Rosa Parks - partie 8

Durée: 28m43s

Date de sortie: 27/08/2021

Une histoire écrite par Abdelhakim Rezgui, interprétée par Céline Kallmann, réalisation Alexandre Ferreira, production Benjamin Muller

Musiques : Vlad Gluschenko - Time / Alexandre Ferreira - hope is everything - upper hall - Heart and Soul - nostalgic piano. 

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Bonjour à tous, bonjour les enfants. Je sais que vous l'attendez depuis très très longtemps et la voilà enfin.
VIIIème et dernière partie de Rosa Parks, histoire écrite spécialement pour encore une histoire par l'historien Abdel Aqim Erresgi.
Encore une histoire est un podcast produit par Benjamin Munair, réalisé par Alexandre Ferreira et raconté par Séline Calma.
La jeune fille qui s'appelait Sacha O.
La jeune fille était assise dans un des somptueux fauteuils qui encirclait l'immense table placée au centre de la salle à manger.
Elle avait sorti le contenu de son cartable et l'avait minutieusement disposé devant elle, sous la lumière d'un lustre imposant, accroché au plafond, à près de 4 mètres du sol.
Un classeur et un épais manuel de mathématiques étaient symétriquement déposés de vanpelles, de part et d'autre de sa trousse.
Entre ses mains un agenda, à la couverture multicolore, portait au coin supérieur droit une étiquette sur laquelle on pouvait lire son prénom,
Sacha, suivi de la lettre initiale de son nom de famille, un O, parfaitement tracé et suivi d'un point.
Sous cette étiquette nominative, était collée une photographie de la jeune propriétaire.
Sacha O avait la peau noire et dorée.
Ses cheveux crépuis étaient soigneusement rassemblés pour former un chignon O,
qui lui donnait un air presque trop sérieux pour son âge.
Elle avait 11 ans.
Son portrait laissait voir également les deux irrésistibles fossettes qui creusaient dès lors qu'elle souriaient ses jours replettes.
Et comme sur ce cliché, Sacha souriait souvent.
Mais ce n'était pas le cas ce jour-là.
On était le 27 février 2013 et Sacha avait ouvert son agenda à la page du lendemain.
Il était inscrit, mathématique, relire la leçon numéro 7 et faire les exercices 4, 5 et 8 de la page 119 du manuel.
Pfff, encore des doigts !
Soupira la jeune fille.
C'était un mercredi. Sacha n'avait pas école ce jour-là.
Mais comme tous les mercredis, il fallait avant de passer à des activités plus réjouissantes terminer le travail scolaire.
C'était une des règle au dors de la maison. Le travail avant toute chose.
On a du boulot, alors il faut le faire.
Et le maire répétait unlassablement Monsieur Haut, le père de Sacha, chaque matin quand il était à la maison, de sa voix grave et belle.
Ensuite, avant de partir travailler, il embrassait tendrement Sacha, puis sa sœur aînée, Maliya, âgée de 15 ans, et enfin sa femme, Michel,
qui le prenait très amoureusement dans ses bras.
Et ça vous concerne aussi les filles !
Le travail d'abord ajoutait presque toujours la mère, par-dessus l'épaule de son époux,
en observant ses deux filles, les nées, puis la cadette, avec ce regard de s'éviriter et de tendresse mêler.
Mais en cette matinée d'hiver froid des nuageuses, sa chat n'était pas très motivée. Elle révasseait.
Les exercices de mathématiques l'attiraient fort peu.
Bien moins en tout cas que la télécommande qu'elle finit par apercevoir posait à l'autre extrémité de la table.
La tentation fut trop grande.
« Papa est parti très tôt ce matin. Maman est encore à l'étage. »
« Réfléchis la jeune fille. Je peux bien regarder la télé, 100 minutes avant de m'y mettre. Allez, pas vu, pas prise ! »
En catimini, sa chat fit donc le tour de la grande table et sans para du boîtier.
Elle allume à immédiatement, sans hésiter, l'énorme téléviseur installé dans un coin de la pièce.
