Rosa Parks - Partie 1

Durée: 17m26s

Date de sortie: 16/10/2020

Une histoire écrite par Abdelhakim Rezgui, interprétée par Céline Kallmann, réalisation Alexandre Ferreira, production Benjamin Muller.Musiques : Vlad Gluschenko - Time / Incompetech - danse morialta - olde timey - quiet panic - mana two part 2 - night vigil / Shane Ivers - Summer Rain / Maikai symphony - prelude / Alexandre Ferreira - Heart and Soul - spleen 01.Retrouvez Encore une histoire sur Instagram, Facebook et Twitter Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.

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Bonjour à tous, bonjour les enfants.
Aujourd'hui je vais vous raconter une histoire vraie,
l'histoire de Rosa Parks.
Et c'est l'historien Abdel Akim Rezgi qui a donc adapté l'histoire de Rosa Parks.
Pour vous, les auditeurs d'Encore une histoire.
Partie numéro 1.
La petite fille qui n'arrivait pas à dormir.
C'était une de ses interminables nuits d'été.
L'air était presque irrespirable.
Heureusement, les habitants de l'Alabama étaient parfaitement habitués à la chaleur de ces nuits.
Intenses et humides.
Et après tout, les journées étaient bien plus chaudes d'Encore.
Dans les maisons et les fermes, chacun prenait soin à la nuit tombante
de laisser fenêtres évolées entre ouvertes, afin de laisser pénétrer un peu d'air frais.
Malgré la canicule, il fallait par tous les moyens trouver le sommeil.
Car la longue journée de travail du lendemain serait forcément arrasante sous le soleil de plomb.
L'Alabama est une vaste et belle région du Sud-Est des États-Unis.
Les femmes et les hommes qui, alors, y travaillaient la terre étaient des gens particulièrement courageux.
Un grand nombre d'entre eux récoltaient le coton sur d'immenses champs.
Ils leur fallait paciellement cueillir, avec une extrême délicatesse, la précieuse mousse.
Elle servirait à la fabrication de fils,
qu'on utiliseraient ensuite pour produire toutes sortes de tissus.
Sur d'autres domaines, on cultivait le tabac.
Cette plante au long feuillet verte, qui, une fois coupée, hachée, séchée, garnirait la pipe des grands pères.
A cette époque, on ignorait que fumer était si mauvais pour la santé.
Cette époque, c'était en 1920. Il y a tout juste 100 ans.
100 ans.
Cela fait beaucoup de temps. On appelle cela un siècle.
Et au cours d'un siècle, beaucoup de choses peuvent changer.
Mais pour que les choses changent,
il faut des femmes et des hommes qui aient le courage de les faire changer.
Pour se motiver durant leurs interminables journées de travail,
les habitants noirs aimaient chanter tous ensemble, comme le faisaient jadis leurs ancêtres.
Mais contrairement à eux, ils n'étaient plus esclaves.
Tous étaient désormais des personnes libres.
Aucun noir, qu'ils soient homme, femme ou enfant, ne pouvait plus appartenir à un blanc,
ni être vendu à un autre.
L'esclavage avait été aboli en 1865, après une très longue guerre.
Mais si les chaînes de l'esclavage avaient été brisées,
la vie des Noirs d'Amérique restait difficile.
Il fallait travailler durement pour gagner son pain.
Fort heureusement, les propriétaires blancs devaient verser un salaire au pays en noir,
en échange de leur travail.
Enfin, les Noirs devaient vivre séparés des blancs.
Au restaurant, par exemple, où les Noirs n'allaient que très rarement,
les blancs avaient des salles qui leur étaient strictement réservées.
Qu'un noir y pénètre lui aurait valu d'être arrêté par la police.
Dans les bus, les Noirs devaient monter par la porte arrière,
tandis que les blancs avaient le privilège de pouvoir utiliser la porte de devant.
