Rosa Parks - partie 7

Durée: 25m41s

Date de sortie: 04/06/2021

Une histoire écrite par Abdelhakim Rezgui, interprétée par Céline Kallmann, réalisation Alexandre Ferreira, production Benjamin Muller

Musiques : Vlad Gluschenko - Time / Incompetech - Apero Hour / Alexandre Ferreira - standing on the water - upper hall - Heart and Soul - nostalgic piano. 

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Bonjour à tous, bonjour les enfants.
Aujourd'hui, une histoire pour les enfants à partir de 6 ans,
que je vous conseille d'écouter avec vos parents.
7e partie de Rosa Parks, histoire écrite spécialement,
pour encore une histoire par l'historien Abdel Aqim Rezgi.
Encore une histoire est un podcast produit par Benjamin Mulair,
raconté par Céline Calman et réalisé par Alexandre Ferrérat.
L'itinéraire empruntée par le bus 137,
entre l'arrêt Ulysse Grande dans la partie est de la ville,
et la station James Madison, située au sud-ouest,
était particulièrement longue et sinueux.
Conte tenu de la circulation très dense en cette belle journée de mars,
Rosa estima que le trajet durerait sans doute une demi-heure.
Elle jeta un coup d'œil à sa montre,
puis elle se mit à contrôler le contenu de sa mallette.
Elle voulait s'assurer, en particulier,
qu'elle avait bien emporté avec elle son diplôme
et quelques autres documents indispensables lors d'un entretien d'embauche.
C'est quelques vérifications effectuées,
la jeune femme se mit à réfléchir à ce qu'il attendait.
Combien y aurait-il de candidats ?
C'est demande à tel.
Et les questions qu'on poserait aux postulantes.
Serait-elle difficile ?
Comme les idées commençaient déjà à se bousculer dans son esprit,
et qu'elle sentit monter l'angoisse,
Rosa décida de penser à tout autre chose.
Elle prit donc une grande inspiration,
et à travers la vitre admira le paysage,
laissant divager son imagination face au spectacle de la ville.
Après quelques longues minutes,
le chauffeur freine à brusquement,
mais en fin à cet évry.
A un feu rouge, le bus s'immobilisa.
De l'autre côté d'une grande grille de fer forgée,
rongée par la rouille,
la jeune femme reconnue immédiatement le feuillage épais du Grand Arbre.
C'était le parc Samuel Adams.
Et c'est sous les branches tout fues de cet arbre
qu'elle avait vu pour la première fois,
celui qui était devenu son mari.
Elle entendit alors, tel un chuchotement,
l'avoir réconfortante de Raymond.
C'est comme s'il était là, présent, à ses côtés,
répétant inlassablement les mêmes paroles bienveillantes et confiantes.
Tu es faite pour ce métier, Rosa.
Les enfants de ta classe seront les plus chanceux du monde.
Je crois en toi, Rosa.
Puis en écho à cette voix d'homme grave et douce,
ce fut la voix rassurante de sa chère tante Fanny,
qui raisonna en elle avec ses paroles inoubliables.
Ne laisse jamais ni rien ni personne t'empêcher de faire
ce que tu as décidé pour toi.
Tu m'entends ? Jamais.
Si tu veux être institutrice et que tu t'en donnes les moyens,
tu seras la meilleure des maîtresses que ce pays est jamais compté.
Tu m'entends ? La meilleure.
Rosa était maintenant parfaitement sereine.
Comme il fallait bien s'occuper pour le temps de trajet qu'il restait,
elle décida de se plonger à nouveau dans la lecture du mangomérie d'Aily.
Elle le retira donc de sa mallette.
Quand elle eut déplié le journal,
une photographie accrochât irrésistiblement son regard.
C'était un portrait, celui d'un jeune garçon.
Il devait avoir entre 12 et 13 ans.
Son visage occupait un bon quart de page
en illustration d'un long article de la rubrique, fait d'hiver.
L'inquiétude qui transparaissait dans les yeux de cet enfant
était déroutante.
