Les Cholitas : 5 aventurières boliviennes à l'assaut du plus haut sommet d'Amérique !

Durée: 15m59s

Date de sortie: 19/04/2023

durée : 00:15:59 - Les Odyssées - En 2019, Jaime Murciego, réalisateur, et Miguel Garcia, preneur de son, s’apprêtent à vivre une aventure incroyable. Ils vont suivre et filmer cinq femmes qui se sont lancées un pari fou : gravir l’Aconcagua, la plus haute montage de toute l’Amérique !

Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli.
Pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Nous sommes en 2019.
Il est 7h45.
L'avion de Raimey vient de se poser à l'aéroport de La Paz en Bolivie.
Après 13h et 35 minutes passées dans les airs, le pauvre n'est plus très frais.
Raimey, si tu voyais ta tête.
Oui, bon, Mikuel peut se moquer.
Il ne sait visiblement pas regarder dans un miroir.
Qu'importe !
Aucun des deux n'a traversé l'Atlantique pour crâner façon gravure de mode.
Raimey est réalisateur et Mikuel, preneur de son,
un, deux, test micro, tu m'en faisais...
accompagné par leur équipe, ils arrivent tout droit d'Espagne pour filmer 5 femmes boliviennes
qui se sont lancées un défi incroyable.
Sans vraiment de matériel, ils sentent du tout être des alpinistes professionnels.
Elena, Lita, Lydia, Dora et Cecilia vont tenter de gravir la concagua,
la plus haute montagne de toute l'Amérique.
Raimey et Mikuel sautent dans un taxi.
Hola, señor es que tal, bienvenido a la Paz.
Les vitres baissés, ils regardent au loin les hausses homaisonégées.
Bon Dieu, est-ce que c'est beau.
Vous êtes sur l'altiplano ?
Rebondis le chauffeur de taxi.
C'est le haut plateau de la Cordillère des Andres, 4000 mètres de la mer.
Une demi-heure plus tard, ils arrivent dans la ville, D'Ala-Al-Tlo.
Raimey et Mikuel remontent une grande rue, ils tournent à droite puis à gauche,
ils ouvrent un portail et au fond d'une cour, elles sont là.
La tête haute, les yeux brillant.
Elena, Lita, Lydia, Dora et Cecilia.
Toutes ont les cheveux traissés, elles portent des chapeaux melons et de grandes jupes colorées.
C'est le costume traditionnel des Cholitas.
Ça va ? Vous êtes tout pâle.
Demande Dora en s'avançant.
Ça doit être l'altitude.
Tenez, buvez un verre de pisco.
Et maintenant s'il vous plaît, écoutez-moi.
Raimey sort sa caméra, Mikuel installe sa perche pour la prise de son.
Le film commence.
Nous, les Cholitas appartenons aux peuples aimara.
Nos ancêtres étaient les premiers habitants de la Bolivie.
Pourtant depuis des siècles, on est exclu de la société.
Alors on a décidé de faire quelque chose pour nous libérer.
Je suis cuisinière.
Cecilia est femme de ménage.
Lita est prof.
Lydia et Elena sont femmes au foyer.
Ensemble, on va gravir les 6 960 mètres de Lacancagua.
Vétu de nos costumes traditionnels.
Nous sommes fiers d'être des Cholitas.
Bon allez, à demain.
Demain, c'est là que tout commence.
Deux rapesses sont sacs.
20 kilos.
Bon, c'est un peu lourd, mais au moins à la taux.
Des puls, des gants, un casque, de la crème solaire,
un thermos et une assiette en plastique.
Si tes orteils deviennent violets, c'est grave.
Et s'ils commencent à noircir, c'est trop tard.
Il faudra les couper.
C'est son mari. Il est guide. Il en connaît un rayon sur la montagne.
A cette altitude, le cerveau peut dérailler.
Mais ne t'inquiète pas.
Tout cela, ça n'arrive qu'aux touristes.
Surtout, n'oublie pas, croire en toi et tu iras jusqu'au sommet.
Croire en elle, croire en elle, il est mignon,
mais après tout ce qu'il vient de lui dire, c'est pas facile.
L'ascension va durer 20 jours.
C'est long. Tellement de choses peuvent se passer.
Comment os-je sonner là-haut ?
Est-ce qu'elles vont réussir à rentrer en un seul morceau ?
Lacancagua est redoutée de tous les grimpeurs.
Certains sentiers, extrêmement étroits,
sont jonchés d'énormes rocs qui peuvent se détacher à n'importe quel moment.
C'est tu glisses. C'est tu tombes.
Bon, euh...
Ce n'est plus le moment de se poser ce genre de questions.
Dora et son mari retrouvent le groupe.
Les familles, fiers et inquiètes,
sont venues d'y revoir aux aventuriers.
On s'embrasse, on pleut, on se sert dans les bras.
