Vous vous êtes déjà demandé pourquoi, alors qu'on vit à Paris, dans la ville la plus
branchée du monde, on se retrouve toujours dans les mêmes endroits, dans les mêmes
restos, les mêmes bars.
Boring ! Sérieux les gens !
Aujourd'hui, je pousse un coup de gueule sur ce réel sujet de société et je vous annonce
que grâce à ce podcast, c'est terminé.
Je m'appelle Juliette et je vous révèle dans ce podcast les meilleurs plans de la
capitale, mes pépites.
Attention, sélection 100% indépendante réalisée sans partenariat.
Pour mon premier épisode, j'ai l'honneur d'être invité par Oscar dans son restaurant
graton Enco situé dans le marais.
Si vous êtes adeptes de bonne cuisine du terroir, c'est ici que ça se passe.
Trois de définir l'interview pour goûter tout ça, je dois vous avouer.
Mais je ne sais pas que l'interview pour ça.
Salut Oscar, ça va ?
Ça va et toi ?
Tu ne sais pas besoin d'attendre la feuine de l'interview pour que je te fasse goûter
mon jambon de baïone ?
Non mais attends Oscar, tu me prends pour qui là ?
Tu as cru que c'était un plan drag ?
Non parce que c'est une interview très très sérieuse.
Et je trouve ça ultra dévalorisant de tout.
Ah ! Tu parlais du jambon dans l'assiette là ?
Sous le torchon là.
C'est pas sorti comme je l'aurais voulu.
Ouais ouais, enfin je veux bien goûter alors.
Et surtout, merci de nous recevoir ma communauté et moi.
T'es prêt à nous parler d'histoire de ton resto ?
Ça sent vraiment super bon.
Yes, avec plaisir.
Il y a à peu près deux ans, avant d'ouvrir ce resto,
je pensais vraiment qu'il manquait quelque chose à ma vie parisienne.
Venant du Sud-Ouest, j'avais un peu de mal à m'y faire.
Il me manquait une sorte de réconfort, un coco, un endroit chaleureux.
Et je me suis dit, en vrai, je ne suis pas le seul sudiste à qui ça doit rier.
Je ne dois pas être le seul à en avoir marre de ces nouvelles cuisines
dans lesquelles il n'y a absolument rien à l'assiette.
Je veux dire, à quoi ça sert d'aller au resto,
s'il y a de sortant, on a envie de se taper un kebab.
A rien.
Et ouais.
Alors je me suis rendu compte que ce qui allait faire la différence,
c'est une vraie cuisine familiale et authentique.
Ça me semblait évident qu'il fallait que J'aut Nord,
mes origines, en reproduisant la cuisine de ma ménine.
De ta quoi ?
Pardon, de ma grand-mère, c'est de l'oxytone.
Oui, ben ouais, je vois, tu avais besoin de cette Madeleine de Proust.
Non, moi je suis plutôt chocolatine,
parce que la Madeleine, c'est un peu sec.
Non mais, je veux dire, ça te rappelle ton enfant.
Ah, oui, exactement, exactement.
Donc, je me lance et je joue au restaurant Raton Zenko,
un restaurant de spécificité du Sud-Ouest,
où on mange comme chez ma ménine
des vrais plats qui ne nous laissent pas sur notre fer.
Ouais, je suis sûr qu'elle aurait été très fière de toi.
D'ailleurs, tu viens d'où exactement ?
D'albi, une petite ville à côté de Toulouse.
Enfin, c'est mes parents qui viennent de la Beurre,
c'est moi, je suis plutôt né dans le XIe.
Enfin, maintenant, j'habite dans le XVe.
Dans le XVe, pardon.
Ah, ben ouais.
Ouais, faut pas se dépayser, c'est logique, en fin de compte.
C'est le Sud-Ouest, en quelque sorte.
Alors, ce resto, à part la bonne cuisine familiale,
mon radarapé Pit me dit qu'il a une autre spécificité.
Et ouais, tu t'es bien renseigné, dans mon restaurant,
c'est une calorie égale à 1€.
Cool. Donc, j'imagine qu'il te faut compter en moyenne 1 500€ pour un plat.
Et non, plutôt 3 000.
Ah, quand même !
Et comment t'es venue l'idée de ce concept ?
Je sais, moi, je suis quelqu'un de très engagé.
Je me suis dit que ce resto, ça doit être plus qu'une affaire.