Si la photographie avait pu parler, elle aurait imploré
« Aidez-moi, s'il vous plaît ! Aidez-moi, je vous en supplie ! »
La jeune femme jeta alors un coup d'œil sous le cliché
où il était écrit en caractère gras.
Un de ses jeunes voyous noirs, le dénommé Andy Wallace,
voire portrait si-dessus, n'a même pas trésant.
Il devra répondre, comme ses cinq complices,
des lourdes accusations qui pèsent contre lui.
Rosa, inquiète et intriguée,
se plongea dans la lecture du long texte,
intitulé « Les six bandits du Montgomery Birmingham
enfin arrêtés ».
Depuis plusieurs mois, les honnêtes citoyens de l'Alabama
ne prenaient plus le train l'esprit tranquille.
Une équipe de six jeunes malfrats s'émettent en effet la terreur
à bord des wagons.
Leur procédé était toujours le même.
Montait clandestinement à bord du train express,
reliant notre bonne ville de Montgomery
à la cité voisine de Birmingham.
Les six voyous pénétraient ensuite discrètement dans les compartiments,
chacun d'entre eux portant un fou la rouge
pour dissimuler son visage.
Là, ils renseenaient les passagers
qui devaient remettre sans discussion possible
leur argent et leur bijou.
Quand le butin amassait leur paraissait suffisant,
ces jeunes criminels, sans foi ni loi,
chargaient l'un des leurs, le plus jeune,
âgés, tenez-vous bien, de douze ans à peine,
d'actionner l'alarme du train.
Ce subterfuge provoquait l'arrêt immédiat de l'allocomotive
et les six voleurs pouvaient dès lors prendre la fuite
et disparaître dans la nature.
Grâce au travail acharné de la police,
les six bandits ont pu être identifiés et arrêtés à l'ordre domicile
ce jeudi, au terme d'une longue enquête.
Les forces de l'ordre n'ont malheureusement pas encore
mis la main sur le produit de ces vols crapuleux.
Le butin pourrait se chiffrer en centaines,
voire en milliers de dollars,
selon une source proche du dossier.
En tous les cas, les six jeunes malfrats,
tous noirs, âgés de 12 à 19 ans,
seront jugés d'ici la fin du mois.
Ils en coursent de longues peines de prison.
Ils ont beau jeu de clammer aujourd'hui leur innocence.
Des victimes les ont formellement reconnues,
ainsi que de nombreux témoins.
La justice devra se montrer impitoyable avec cette vermine.
Le jury populaire composé uniquement de citoyens blancs,
ce qui est rassurant,
prononcera d'ici la fin du mois, nous l'espérons,
des peines exemplaires.
Les noirs qui vivent dans ce beau pays doivent comprendre que...
Brusquement, Rosa interrompit sa lecture,
car elle éprouva un sentiment de dégoût
face à ce déversement de haine,
face à ses considérations racistes
qui s'enchaînaient jusqu'à la nosée.
Elle préféra donc se concentrer, à nouveau,
sur la photographie du jeune garçon,
dont le regard interpellait.
La place de cet enfant,
quoi qu'il ait pu faire,
n'était pas en prison.
Et toute cette histoire paraissait bien étrange.
Comment les victimes et les témoins
avaient-ils pu identifier, avec certitude,
les coupables, alors que les voleurs
avaient toujours agi le visage masqué ?
Et surtout, pouvait-on déclarer coupable des personnes
qui n'avaient pas encore été jugées par un tribunal,
comme le faisait ce journaliste ?
Et si les six accusés étaient tout simplement innocents ?
D'ailleurs, le butin n'avait pas été retrouvé ?
Il faut absolument faire quelque chose pour eux.
Son jarosa.
Elle discuterait de cette affaire au plus vite avec Raymond
et avec tous les camarades de la NAACP.
Le bus ralentit, puis s'arrêta.
Et le chauffeur annonça.
James Madison, terminus.
Tout le monde descend.
