La toile sur écoute !
Cet épisode a réservé à ceux qui ont déjà écouté les 5 premières saisons.
Donc si vous êtes nouveau, allez d'abord écouter la saison 1.
Vous faites comment quand vous regardez une série ?
Bon bah là c'est pareil.
Non mais je te jure...
Salut les arnaqueurs, c'est Péné !
Et quand vous m'écoutez depuis le tout début, vous pouvez même m'appeler Pénouche.
Pénouche, bœuf, c'est stylé, non ?
Dans ce premier épisode de la saison 6 de l'arnaque, sur le thème des premières fois,
je vais vous raconter la première fois que j'ai fumé une cigarette.
Sans vous spoiler, je peux vous dire qu'à la fin, il vaut mieux parler que fumer.
En vrai, je suis comme tout le monde, hein.
Parisienne, 35 ans, fumeuse.
Enfin, ex-fumeuse, qui a arrêté à cause d'une crise d'angoisse et qui a repris.
Donc futur ex-fumeuse quoi.
Enfin bref, je fume.
Je suis pas une de ces fumeuses qui a commencé à 15 ans en cachant ces paquets de cigarettes à ses parents
et ont sa sphergeant de mises d'y hors chérie avant d'entrer à la maison.
Non, j'ai commencé à fumer à 25 ans.
J'ai passé tout mon lycée à me léger dans la cour de récréation
parce que je voulais pas avoir l'air d'une ringarde exclue parce que je fumais pas.
Et aujourd'hui, alors que plus personne ne fume, je fume.
Et plus personne ne veut s'asseoir avec Pond en terrasse l'hiver parce qu'il fait trop froid.
Je me retrouve donc à 35 ans, ringarde et exclue.
Et tout ça, c'est à cause du Vietnam.
Pas de la guerre, hein, mais de mon Erasmus.
J'étais toute seule à Saigon pendant un an pour étudier et j'avais trouvé un job en parallèle.
Saigon, vous savez, c'est cette grande ville où personne ne parle français
et où la communauté expat est très soudée et très ouverte, si on est expat.
Mais alors en tant qu'étudiante, j'étais pas du tout là bienvenue.
Donc franchement, j'étais seule.
Je travaillais dans une entreprise créée par un français qui n'était jamais là
mais qui était géré par deux vietnamiennes pure souche
qui ne parlaient pas un mot d'anglais ni de français.
C'était une boîte de palpéroulés, vous savez, les massages hyper forts pour éclater les capitains.
Miam, miam, miam.
Et bien, celles qui ont de la célébite au Vietnam,
c'est évidemment pas les vietnamiennes qui mangent du riz et des nouilles,
mais ce sont les françaises qui s'empiffrent dans les hôtels de luxe
dans lesquels elles se sortent les reines du monde avec leur pouvoir d'achat très élevé.
J'ai donc jamais vraiment compris comment la boutique tournait
avec un personnel qui ne parlait pas anglais
et une clientèle qui ne parlait pas le vietnamien.
Enfin bref, pendant cette mission qui n'aurait duré que trois mois
parce que j'avais marre de passer les journées à dormir sur le desk de l'accueil
en attendant l'expat qui ne parle pas vietnamien,
je déjeunais seul, toujours dans cette même petite cantine au coin de la rue.
Avec mon sens de la orientation quasi nul et mon GPS sans wifi,
j'avais tellement peur de ne pas retrouver le chemin du bureau
que j'allais pas explorer les alentours
et je déjeunais tous les midis dans la même cantine.
Une cantine typique vietnamienne
qui vous sert un plat unique avec du riz, des lises rondos,
un bout de poisson grillé et un thé glacé
le tout sur une table en plastique
et vous êtes assises sur un tabouret rouge.
Et comme je venais tous les midis, à la même heure,
je retrouvais toujours les mêmes têtes.
Étonnamment, il y avait que des hommes, des vietnamiens,
ils me dévisagaient de la tête au pied et rigolaient entre eux.
Alors j'ai essayé de leur tourner le dos une fois
parce que c'était quand même pas très agréable qu'on se fout de ma gueule
mais j'avais vu sur les poubelles
donc j'ai accepté qu'on rigole de moi à tous les déjeuners.