Ça doit être une heure qui dénonce la société de consommation.
Ouais, j'ai pas peur.
Mes prix sont dissuasifs, donc mes clients consomment moins mes murs.
Ce n'est pas ma pire, à l'édifice social, si je puis dire.
Et ça doit être le resto le plus rentable de la capitale.
Et t'imagines si tu gagnes une étole au guide Michelin en plus de ça ?
Ah, tu sais les récompenses, l'argent, c'est pas mon but, c'est vain, tout ça.
Si je peux rendre une personne plus walk sur les problèmes sociétaux actuels,
j'aurais tout gagné.
C'est réellement ça mon objectif.
Je fais ça de manière très désintéressée.
D'ailleurs, je reverse une part des bénéfices
à une association de défense de l'Occitane.
Ensuite, c'est vrai que j'ai déjà reçu quelques inspecteurs du guide
et j'espère avoir des retours très positifs.
Wow, ça ferait vraiment plaisir de voir un tel engagement sensé par la critique.
Et donc, tu proposes quoi dans ton menu ?
Que du classique, que du vintage, que de l'authentique.
Par exemple, conflit de canards à la salardesse,
sweet potatoes, foie gras de canard au cal,
salade périgourdine et d'amamé-based.
Je fais un petit mix and match, tu vois.
Tout ça, bien sûr, avec des produits du terroir ultra-cali.
Hum, hum, ok.
Chaud devant.
Mais c'est quoi ce truc énorme qui vient de passer là ?
Ah, ça, c'est le plat signature, c'est le coussoulet.
Le coussoulet ?
Oui, c'est un plat fusion,
un mix entre le couscous et le cassoulet.
En plus, de dénoncer la société de consommation,
ils montrent mon soutien à la communauté maghribine issue de l'immigration.
Je sais que certains vont crier à l'approximation culturelle,
ça peut être touchi, mais moi, c'est vraiment un hommage.
Tu vois, j'ai pas peur.
Moi, je m'engage.
Wow !
Non mais c'est ouf, tous ces combats.
Mais du coup, ce plat, il doit chiffrer.
Ah, c'est un plat signature, il faut compter 10 000 euros.
Mais bon, c'est pour la bonne cause.
Ouais, bah ouais, ça vaut totalement le coup.
Et tu sais quoi ?
C'est trop marrant de voir ça,
parce que ça m'a donné l'idée d'un plat fusion.
Ah ouais, c'est quoi ?
La carbonara flamande.
Je t'écoute, je suis que moi le concept.
Alors, ce serait un mix entre la carbonata flamande,
tu sais, cette espèce de ragout du Nord, là, et la carbonara.
Et maintenant que tu me parles de la signification de ton plat,
je me dis qu'il a aussi vocation à montrer un truc.
Et si, c'était le plat qui unissait le Nord et le Sud,
qui mettait fin à cette rivalité ?
Bien le Nord et le Sud.
Ouais, pourquoi pas.
Mais au moins, tu sais, je suis mal placé pour en parler.
En bon sudiste, je charlais nordiste.
C'est un combat qui te tient à coeur.
T'as des origines italiennes ?
Non, non, non.
Non mais je le crois pas.
Je me dis pas que tu es du Nord.
Mais non, je suis pas du Nord.
Je suis parisienne, pure produit parisien, moi.
Je suis né à Paris, j'ai vécu à Paris,
j'ai jamais quitté Paris.
D'accord, et quel arrondissement ?
Le 17e.
C'est ce que je disais.
T'es du Nord.
Tu sais, pour moi, au-dessus de la scène, c'est le Nord.
Alors je tiens à préciser à tous mes auditeurs
qu'on parle bien du Nord de Paris.
Et pas du département.
Je suis une vraie parisienne, pure souche.
Mais bon, revenons à nos moutons, ou du moins à ton menu.
Oui, ouais, c'est mieux.
Je propose aussi des plats beaucoup plus abordables
pour que chacun puisse soutenir la cause à son échelle.
Ah ouais ? T'as des exemples ?
Par exemple, on a la formule VEGIR,
qui est un moduleble avec un chouavari de toppings,
permettant de s'adapter à tous les budgets de 50 à 500 euros.
Wow, t'as vraiment pensé à tout, encore une fois, bravo.
Merci, c'est important pour moi d'intégrer tout le monde
dans cette lutte des classes.
