De Gaulle, la trouille et le cabinet

Durée: 6m46s

Date de sortie: 03/01/2024

Marie-Odile est une grand-mère de 13 petits-enfants. Quand elle avait 9 ans, elle a fait une grosse bêtise. Le Général de Gaulle, qui est alors président de la France, cherche à contacter son papa. C’est la petite fille qui décroche quand le téléphone sonne. Mais, comme elle ne comprend vraiment rien au message qui lui est donné, elle décide de ne pas le transmettre. La gaffe !

Crédits :
"Raconte-moi une bêtise" est une création originale Initial Studio
Idée originale : Anouk Cezilly
Interview : Sarah Petitbon
Mise en onde et réalisation : Sabine Zovighian
Musique : Thomas Vaquié et Michael Liot
Mixage et musiques additionnelles : Arnaud Forest
Ingénieurs son : Victor Benhamou et Johanna Lalonde
Avec les voix de : Elise Marie, Samuel Charle, Viggo Ferreira Redier, Sasha Pertays Loret, Mila Roger.
Merci aux équipes de Slate.fr et Initial Studio
Illustration : Jessica Das
Produit par Elisa Mignot

Tu savais toi que quand elle s'adultait t'es petit, faisais aussi des bêtises ?
Rien que moi une bêtise, une petite.
Une énorme, ouh !
Maman, ordre ma voix.
Ça, c'est une grosse bêtise.
Oups !
C'est ta sprave !
C'est pas moi !
Bonjour, je m'appelle Marie-Odile, je suis d'une grand-mère,
j'ai 13 petits enfants.
Et quand j'étais petite, j'ai fait une grosse bêtise.
Alors je vais vous expliquer un petit peu.
Mon père était directeur général de toutes les mines du nord et de l'est.
Et les mines, qu'est-ce que c'est ?
Eh bien, ce sont de grands trous que l'on creuse pour extraire le charbon.
Voilà, et moi, je suis le chef de tous ceux qui travaillent pour ça, pour le charbon.
Comme j'ai de grandes responsabilités, on dit que je suis haut-functionnaire.
Le deuxième personnage qui est très important, c'est le général de Gaulle.
Je vous ai compris !
Moi, le général de Gaulle, je ne savais pas qui c'était,
mais le général de Gaulle a été quelqu'un de très important.
Pendant la guerre, c'est lui qui nous a aidé à vaincre les Allemands.
Ensuite, il venait d'être nommé président de la République.
Et comme il venait d'être nommé, il fallait qu'il fasse son gouvernement.
Le général de Gaulle cherchait quelqu'un qui connaissait très bien les mines,
l'industrialisation, et il voulait en plus quelqu'un qui était fidèle et fiable.
Monsieur le Président, si je peux me permettre, vous avez entendu parler de ce monsieur ?
Le directeur général des mines du nord et de l'est, il serait très bien pour ce travail.
Je le connais, je peux lui en parler si vous le souhaitez.
Et donc, à l'Elysée, ils ont pris contact avec papa.
Bien, très bien.
Et puis, ils ont discuté.
Bon, merci pour votre appel, je vais réfléchir bien naturellement.
À très bientôt, oui. Au revoir.
C'était qui, on t'aille pas, mon chéri ?
Et de Gaulle et papa attendaient le coup de fil final,
une fois que chacun avait bien réfléchi, j'y vais ou j'y vais pas,
et de Gaulle, je le prends ou je le prends pas.
Bon, donc il y avait un coup de fil que mon père attendait avec, bien sûr, grande impatience.
Et moi, en ce qui me concerne, il se trouve qu'un jour, je suis toute seule à la maison,
ça n'arrivait pas souvent, mais c'était comme ça.
Qu'est-ce qui se passe ?
Eh bien, le téléphone sonne.
A l'époque, le téléphone, c'était pas comme maintenant, tout le monde a son téléphone, etc.
Il y avait un téléphone dans la maison.
Et bien entendu, j'avais pas le droit du tout d'y toucher.
Mais qu'est-ce que je fais ?
J'ai pas le droit d'y toucher.
Non mais le téléphone sonne, je fais quand même aller voir.
Donc je vais au téléphone, et puis je décroche...
Allô ? Allô ?
Oui. Est-ce que je suis bien chez Monsieur le Directeur Général des mines du Nord et de l'Est ?
Oui monsieur, vous êtes bien chez lui.
Ah, bien. Tu es sa fille.
