
Helen Keller
Durée: 16m20s
Date de sortie: 15/02/2023
durée : 00:16:20 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Helen Keller n'a même pas 2 ans quand elle perd l'usage de ses yeux et de ses oreilles. Et pourtant, pugnace et résiliente, elle obtient un diplôme à l'université, écrit douze livres et donne des dizaines de conférences.
Découvre l'incroyable destin de cette femme extraordinaire !
Les Odyssey de France Inter avec Pro-Notes, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Je m'appelle Helen Keller.
Ce que vous entendez c'est ma voix, enfin celle qu'il y a dans ma tête.
Je suis aveugle et sourde.
Et parce que je suis sourde, j'ai aussi longtemps été muette.
Au début dans ma vie, il n'y avait que l'éteignable.
Je ne vois rien.
Enfin si, des sortes de tâches dont du son.
Je n'entends rien.
Vraiment rien.
Ce que Laure va vous raconter, c'est l'histoire de ma vie.
Je suis née le 27 juin 1880 aux États-Unis.
Je suis vive, impétueuse, en bras colériques, c'est vrai.
Mais je ne suis pas une pouleouillée.
Alors ça non, c'est même le contraire.
J'ai écrit 12 livres, j'ai donné des conférences, je suis montée sur scène.
Toute ma vie, je me suis battue pour défendre les droits des malvoyants et des non-voyants.
Je suis la première personne avec un handicap,
qui a réussi à obtenir un diplôme à l'université.
Je m'appelle Helen Keller et voici, youpie, mon Odyssey.
Merci Helen, je prends la suite.
Dans le sud-est des États-Unis, il y a un état qui s'appelle l'Alabama.
Et dans le nord de l'Alabama, près de la rivière Ténétie, la petite ville de Tuscumbia.
Si on remonte la rue principale en marchant, disons, une demi-heure,
on arrive devant une maison de bois blanc, cachée au milieu des bois, la maison de la famille.
Quelle heure ? Quelle heure est-il ?
Oh ben, je ne sais pas, j'ai pas de montre.
Pour le moment, c'est très calme, mais dans quelques instants, crois-moi, va y avoir du grabuge.
Dans 20 petites secondes, une pomme va tomber dans la main de Mme Keller avant de rouler sur le sol.
Puis Mme Keller va se tordre de douleurs.
Elle est enceinte et pétard, le bébé arrive.
5, 5, 4, 3, 2...
Et voilà, qu'est-ce que je disais ?
L'enfant qui vient de naître est une petite fille.
Ses parents l'appellent.
Hélène, c'est un cadeau du ciel.
La petite est tonique et sacrément précoce.
À 6 mois, elle prononce un premier mot, à un an tout juste, elle marche.
Elle est curieuse, volontaire, elle va, elle vient, ouhou, elle profite de la vie.
Elle aime les rayons du soleil, le matin, vif blanc, qui est bluish.
Le vertandre des feuilles, les coccinelles rouges,
les roses.
Et le chien qui a bois.
Et puis, elle tombe malade.
À l'âge de 19 mois, elle en attrape la scarlethine.
La fièvre envahit son corps.
Il va falloir être courageuse.
Mme, votre enfant va mourir.
Annonce le médecin.
Mourir ?
Pétard, il la connaît pas celui-là ?
La petite se bat, elle survit.
Elle guérit.
Elle guérit, oui.
Mais elle perd pour toujours l'usage de ses yeux et de ses oreilles.
Elle aime entre dans les ténèbres.
C'est un choc violent, terrible.
Elle ne comprend pas ce qu'il va arriver.
Où est passé le soleil ?
Et la voix de sa mère, pourquoi elle ne l'entend plus ?
Lorsqu'elle marche, elle tombe.
La maison est devenue un territoire inconnu, plein de pièges dangereux,
qui la blessent, les corches, la pique.
Peu à peu, elle s'habitue.
Au silence, à l'obscurité,
Hélène finit par oublier le temps d'avant les ténèbres.
Elle grandit.
Privé de ses oreilles et de ses yeux,
Vaïkvaï, elle se débrouille.
Elle se fait comprendre, grâce à des gestes.
Elle hoche la tête pour dire oui,
elle la tourne de gauche à droite pour dire non.
Quant à la fin, elle fait semblant de couper du pain.
Hélène étudie les humains, les objets,
du bout des doigts, ses mains sont séguis.
Elle s'a orienté, trouvée, reconnaitre.
