Bonjour à tous, bonjour les enfants.
Aujourd'hui je vais vous raconter la suite de l'histoire vraie de Rosa Parks.
Une histoire pour les enfants à partir de 6 ans, que je vous conseille d'écouter avec vos parents.
Il y a certains passages qui méritent d'en parler avec eux juste après.
Donc dites-leur, papa, maman, j'ai 6 ans, j'ai le droit d'écouter Rosa Parks, mais faut que tu l'écoutes avec moi.
Troisième partie de l'histoire de Rosa Parks.
Histoire écrite par l'historien Abdel Aqim Rezgi, spécialement pour vous les auditeurs d'Encore une Histoire.
Encore une histoire et un podcast réalisé par Alexandre Ferreira, produit par Benjamin Mulair et raconté par Céline Galman.
Quand vers 8h9, le bus dépasse à l'immense pancarte verte indiquant,
bienvenue dans la ville de Montgomery. Rosa met le point final à sa rédaction.
L'écriture était un peu tremblotante, mais parfaitement lisible.
Elle relue son travail avec une grande satisfaction.
A 8h18, l'école y a franchi le portail de l'école pour jeunes filles de couleur de Montgomery.
Elle rejoignit précipitamment à l'autre bout de la cour, Lucy Foster, sa meilleure amie.
Dans quelques minutes, la cloche sonnerait, ce qui laisserait fort peu de temps aux deux inséparables, comme on les surnommait, pour se raconter leur wikette.
Salut Marose, joyeuses anniversaires.
Salut Lucy, merci beaucoup.
Répondi Rosa, tu n'as pas oublié.
Comment veux-tu que j'oublie l'anniversaire de ma meilleure amie ?
Repris Lucy en la serrant dans ses bras.
Vers 8h25 précise la cloche retentie.
Dans la cour, les 354 élèves s'agitèrent quelques instants.
Au bout de quelques secondes à peine, comme par miracle,
d'irranger s'était parfaitement formé, sous l'œil vigilant de la surveillance générale, Miss Johnson.
Personne ne l'avait jamais vu sourire.
Elle faisait régner une discipline très stricte dans l'établissement, qui avait fort bonne réputation.
Chaque jeune fille portait un uniforme.
Il était composé d'un chemisier d'un blanc immaculé, d'une jupe blanche également, qui tombait quelques centimètres en dessous des genoux.
Le noir des chaussettes, qui devait être remonté à la moitié du mollet, tranchait sur cet ensemble.
Les cheveux devaient être soigneusement coiffés.
Seul le chignon haut et la queue de cheval étaient tolérés,
tandis que maquillage et bijoux étaient strictement interdits.
Portait une montre, ou encore une boucle d'oreille, même discrète, pouvaient valoir quelques heures de retenue.
L'une après l'autre, les dix classes rejoignirent leur salle pour une matinée studieuse.
Dans celle de Madame White, Lucy et Rosa étaient toujours assises l'une à côté de l'autre.
C'était des élèves studieuses et sérieuses, mais ils leur arrivaient de bavarder un peu.
Et si Rosa aimait révaser, Lucy était un peu tête en l'air.
All bright, Marie.
Présente.
Barclay et ma.
Présente.
Bishop Annie.
Présente.
Brown Hillary.
Présente.
Après avoir fait l'appel, l'institutrice demanda de savoir fort et clair en articulant chaque mot.
Mesdemoiselles, commençons cette semaine par la correction du travail de rédaction.
L'une d'entre vous souhaite-elle partager avec ses camarades le fruit de son travail.
Qui, parmi vous, est volontaire pour venir lire sa production ?
La classe était devenue incroyablement silencieuse.
Aucune élève ne semblait enchantée à l'idée de passer au tableau.
Sans être cruelle, Madame White était sévère et intraitable avec les fautes de grammaire.
Rosa s'aperçut soudain, en observant sa voisine, que ses genoux s'entrechoquaient de plus en plus rapidement.
Sa meilleure amie, Lucy, tremblait de peur.
« Ne me forcez pas à désigner l'une d'entre vous ! » reprit Madame White.
« Tout va bien, Lucy ? » chuchotat Rosa en se penchant discrètement vers sa voisine.
« Non, Rosa, j'ai complètement oublié de fermer de voir. »
Madame White déclara alors.
« Très bien. Je vais devoir désigner au hasard l'une d'entre vous. »
L'institutrice pointa alors son index en fermant les yeux au hasard sur la liste de la classe.
Puis elle déclara.