Et au bout de quelques semaines à manger du riz et des lises rondos mal assises
il y a un des vietnamiens dont je ne me souviens plus le prénom
qu'on va appeler Fung
qui essaie d'établir le contact avec moi.
Pas en disant bonjour, pas en m'invitant à déjeuner
ni même en essayant de me parler
mais tout simplement en me tendant son paquet de mal beaux rouges.
Donc je tourne ma main de droite à gauche
4 fois de suite
comme il est d'usage de faire au Vietnam pour dire non
et je me fend d'un petit rang, camon.
Non merci monsieur.
Mais quelques mois de vietnamien lui déclenche à ce moment-là un fourrire
et le voilà qui me parle en vietnamien
comme si j'étais censé être bilingue.
Heureusement, j'avais appris les bases.
M vietnamien
hong hong
hong hong
hong hong
hong hong
hong hong
Et il claude la conversation en me tendant une cigarette
donc je lui dis non merci, hang camon, à nouveau
et il me sourit.
Le lendemain j'ai presque hâte finalement de la déjeuner
parce que ça me fait mon occupation de la journée
je retrouve Fung et ses amis, assez toujours la même table
comme s'ils n'avaient pas bougé de la veille
et il me voit arriver et Fung me tend son paquet de malbore au rouge.
hang hang hang
non non non il me fera pas fumer, c'est mort
surtout que ça me tente pas du tout la cigarette, franchement ça me dégoûte
et on essaie de communiquer avec les quelques nouveaux mots que j'ai appris
exprès le soir dans mon lit pour dialoguer
mais franchement c'est laborieux.
Après dix jours de dialogue de sourd
on finit par déjeuner à la même table
on mange la même chose
on parle de sujet qu'on ne comprend pas ni l'un ni l'autre
et il me tend toujours en début et en fin de repas
son paquet de malbore
et je réalise que finalement ces cigarettes sont à ce moment-là
la seule chose qu'on a en commun
malbore se comprend dans toutes les langues du monde
la cigarette est aussi vautant pour les vietnamien que pour les français
et elle est aussi finalement un peu comme un bon vin
à un moment de partage
alors pour tenter de faire de cet instant un moment
j'accepte une cigarette
il me l'allume, je tousse, je tire dessus deux trois fois
et je l'écrase
et tous les jours c'est le même rituel
ces malboreaux rouges sont hyper fortes, ça me dégoûte toujours autant
mais je suis contente qu'il m'en propose une à la fin du repas
et puis un jour Fung arrive au déjeuner avec sa boss
une vietnamienne qui parle très bien anglais
elle s'insale sur le tabouret rouge en plastique avec sa jupe crayon et cet allons
dévore son poisson grille avec les doigts
termine ses lises rondos en faisant du bruit
et sort son paquet de cigarettes qui ne sont pas des malboreaux rouges
mais des vogues
soit des cigarettes toutes fines et très légères
elle m'en propose une, je l'accepte par correction
je l'allume, je ne tousse pas
franchement elle est dégueulasse
mais je ne l'écrase que quand je l'ai entièrement fumé
un mois plus tard pour les remercier de m'avoir offert des cigarettes
je passe au tabac
j'achète un paquet de malboreaux rouges pour Fung
un paquet de vogue pour sa boss
et un paquet de vogue pour moi
et avec sa cigarette dans la poche
je n'ai plus eu peur de faire le tour du pâté de maison pour explorer une nouvelle cantine
depuis j'ai arrêté pendant 5 ans
et j'ai repris à 6 mois
quand j'ai cherché à me faire des potes en Australie
ah mais c'est fou hein
comme j'aime bien reproduire les mêmes erreurs 2 fois de suite
c'est marrant ça hein
ça me procure un sentiment de
mais non en fait c'est nul
ne vous mettez jamais à fumer, ça ne doit surtout pas être un prétexte pour créer du lien
si vous voulez communiquer
le moins nocif ça reste quand même toujours de parler
et si vous voulez savoir comment s'est passé ma première cuite
écoutez jeudi l'épisode numéro 2
la toile sur écoute