme Fénaux Climes
pour me lancer l'année prochaine
sur l'observation
également de sorbiers.
Je pourrais aussi observer
le développement des amphibiens
et notamment des grenouilles
à quelle période elles vont pondre et puis comment
les tétarves vont se développer. En fait, on choisit
en fonction un peu de ce qu'on aime et de ce qu'on a envie de partager.
L'idée c'est vraiment
d'aider les scientifiques au quotidien
dans leur travail parce qu'ils peuvent pas
être partout en France.
Merci beaucoup Noémie d'être venue aujourd'hui
et de nous raconter un peu ce que tu fais
en tant que médiatrice culturelle. J'ai trouvé ça vraiment
super intéressant que tu nous parles des arbres
des animaux. Je suis persuadé que ça aura
aussi intéressé les petites oreilles
qui nous écoutent depuis le début
et si ils veulent pourquoi pas
nous écouter depuis le début parce qu'ils déparquent
sur ce podcast, ils peuvent le faire
via le lien
auyelepodcast.fr
Tu es d'habitude
la personne qui est aussi
chargée de trouver les objets culturels
pour les petites oreilles donc souvent
c'est des livres. Avec quoi est-tu
venue aujourd'hui ?
Aujourd'hui je veux vous présenter
un livre qui s'appelle Dans la forêt du paresseux
qui est publié chez Helium
c'est un livre de Anouk Bois-Raubert
et Louis Rigo
c'est ce qu'on appelle un pop-up. Donc quand on ouvre
les pages, le livre
s'ouvre devant nous.
C'est un spectaculaire
récit en volume qui raconte
de façon fascinante la destruction
de la forêt par la main de l'homme
mais aussi l'espoir
de sa renaissance. Sans vous en dire
trop, on suit la vie d'un paresseux
et de la destruction
de sa forêt. J'espère que ça se termine bien.
Je promets que ça se termine bien.
Ah tout va bien. Alors on vous mettra
les références de ce livre
sur notre site
lepodcast.fr
Voilà les petites oreilles. J'espère que cet
épisode co-produit par la casse
math, le centre de science de Grenoble
est réalisé et monté par moi
et Milly Vadelle. Vous avez plu.
Aujourd'hui nous avons accueilli Noemny
qui est la voix du podcast
En attendant les prochains épisodes
pour un nouveau cycle, puisque là c'était le
dernier des vacances
vous pouvez mettre des coeurs et poster
des commentaires sur Apple Podcast
ou faire un tour sur notre site
Oyez le podcast.fr
Vous avez une rubrique où vous pouvez nous envoyer
des petits messages et promis
on les lit tous et on répond
à tous les enfants qui nous contactent.
À très vite les petites oreilles.
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
Milly Vadelle
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Milly Vadelle
Milly Vadelle
Au coeur
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Egon
Égonter
Oye ! Le podcast
C'est douzon
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