Rosa quitte à s'épenser,
rangea soigneusement le journal dans sa mallette
et se précipita vers la porte arrière,
comme tous les passagers, pour descendre du véhicule.
En remontant à pied la longue avenue,
la jeune femme sentit immédiatement que sa présence,
dans cette partie de la ville, a tiré l'attention.
Tous les regards des passants qu'elle croisait
paraissaient tournés vers elle.
Dans ce quartier de Montgomery,
on ne rencontrait que rarement des noirs,
à l'exception des nombreuses femmes de ménage
qui rejoignaient ou quittaient tout le matin ou tard le soir
leur lieu de travail.
Une femme de couleur,
dans une tenue aussi élégante que celle portée par Rosa,
voilà qui n'était pas ordinaire.
Devant elle, à une vingtaine de mètres,
la jeune femme, qui avançait d'un pas pressé,
pouvait maintenant apercevoir l'angle formé par l'avenue Madison
et la rue de John Murphy.
Soudain, la cloche de l'église sainte John Tintin,
il était déjà onze heures.
Arrivé au niveau de l'intersection,
Rosa tourna sur sa droite et s'engouffra dans la rue.
Elle fit encore quelques mètres
et se retrouva devant le numéro 7.
Le bureau de recrutement évoqué par l'annonce du Montgomery Daily
occupait un bâtiment de briques rouges.
On y pénétrait avec l'approbation d'un gardien
posté à l'entrée.
Bonjour, madame !
Nans satis la Rosa, tout en relevant la visière de sa casquette.
Avant de se présenter à l'un des trois lichets d'accueil,
le visiteur devait ensuite traverser un immense hall,
le moindre bâtiment de sile paraissait devoir y raisonner fortement.
Il régnait dans cet espace démesuré
un silence de cathédrale.
Rosa observa d'abord attentivement les lieux
et après un instant, elle se dirigea vers le guichet numéro 2,
qui était libre.
Subitement, le claquement de ses talons
sur le sol recouvert de marbre blanc se fit entendre.
Et Rosa se retrouve rapidement
en face d'une dame d'une cinquantaine d'années
assise derrière un bureau.
La femme semblait entièrement absorbée
par la grille de mots croisés qu'elle avait sous les yeux.
Et elle marmonnait.
Père fondateur est troisième président des États-Unis d'Amérique
en neuf lettres.
Euh...
Comme elle ne trouvait pas semble-t-il la solution,
elle dénia après une bonne vingtaine de secondes
lever le regard en direction de Rosa.
À travers ses lunettes qui tombaient sur son nez,
elle observa la jeune femme de la tête au pied sans maudire.
C'est Rosa qui brise à la glace.
Bonjour madame, je m'appelle Rosa Parks et je viens pour
sans même la saluer en retour,
la dame l'interrompit sans ménagement
pour lui lancer pleine de dédains.
C'est pour le ménage, imagine, vous êtes en retard.
Deuxième escalier sur votre droite.
Et elle retourna à ses mots croisés comme si de rien n'était.
Mais Rosa persévérera.
Madame Veuillet me permettrait d'insister,
mais je viens en réalité pour toute autre chose.
Je suis candidate pour un poste d'institutrice.
La femme l'air incrédule, le va immédiatement les yeux,
retira ses lunettes et répondit sèchement.
Pour un poste d'institutrice ?
Non mais vous ne pensez pas,
c'est pas un travail pour les gens comme vous.
Je ne sais même pas si vous savez lire mademoiselle,
mais sur l'annonce, il est bien indiqué qu'il faut un diplôme.
Et elle rit canard de mépris.
Rosa ne se mit pas en colère, au contraire.
Serraînement, elle prit contre elle sa petite mallette
pour en sortir son diplôme qu'elle présenta fièrement à la dame,
tout en déclarant.
Je vois sur madame, je sais lire,
et j'imagine que c'est votre cas également.
Alors si vous le voulez bien, prenez et voyez par vous-même.
