
À la recherche du monstre des profondeurs
Durée: 19m19s
Date de sortie: 14/12/2022
durée : 00:19:19 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - De la créature terrifiant les marins au spécimen contemporain, qui se cache dans la nuit des abysses ? L’intrigant calamar géant déploie ses tentacules et sa robe dorée sous l’œil ébahi d’une équipe de chercheurs. - réalisé par : Anne-Sophie LADONNE
Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli, pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Autrefois, avant de prendre la mer, les marins du nord de l'Europe faisaient tous une prière.
Ahavev gudar, rada al-francrakenun.
Traduction, audio des océans. Protégez-nous du Kraken.
Kraken? Menverdet?
Pardon, excusez-moi, c'est du suédois.
Le Kraken. Mais qu'est-ce que c'est?
Le Kraken est une créature. Que dis-je? Un gigantesque monstre des mers.
Dôté de puissants tentacules, on raconte qu'ils coulent les navires avant de dévorer les naufragés.
Inquiétants, dangereux, mais aussi sacrément fascinants.
Le Kraken excite l'imagination des aventuriers qui, depuis des siècles, tentent de le débusquer.
Mais tous, hélas, rentre brodoi.
Alors quoi?
Foutaise!
Morsonges du rlu berlu? Le diabe des mers?
Peut-être.
Oui, mais peut-être pas.
Les siècles passent.
De nouveaux spécimens sont signalés dans tous les océans du monde
et puis on retrouve, échoués sur des plages, d'énormes morceaux
qui laissent penser qu'ils pourraient atteindre 18 mètres.
Pour faire plus sérieux, on lui donne un nouveau nom en latin, Akitotis Dux.
D'après les scientifiques, la bête serait une sorte de kalama géant.
Notre diabe des mers.
C'est la quête d'un scientifique japonais particulièrement obstiné.
On l'appelle le paparezdi des mers.
Mais sans renoncer, tsunami Kubodera.
Le biologiste est un projet complètement dingue.
Réussir à filmer l'animal.
Il est temps que le monde rencontre sa créature.
Ah oui? Eh bien, ho ho ho!
Bon courage, mon vieux.
Le kalama géant vit dans les abysses, tout au fond des océans,
après de 900 mètres de profondeur.
Là-bas, les rayons du soleil ne pénètrent jamais.
C'est tout noir, tout glacé.
Là-bas, les humains n'ont aucune sens de survivre.
Nous sommes en 2012, dans les eaux de l'océan Pacifique,
celle qui bordent le sud du Japon, au large des îles, au Gazarura.
Régulièrement, des bancs de kachaloo se rendent dans cette magnifique région du monde
pour élever leur poti.
Il se trouve que les kachaloo se régent à l'endemain extrêmement rares.
Le kalama géant.
Tu vois où je vais en venir?
Oui, il doit y avoir dans le coin quelques bouts spécimens.
Bingo! C'est donc là que Tsunemi Kubodera a décidé de chercher.
Notre homme est à la tête d'une incroyable expédition.
50 scientifiques, venus des quatre coins de la planète,
ont embarqué avec lui sur la Lucia
un navire d'exploration à la pointe de la technologie.
A bord, l'équipe dispose d'un outil extrêmement pression.
Le Triton.
Un sous-marin en forme de grosse bulle transparente,
capable de descendre jusqu'à 1000 mètres de profondeur.
Le cœur de Tsunemi bat la chamade.
Seul, à l'avant du bateau, il plonge ses yeux dans la grande bleue.
Fini les parties de kachakash, mon coco.
Toi et moi, on a rendez-vous.
Sur le pont, ça s'agit de sec.
L'équipe s'apprête à faire sa première plongée.
Dans une heure, dans deux heures, qui sait?
Ils vont peut-être enfin se retrouver néané avec le fameux calamar!
Tsunemi et son pilote prennent place à bord du sous-marin.
Ils testent les micros,
qui leur permettront de communiquer avec le reste de l'équipe sur le bateau.
Allô, allô, ici Tsunemi et non pas Tsunami.
Vous m'entendez?
Tout est OK.
On referme les portes.
C'est parti!
Let's go les sautons!
Le sous-marin s'enfonce, dans l'océan.
Les rayons du soleil féblicent.
Puis disparaissent.
100.
150.
200 mètres de profondeur.
C'est l'obscurité totale absolue.
Bienvenue dans les Abysses, ici, l'être humain, perte tous ses repères.
Peu à peu, d'étranges créatures molles émergent des ténèbres.
