La toile sur écoute !
Salut les arnaqueurs, c'est Penélope et oui, Penélope c'est mon vrai prénom ! Génial hein ! Dans
cet épisode de l'arnaque, je vais vous raconter comment la cigarette m'a sauvé de la cigarette.
Sans vous spoiler, je peux vous dire qu'à la fin, je ne suis pas morte.
En vrai je suis comme tout le monde hein, parisienne 34 ans et pour faire genre un jour,
j'ai tiré sur une cigarette, la cigarette d'une copine, puis sur la mienne, puis sur un paquet,
puis sur deux, pour finir à trois paquets par jour. Quand on y réfléchit trois paquets par
jour, c'est pas tant que ça en fait hein, ça fait quoi ? Trois fois vingt, soixante cigarettes,
il y a vingt-quatre heures dans une journée, ça fait trois cigarettes par heure quoi, ça va ! Mais bon,
c'est vrai qu'à trois paquets par jour, je me sentais mal, hyper mal, mal d'être dépendante,
obsédée par ça, je me levais à 7h30 du matin fumant ma clope que j'alternais avec ma bouchée
de musli et le premier truc auquel je pensais c'était cancer du poumon, cancer du poumon,
cancer du poumon. Jusqu'au soir de la semaine dernière, je venais de fumer un demi-paquet en
buvant deux cocasséros en terrasse, je prends un taxi pour aller à un diner et là, je commence à avoir
des bouffées de chaleur, une envie de vomir, d'aller aux toilettes, je suis obligée de lever
mes jambes sur le dossier du chauffeur pour que le sort descend, je suis même obligée de lui parler
pour que ça me maintienne éveillé, l'enfer, je suis clairement à deux doigts de faire un malaise,
mais je le fais pas, du coup ça dure, ça dure, ça dure et j'arrive enfin au restaurant,
alors pas fraîchin, mais toujours consciente. Et puis on passe à table et là, on se récruit dans
la film des mires custo-ricas, je commence à voir ma fourchette qui se lève et qui se déplace dans
l'air, se maintient en l'évitation devant moi, ma voisine, elle, me parle dans une langue que je
connais pas et le mec en face de moi qui me regarde, a des suissettes qui roulent à la place des yeux,
j'ai tellement l'impression d'être dans une mauvaise scène d'American Pie que je m'attends
même à voir surgir une bite dans ma purée. Et là, je commence à perdre la boule parce que je
me mets à parler d'une petite voix toute douce à mes organes. Alors mon coeur, ralentis, regarde,
regarde, y'a un dodan, voilà. Dodan, dodan, c'est comme vous les poumons, laissez-moi respirer,
bordel, allez, faites comme Jean-Marc Barre, passez-moi votre tuba et votre bouteille d'oxygène,
voilà, voilà. Enfin, l'enfer, jusqu'au moment où je réalise que je suis en train de parler
à haut de voie à mon poumon et là je prends mon sac, mon manteau, chœur du ristour à fond
la caisse et je fonce aux urgences. La salle des urgences bien sûr, pleine à craquer,
en même temps on est vendredi à 22h, je fonce à l'accueil et je pleure devant le mec pendant
que je lui donne mon nom, mon prénom, ma date de naissance, mon lieu de naissance. Et puis j'ai le
roi bien sûr, cette petite phrase qu'on adore, surtout quand on est en train de crever. Installez-vous
mademoiselle, on va venir vous chercher, putain. Mais bon, je dois avouer que là, 20 secondes plus tard,
j'entends, mademoiselle pénélope. Là, infirmière, moi je peux plus respirer, j'ai des soeurs froides,
elle prenne ma tension, elle me dise très solennellement, mademoiselle, on va vous faire un
électrocardiogramme. Un électrocardiogramme, non mais vous êtes malade, faut pas déconner,
vous allez pas me mettre les deux petits fer à repasser sur les pectoraux là. Non mais je
me suis pas noyée bordel, j'ai pas besoin d'être animée, putain, j'ai besoin que vous arrêtiez
cette crise cardiaque. Là, elle se regarde, elle explose de rire et elle dise, mademoiselle,
allongez-vous pour qu'on puisse vous faire cet électrocardiogramme qui n'est pas le défibrillateur
dont vous parlez. Putain, bon finalement, mon coeur va bien, j'attends le médecin pour qu'il m'examine,
quatre heures, il arrive, me demande comment ça va, il me dit bonjour mademoiselle, vous avez fait
une grosse crise d'angoisse. Une crise d'angoisse ? Non mais docteur, c'est bon allez-y, j'ai plus douze
d'en, dites-moi vraiment ce que j'ai. Vous avez fait une crise d'angoisse ? Vous êtes sérieux là,
tout ça pour une simple crise d'angoisse ? Non mais vous êtes sûr qu'il y a rien d'autre ? Mais je peux
désavent pas dire que je suis allée aux urgences pour une crise d'angoisse, on va me rironer là. Je vous
jure, j'étais vraiment en train de mourir du cerveau, je faisais pas mon cinéma, j'ai vu un long couloir
blanc avec une lumière rouge au-dessus et une femme en chemise de nuit blanche qui m'attendait au
bout et qui me tendait la... Oui, oui, oui, oui, oui. L'accès de cigarettes mélangés avec votre
morir dans un cancer a déclenché chez vous une crise d'angoisse. Et du coup, oh bah du coup rien,
vous pouvez rentrer chez vous. Putain bah je rentre chez moi, je suis vénère.
Crise d'angoisse. Non mais attends, mais 4 heures aux urgences pour une crise d'angoisse. Non mais
ce mot là en fait ça minimise complètement l'inférieur que j'ai vécu, cette sensation de voir
mon corps partir pour toujours, cette impression de devenir folle. Du coup j'ai décidé de
rebaptiser la crise d'angoisse en anguassonomie. Je trouve que ça pose bien plus les gens à vous
prendre au sérieux, à pas vous prendre pour une petite nature et à considérer ces moments
qui peuvent arriver et qui ne sont pas du tout à prendre à la légère. Crise d'angoisse.
Et d'ailleurs c'était tellement violent que depuis, sans même m'en rendre compte,
j'ai plus du tout envie de fumer et j'ai arrêté sans difficulté. Ah bah les belles larnak,
si on m'avait dit qu'il fallait que je fereaux la mort pour que j'ai pu s'arrêter de fumer
facilement, je me serai acheté d'un pomme bien plutôt. Non mais sérieusement, si j'ai quand
même un très mauvais conseil à vous donner, faites de l'angoissonomie, c'est finalement salvateur.
Et si vous voulez savoir pourquoi il vaut mieux ne pas savoir s'iffler, écoutez l'épisode numéro 9.
La toile sur écoute.