La femme l'air encore plus suspicious,
et le monsieur attrapa le document et l'inspecta longuement.
Après un instant, elle rendit son diplôme à Rosa et Bougonna.
Puisque c'est écrit sur ce morceau de papier,
décidément, on aura tout vu.
Et après quelques secondes, elle ajoutera.
Première escalier sur votre gauche,
deuxième étage, présentez-vous au bureau 212.
Rosa la remercie,
mais avant de quitter cette femme particulièrement désagréable,
elle ajoutera.
Jefferson, la dame le va les yeux et demanda.
Pardon, Rosa répète à l'air en jouée.
Jefferson, père fondateur et troisième président des États-Unis,
en neuf lettres.
Jefferson, c'est la solution de votre mot croisé.
La dame écart qu'il y a les yeux,
puis elle se pencha à nouveau vers son magazine.
Stupéfette.
Rosa explica,
père fondateur, parce que Thomas Jefferson a rédigé en grande partie
notre déclaration d'indépendance, en 1776,
et troisième président, parce qu'il a succédé à John Adams.
Mais ça, tout le monde le sait.
La femme de l'accueil devait savoir vaincu.
Elle hésita, puis elle remplit les neuf cases de son jeu.
Et du bout des lèvres, elle bégeia.
Bien, vous en savez des choses.
Il faut bien, répondit Rosa,
ne pas être trop ignorante si on veut enseigner aux enfants.
Je vous souhaite une très bonne journée, madame.
Rosa se précipita alors vers le grand escalier.
Elle avala les marches 2 à 2 et parvint rapidement au deuxième étage.
Traversant le long couloir, elle recherchait attentivement le bureau indiqué.
209, 210, 211, voilà, c'est là, 212.
C'était une grande porte en bois sculpté.
Une plaque de métal gravée, portait sous le numéro l'indication suivante.
Bureau de M. Douglas Grant, direction des écoles primaires, chef de service.
Rosa respira profondément, puis pour éclaircir sa voix, elle tout sauta.
Enfin, elle fera pas.
Entrez.
Rosa poussait la porte qui grince ça.
Derrière d'épaisse volute fumée, un homme parfaitement chauve, au ventre proéminant regardait par la fenêtre.
Un énorme cigar accroché au lèvres.
Il se retourna immédiatement et s'adressa à Rosa, tout en désignant un siège installé de l'autre côté de son bureau.
Bonjour, je suis Douglas Grant.
Je suis le chef de service de la direction des écoles primaires de l'État d'Alabama.
Je vous en prie, prenez place.
Et dans un cendrier qui débordait, il écrasa son mégot.
Bonjour, monsieur. Je vous remercie.
Répondi Rosa tout en s'assayant l'air faussement assuré.
Car l'homme, quoique souriant, était intimidant.
Vous venez, j'imagine, reprit-il, pour l'un des postes d'enseignante que nous cherchons pour voir pour la rentrée prochaine, c'est bien cela ?
Parfaitement, monsieur.
Très bien, jeune femme. Pourriez-vous s'il vous plaît pour commencer vous présenter brièvement ?
Eh bien, eh bien, je m'appelle Rosa Parks, madame Rosa Parks, et j'ai 21 ans.
Et je viens tout juste d'obtenir mon diplôme d'enseignante.
Et depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours voulu faire ce métier.
C'est la raison pour laquelle je me présente devant vous.
L'homme l'a relancé.
Et comment cette vocation vous est-elle venue, madame Parks ?
J'ai eu la chance d'avoir, quand j'étais moi-même élève, une institutrice formidable que j'admirais profondément.
Parce qu'elle savait s'intéresser à tous ses élèves, les faire travailler sérieusement et aussi les faire progresser.
Mais toujours dans la bonne humeur.
Elle était stricte, mais douce aussi, exigeante, mais compréhensive.
Et surtout, elle m'a appris à être ambitieuse. Et je lui dois beaucoup.
M. Douglas dodelinait de la tête et souriait, en signe d'approbation.
Soudain, il demanda avec autorité.