Et elle se lance à immédiatement dans une de ses activités favorites, zappé, changé de chaîne, passée de l'une à l'autre, à une autre encore.
Un documentaire animalier, un clip de Justin Bieber, la météo, un jeu télévisé,
une pub pour des chips, un match de basket.
Devant ce défilé ininterrompu d'image, la jeune fille semblait hypnotisée.
Subitement, le pas déterminé de sa mère, chaussée de talons hauts, se mit à raisonner dans la pièce.
Mme. O descendait précisitement les escaliers.
« Sacha, veux-tu s'il te plaît étendre ce poste de télévision ? Je crois que tu as des devoirs, non ?
Mais maman ! » se plait nuit la jeune fille, tout en continuant à faire défiler les chaînes.
« Juste cinq minutes, promis ! »
« Il n'y a pas de mai ! » lui rétorca sa mère, qui était maintenant en face d'elle.
Sacha, envoutée par le spectacle des images à l'écran,
continuait cependant à presser le bouton de la télécommande pour regarder les chaînes les unes après les autres.
Soudain, elle interrompit son geste, plie sa les yeux, incrédule,
avant d'appuyer deux fois sur le bouton du dessus pour revenir en arrière.
« Oui, mon cher John, tout à fait c'est un moment historique, l'émotion est,
et déjà perceptible dans le National Statuary Hall du Capitale.
« Maman, regarde ! C'est papa à la télévision ! » s'exclama Sacha.
« Un grand nombre des neveux et nièces de Rosa Parks ont fait le déplacement
pour cette hommage exceptionnelle rendue à celle que l'on surnomme, avec raison, la mère des droits civiques.
C'est un moment solennel. Un déconseiller du président nous confiait ce matin
qu'il a taché une grande importance à cette célébration,
en l'honneur de cette femme, qui disons-le, à changer l'Amérique,
qui a rendu sa présidence possible, je crois qu'il n'est pas excessif de le penser.
« Ma chérie, oui, je vois, c'est ton père ! Et comme toujours, il est très beau.
Mais tu comprends bien que si à chaque fois que papa passe à la télévision,
tu devais avoir l'autorisation de la regarder et de ne pas faire tes devoirs,
alors tu n'étudierais jamais. Je te rappelle, au cas où tu l'aurais oublié,
que ton père est Barack Obama et que tu es, à ce titre, la fille du président des États-Unis d'Amérique.
« Mais maman, regarde ! Papa va faire un discours ! »
Il n'y a pas de mes sachas. Je te l'ai déjà dit.
Éteins ce téléviseur et mets-toi au travail, s'il te plaît.
Ce discours est très important, c'est vrai, et on a prévu de le revoir plus tard tous ensemble.
Donc, sachas, sois gentil. Mets-toi au travail.
Immédiatement.
« Qu'est-ce que ça opira la jeune fille ? »
De toute façon, on ne peut pas désobéir à la première dame.
« Je suis la première dame pour tous les Américains, mais en ce qui te concerne, je suis et resterai toujours ta mère.
Et je ne crois pas t'avoir jamais appris qu'on pouvait les obéir à sa mère, jeune fille. Je me trompe. »
Sacha baisse à la tête et éteignis immédiatement le téléviseur.
Elle regagna sa place de travail avec très peu d'entrain.
La vie, quand on est la fille du président des États-Unis d'Amérique et de la première dame, est assez particulière.
Et c'est le moins que l'on puisse dire.
La chose la plus marquante sans doute est la suivante.
On est bien trop souvent séparés de son père.
Il doit en effet partir travailler tous les jours et très tôt pour d'interminables journées.
Des réunions importantes, il y en a chaque jour de la semaine.
Des dossiers importants, c'est aussi le quotidien.
Des dimanches, il n'y en a pas vraiment.
Des vacances, c'est tout à fait exceptionnel.
Mais en même temps, ce père qui est presque toujours dans son bureau,
ou en déplacement, dans une voiture, ou dans un avion, ou au centre d'une réunion,
et qui n'est donc que très rarement à la maison,
eh bien on le voit très souvent et même tous les jours, pour ne pas dire tout le temps et partout.
