Philippe Geluck et les colères à faire trembler la maison

Durée: 4m11s

Date de sortie: 21/03/2023

Quand il avait 8 ans, Philippe Geluck, dessinateur, a fait une grosse bêtise. Un soir, au moment de passer à table, ses parents lui demandent de laver ses mains. Philippe se met dans une colère noire et s'enferme dans sa chambre en claquant très fort les portes, comme il en a l'habitude. Une énorme fissure apparaît sur le mur... Oups. 
Pour nous raconter vos plus belles bêtises d'enfance, écrivez à betises@initialstudio.fr !
Crédits : 
“Raconte-moi une bêtise” est une création originale Initial Studio.
Idée originale : Anouk Cezilly
Interviews : Sarah Petitbon
Réalisation : Alexandra Kandy Longuet
Musique et sound-design : Thomas Vaquié
Illustration : Jessica Das
Produit par Elisa Mignot 

Tu savais toi que quand ça du tête est petit, faisais aussi des bêtises ?
Bonjour, je m'appelle Philippe Gueluc, je suis dessinateur,
et quand j'étais petit, j'ai fait une grosse bêtise.
Je devais avoir sept ou huit ans, et on habitait dans une maison à Bruxelles,
et en fait quand j'étais petit, j'avais deux défauts.
Un, j'étais un peu radin, c'est à dire que quand j'avais un beau bulletin
à présenter à mes grands-parents, ils me donnaient une petite pièce pour me récompenser,
et je gardais ces sous très précieusement dans un endroit de ma chambre bien caché.
54, 55 francs !
J'étais pas du genre très généreux, c'est à dire que mes sous devaient servir à moi, point bas.
Et l'autre défaut que j'avais, c'est que je pouvais piquer des colères mais hallucinantes,
Je n'ai pas !
qui démarrais sur rien du tout.
Tout était !
On me disait...
Mais donc t'as servi sur tes genoux.
Ça me saoule !
Et ça partait pour rien.
À table !
On mange !
Ce soir-là, tout se passe bien, on est passés à table, on commence à dîner,
Mais il y a une chose qu'on faisait à l'époque, systématiquement,
avant les repas, c'est qu'on se lavait les mains.
Et donc, ce soir-là, je suis en train de manger, j'attaque un truc,
que je prends de tête avec les doigts, et à ce moment-là, ma mère me dit
Ben Philippe, tu ne t'es pas lavé les mains ?
Et pris sur le fait, claque, je remets la cuisse de poulet dans la sieste.
Mais c'est bon là !
On peut plus manger tranquille !
Et je me lève.
Ah la casquette !
Je renverse ma chaise, je sorgue la pièce, je claque la porte à faire trembler la maison entière.
Bonne de nul !
Je traverse le palier, je refais claquer la porte de ma chambre,
et je me mets sur mon lit et je me mets à boudder.
Un barbe !
Probleme, c'est que j'avais des colères comme ça régulièrement.
Non, non, non !
Une fois, deux fois par semaine.
Et alors ?
Mais ça faisait des mois que ça durait.
Oh, j'en ai marre !
C'est pas juste !
Non !
D'habitude, mes parents me laissaient comme ça, boudder pendant un quart d'heure,
et puis je revenais tout seul, comme si de rien n'était, en reprenant la soirée.
Moi, je m'en fiche.
Et là, ma mère arrive un peu rapidement.
Elle est, comme d'habitude, très calme.
Simplement, elle me fait avec le doigt...
Philippe, viens voir quelque chose.
Et là, je me dis, oups, bien un problème.
Donc je la suis, on arrive dans le salon.
Et elle me montre le mur,
un mitoyen entre ma chambre et le salon.
Et avec le doigt, elle décrit une ligne en l'air.
Et le mur comportait une fissure.
Mais pas une petite fissure,
une fissure sur trois mètres de large.
C'est toi qui a provoqué ça.
Et elle a dit très calmement,
et il est évident que la réparation,
c'est toi qui va la payer,
avec tes sous.
Et là, je me suis liqué fière,
parce que ma petite caniote,
ma tir liée, j'y tenais tellement,
et je voyais des économies d'une année
ou de deux années entière
qui allait disparaître d'un coup.
Pas mes sous !
Ça m'a lessivé intérieurement,
et par chance,
le peintre qui venait faire les travaux
dans la maison m'avait à la bonne.
Et il est venu replâtrer le mur,
remettre en coup de peinture,
et il m'a dit...
Philippe, moi, je t'aime bien.
Alors, pour toi, ce serait gratuit.
Et je sais que c'est à ce moment précis
de ma vie que ce tempérament colérique m'a quitté.
Et par ailleurs, plus tard,
j'ai appris que la plus belle chose qu'on puisse faire,
c'est partager.
Et ça, lorsque je l'ai compris,
je n'ai cessé de le mettre en pratique.
Allez, raconte-moi, conne bêtise.

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