Oui, je suis sa fille.
J'avais appris à être très polie, donc je faisais ça le mieux que je pouvais.
Ecoute, est-ce que je pourrais parler à ton papa ?
Oh non monsieur, je suis navrée, mon papa, il n'est pas là.
Ah bon ?
Sans le monsieur très empêté.
Bon, est-ce que je peux parler avec ta maman ?
Ah non, désolé, ma maman, elle n'est pas là non plus.
Mais tu es toute seule à la maison ?
Oui, oui, je suis toute seule.
Ah bon ? Il y a un grand silence.
Moi je me dis, qu'est-ce que je fais ? J'attends.
Bon, écoute, est-ce que tu peux faire un message à ton papa ?
Ah oui monsieur, bien sûr.
Alors voilà, tu vas lui dire, mais n'oublie pas, c'est très important.
Tu vas lui dire que c'est monsieur Trouillet,
qui l'appelle du cabinet du général de Gaulle, et qui veut lui parler.
Tu as bien compris ?
Oui, oui, monsieur.
Bien voilà, donc tu le diras à ton papa.
Oui monsieur, bien sûr monsieur, je le ferai monsieur.
Et puis on raccroche, sauf que, problème, j'ai rien compris,
parce que, quand il m'a parlé, voilà moi ce que j'ai entendu dans ma tête tout de suite.
C'est monsieur Trouillet.
Trouillet, alors pourquoi il a la trousse monsieur ?
C'est bizarre quand même.
Et ensuite, deuxième chose encore plus bizarre,
il téléphone du cabinet, du cabinet du général de Gaulle.
Le général de Gaulle, zéro, je vois pas qui c'est, c'est pas important,
mais il est au cabinet.
C'est pas très poli quand même, on n'appelle pas des cabinets.
Alors, l'histoire du cabinet, c'est que, quand j'étais petite et que je voulais aller aux toilettes,
eh ben je disais, maman, est-ce que je peux aller au cabinet ?
Non, Marie-Odile, on ne dit pas je vais au cabinet, on dit je vais aux toilettes.
Et je me faisais gronder parce que je disais toujours les cabinets,
donc j'avais bien retenu que cabinet, ça ne se dit pas.
Eh oui, c'est incommodant.
Le cabinet, j'ai compris après bien sûr, c'était un secretariat.
Et moi je savais pas qu'on pouvait dire le cabinet du président de la République,
ça me venait pas à la tête.
Non mais c'est vraiment n'importe quoi cette histoire, hein, tant pis.
Et je pars jouer.
Et en ce temps-là, évidemment, mon père attendait toujours le coup de fil de Paris.
Pas de nouvelles, c'est bizarre quand même.
Un jour, deux jours, toujours rien.
Jeanne Vieve, tu n'as pas eu de coup de fil de Paris ?
Ah non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.
Alors je sens qu'il y a quand même quelque chose d'un peu important, un peu grave, mais bon.
Ensuite, il demande à ma gouvernante...
C'est si, là. Et vous, vous n'avez pas eu de coup de fil ?
Ah ben non, monsieur, non, rien du tout.
Bon, ben moi je continue de manger, hein.
Puis, et ça me trotte quand même dans la tête, et puis je dis à papa...
Ah oui, papa, mais en fait, si, il y a eu un coup de fil le jour.
Comment ça l'autre jour ? C'était quand ?
Mais oui, c'était quand ?
J'en sais rien, moi, c'était le jour.
Il téléphonait de Paris ?
Oh, qu'est-ce qu'il a dit ?
Je sais pas, c'est un monsieur, il avait la trouille au cabinet.
Alors ben, voilà.
Oh là là là !
Oh, rappelle-le tout de suite.
Oui, oui, oui, oui, j'ai fait la vidéo.
Alors, du coup, lui, il a repris contact avec l'Elysée, etc.
Ah bon ? Et mon père revient.
Alors bon, pourquoi ?
Oui.
Pourquoi tu n'as pas dit ?
Le monsieur, qu'est-ce que vous voulez que j'y pense ?
Maman, tu m'as toujours dit qu'il ne faut pas dire le mot cabinet.
Et à ce moment-là, mon père a compris que ça me dépassait complètement.
Il n'avait pas la trouille. Il s'appelle Monsieur Trouillet.
Oui, oui.
Il n'était pas dans les toilettes, mais dans le bureau du président, ma pauvre Marie-Holile.
L'essentiel, c'est que j'ai bien été nommé au gouvernement.
Ouh !
Allez, tu sors le champagne à bichettes.
Allez, comment, connebétise ?

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