Des méduses, des poulpes, des sortes de mille pattes d'émails,
toutes scintilles et clignotes comme de petites lampes.
Elles sont...
bioluminescentes.
Tu vois Boris?
Explique Tsunemi à son pilote.
Au fil de leur révolution,
les habitants des Abysses ont développé des techniques spéciales
pour survivre dans cet environnement archiostyle.
En émettant leur propre lumière,
ils peuvent communiquer entre eux et attirer des proies.
C'était pousse tout flanc.
Le sous-marin Triton continue de s'enfoncer.
Il fait de plus en plus froid.
400.
500.
600 mètres.
Soudain, un énorme animal apparaît devant les vitres du sous-marin.
Est-ce le calamargin?
Impossible. Il n'a aucun trottacule.
Mais alors, qu'est-ce donc?
Oh non! Purer! C'est un requin!
Son énorme corps, puissant, robuste,
se tortille dans tous les sens.
S'il fonce sur le sous-marin, ça va faire mal.
L'animal...
s'approche.
Tout le monde retient sa respiration.
Lisez le repas...
avant de disparaître.
Après 8 heures d'exploration,
Triton doit remonter à la surface.
Bilan des courses, c'était une magnifique balade.
Magique même!
Mais purée! Le calamar géant n'a pas dénié pointe le bout de son nez!
Enfin, je veux dire...
de cet entaculé.
De retour sur le bateau, Sunemi réunit son équipe.
Ah, l'océan, c'est vraiment immense.
On va pas pouvoir continuer à chercher oiseurs baltazards.
Il nous faut une idée!
Des idées?
Edith Weider, on a des tas.
Cette biologiste américaine a plus d'un tour dans son sac.
Elle a fabriqué un petit objet,
baptisé Medusa,
parce qu'il ressemble à une meduse
censée apater notre calamar géant.
Relié à une caméra,
Medusa filmera la rencontre.
Enfin, c'est ce qu'on espère.
Allez, c'est parti!
On plonge la fausse meduse dans l'eau,
direction les Abysses!
En attendant de remonter l'appareil à la surface,
Steve Ochi,
un scientifique né aux Elendais,
souhaite lui aussi tenter quelque chose.
Son plan est très simple.
Steve a mixé des restes de calamar géant,
jusqu'à obtenir un liquide bourré de pheromones,
une substance chimique très odorante,
qui permet aux animaux
de reconnaître les membres de leur espèce.
Une fois répondu dans les Abysses,
la mixture attira d'entre calamars.
Et voilà! Le tour sera joué!
Le sous-marin triton s'enfonce dans l'océan.
Il emmène avec lui Steve Ochi et son super cocktail.
Arrivée à près de 600 mètres de profondeur,
le scientifique largue son étonnant liquide.
Puis, il attend.
Un calamar géant,
va-t-il cette fois pointer le bout de son nez?
Une demi-heure plus tard,
enfin, une créature apparait.
Mamma mia! C'est bien un calamar!
Mais hélas! Oh non! Zut! Il est trop petit!
Qu'est-ce que je fais peur avec ça? D'épeigner?
Sextlam tsunami.
Bon, bon, allez, c'est vrai que ça décevant,
mais il ne faut pas baisser les bras.
N'oublions pas la caméra de Medusa,
qui sait, elle réserve peut-être
une excellente surprise au scientifique.
Et d'ailleurs, ça en est où cette histoire?
Deux jours plus tard, on remonte la fausse Medusa à la surface.
J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
Annonce, tsunami à son équipe.
La bonne, c'est qu'on a beaucoup de café.
La mauvaise, c'est qu'il y a 30 heures de film.
30 heures? Oh pétard! Bon courage!
Les heures passent.
Les scientifiques commencent à piquer du nez
lorsque...
deux, puis trois, puis quatre, puis cinq gros tentacules
apparaissent sur l'écran.
Il se déploie, ils ont dû, ils tournent, ils s'entortillent,
ils tentent de s'emparer de la fausse Medusa,
avant, oh non, de disparaître.
Pour tsunami, cela ne fait aucun doute.
Il s'agit bien d'un calamar géant.
Oh, c'est fou, c'est incroyable.
Certes, l'animal a refusé de se montrer un entier,
mais pour la toute première fois, quelqu'un, enfin, quelqu'une,
a réussi à le filmer.
Edith Wilder a obtenu les toutes premières images
du diable des mers, la scientifique,
aller l'arme aux yeux.
Bon, tsunami, hors de question d'en rester là.