L'Ita et Lydia échangent un regard complice.
La nuit dernière, elles ont consulté un devin.
Dans le gris vert des longs feuilles de coca, ils alluent leur avenir.
Il y aura des difficultés, c'est certain, mais saïra, elles reviendront.
Enfin, euh... Si la déesse de la terre, la pacha mama, accepte de les protéger.
Ça y est.
Tout le monde est installé dans le mini bus.
Les portes se refairent.
C'est parti !
Direction le Centre S' de l'Argentine,
où s'élève le mot « Aconcagua »,
le Colors de l'Amérique.
Vous savez, vous êtes la voix des femmes du peuple.
Leur glisse leur chauffeur.
Vous les représentez toutes ?
A l'aéroport, les Cholitas attirent tous les regards.
A six côtes à côtes, elles forment en péculant arc ancien.
Bleu, rose, vert et doré.
Avant de décoller, elles font une petite prière.
On ne sait jamais.
Quelques heures plus tard,
un bus s'est déposé dans le parc national de l'Aconcagua.
La montagne, grise et rose,
immense et recouverte de neige,
se tient là, devant elle.
Les Cholitas rencontrent leur guide,
Nico et Paula.
Personne n'est certain d'arriver au sommet.
L'Aconcagua nous accueillera un bras ouvert
si nous sommes respectuants vers lui.
Il faut le gravir avec beaucoup d'amour.
Le lendemain, la sanction commence.
Les Cholitas avancent, leur balluchant sur le dos,
entre les roches et les cailloux.
Chacun de leur part remue la poussière.
Ici, là, de petites mousses t'achèter de veille la terre brune.
En fin de journée,
tandis que de petits flocons commencent à tomber,
le groupe arrive au premier campement.
Bravo, les Cholitas !
Malgré le froid, le vent et leur grande jupe,
elles se sont débrouillées comme des chefs.
La montagne est avec nous.
Remarque Dora.
Puis, elle ajoute...
A chaque étape, nous offrions des feuilles de coca à la chachila,
la montagne et à la pachamama,
la terre, pour leur demander la permission de continuer.
Après une bonne nuit de sommeil,
le groupe se remet en route.
Ah, ça grand pas !
Ah, les Cholitas traversent une petite rivière,
puis une vallée !
4100 mètres !
Ouh ! Ça commence à faire haut !
Heureusement, le mora est beau.
L'énergie est là, les Cholitas sont la banane, jusqu'aux oreilles !
Mais... Oh, oh...
Qu'est-ce qui se passe ?
Le vent souffle ?
Le ciel se couvre ?
Oh non !
Purée ? Une tempête de neige ?
Tout à coup, le paysage change.
Un rideau blanc vient de tomber sur la tête.
Maintenant, il faut résister et continuer à avancer.
En pas devant l'autre, Elena, Lita, Ligia, Dora et Cecilia servent les dents.
Elles le savaient que ce serait difficile.
D'ailleurs, elles sont venues pour ça, se dépasser.
Enfin, au loin et là-bas,
elles aperçoivent une maison entourée de tentes tout rondes, comme des igloos.
C'est le prochain campement.
Les Cholitas sont accueillies par des appaudissements, des URA !
Ma parole ! Mais c'est vrai qu'elles sont impressionnantes !
Le soir, en coupant des carottes pour le dîner, elles discutent avec Paula, leur guide.
C'est la première fois que je suis loin et j'adore !
A la maison, je dois cuisiner, faire le ménage.
Mon mari me dit, fais ceci, fais cela.
Mais ici, je peux dire ce que je désire.
Je me sens libre.
J'ai l'impression d'être une reine.
Paula bouleversée se met à pleurer.
Le lendemain, le boton est revenu.
Les Cholitas, plus vaillantes que jamais, organisent un match de foot en diable.
Elles s'y connaissent en petit pont en drible et en reprise de volée.
Hey, Lydia, à toi !
Le sommet est tout proche.
Avant de repartir, on fait un point météo.
Oui !
Là-haut, le vent souffle à 95 kmh. C'est extrêmement dangereux.
Pas plus tard qu'hier, les secours ont sauvé de justesse une alpiniste japonaise qui avait décidé de braver le mauvais temps.
Ces mains avaient congelé.
Pas le choix. Il faut repousser l'ascension finale.
Les Cholitas sont déçus, mais enfin, elles comprennent.
C'est la congagua qui décide.
Parfois, il faut savoir attendre. On est une équipe. On se sert les coudes, on est ensemble.
Alors, pour fêter ça, le soir, on sort quelques guitars, on danse, on fait l'affaire.
Dans le tumulte, Elena s'isole pour passer un coup de téléphone.