« Lucy, foster, au tableau ! Le sort en a décidé ainsi. »
En une fraction de seconde, Rosa fit discrètement glisser son cahier vers Lucy,
qui s'en empara subtilement avant de se lever en direction du tableau.
« Nous vous écoutons, mademoiselle ! »
Face à la classe, Lucy ouvrit le cahier et se mit à lire, un peu hésitante au départ.
« Le métier que je souhaite exercer quand je serai plus grande est celui d'un d'enseignante.
A mes yeux, il n'est pas de métier plus noble que celui d'apprendre à des enfants,
ce qui leur sera indispensable tout au long de leur vie.
Pour apprendre à des enfants, il faut être soi-même très instruite et connaître beaucoup de choses,
et surtout être patiente également.
Dans ma classe, il y aura des enfants blancs et des enfants noirs,
car c'est écrit dans la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique.
Tous les hommes sont créés égaux.
Je ne serai pas une institutrice trop sévère, mais les élèves pourront m'appeler Rosa... euh... Lucy, je veux dire.
Bafouilla la jeune fille, la classe entière se mit derrière, à l'exception de Rosa.
Lucy s'interrompit, baissa les yeux et devint rouge de honte.
À votre place, mademoiselle Foster, condamnada Mouhide, vous serez privé toutes les deux de récréation.
Et croyez-moi, j'aurais quelques mots à vous dire, ainsi qu'à vos parents.
Dans cette institution honnête, nous n'aimons pas la tricherie, sur toutes ces formes.
Un silence assourdissant régnait à présent dans la classe.
Lucy avait rejoint Rosa derrière le pupitre en bois foncé.
Désolé, ma Rosa. Je te fais des problèmes, même le jour de son anniversaire.
Malus, t'inquiète pas, répondis Rosa.
Pour toi, j'y serai toujours là, toujours.
Trois rangs devant elle étaient installés Marie Albright.
C'était la meilleure élève de la classe. Toujours première, en tout, tout le temps.
Mais elle était également au-dessus du lot dans bien d'autres domaines.
C'était la plus autaine, la plus méprisante, la plus médisante,
la plus lèche-botte de toutes les élèves de l'école.
Et parfois même, la plus insolente.
C'était comme si le mot « peste » avait été inventé pour elle.
Immédiatement après l'incident, Marie s'était retourné furtivement vers les deux inséparables
pour leur jeter un regard plein de dédains, accompagné d'un léger sourire.
On pouvait lire sur ses lèvres qui pourtant ne bougeaient pas, des paroles odieuses.
Bien fait pour vous. Vous allez avoir de graves problèmes.
Ensuite, elle avait levé la main.
Mademoiselle Albright, vous désirez vous porter volontaire ?
Interrogea la maîtresse.
Mais avec le plus grand déplaisir, madame White.
Répondit-elle d'une voix mielleuse.
En se levant, elle ajouta tout en se dirigeant vers le tableau.
Je tiens à vous dire, madame, au passage, qu'il ne me viendrait jamais à l'idée de tricher.
Je n'ai d'ailleurs un sang inventé, par besoin de cela.
N'en faites pas trop non plus, Marie, reprit la maîtresse.
Mais la peste l'interrompit aussitôt avec un culot hallucinant.
Oui madame, veuillez me pardonner.
Et merci de nous rappeler cette indispensable règle morale qui semble échapper à certaines de nos camarades.
En plus, la rédaction de Lucie, en fin de rosage, veut dire, est peut-être un peu trop imaginative.
Mademoiselle Albright, pour la dernière fois, c'est ces deux.
Mais à nouveau, l'insolente ne coupe pas la parole.
D'ailleurs, à ton jamais vu, à Montgomery, d'institutrices noires, c'est vraiment n'importe quoi.
Pour enseigner à des enfants blancs.
Non mais, c'est vraiment n'importe quoi. C'est lance !
Grosnia, madame White.
Rosa se leva si brusquement du petit banc accroché au pupitre que se la fit sursauter Lucie.
Elle courut alors vers la sortie.
Après qu'elle eut claqué la porte, on entendait le bruit de ses sanglots, raisonnés dans le couloir.
Le soir même, il était 17h23, Rosa accompagnait de sa tante Fanny, quittée le bureau de la directrice de l'école pour jeune fille de couleur de Montgomery.
Elle y avait passé un salcardeur.
D'abord parce que sa tante avait paru profondément déçu.
Ensuite, parce que la directrice lui avait fait des reproches qu'il a touchées au coeur.
On n'aide pas son ami en les dons à cacher des devoirs non faits.