En t'attant les vêtements que porte sa mère,
elle arrive à deviner quand elle s'apprête à sortir.
A part ça ?
Hélène adore être dehors, dans le jardin.
Des heures durant, elle court dans les herbes hautes
à la recherche de grosses peintades.
Guidées par leur seul odeur, elle trouve toujours
les premières violettes et le muguet.
Elle éprouve le monde, avec son corps et ses sens.
Ce qu'elle goûte, ce qu'elle sent, ce qu'elle touche,
chaque fois, c'est intense, surprenant,
ça jaillit, ça éclate, comme un gros coutonnerre,
là, entre ses mains, scénarie.
Parce qu'elle n'entend aucun son,
Hélène ne peut pas apprendre à parler comme les autres enfants.
Sa voix vibre bien dans ses corps de vocale,
mais elle ne sait pas comment former les mots.
Elle soupire, elle grogne,
elle pousse parfois, de drôles de cris.
Une après-midi, elle s'assoit entre sa mère et son père.
Elle pose ses mains sur leur visage.
Elle caresse les fronts, les paupières,
les nais et enfin, les lèvres.
Elle remue, mais pourquoi remut-elle ?
Hélène réalise ce jour-là, que ses parents ne communiquent pas comme elles,
en faisant des gestes.
Ça la frappe tout à coup, elle est différente.
Et là, ça monte, la tempête !
De plus en plus souvent, des colères, immense, terrible, la jitte.
Hélène est dévorée, ça brûle,
elle sent bondir en allune force qui pousse, qui temporine, qui veut,
qui veut quoi, au juste ?
Eh bien, exprimer, dire, l'inquiétude, l'agitation, la joie, la peine, tout !
Elle sent que quelque chose d'immense lui échappe.
Hélène devient alors brutale, tyrannique,
pleine de rage, elle jette, elle casse !
Elle donne des coups de poing dans le ventre du chien.
Un jour, elle tente de se glisser dans les bras de sa mère.
Mais une autre enfant a pris sa place,
une petite sœur qui s'appelle Mildred.
Le soir, Hélène tourne autour du berceau, elle tente de le renverser.
Ses parents sont inquiets.
Qu'est-ce qu'Hélène peut attendre de la vie ?
Toute son existence sera un océan de malheur.
Désemparé, ils lui passent toutes ces colères.
Comment aider leur fille ?
Le célèbre professeur Belle leur donne un pré-ché-conseil.
Nous sommes le 3 mars 1887,
dans trois mois exactement, la petite aura sept ans.
Attirée par les premiers rayons du soleil,
elle joue dans le jardin.
Ses mains glissent sur la vigne et le chèvre feuille.
Soudain, le sol se met à vibrer.
Quelque chose est à l'approche.
Quelque chose ou peut-être quelqu'un ?
Oui, c'est ça !
C'est une personne, une adulte qu'elle ne connaît pas,
et qu'elle apprend tout à coup dans ses bras.
Hélène vient de rencontrer Miss Anne Sullivan.
Elle a 20 ans, elle porte des lunettes noires,
elle n'est pas aveugle, comme Hélène, mais malvoyante.
Tout juste diplômé de l'Institut Perkins pour les aveugles,
elle est sa nouvelle professeure.
Miss Sullivan ne perd pas de temps.
Quelques heures après son arrivée, elle offre à son élève
une poupée de porcelaine, puis du bout des doigts.
Elle trace dans la main de l'enfant des signes,
les caractères du mot « poupée ».
Hélène prend sa pour en jeu et répète à son tour l'opération
jusqu'à connaître tous les signes par cœur.
Sans s'en rendre compte, elle commence à apprendre,
quoi ?
l'alphabet manuel qui lui permettra d'épler du bout des doigts des morts.
Le lendemain, tout le monde est à table pour le petit déjeuner.
Hélène, comme à son habitude, se tient très mal.
Elle court autour de la table, en piquant ce qu'elle veut dans les assiettes.
Lorsqu'elle s'approche des oeufs brouillés de Miss Sullivan,
celle-ci lui donne une tape.
De colère, la petite se roule par terre.
Miss Sullivan ne se laisse pas impressionner.
Elle secoue l'enfant, puis elle l'assoie sur une chaise
en lui mettant une cuillère entre les mains.
Hélène la jette aussi dans la main.
La jeune femme tient bon, malgré les regards scandalisés des parents.
Pourquoi affliger cette pauvre petite ?
Demande la mère.
Hélène est capable de tellement plus, tellement plus que ce que vous croyez.