On passe en cuisine, je te fais goûter mon bouddé en châtaigne.
Par contre, c'est non-lave, c'est pas possible,
il va falloir arrêter.
Putain, désolé.
Nous voici dans la cuisine de Gratin & Co,
toujours en compagnie d'Oscar le Gérant.
Trop hâte de la dégustation,
je sens que ça va être ma partie préférée de cette interview.
D'ailleurs, Oscar,
j'observe un peu tes clients depuis tout à l'heure,
et je suis étonnée parce que certains ne mangent pas.
Et ouais, c'est normal, chaque plat est une œuvre d'art.
Imagine-toi, chaque fois que tu commandes quelque chose dans ce restaurant,
c'est comme si tu commandais un tableau du Louvre.
Ah ouais.
Tu prendrais le temps d'observer, de le savourer du regard, pas vrai ?
Ouais, c'est pas faux.
C'est aussi ça, les faits gratos.
Ça me permet de dénoncer l'hubérisation de la société.
Aujourd'hui, on le veut tout tout de suite.
Il faut qu'on reprenne le temps de vivre.
J'essaie de créer un contexte de slow life dans ce restaurant.
Ouais, puis j'imagine qu'on veut prendre son temps avec un plat à 3 000 euros entre les mains.
Mais du coup, ça va pas être froid au bout d'un moment ?
Hé hé hé, j'ai tout prévu, Juliette.
On réchauffe évidemment les plats.
Ah !
Pour seulement 30 euros.
Ah !
Et oui, c'est pour faire prendre conscience à mes clients de la volatilité de la vie.
Savoir saisir l'instant présent,
manger le plat pendant qu'il est chaud,
déclarer sa flamme pendant qu'elle brûle.
Carpédiem, Juliette !
C'est marrant parce qu'il y a une odeur en cuisine qui me rappelle mon enfance,
alors que j'ai jamais mis un pied dans le Sud-Ouest.
Ah bon ?
Bah ouais.
Je dois dire que c'est très très fort, franchement.
T'as réussi ton pari là.
Hé Oscar, je l'ai mis où les Williams So-Rain ?
Quoi ?
Euh, Williams So-Rain.
C'est notre formule une soeur de Jackfruits de New Zealand.
C'est bon, t'as tout ce qu'il te faut là.
C'est bon, t'en portes ma tos là, Juliette ?
Ouais, mais la dégustation ?
Ouais, une autre fois, ça te dérange pas.
Je crois que j'ai reconnu une critique gastronomique là-bas.
Merci en tout cas.
C'était super sympa d'être passé.
Merci beaucoup.
À la prochaine, ciao !
Bisous, bisous, bisous.
Ouais, mais...
Alors mes Pépiteurs, est-ce que cet épisode vous a plu ?
Moi, j'ai beaucoup aimé échanger avec Oscar,
c'est un mec un peu mal à droit,
mais ça le rend très drôle et touchant.
J'admire vraiment son engagement
et il faut vraiment du courage pour faire ce qu'il fait.
J'ai été vraiment surprise de cet odeur qui me rappelle mon enfance.
Pourtant, j'ai du mal à mettre les mots dessus, c'est assez flou.
Bon, je dois quand même vous avouer
que j'ai eu un petit doute en voyant les boîtes de conserve Williams So-Rain.
Enfin, Williams So-Rain.
Williams So-Rain.
Je voudrais penser que le Jackfruits était frais et pas en boîte de conserve.
Mais bon, peut-être que j'en demande trop,
ça vient de Nouvelle-Zélande, ça fait du chemin en même temps.
D'ailleurs, quand j'y pense,
c'est peut-être le truc le moins écolo de toute sa cuisine.
Mais bon, encore une fois,
je suis mal placée pour parler,
il se bat déjà énormément contre les inégalités sociales,
je ne fais même pas à la moitié de ce qu'il fait.
Depuis, on a continué à échanger
et peut-être qu'on ira faire un tour ensemble
dans son incubateur de plaisir du Sud-Ouest.
Toujours aussi chelou, cette formule-là.
Allez, affaire à suivre.
C'est donc la fin de cette émission.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine
pour une nouvelle Pépite parisienne.
Si vous avez aimé,
n'hésitez pas à liker et mettre 5 étoiles,
me laisser un petit commentaire.
Allez, bisous mes Pépiteurs !