On l'encourage au contraire à ne pas travailler et donc, on l'empêche de progresser.
La directrice avait prononcé une sanction exemplaire.
4 heures de retenue.
Lucie avait décopé d'une peine identique.
Elle devait en plus effectuer le travail non fait et recopier 500 fois la phrase suivante.
Je dois faire mes devoirs.
Lorsque la tante et sa nièce franchirent la grille pour sortir de l'école,
Rosa n'avait qu'une seule crainte, que tant de Fanny, qui s'était sans doute contenu dans le bureau de la directrice,
ne laisse finalement éclater une de ses colères légendaires.
Ah, les colères de tant de Fanny, une véritable tornade.
Et quel spectacle !
Rosa se souvenait particulièrement de Lune Delle.
Un jour, c'était au mois d'octobre, sur le chemin du retour de l'école,
Rosa avait été bousculée par un jeune homme, grand et costaud.
Il avait au moins 14 ou 15 ans, voire peut-être 16 ans.
« Hé, sale noir ! Dégage de mon trottoir ! »
avait-il crié sur Rosa, qui venait de tribucher.
Tout fier de lui, il ricanait.
« Ha, ha ! Un gars de la salle ! »
Et il avait tourné la tête vers ses deux copains, qui lui souriaient bêtement.
Mais lorsqu'il se retourna vers Rosa, c'est tant de Fanny qui était face à lui.
Elle avait assisté à toute la scène, alors qu'elle marchait quelques mètres derrière sa nièce.
Et elle s'était immédiatement avancée, au plus près du garçon.
Elle et lui étaient maintenant néanées.
Tant de Fanny avaient les sourcils froncés et les narines gonflées d'orage.
Les bras le long du corps et les points serrés, elles l'ospillaient le jeune homme.
« Écoute-moi bien, petit voyou ! Aux encore lever la main sur maniesse,
et je te montrerai de quelle bois les salles noires se chauffent ! »
Le jeune garçon baissa les yeux.
« Tu vas t'excuser auprès de Rosa, immédiatement ! »
Honteux de devoir agir ainsi devant ses camarades, il murmura.
« Pardon, dame, je ne t'ai pas bien entendu ! »
Reprit l'attente.
« Plus fort ! Et tes excuses sont pour cette petite fille très intelligente,
très belle, très polie et très bien élevée, qui est maniesse.
Et elle s'appelle Rosa. »
Après quelques secondes de réflexion, le garçon s'adressa à la jeune fille.
« Excuse-moi, Rosa. »
Et il dégarpit aussitôt.
Les deux idios le suivant dans sa fuite.
Rosa admirait donc sa tante autant qu'elle la craignait, pour son courage et pour sa détermination.
Ce n'était pas le genre de femme à se laisser faire.
Mais tante Fanny ne se mit pas en colère ce soir-là.
« Ma Rosa, tu as fait une grave bêtise aujourd'hui. Je crois que tu l'as compris.
Je sais que tu ne recommenceras pas.
Et bon, je sais aussi que tu croyais aider ton ami.
Et puis, c'est ton anniversaire.
Alors, je passe l'éponge.
Rosa se mit soudain à sangloter.
La tante interrompie immédiate pensons pas presser.
« Mais Rosa, je viens de te dire que je passais l'éponge.
Ce n'est pas ça, tante Fanny. Ce n'est pas ça.
Que se passe-t-il alors ?
C'est Marie Albright.
Elle a dit qu'on ne pouvait pas devenir institutrice quand on est noir.
Et moi, c'est la seule chose que je veux faire de ma vie.
Faire la classe à des enfants.
Tante Fanny se baissa vers la jeune fille
et prit son visage mouillé de l'arme entre ses mains.
Regarde-moi, Madoos. Regarde-moi.
Tu vas me promettre une chose, Marosa.
Me le promettre pour toujours.
Ne laisse jamais rien.
Ni personne t'empêchait de faire ce que tu as décidé pour toi.
Jamais.
Tu m'entends ?
Jamais.
Si tu veux être institutrice et que tu t'endones les moyens,
tu seras la meilleure des maîtresses que ce pays n'est jamais compté.
Tu m'entends ? La meilleure.
Ces paroles prononcées d'une voix grave, déterminée et rassurante,
vainquire le chagrin de la jeune fille en un instant.
Je te le promets.
Répondis Rosa en un dernier sanglot.
Pour toujours.
Allez, ma grande, c'est l'heure de ton goûter d'anniversaire.
Repris la courageuse dame en présentant à Sañez une boîte de gâteau.
Je n'ai plus guère de temps devant moi.