Sur la couverture des journaux, des magazines, à la télévision, sur internet, sur Facebook, Instagram, et même sur des t-shirts.
C'est comme si on devait le partager avec toute l'Amérique, et même avec la terre entière.
Tout cela, Sacha y était maintenant parfaitement habituée.
Elle avait 7 ans, en 2008, quand son père avait été élu par le peuple américain.
Devenant ainsi le 44ème président de l'histoire des États-Unis,
et le premier président noir dans toute l'histoire de ce grand pays.
Il y avait bien sûr en contrepartie certains avantages non négligeables à être l'une des filles de Barack Obama.
Sacha, comme sa sereine, Malia, avait par exemple un chauffeur personnel, et des gardes du corps,
qui les accompagnaient dans chacun de leurs déplacements, et même pour aller à l'école, veillant ainsi constamment à leur sécurité.
Il y avait aussi, à la Maison Blanche, la demeure du président américain et de sa famille,
une cuisinière talentueuse qui préparait toujours d'excellent plats et de savoureux goûter.
Et il n'était pas rare de rencontrer des stars.
Les deux filles avaient un jour chanté avec Justin Bieber.
Beyoncé et Jay-Z étaient des amis de la famille, et ils venaient régulièrement dîner à la maison.
Sacha et Malia avaient même pris place quelquefois, à bord de l'ère Force One,
l'avion particulier du président, pour d'inoubliables voyages à l'autre bout du monde.
Malia, la grande soeur de Sacha, dévalait à son tour l'immense escalier.
« Ma grande, tu tombes à pique ? » déclare à la mère.
« Je dois filer au bureau. Je compte sur toi pour veiller sur Sacha.
Pas de télévision avant qu'elle ait terminé ses exercices.
Et toi aussi, fais ton travail, je t'en conjure.
Avant de penser au téléphone et aux copines.
On est bien d'accord, Malia ?
« Ça marche, moi » répondit la sereinée.
« Promis. Mais il faudra penser un jour à me payer pour toutes ces heures de baby-sitting.
Ajoutes à tel avec Malice.
« T'es pas drôle » gromait la Sacha.
« Bon, je file, je suis très en retard, » annonça la mère, tout en regardant sa montre.
Elle embrassa chacune de ses filles avant de s'éclipsez.
Le téléphone coincé entre son épaule et son oreille.
« Bonjour, madame. Votre voiture est prête.
« Merci, Jeff.
« Alpha 1, un gamin en sécurité de Chuck.
La première dame se dirige vers son véhicule.
Malia tenta de réconforter sa sœur.
« Allez, Sacha, plus vite tu l'auras fini, plus vite on pourra faire autre chose.
Tiens, si ça te dit, dès qu'on a terminé, on pourrait.
« Euh, merci, Malia.
« L'interrompit, Sacha.
« Mais dès que j'ai fini, je regarde papa à la télévision.
« Ah oui ? Je viens de le voir, il va faire un discours.
« Ah mais oui, c'est vrai.
« Je l'ai vu relire ses notes très tôt ce matin pendant qu'il prenait son petit dège.
« Il est au capital pour une cérémonie très importante, en l'honneur de Rosa Parks.
« Qui ça ?
Rosa Parks. T'es sourde ou quoi ?
« Qui est-ce ? Je l'ai pas vu à la télé.
« Mais je rêve, tu ne connais pas Rosa Parks ?
« Vous apprend rien à l'école ou quoi ?
« Allez Malia, s'il te plaît, s'il quitte Rosa Parks.
« Elle est morte ? C'est donc son enterrement ?
« Mais non, elle est morte il y a huit ans, en 2005.
« Elle était très âgée, elle avait 92 ans.
« Alors pourquoi une cérémonie en son honneur aujourd'hui ?
« Je ne comprends plus rien.
« Ce mois-ci, elle aurait fêté son centième anniversaire.
« Elle est morte mais elle est encore et pour toujours vivante,
« dans le cœur de tous les Américains.
« C'est impossible d'oublier une femme comme elle.
« Alors on lui rend hommage.
« Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle a fait ?
« Écoute Sorette, je ne suis déjà pas payée pour le baby-sitting,
alors je ne vais pas non plus te faire un cours d'histoire gratuite.
« Léne s'approcha de sa petite sœur et posa sa main sur son épaule.
« Je plaisante, ajoutes à tel.
« Tu as du travail et tu sais ce que dit papa.
« Il faut le faire.
« Ensuite, on écoute notre présidente père à la télé.
« C'est promis. Allez Sacha, j'ai moi aussi un petit truc à terminer pour demain.
« On n'en a pas pour longtemps.
« Après je te dis tout ce qu'il faut savoir sur la grande rose à parcs.
« Malia embrassa Sacha sur le front,
« comme pour lui donner du courage,
« puis elle s'installa à ses côtés.
« Elle ouvrit alors son manuel de littérature,
« sa petite sœur en fille de même,
« avec le sien de mathématiques.
« Et le silence se fit.
« Après une heure studieuse,
« où les deux sœurs restèrent imperturbables dans leur concentration,
« Malia demanda.
« Alors, tu en es où Sacha ?
« Il me reste une toute petite ligne de calcul et j'ai terminé.
« Et bien super !
» répondit Léoné.
Malia alluma alors le poste de télévision.
« Nous accomplissons quelque chose d'important
« en accueillant ici au capital,
« dans le National Satuary Hall,
« qui célèbre les héros et les héroïnes de notre histoire,
« cette sculpture en mémoire à Rosa Parks.
« Mais si nous voulons lui rendre hommage,
« véritablement nous devons d'abord nous battre
« pour faire avancer les principes
« qu'elle a toujours défendu avec force,
« avec conviction et avec courage,
« que Dieu bénisse la mémoire de Rosa Parks,
« que Dieu bénisse les États-Unis d'Amérique.
« Oh, je crois qu'on a raté le discours de papa.
« Regrète Léoné.
« Suc ! Mais Malia, regarde, papa, alors tellement triste,
« on dirait qu'il va pleurer.
« Non, t'inquiète, Sacha,
« il est juste ému, très ému,
« parce que Rosa Parks est quelqu'un qui a beaucoup compté pour lui
« et qui est important pour nous tous, les Noirs d'Amérique.
« Ah oui, mais pourquoi ?
« Eh bien un jour, cette femme tient,
« regarde à l'image-là, on voit sa statue.
« Un jour, cette femme a accompli un acte très courageux.
« Mais qu'est-ce qu'elle a fait ?
« Eh bien un jour, en 1955,
« c'était donc à l'époque de la ségrégation,
« Sacha l'interrompit.
« La ségrégation, tu veux dire,
« l'époque où les Noirs et les Blancs devaient vivre séparés
« et qu'on n'était pas tous égaux ?
« Oui, c'est ça, tout à fait.
« Donc à cette époque, en 1955,
« Rosa Parks a refusé de...
« Allô ?
« Salut, Malia, c'est Virginia, ça va ?
« Oh, Virginia, trop cool que tu m'appelles.
« J'ai justement pensé à toi hier.
« Malia chuchota alors en direction de sa petite sœur.
« Excuse-moi, Sacha, je reviens vite
« et je te raconte tout sur la grande Rosa.
« C'est ma copine, Virginia.
« Ça doit faire au moins deux jours que je l'ai paillue au téléphone.
« Alors, raconte-moi tout. Il t'a appelé, alors ?
« Sacha observa sa sœur disparaître dans le grand escalier,
« puis elle tourna à nouveau son regard vers le téléviseur.
« Vous venez, chers téléspectateurs, d'assister à la cérémonie
« d'inauguration de la statue de Rosa Parks au Capitale,
« un moment solenne, elle est émouvant,
« où le président Obama aura évoqué avec intelligence et émotion
« la mémoire de notre héroïne des droits civiques.
« Alors, qu'aut-il retenir de ce discours, mon cher Conor ?
« Eh bien, ma chère Alison, ce sera immanquablement
« des discours importants de ce deuxième mandat du président Obama.