Les Noirs ne pouvaient s'installer que sur les places du fonds.
Le chauffeur, armé, veillait au respect de ses règles.
Dans les hôpitaux, les infirmières blanches soignaient les blancs,
les infirmières noirs soignaient les Noirs.
Cette séparation des gens selon leur couleur, c'est ce qu'on appelle la ségrégation.
La plupart des blancs, dans le sud des États-Unis,
étaient perçus à des que les Noirs étaient inférieurs au blanc.
La ségrégation ne les choquait absolument pas.
Il y a 100 ans, donc, autant de la ségrégation.
Dans cette belle région de gens travailleurs et courageux qu'est l'Alabama,
par une longue nuit d'été où l'air était presque irrespirable,
une jeune fille ne parvenait pas à s'endormir.
Elle ignorait que son insomnie allait contribuer à changer le monde.
Psst ! Sylvester, tu dors ?
Murmura Rosa. Sylvester ne répondit pas.
Il était plus demi-nuits et, malgré la chaleur,
le petit garçon semblait déjà dormir comme un ange.
Psst ! Petit frère, psst ! Petit frère, tu dors ?
Rosa chuchotait maintenant de toutes ses forces.
Psst ! Petit frère, tu dors ?
Après un long soupire, Sylvester répondit d'une voix endormie.
Mh, laisse-moi dormir, Rosa.
Tu devrais te reposer aussi.
Tu vas être fatigué demain.
Et... tu as promis à grand-père de l'aider à la ferme.
Je n'arrive pas à dormir.
Il fait trop chaud.
Depuis quelque temps, la petite Rosa, 7 ans,
et son frère Sylvester, 5 ans, partageaient une petite chambre
dans la ferme de leurs grands-parents.
Le grand-père et la grand-mère les avaient accueillis
après le divorce de leurs parents.
Leurs mères vivaient également auprès d'eux.
Malgré cette séparation douloureuse pour tous,
la vie était désormais paisible et heureuse.
Sylvester ronflait maintenant bruyamment.
Rosa soupira.
Pfff...
Elle était désormais seule pour affronter cette longue nuit.
Afin d'étancher sa soifée pour tromper l'ennui,
elle décida de quitter son lit pour se diriger
à pas de velours vers la cuisine.
Il fallait avancer et se faire couper.
Mais au bout de l'eau,
elle s'est lentement car le vieux plancher craquait de toute part.
Arrivé en quatiminé dans la cuisine,
Rosa se jeta sur un morceau de poulet-fri qu'il restait du dîner.
Hum...
Elle me dévorera.
Puis elle se servit d'une grande tasse d'eau
qu'elle bute une seule traite.
Elle s'en servit une autre
qu'elle décida d'emporter avec elle dans sa chambre.
Mais, alors qu'elle rebroussait chemin,
elle aperçut soudain dans l'entrebaillement de la porte d'entrée
une silhouette masculine, plantée là, totalement immobile.
Elle s'arrêta brusquement.
Au même moment, le chaby lit dans l'obscurité,
Horta son molet.
Rosa sursauta et laisse à échapper de ses mains la tasse métallique,
qui rebondit avec fracas sur le plancher.
L'homme se retourna et savant ça.
C'était grand-père.
Quel soulagement pour Rosa?
Grand-père, c'est toi.
Ouf, j'ai eu tellement peur.
Rosa, qu'est-ce que c'est que ce vacarme?
Que fais-tu debout à cet orci?
Il était déjà près d'une heure du matin.
Tu vas réveiller tout le monde.
Rosa remarqua que le visage de son grand-père,
d'ordinaire si doux,
paraissait inquiet, profondément inquiet.
Je suis désolée, grand-père.
Je n'arrive pas à dormir.
J'ai trop chaud.
J'ai eu soif, alors.
Le grand-père l'interrompit.
Eh bien, ma petite, tu vas retourner te coucher,
immédiatement.