Je dois être retournée au travail dans une petite heure.
Tiens, accompagne-moi jusqu'à l'arrêt de bus.
Rosa et Fanny étaient maintenant collées l'une à l'autre, assis sur un banc,
dans la station d'autobus, à déguster un délicieux cake au chocolat.
Rosa avait fièrement sorti de son cartable son journal intime,
pour le montrer à sa tante.
Il était ouvert à la première page, posée sur ses genoux.
Quand elle eut terminé son goûter,
la jeune fille prie un crayon de papier dans sa trousse.
Après avoir hésité un court moment,
elle se mit à écrire soigneusement,
comme on le fait toujours pour commencer un caillé neuf.
Lundi 4 février 1925.
Je m'appelle Rosa.
J'ai eu 12 ans aujourd'hui.
Quand je serais grande, je serais institutrice.
Dans la vie, on ne doit jamais laisser ni rien, ni personne
nous empêcher de faire ce qu'on a décidé.
C'est tant de Fanny qui me l'a dit.
Tant de Fanny demanda. Je peux lire ?
Mais tant de Fanny, c'est mon journal intime.
Je sais, je plaisante.
Un bus rempli de monde arriva.
Bon, je dois y aller, Marosa.
Rentre sans trop tarder à la maison.
Ce soir, tu n'auras qu'à réchauffer le dîner.
Tout est prêt.
Je ne devrais pas rentrer plus tard que 21h.
Mais je te veux coucher à mon retour.
Rosa au chalatette en souriant.
Oui, ne t'inquiète pas.
Tant de Fanny se dirigea vers la porte avant de l'autobus.
Elle monte à bord.
Elle acheta un ticket.
Elle remercia le chauffeur, puis redescendit.
Elle se rendit ensuite vers la porte arrière,
celle réservée au noir.
Elle gravit les quelques marches
et s'installa dans le fond,
à la toute dernière place qui restait libre,
une de celle réservée au noir.
Les portes automatiques du véhicule se refaire naire.
Le moteur se mit à nouveau à vibrer.
Le chauffeur manipule énergiquement le levier de vitesse.
Mais tout à coup,
alors que le bus était sur le point de partir,
un homme arriva à toute allure.
« Chauffeur ! Chauffeur, s'il vous plaît ! »
Crisait-il, en faisant de grands signes désespérés avec ses longs bras.
« Chauffeur ! »
La porte avant s'ouvrit à nouveau.
L'homme, exténué par sa course,
escalada mal adroitement en marchepied.
Il fit tomber son journal.
Il le ramassa.
Il remercia confusément le chauffeur.
Il paya son ticket.
Mais il n'eut pas à redescendre pour monter par la porte arrière.
Pourquoi ?
Car il était blanc.
L'homme traversa la lait centrale.
Pena a retrouvé son souffle
à la recherche d'une place disponible.
Le moteur du bus, prêt à repartir,
roue René de plus en plus fort.
L'homme s'arrêta près de Tandfani.
Rosa observa la scène, intriguée.
L'homme s'adressa à Tandfani.
« La place, je vous prie ! »
Tandfani se tourna vers l'homme.
Elle le fixa,
silencieuse,
pendant quelques courtes secondes.
Puis elle lança un dernier regard vers sa nièce.
« Son sourire est étrange ? »
pensa Rosa.
C'est que Tandfani ne souriait plus vraiment.
Fani baissa les yeux.
Elle rassembla ses affaires.
Elle, qui était toujours à l'heure,
se leva pour céder sa place à cet homme
qui était en retard.
Le bus redémara aussitôt
et disparut dans la circulation.
Seul sur le banc,
la jeune fille rouvrit son journal.
A la page où elle avait écrit son ambition,
elle ajouta.
Mais dans la vie,
quand on est noir comme moi,
comme Lucie,
ou comme Tandfani,
on ne peut pas faire tout ce que l'on veut.
Par exemple,
on ne peut pas monter dans l'autobus
par la porte avant.
Et quand on est assis dans le bus,
on doit céder sa place à un blanc
s'il la demande.
Même Tandfani,
qui est pourtant la femme
la plus courageuse du monde,
cède sa place au blanc.
Voilà, c'était la troisième partie de Rosa Parks.
Histoire écrite et adaptée spécialement pour vous,
les auditeurs d'Encore une Histoire
par l'historien Abdel Aqim Rezki.
Encore une histoire est un podcast
réalisé par Alexandre Ferréra,
produit par Benjamin Miller
et raconté par Céline Gagne,
avec la participation exceptionnelle
de Lola.