« Un discours à faire entendre dans toutes les écoles du pays.
« Les jeunes générations ne doivent pas oublier
« que les grandes conquêtes de notre histoire
« ont toujours nécessité le courage de quelques personnalités exceptionnelles.
« Et Rosa Parks, évidemment, en fait partie.
Merci Conor pour cette conclusion parfaite.
« Ici, Washington, nous rendons à présent l'antenne.
« Tout de suite, vos programmes habituels
« pour commencer la météo avec Latoya Phillips.
« Merci Alison, merci Conor.
« Eh bien, c'est une matinée nuageuse dans tout l'état.
« Sa châffe défilait les chaînes, une à une.
« Mais son père avait, pour un bref instant, disparu des écrans.
« Cela arrivait parfois, mais c'était rarissime.
« Oh non ! mourrait à la jeune fille.
« Elle était nie alors le téléviseur.
« Mais qui était donc cette fameuse Rosa Parks ?
« Après un instant de réflexion,
« sa châffe s'approchât des escaliers et à plat.
« Malia, alors tu viens ?
« Oui, oui, 5 minutes, j'arrive.
« Je suis encore au téléphone avec Virginia.
« Sa châffe connaissait parfaitement sa sereine
« et le sens véritable de ses paroles.
« 5 minutes ?
« Pfff, tu veux dire 1 heure ?
« Se pléniait-elle.
« Soudain, un homme immense vêtue d'un costume sombre
« traversa le salon et s'adressa à sa châffe.
« C'était un dégâte du corps de la famille présidentielle.
« Tout va bien mademoiselle Sacha ?
« Oui Bruce, merci.
« En fait, pas vraiment Bruce.
« Je n'arrive pas à savoir qui Rosa Parks.
« Cette femme en l'honneur de qui mon père a prononcé un discours aujourd'hui.
« Vous savez qui c'est vous ?
« Oui mademoiselle Sacha.
« Tout ce que je peux vous dire, c'est que vous feriez bien d'écouter
« le discours de Monsieur le Président.
« C'était un moment merveilleux.
« Mais ça ne passe plus à la télévision.
« J'ai cherché sur toutes les chaînes.
« Le garde du corps sortit un téléphone portable de sa poche.
« Il pia nota sur quelques touches,
« puis le temps dit en direction de Sacha.
« Donnez-je vous prête mon smartphone.
« Regardez, le discours est déjà sur Youtube.
« Oh merci Bruce, merci beaucoup.
« Je vous en prie mademoiselle Sacha.
« La jeune fille se jeta alors sur le gigantesque canapé en cuillère
« et s'installa confortablement avant de lancer la lecture de la vidéo.
« Une de ses amis d'enfance a dit un jour au sujet de Rosa Parks
« Rosa n'était pas le genre de fille à se laisser faire.
« Et bien cela, un chauffeur de bus l'a appris à ses dépens
« le 1er décembre 1955.
« Quand cet homme a demandé à Rosa de se lever
« pour céder sa place à un passage éblant,
« quand il l'a menacé de la faire arrêter si elle n'obéissait pas,
« Rosa a répondu avec le plus grand calme.
« Eh bien, allez-y monsieur, vous n'avez qu'à me faire arrêter,
« mais je ne cèderai pas ma place.
« Et le chauffeur l'a fait arrêter.
« Quelques jours plus tard, Rosa était devant un tribunal pour être jugé
« car elle n'avait pas respecté la loi.
« Un jeune militant de la cause des Noirs, Martin Luther King,
« est venu la soutenir.
« Et après lui, des milliers d'autres personnes ont voulu soutenir Rosa.
« Tous ensemble, ils se sont dit, nous allons leur montrer.
« Et ils ont eu cette idée, ne montons plus à bord de ces transports
« en que les Noirs n'auront pas les mêmes droits que les Blancs.
« Ne donnons plus notre argent, n'achetons plus de tickets.
« Alors ces milliers de personnes ont bravé le froid,
« la pluie, parfois la chaleur,
« et jour après jour, semaine après semaine,
« mois après mois, ils ont marché.