Oui, grand-père, d'accord, j'y vais.
Soupir à la petite fille.
Aussitôt, elle roula les épaules,
baisse à la tête et tourne à les talons.
Mais curieusement, elle resta alors
un instant sans bouger.
Après quelques secondes,
elle fit soudain demi-tour.
Elle fixa alors son grand-père d'un regard persan
et l'interrogea avec détermination.
Mais toi, grand-père,
que fais-tu ici sur le perron à cet or-là?
Elle remarqua qu'il cherchait mal adroitement
à cacher quelque chose derrière son dos.
Elle crut reconnaître une arme à feu.
Mais c'est un fusil ?
s'exclame à la jeune fille.
Silence, Rosa.
Maintenant, ça suffit.
Beguéa le grand-père.
Votre coucher avant que je me fache serrieusement.
Hors de question, grand-père.
J'ai peur.
Que se passe-t-il ?
Que fais-tu sur le perron de la maison,
à cet or-ci, avec une arme?
Pour la dernière fois, Rosa.
Groni à le grand-père.
Je n'irai pas me coucher
tant que tu ne m'auras pas répondu.
Repris, Rosa, avec insolence.
Je t'en supplie.
Dis-moi ce qu'il se passe.
J'ai peur.
Le grand-père reste amué.
Le visage fermé.
La petite fille posa les mains sur son visage.
Elle se mit à sangloter.
Le vieil homme,
après avoir reposé délicatement son arme,
l'a pris aussitôt contre lui.
Il se dirigea avec elle vers le perron.
Après avoir fermé la porte d'entrée,
il instala sa petite fille dans le fauteuil abascule.
Il y a certaines choses qu'on ne peut pas dire à une enfant,
ma Rosa.
Mais je pense que tu es grande maintenant.
Tu sais déjà lire et crier
grâce à ta mère qui te fait l'école.
Et puis, tu nous aides à la ferme.
Rosa le va les yeux vers son grand-père.
Il se tenait maintenant debout
et scrutait l'horizon.
Te rappelle-tu
ce qui est arrivé à la ferme des Jackson l'an passé ?
La ferme des parents de ma copine, Theresa ?
Demanda Rosa.
Oui.
Eh bien, elle a brûlé.
Il a eu un accident.
Mme Jackson a oublié d'étendre les bougies.
Est-ce que nous t'avons raconté en effet ?
Mais...
ce n'est pas la vérité.
Vous m'avez menti ?
Mais pourquoi ?
Tous les fermiers du coin ont menti à leurs enfants.
C'était pour vous protéger.
En réalité,
des hommes ont mis le feu à cette ferme.
Ils sont en prison alors ?
Non Rosa, non.
Ces hommes, on ne les connaît pas.
Ils se cachent pour agir.
On ne peut pas les arrêter.
Ces gars du cuckuck sclan
ce sont comme de vrais fantômes
avec leurs tuniques blanches
et leurs longs masques pointus.
Le cuckuck scoi ?
reprit la fillette.
Le cuckuck sclan, Rosa.
Ce sont des blancs qui détestent les noirs.
Ils sont venus une nuit à 4 ou 5
sur leurs chevaux enragés
avec leurs torches enflammées.
Et ils ont mis le feu à la ferme.
Heureusement,
Mme Jackson a pu se réveiller à temps
pour prévenir son mari et leurs trois petites filles.
Sinon le pire serait sans doute arrivé.
Mais pourquoi s'en sont-ils pris à la ferme des Jackson ?
Monsieur Jackson, tu sais, travaille dur
depuis de longues années.
Et il a réussi à gagner beaucoup d'argent.
Il est aujourd'hui plus riche que bien des fermiers blancs.
Et ça,
les blancs d'ici n'aiment pas du tout ça.
Tu as peur qu'ils brûlent notre maison, grand-père ?
Roi vivant, ça n'arrivera jamais, Marosa.