Puis jouir votre diplôme, jeune femme. Et votre relever de note, également, si vous voulez bien.
Rosa s'exécuta et fouilla dans sa mallette.
Les voici, M. Douglas.
L'homme prit les documents, les parcoursurent rapidement, avant de constater et bailler.
Mais toutes vos notes sont excellentes.
Et l'excellence, dans toutes les matières, cela n'est pas courant.
Félicitations, M. Parks. C'est remarquable.
Je vous remercie, répondit Rosa, en esquissant un sourire de timidité.
M. Parks reprit M. Douglas, qui avait pris un air grave.
J'ai à vrai dire une assez mauvaise nouvelle à vous annoncer.
Le sourire disparu du visage de Rosa et son cœur s'en bala.
L'homme, alors, expliqua.
Il est aujourd'hui très difficile, chère madame, de recruter une bonne enseignante.
Parce que c'est un métier difficile et qu'il faut des qualités extrêmement rares pour l'exercer.
Vous êtes, voyez-vous, la 8e candidate de cette matinée.
Et pas une seule ne correspond à ce que nous recherchons.
Rosa est soudain la pression que son cœur cessait de battre.
Elle baissa les yeux.
Pas une ?
Sans vous, M. Parks !
Reprit plein d'enthousiasme, M. Douglas.
Vous êtes même la candidate idéale !
Vous êtes brillante, en effet, vos résultats en témoignent,
et vous vous exprimez avec aisance et clarté.
Et surtout, c'est l'essentiel.
Vous avez compris ce que ce métier exige.
De la passion, de la patience et de la rigueur.
Je garde donc avec moi ces documents pour votre dossier.
Nous vous recontacterons ultérieurement, par courrier.
Rosa se redressa.
Incrédule.
C'était comme si elle revenait à la vie.
Cela veut dire que, que je suis prise, demanda-t-elle.
J'y suis personnellement favorable, absolument, M. Parks.
Toutefois, ma décision finale ne me revient pas.
Elle la partit en chef de la Direction des Affaires Sociales, M. Wyatt.
En tout cas, avec un dossier aussi solide, vous pouvez être confiante, M. Parks.
Je ne vous retiens donc pas plus longtemps.
M. Douglas, en la raccompagnant, salue à Rosa d'une poignée de mains chaleureuse.
En se refermant, la Lourde porte du bureau 212 Clacca.
Rosa, qui avançait en direction du Grand Escalier, se mit alors à sautiller de joie.
Elle n'a vécu une seule idée en tête, rentrée au plus vite pour annoncer la nouvelle arrête.
A 13h47 précise, le bus déposa la jeune femme et deux autres passagers
devant le numéro 16 de la rue Ulisse Grande.
A peine descendue, Rosa courut aussi vite qu'elle puait jusqu'au numéro 8.
Du dehors, la boutique de Raymond paraît sévide,
ce qui n'était pas exceptionnel à 7h00 de la journée,
où le barbier s'accordait une petite demi-heure de pause déjeuner.
Rosa s'approcha de la vitrine et aperçut au loin,
dans l'entrebaillement de la porte de l'arrière boutique, la silhouette de son époux.
Puis, la jeune fille entrevient une autre silhouette,
et une troisième, et une autre encore.
Intriguée par cette mystérieuse assemblée, Rosa poussa donc la porte
et pénétra discrètement dans le salon.
Elle traverse à la boutique, à Pas-de-Loup,
contournant prudemment le siège pivotant pour parvenir au seuil de l'autre pièce.
Là, elle écouta à la porte en prenant garde de ne pas être vue.
Elle reconnue la voix de Martin Foster.
Le jeune homme comptait 716, 717, 718.
Voilà, ça nous fait un beau pactole de 718 dollars.
Quatre hommes réunis dans une petite pièce étriquée et mal éclairée,
qui comptaient des billets.
Rosa songea immédiatement au bandit du train,
et ses pauvres enfants qu'on accusaient sans doute injustement,
et à ce butin qui n'avait pas été retrouvé.