Non seulement il faut qu'on réussisse
à le filmer de la tête aux tentacules,
mais je veux me retrouver face à lui.
Je veux le voir danser et évoluer dans son habitat naturel.
C'est parti pour un nouveau défi.
On plonge, on replonge, on replonge encore,
près d'une centaine de fois.
Aucune trace, du calamar géant.
Même pas une petite ventouse qu'il aurait oublié dans un coin ?
Non, absolument rien.
Après 400 heures passées sous l'eau,
tsunami est à bout, d'autant que le temps presse,
dans quelques jours, la mission touchera à sa fin.
Notre scientifique n'est pas du genre à jeter l'éponge.
J'ai encore un coup à tenter.
Pour ne pas effrayer le géant des mers,
cette fois, tsunami a décidé d'éteindre
toutes les lumières du triton.
Il utilisera des projecteurs à lumière rouge,
invisibles pour les habitants des abysses.
Et ce n'est pas tôt.
Il aura aussi recours à une proie.
Un petit calamar, car le diabe des mers paraît-il en rafence.
La nourriture est rare dans les abysses.
Avec un peu de chance, il se laissera tenter.
Tout est prêt.
Triton, une nouvelle fois, s'enfonce dans l'océan.
C'est la plongée de la dernière chance.
Arrivé à 600 mètres de profondeur,
on largue la proie.
Puis, on allume les lumières rouges.
Triton avance dans l'obscurité.
Le temps passe.
Les yeux grands ouverts.
Tsunami regarde à droite, à gauche,
en bas, en haut.
Mais il ne voit rien.
Toute ma vie, je t'ai cherché, diable des mers.
En vain.
Tant vies.
J'ai tout de même découvert un monde fascinant.
Cet enivrant est sublime, les abysses.
Tandis que quelques larmes coulent
sur ses jours, le scientifique aperçoit une forme étrange.
Là, sur la droite !
Non, c'est lui ! C'est lui !
A quelques mètres, un calamargé en avance
en direction de la proie.
Le scientifique ne tient plus.
Il peut l'observer sans risquer d'en perdre une seule miette.
Allumez les projecteurs ! Allumez les projecteurs !
Sous les faisceaux de lumière blanche,
le diable des mers se dévoile
dans toute sa majesté.
Ce n'est pas un très grand spécimen.
Il mesure trois ou quatre mètres à peine.
Mais il est absolument magnifique.
Sonnémis l'observe.
Bouge-bê.
Le calamar brille comme de l'or.
Ça, par exemple.
Sa robe est argentée.
Tu lui crues ?
Ses yeux, tout auront sorti immense.
Aussi grand que des assiettes.
L'animal, tout à coup, déploie ses ditantacules
et dévoile une bouche en forme d'étoiles.
Et l'eau apparaît alors un bec noir,
dur, semblable à celui d'un perroquet.
C'est fascinant !
Sa proie attrapée, le diable des mers plonge dans les profondeurs,
entraînant le triton jusqu'à 800 mètres.
Durant 18 longs minutes,
le calamar géant accepte de se laisser observer.
Sonnémis est rouge, bleu, bê, il rit, il pleure, il rit encore.
Complètement bouleversé, il en fait sauter les bretelles de son pantalon.
Puis, le triton perd sa trace.
Entre nous, ça vaut mieux.
Quelques secondes de plus,
et Sonnémis aurait également fait sauter les lassies de son slip.
Après 40 années de recherche,
le rêve de Sonnémis s'est enfin réalisé.
Non seulement il a réussi à observer le calamar géant
de ses propres yeux, mais il a tout filmé.
Le monde entier peut désormais rencontrer
l'étonnant créature.
Le monde entier peut désormais rencontrer
les Abysses.
Ce monde obscur, fascinant,
est un territoire encore très mystérieux pour les humains.
On dit qu'on connaît moins bien le fond des océans
que la surface de la Lune.
Qui sait les animaux étranges et majestueux
qui s'y cachent encore ?
Qui sait ce que tu pourrais un jour y découvrir ?
Mais tu ne le sais pas.
Derrière cet épisode,
il y a
Anne-Sophie Ladonne,
Fanny Le Roi,
Basil Boker
et moi,
leurs grands besançons.
Les calamars géants sont des invertebrés.
Cela veut dire qu'ils n'ont pas de squelettes.
En revanche,
ils pochent à d'une sorte de gros os,
allongé,
un peu comme celui d'une sèche,
qu'on appelle
une plume.
Les Odyssey est un podcast original
de France Inter.
Episode suivant:
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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Joséphine Baker