Je te jure que je ne les laisserai jamais faire.
Tu peux dormir tranquille.
Le vieil homme qui semblait fatigué
s'installa à son tour
confortablement dans un fauteuil à bascule voisin
de celui où Rosa avait pris place.
Là, il tendit ses bras en direction de la petite fille.
Elle se leva immédiatement et vint se blotir tendrement contre lui.
Quel réconfort.
Le ciel était rempli d'étoiles.
La lune en forme de croissant
éclairait discrètement les deux visages collés l'un contre l'autre.
Après un instant, Rosa murmura à l'oreille de son grand-père.
Grand-père, est-ce que tous les blancs nous détestent
au point de vouloir mettre le feu à nos maisons ?
Après avoir réfléchi un long moment,
le grand-père répondit,
« Je vais te raconter quelque chose
que je n'ai jamais dit à personne, ma petite Rosa.
»
« Tu sais, cette nuit où la maison des Jackson a brûlé,
eh bien, tous les fermiers des alentours
étaient là pour leur porter secours.
Il fallait absolument venir aboutir ses flammes
en pleine nuit, sauvés à tout prix la maison.
Tout le voisinage était présent.
Nous étions bien une cinquantaine,
là au milieu de la nuit, à combattre le feu.
Nous avons utilisé l'eau du puits de la famille Barnet,
située à une centaine de mètres de la maison
des Jackson qui brûlaient.
Il nous a fallu nous organiser.
Nous avons formé une longue chaîne humaine.
Les sauts remplis d'eau passaient de main en main,
du puits à la maison en flammes.
Nous nous encourageons les uns les autres sans cesse.
C'est cette solidarité qui nous a permis de venir
à bout des flammes qui risquaient de tout ravager.
Quelle satisfaction pour nous d'avoir pu sauver cette maison.
Nous étions trempés de sueur et soufflés comme jamais,
mais tous tellement fiers de la tâche que nous venions d'accomplir.
Quelle bonne heure d'admirer cet incroyable chaine humaine,
d'y reconnaître tant de visages familiers.
Il y avait là, Monsieur et Madame Clark,
Monsieur Grant et ses deux gaillards de fils,
Monsieur Phillips et sa femme,
les Whites, les Willys,
Monsieur Howard, les Frères Simon,
et tellement d'autres encore.
Et puis, au bout de la chaîne, Rosa,
près du but, j'ai aperçu un homme mystérieux.
Je ne l'avais jamais vu.
Il portait un chapeau qui cachait en partie son visage.
Je me suis un peu approchée.
L'homme peinait à reprendre son souffle.
Il paraissait terriblement épuisé.
Ses jambes tremblaient de fatigue.
Appuyer contre un mur, il essuyait difficilement son visage,
qui suait un grosse goutte.
C'est qu'il avait réalisé un effort surhumain
pour nous permettre de vaincre l'incendie.
Il avait remonté à la force de ses bras,
pendant près d'une heure,
chacun des saudots qui nous a permis de vaincre l'incendie.
Mais qui était cet homme ?
demanda Rosa.
Je n'ai jamais réussi à le savoir ma belle.
Tout ce que je peux te dire, c'est que cet homme,
eh bien, c'était un blanc.
Après quelques secondes, la petite Rosa ferme à les yeux.
Son grand-père l'entendait respirer profondément.
Elle s'était endormie en songeant à ce visage épuisé,
à ce visage courageux,
à ce visage blanc.
Voilà, c'était la première partie de Rosa Parks.
Histoire écrite par l'historien Abdel Aqim Reski
pour encore une histoire.
Encore une histoire est un podcast réalisé par Alexandre Ferreira,
produit par Benjamin Muller
et raconté par Céline Calman.
N'hésitez pas les enfants à nous laisser plein de messages
pour nous dire que ça vous a plu.
Et bien sûr, il y aura bientôt de nouvelles histoires.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org

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