Alors, sans trop réfléchir, elle poussa brutalement la porte.
Les quatre hommes se retournèrent surpris par cette éruption.
Rémon, tu vas immédiatement me dire d'où vient cet argent ?
Exige à Rosa.
Qu'est-ce que vous avez fait ?
Rosa serait joué, Rémon.
Tu es déjà rentrée ?
Et avec un calme déconcertant, il ajouta.
Alors, cet entretien, ça s'est bien passé ?
Rémon, repris Rosa avec fermeté,
je t'ai posé une question.
D'où vient tout cet argent ?
Cet argent ? Ah oui, je voulais t'en parler.
Tu as entendu parler de ces vols sur l'express Montgomery Birmingham.
Oui, Rémon, j'ai lu un article à ce sujet dans le Montgomery Daily.
Répondi sèchement Rosa.
Ils ont même arrêté des jeunes de notre communauté,
des enfants pour certains.
Et moi, je suis certaine qu'ils sont innocents.
Alors, Rémon, j'attends ta réponse ?
Eh bien, tout cet argent que tu vois là, Rosa.
Oui, Rémon, tout cet argent, c'est quoi ?
Eh bien, avec tous les camarades de la NAACP,
que tu vois là, dont Martin.
Nous l'avons récolté ensemble,
auprès des habitants du quartier et des alentours.
Comme tu peux le voir, ils ont été très généreux.
Certains ont même donné toutes leurs économies.
Avec ça, on va pouvoir venir en aide à ces petits gars.
Plus de 700 dollars !
Tu te rends compte, Rosa ?
Ajouta Martin Foster.
On pense la même chose que toi.
Ces gosses évidemment sont innocents.
Il n'y a pas une seule preuve solide contre eux.
Le seul crime qu'ils ont commis, c'est d'être né noir.
On s'en a...
On en est tous persuadés.
Alors avec cet argent,
on pourra leur payer un bon avocat
pour les sortir de cette sale affaire.
Rosa soupira de soulagement
et se jeta immédiatement dans les bras de Rémon,
avant de confier un peu honteuse.
Désolé, Rémon, désolé, Rémon.
Je suis désolée.
J'ai eu tellement peur, j'ai cru que...
J'ai cru que...
j'ai cru que c'était vous les bordis du train.
Ah, donnez une sacrée imagination, va Rosa.
Plaisante à Martin.
Alors comme ça, tu trouves qu'on a des têtes de brigands
et tous se mirent à rire.
Et tourne entretien, Rosa, raconte-nous.
Comment ça s'est passé, demande à Rémon ?
Euh... Ah oui, l'entretien.
Eh bien, ça s'est très très bien passé.
M. Douglas, qui m'a reçu, était vraiment très enthousiaste.
Ils m'enverront bientôt à un courrier
pour me confirmer que je suis prise.
Bien, c'est une excellente nouvelle,
déclare à Rémon.
Allez, allons tous à la maison manger un morceau.
J'ai des clients qui arrivent dans 20 minutes.
Voilà, c'était la septième partie de Rosa Parks.
Histoire écrite spécialement pour vous,
les auditeurs d'Encore une Histoire,
par l'historien Abdelakim Rezgi.
Encore une Histoire est un podcast produit par Benjamin Miller,
réalisé par Alexandre Ferreira,
et raconté par Céline Calman.
Je vous le rappelle, les enfants,
n'oubliez pas de dire à vos parents
de mettre des étoiles, 5 étoiles,
sur Apple Podcasts,
ou sur toutes les autres plateformes d'écoute.
Ça nous aide vraiment pour la suite.
N'hésitez pas non plus à parler de podcast à vos enseignants.
Vous pouvez peut-être écouter des histoires pendant l'étend calme.
Merci encore pour tous vos messages que l'on reçoit quotidiennement.
Ça nous aide et ça nous encourage tellement pour la suite.
Je vous embrasse très fort les enfants,
et je vous dis à bientôt.

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