« Ils ont fait des milliers de kilomètres
« sans se plaindre de leurs pieds douloureux,
« sans penser non plus à la fatigue
« lorsqu'ils rentraient à la maison le soir
« après une longue journée de travail.
« Car ils marchaient pour le respect,
« ils marchaient pour l'égalité.
La vidéo s'interrompit.
« Mais quelle femme extraordinaire !
« s'exclame a Sacha.
« Je comprends pourquoi elle est si importante pour papa.
« Quel courage !
« Elle a dit non au loi injuste de l'Amérique raciste.
Et pendant le reste de cette journée froide de février,
« Sacha songea au courage de cette femme.
« Où avait-elle puisé la force de dire non ?
« D'où lui était venue cette audace ?
« Quand il fut l'heure de se coucher,
« Sacha assise en tailleur sur son lit,
« ouvrie comme elle en avait l'habitude
« le tiroir de sa table de nuit.
« Elle prit délicatement son journal intime
« et elle se mit à écrire.
Mercredi 27 février 2013.
« Aujourd'hui, papa a fait un très grand discours
« en l'honneur de Rosa Parks.
« J'aimerais être un jour aussi courageuse qu'elle
« pour faire changer le monde.
« Soudain, on frappa à la porte.
« Sacha referma son journal.
« Oui, entrez.
« La porte s'ouvrit.
« La longue silhouette du père de Rosa
« reconnaît sable entre toutes apparue.
« Monsieur Obama portait sous son bras un cahier et paix.
« C'était sans doute un de ses nombreux dossiers
« qu'il avait dû attraiter pendant cette journée interminable
« de président des États-Unis d'Amérique.
« Je te dérange mon amour.
« Demanda-t-il en chuchotant.
« Non, pas du tout, tu peux entrer, papa.
« Je faisais mon journal, mais j'ai terminé.
« L'homme s'approcha du lit de son enfant
« et s'agenouit à auprès d'elle.
« Il déposa l'épécaillé sur la table de chevet.
« Puis il embrassa tendrement sa fille sur le front,
« comme tous les soirs où il était à la maison.
« A-tu passé une belle journée, Massacha ?
« Oui, super, papa.
« J'ai écouté ton discours sur Rosa Parks.
« Dès qu'elle eût prononcé ce nom,
« les yeux de son père se mirent à briller.
« Mais papa, tu sembles tellement triste,
« s'inquiète à l'enfant.
« Ce n'est pas de la tristesse, Massacha,
« mais plutôt une grande émotion.
« Après cette cérémonie, j'ai eu de la chance.
« J'ai eu la chance de rencontrer une des nièces de Rosa Parks.
« Comme tu le sais peut-être, Rosa et Raymond de Parks n'ont pas eu d'enfant.
« Cette nièce m'a donné cet objet.
« Elle voudrait qu'il soit précieusement conservé ici, à la Maison Blanche.
« Le père de Massacha prie alors dans ses mains
« ce qu'il venait tout juste de déposer.
« Massacha observa alors la couverture un peu poussiereuse
« d'un bleu délavé de ce cahier vieillissant.
« Et remarqua que les pages étaient cornées,
« que le papier avait jaunis.
« Puis elle demanda,
« Qu'est-ce que c'est que ce vieux cahier, papa ?
« Eh bien regarde, prends-le, Massacha, et ouvre-le.
« La petite fille prie alors délicatement le carnet entre ses mains.
« Il ouvre soigneusement, à la première page,
« et se mit spontanément à lire.
« Lundi 4 février 1925, je m'appelle Rosa,
« et j'ai eu 12 ans aujourd'hui.
« Quand je serais grande, je serais institutrice.
« Dans la vie, on ne doit jamais laisser ni rien,
« ni personne nous empêcher de faire ce qu'on a décidé.
« C'est tant de fanny qui me l'a dit.
« Mais papa, mais c'est le journal de Rosa Parks,
celui qu'elle tenait quand elle avait 12 ans ?
« Elle tenait un journal comme moi ?
« Oui, Sacha, comme toi.
« Elle écrivait dans ce carnet très souvent.