Joyeux anniversaire.
Son dernier fils vient d'avoir six ans.
On va y arriver. Tu vas voir.
Au moment de raccrocher, des larmes coulent sur ses jaunes.
Et puis, le lendemain, le vent tombe.
Ça y est ! L'alcongagua est prête à les accueillir.
Les Cholitas se mettent en route. La pente est très raide.
Dans le silence, les croquants de leurs chaussures s'enfoncent dans la glace.
Lentement, Vaikevaille, elles avancent.
Allez les Cholitas, allez !
Bientôt, la nuit va tomber. On installe les tentes, on digne, puis on se couche.
Elles sont arrivées à 6000 mètres d'altitude. Elles ont tout enduré.
Une tempête, le vent, le vent, la neige, le sommet est là, tout proche, près de 1000 mètres plus haut.
Elles devraient l'atteindre demain. C'est la dernière ni une droite.
Lorsqu'elles lèvent le camp, les étoiles brillent encore dans le ciel noir.
Entre le jour et la nuit, la montagne est tant aux grises, tant aux bleus.
Le groupe avance. Lentiment.
Soudain, Lydia et Doras arrêtent. Elles n'en peuvent plus. C'est trop dur.
Alors, les larmes aux yeux, elles laissent le groupe continuer sans elles.
C'est sacrément courageux. Parfois, accepter de s'arrêter est bien plus difficile que de continuer.
J'ai vu des choses magnifiques, que je n'aurais jamais cru voir.
Je m'arrête, mais ça n'est pas un échec. L'échec s'est donné pas à essayer.
J'attendrai d'autres sommets.
Tandis qu'elles redescendent, accompagnées par l'un des guides, le reste du groupe continue à grimper.
Mais Cecilia, tout à coup, ressent des douleurs dans la poitrine.
Que fait-elle ? Doit-elle, elle aussi s'arrêter ?
Oh pétard, oui, il est plus sage de redescendre.
Elena et Lita serrent Cecilia dans leurs bras. Puis, elles reprennent la marche.
Pour Dora, pour Lydia, pour Cecilia, pour toutes les Tcholitas de Polyvie.
Mission accomplie !
Quelques heures plus tard, elles arrivent au sommet.
Le jour s'est levé, Elena et Lita pleurent en 70 juin !
On y est arrivé, yoko !
Aujourd'hui, les Tcholitas sont touchés le ciel !
Merci la terre, merci la montagne, merci de nous avoir accueillis.
Permettez à d'autres femmes de venir jusqu'à vous.
Quelles femmes extraordinaires, quelles forces, quelle endurance !
En parlant d'endurance, Raime, Méguel et leur équipe en ont eu eux aussi pour arriver au sommet.
Grâce à leur film, le monde connaît l'aventure des Tcholitas.
Leur documentaire est la seule source qui raconte leur aventure, ce qui rend leur travail très important.
Pour être un jour, toi aussi, tu découvriras une histoire fantastique que tu brûleras d'envie de faire connaître aux autres.
A ce moment-là, fonce ! Il n'y a rien de plus merveilleux que de partager de belles histoires.
En écrivant cette odyssée, j'ai eu la chance d'échanger avec Raime, le réalisateur du film, et voici ce qu'il m'a dit.
Les Tcholitas m'ont énormément appris. Le respect de la Terre, la liberté et surtout le courage.
J'admire profondément chacune d'entre elles.
Ce que je trouve fascinant dans leur histoire, ce n'est pas qu'elles aient atteint le sommet, on s'en fiche du sommet.
C'est le courage d'avoir quitté leur famille, d'avoir pris l'avion pour la première fois de leur vie, afin de tenter l'impossible.
Et notre Tcholitas ne se sont pas arrêtés là. Elles ont continué à escalader le sommet et seraient prêtes par éthiles à prendre d'assaut l'évrestre la plus haute montagne du monde.
Et il n'y a pas de temps encore, les Tcholitas se voyaient refuser l'entrée de certains lieux ou même des universités.
Aujourd'hui, c'est le nom de femme fière et sacrément intrépide qui, tout aussi bien que les hommes, partent à la somme de tous les sommets de la Terre.
Derrière cet épisode, il y a Juliette Proutho, Marion Lelé, Benjamin Augeret et moi, leurs grands besançants.
Les jupes traditionnelles que porte la Tcholitas s'appellent des Poyeras. En réalité, il ne s'agit pas d'une jupes mais de plusieurs.
Les Tcholitas superposent plusieurs jupons, les uns sur les autres.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.

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