Tu savais toi que quand les adultes étaient petits, faisaient aussi des bêtises.
Ça n'a pas eu moins de bêtises.
Une petite.
Une énorme.
Mais pour ma voie, ça, c'est une grosse bêtise.
C'est pas moi.
Bonjour, je m'appelle Adèle.
Je suis un étudiant en histoire de l'art.
Et quand j'étais petite, j'ai fait une grosse bêtise.
Je devais avoir sept ans et du coup pendant les vacances de Noël,
on a sorti toujours chez mes grands-parents en Charente.
Et à cette époque-là, j'aimais beaucoup cuisiné.
Cette fois, j'ai fait un pari bref.
Je passais beaucoup de temps en cuisine avec ma grand-mère à préparer,
notamment le repas de Noël.
Et moi, j'avais le privilège de préparer le dessert.
Tiens, ajoute les cuillères de sucre.
D'accord, mami.
Parfait.
Et on en voit.
Et donc pour ce repas de Noël,
on préparait les desserts juste après avoir ouvert les cadeaux le 25.
Et là, il fallait qu'on prépare une bûche,
qu'on allait manger ensuite toute la famille réunie.
On se retrouve tous dans la ferme de mon arrière-grand-mère.
Et là, ça fait un très grand banquet où on est une cinquantaine de personnes.
Attends, bon moche !
Appétit !
Ça a l'air délicieux !
Je te serre les cheveux.
Et donc là, on avait le biscuit de fait, la crème de fête.
Ma grand-mère me dit,
Ecoutes-t-à-delle, il manque un truc.
Il faudrait qu'on trouve quelque chose pour relever cette crème au beurre.
Je me souviens, c'était une bûche au café.
Et donc, elle se met en quête de trouver une bouteille de liqueur.
Je crois qu'elle a cherché de la liqueur de framboise.
Oh, mais elle est ouh !
Et on cherche, on cherche. Normalement, elle a toujours une réserve immense
de plein de petites fioles qui sont souvent un peu poussiéreuses.
Et là, impossible de mettre la main sur la liqueur de framboise.
Oh, mais où est-elle cette bouteille ?
Je sais pas ça.
Bon, c'est pas ça non plus.
Donc on descend à la cave, on fouille.
Où est-ce qu'elle est cette bouteille ?
Et là, je tiens...
Regarde, mami.
C'est ça, non ?
Et elle me regarde et me dit...
Ah, ah oui ?
Peut-être bien.
De toute façon, il ne voyait rien.
C'était une bouteille banalisée.
Il n'y avait aucune étiquette dessus.
C'était plein de poussière.
Donc elle la renifle un peu.
Tu penses que c'est ça, toi ?
Ah oui, sans doute.
Oui, oui, oui.
C'est sûrement ça.
Et on remonte toute contente de notre découverte
et on verse allègrement de la liqueur de framboise.
En tout cas, ça compense les aides de la liqueur de framboise
à ce moment-là, dans la crème au café
qui allait servir donc pour la bûche.
Je pense que tu devrais en mettre encore un petit peu.
On faut être généreux, hein ?
Et donc la bûche était finie.
On avait roulé la crème dans le biscuit.
On avait mis les décorations.
Tout était prêt.
Il y avait des petits bonhommes de Noël
et des petits sapins de Sûre.
Ça allait être très belle.
Et là, mon grand-père rentre dans la cuisine.
Ça sent bon, ici.
On lui montre la bûche très satisfaite de nous.
Regarde, papi.
Donc elle est belle, notre bûche.
Oh, une bûche au café.
Ma préférée.
Et là, on lui dit...
En fait, on a trouvé cette bouteille de liqueur à la cave.
Ça te dit quelque chose ?
Je pense quand même qu'au fond de nous,
on avait allé j'ai doutes sur la nature du liquide
qui était contenue dans cette bouteille.
Et mon grand-père se penche et l'un à l'autre espère.
Regarde la bouteille et dit...
Mais on ne fait pas du tout ça.
Ça c'est de l'alcool à brûler.
Quoi ?
Oh, flûte !
Et alors là, on s'est vraiment décomposés
parce qu'on a regardé notre bûche d'une toute autre manière.
On s'est dit qu'on allait empoisonner absolument tout le monde
avec cette bûche parfumée à l'alcool à brûler.
Oh oh...
Cornobidouille !
Parce que l'alcool à brûler,
c'est un alcool absolument non comestible
qui sert seulement à enflamer des substances.
Et donc c'est un peu près comme si vous métiez
de l'eau de javel finalement dans votre bûche.
Beurreur ! C'est dégueu !
Oh là là !
Il faut tout refaire maintenant !
C'est la bérezina !
On était à une demi-heure du départ,
alors qu'on pensait avoir tout fini,
il fallait tout recommencer.
C'est la catastrophe.
On a fait un peu de prof,
la seule personne que ça n'avait pas l'air de déranger,
c'était mon grand-père,
qui nous a regardé avec un air très satisfait.
Il nous a dit
Moi, l'alcool à brûler, ça ne me dérange absolument pas.
Tout ce qui rentre fait ventre.
Et cette bûche, je vais la manger jusqu'à la dernière bouchée.
Et là, effectivement, manger en entier.
De l'usine !
Un regal !
N'a absolument rien eu,
si ce n'est une grosse indigestion.
On a fini par aller acheter une bûche à la boulangerie.
C'était un peu de dépitant,
par rapport à tous les efforts qu'on avait mis à faire cette bûche.
Et ensuite, les gens se sont grandement méfiés de nos desserts,
puisqu'on avait raconté nos aventures à tout le monde.
Et donc, c'est vrai qu'avec ma grand-mère,
désormais on fait très attention à ce qu'on met dans nos gâteaux.
Allez, raconte-moi encore une bêtise.