« Elle a fait ça pendant des années,
« et regarde ce qu'elle a écrit sur les dernières pages.
« L'enfant fit défiler les pages du carnet,
« en le manipulant avec grande précaution.
« Puis à nouveau, elle se mit à lire.
« J'ai relu ce journal que j'ai écrit quand j'étais plus jeune.
« Je ne suis malheureusement pas devenue institutrice,
« car je suis noire.
« Et je dois toujours m'asseoir dans le fond du bus,
« car je suis noire.
« Je crains malheureusement que les choses ne changeront jamais en Amérique,
« à moins d'une révolution.
« Mais papa, elle paraît tellement désespérée.
« Non, Sacha, pas vraiment.
« Tourne la page, repris le père.
« L'enfant tourna évidemment la page et se mit à lire.
« Moi, Rosa Parks, je serai à cette révolution.
« Un chauffeur de bus se tient au même moment où j'ai pris,
« à côté de moi.
« Et il est armé.
« Et il est venu me demander de céder ma place pour un passage éblan.
« Mais je ne me lèverai pas, car ce n'est pas juste.
« Non, je vais rester à six.
« Il n'a qu'à me faire arrêter.
« Oh, elle avait son journal quand elle a été arrêtée.
« Quelle femme courageuse.
« J'ai bien écrit, justement, dans mon propre journal
« que je voudrais lui ressembler plus tard.
« Mais dit papa, après le boycott des bus de Montgomery,
« qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui est arrivé ensuite ?
« Eh bien, le boycott a duré très longtemps, près d'un an.
« Un an ? » interrogea un crédul Sacha.
Oui, 325 jours précisément,
325 longues journées après que Rosa ait refusé de céder sa place.
Les Noirs de Montgomery prirent à nouveau ses bus.
Hommes, femmes, enfants, ils pouvaient désormais s'assoir
où bon leur semblait.
Ils avaient gagné.
Et c'est à partir de ce moment-là
que la ségrégation a commencé à disparaître, progressivement de ce pays.
Toutes les lois injustes ont été supprimées, une à une.
« Mais papa, tu pleurs ? »
demanda inquiète l'enfant à son père.
L'homme était en effet parvenu à retenir toutes ses larmes, sauf une.
Il essuie à son visage, tu reverses de la main.
« C'est juste que je me demande parfois
si nous ne sommes pas tous un peu comme les passagers
qui ont vu Rosa se faire arrêter
et qui eux n'ont pas protesté pour la soutenir.
Aujourd'hui, nous voyons que des enfants meurent de faim,
que des quartiers entiers sont ravagés par la violence,
que notre planète est en danger à cause de notre mode de vie.
Et nous nous disons, c'est malheureux,
mais nous ne sommes pas vraiment responsables.
Il n'y a rien que nous puissions faire pour que les choses changent.
« Il vaut mieux penser à Rosa Parcs alors ? »
reprit la jeune fille.
« Tu as parfaitement raison, Sacha.
Pensons à Rosa.
À travers son geste inoubliable,
elle nous rappelle que nous pouvons
et que nous devons tous faire quelque chose
pour que les choses changent
et pour que le monde aille mieux.
Bonne nuit mon amour.
Chichota, comme n'importe quel père le président des États-Unis.
Et il embrasse attendrement son enfant.
Bonne nuit papa.
Après quelques secondes,
l'enfant ferme à les yeux.
Son père l'entendait respirer
de plus en plus profondément.
La petite Sacha Obama
s'était endormie en songeant à ce visage révolté,
à ce visage courageux,
à ce visage de femme,
le visage de Rosa Parcs.
Voilà, c'était le dernier épisode
de la série de Rosa Parcs,
histoire écrite spécialement
par l'historien Abdel Akimrezgi
pour encore une histoire.
Si vous avez aimé, n'hésitez pas
à en parler évidemment autour de vous
et surtout à vous mettre et à vos enseignants.
Encore une histoire
est un podcast produit par Benjamin Muller,
raconté par Céline Calman
et réalisé par Alexandre Ferréra.

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