Les jours suivants, Miss Sullivan poursuit avec Hélène le jeu des mains.
Pomme, chaise, table, elle épèle dans sa paume tout un tas de nouveaux mots.
À musée et curieuse, la petite les apprend tous par cœur
avec une rapidité exceptionnelle,
mais elle ne fait pas encore le lien entre ses signes et les choses.
Miss Sullivan continue.
Elle place une tasse remplie d'eau dans la main d'Hélène,
puis, après avoir plongé son doigt dans le liquide,
elle épèle dans sa paume.
E, A, U.
Et ça, c'est de l'eau.
E, A, U.
Hélène ne comprend toujours pas.
Alors, Miss Sullivan recommence.
Et recommence.
Et recommence.
Et recommence.
Et recommence encore.
Ce qui est fini par énerver Hélène, qui, de rage, jette la tasse par terre.
Bon, il est temps de changer de méthode.
Miss Sullivan ouvre la porte.
Hélène bondit de joie.
Yau !
C'est parti pour une excursion dans le jardin.
Arrivé tout au fond, devant le puits,
Miss Sullivan plonge la main droite d'Hélène dans l'eau.
Et dans la gauche, elle écrit
O.
Soudain, Hélène se tend.
En frissons parcours son corps.
Elle a compris.
E, A, U, O.
C'est donc comme ça que ça s'appelle ?
A, U, A, E, U, O.
U, E, A.
Immédiatement, elle répète les signes dans la paume d'Anne Sullivan.
Pour la première fois de sa vie, Hélène parle à quelqu'un.
Sans son, évidemment.
Mais c'est tout comme, elle jubile !
Ce soir-là, Anne Sullivan s'endort.
La tête remplie de merveille.
Hélène aura une vie.
Sa vie.
Plus personne ne l'appellera pauvre-petite.
Les semaines suivantes, Hélène est en transe.
Elle veut tout connaître.
C'est fou.
Ce que je touche, ce que je sens,
ce qui pique, ce qui est doux.
Tout cela porte un nom.
Chaque jour, elle apprend de nouveau mots.
Père, mère, sœur, institutrice,
amie.
Et avec ces nouveaux mots, arrive de nouveaux sentiments.
Une douceur qu'elle ne connaissait pas,
vient se louver là, dans son cœur.
La professeure et l'élève ne s'arrêtent pas là.
On peut encore aller plus loin.
Hélène apprend à écrire et à lire en braille.
Sur des fils cartonnés, elle déchiffre, du bout des doigts,
des petits points en relief qui forment des mots, des phrases.
En mai 1887, à presque 8 ans, elle lit son tout premier livre.
Hélène passe désormais tous ses hivers
à l'Institut Perkins, à Boston.
Là-bas, elle rencontre d'autres enfants, sœurs et nos voyants.
Elle explose de joie.
Sa curiosité n'a pas de limite.
Les questions dans sa tête se bousculent.
Toutes, elle les écrit sur une tablette,
afin que M.Livane y réponde.
D'où suis-je venue ?
Où irais-je quand je mourrai ?
Qui a fait la tête ?
Les maires, les mères et toutes les choses.
Hélène est d'une très grande intelligence.
En fait, elle est bien plus intelligente que la plupart des enfants de son âge.
Elle adore les études.
Elle veut aller loin, le plus loin possible.
Son rêve, se mesurer aux étudiants qui voient et qui entendent.
Elle veut entrer à Harvard,
l'une des plus préciseuses universités américaines.
Et tu sais quoi ? Elle réussit !
En 1904, à l'âge de 24 ans,
elle obtient sa licence de lettre au Lama.
Ce jour-là, je crois bien que j'ai pleuré.
J'étais folle de joie et sacrément fier.
Moi, qu'on destinait enfants à une vie de malheur,
grâce à l'aide et l'amitié de M.Livane,
j'ai finalement dévoré le monde.
Derrière cet épisode des Odyssey, il y a
Fanny le Roi, Cécile Lafon,
Benjamin Orgeret et moi,
lors Grand Beaux-Ençons.
Hélène a également appris à oraliser.
Elle a appris à moduler sa voix afin de produire des syllabes et des mots.
Tu vas entendre un enregistrement de sa voix.
Tu ne vas peut-être pas tout comprendre,
car elle s'exprime en anglais, mais je traduis juste après.
Je comprends, je ne comprends pas tout.
Je suis une personne plus dure que moi.
Je suis une personne plus dure que moi.
Déspoir
Episode suivant:
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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