La toile sur écoute.
22 décembre,
ouvre la podcast !
C'est le 22 décembre !
Cette podcast a été sponsorisée par Apple.
Vous savez cette marque dont tout le monde rafole, qui fait des produits blancs,
avec une date de péremption mais qui n'est pas écrite sur l'emballage,
qui vous condamne une fois que vous possédez un de leurs produits de ne passer plus que par eux,
et qui a quand même eu l'audace de s'appeler POM.
Avec pour logo, une POM.
Il y a vraiment eu des créatifs sur ce logo là !
Salut Zernacher, c'est Pépé !
Mais bon, je préfère quand même que vous m'appeliez Pénouche !
Dans cette 22e podcast du calendrier de l'Arnaque,
je vais vous raconter la première fois que j'ai découvert que le père Noël n'existait pas.
Sans vous spoiler, je peux vous dire que ce dont je me souviens surtout,
c'est ces matins de Noël.
En vrai, je suis comme tout le monde,
parisienne, 36 ans et j'ai longtemps cru au père Noël.
Je sais plus vraiment à quel âge j'ai découvert la supercherie,
mais c'était un mois de décembre.
Je suis très pénial, il était de voir tous ces cadeaux sous le sapin.
J'avais envoyé évidemment ma lettre au père Noël,
mais je sais pas pourquoi, j'avais des doutes sur l'existence de ce grand homme.
Quand j'arrivais dans la cuisine, mes parents s'arrêtaient de parler.
Ma grande soeur n'était pas aussi excitée que d'habitude,
à l'idée de découvrir les épuchures de mandarin près de la cheminée.
Parce que oui, Noël chez nous, c'est tout un cérémonial.
On laissait au père Noël un grand verre de lait.
On était d'ailleurs très tristes de ne pas pouvoir lui faire un Esquic chaud,
mais au moins on lui donnait quelque chose pour se réhydrater pendant son marathon des cadeaux.
On lui laissait toujours un panier rempli de mandarin, et c'est tout.
Parce qu'il paraît qu'il n'avait pas le temps de manger.
Je me couche à 20h30 grand maximum et je dormais avec ma grande soeur dans son lit.
Toute la nuit, on se serait fort dans les bras, tellement on avait peur de le surprendre.
En même temps, on en mourrait d'envie de le surprendre.
Mais s'il nous voyait, il risquait de ne pas nous laisser de cadeaux.
On tendait l'oreille pendant au moins une heure,
et dès qu'on entendait un craquement sur le parquet, on faisait
« Oh ! » et puis le bruit disparaissait.
Et bien figurez-vous qu'on ne l'a jamais surpris.
Jamais.
On ne se levait pas pour aller aux toilettes, on ne tentait pas le diable, on était pétrifiés.
Et tous les 25 décembre au matin, ma soeur et moi, on se réveillait à l'aube.
On attendait 6h30 parce que nos parents nous avaient dit
qu'il y avait des risques qu'on soit les derniers sur sa liste
et qu'il passe très tôt le matin.
Et là, on ouvrait la porte de notre chambre.
On marchait tout doucement dans le couloir en direction du salon.
Le couloir était éclairé par les guirlandes de lumière du sapin.
Et quand on arrive dans le salon,
WOOOOOW !
Il y avait une montagne de cadeaux.
Partout, partout, partout.
C'était féerique.
Ça sentait le clou de girofle, le sapin, ça sentait Noël.
Notre premier réflexe, c'était d'aller compter combien de mandarins il avait mangé.
Est-ce qu'il avait bu tout le lait ?
Non.
Il en laissait toujours un peu.
En revanche, on n'a jamais compris pourquoi il y avait toujours des épluchures dans les mandarins
près de la cheminée et surtout jusqu'à la porte d'entrée.
Mes parents disaient que pour entrer, il était obligé de passer par la porte principale
parce qu'avec tous ces cadeaux, ils ne passaient pas la cheminée.
En revanche, ils repartaient toujours par la cheminée.
Bah oui, mais s'ils repartent par la cheminée, pourquoi il les est plus sûrs près de l'entrée ?
C'était une erreur des parents qu'ils ont dû maintenir pendant des années.
Trop content de qu'ils les mangeaient dans le mandarin,
on essayait de chercher quelque chose qu'il aurait pu oublier,
ou un mot qu'il nous aurait laissé.
Mais rien.
Juste des cadeaux.
Plein de cadeaux.
Parfois, certains cadeaux qu'on avait mis sur notre liste n'étaient pas sous le sapin.
Alors on se demandait pourquoi ils en avaient apporté d'autres qu'on n'avait pas demandé.
Et mes parents nous disaient que peut-être, ils n'en avaient plus en stock ou que simplement,
ils pensaient que ceux qu'on n'avait pas demandé nous ferait tout autant voire plus plaisir.
Et c'était le cas.
Bien sûr, la règle à la maison, c'était d'attendre que les parents se réveillent pour pouvoir ouvrir les cadeaux.
Sauf qu'on n'attendait pas qu'ils se réveillent.
À 6h35, on ouvrait grand leur porte de chambre et on sautait sur le lit.
Il est passé, vite vite, venez voir, c'est trop beau !
Ah bon, il est passé ?
Mais oui, il y en a partout !
Et il a mangé des mandarines ?
Oui, deux, moins que l'année dernière.
Papa, t'es sûr que celle que t'as acheté, elles étaient bonnes ?
Ah oui, c'était le top du top.
Mais tu sais, le père Noël, il n'a pas le temps de prendre son temps pour manger, il a du boulot.
Mes parents se levaient, ils arrivaient dans le salon.
Wouah, ohlala !
Mais il est fou le père Noël ! Il est encore plus que l'année dernière !
Ma mère allait chercher les pères de ciseaux pour couper les rubans.
On s'installait par terre et j'étais en charge, parce que j'étais la plus petite,
de distribuer les cadeaux à chacun d'entre nous, en lisant les noms sur les étiquettes.
Le déballage de cadeaux durait environ 2h.
On en ouvrait un, on regardait celui des autres,
on jouait avec un qu'on mettait de côté pour en déballer un autre.
Et on finissait toujours par un
«Merci père Noël ! » en levant la tête vers le ciel.
C'était notre bénédicité à nous.
Alors oui, à 9 ans, un jour de décembre, où je suis sur le lit de mes parents,
j'ai perçu une étiquette de Noël avec écrit « pénélope » dessus.
Maman, c'est quoi cette étiquette ?
Euh, oh, ça doit être une étiquette de l'année dernière, t'occupe.
Mais à quoi ça sert maman de garder les étiquettes d'une année sur l'autre ?
T'en fais quoi ?
Ecoute, j'en sais rien, ma puce. Laisse-moi, j'ai des trucs à faire.
Maman, est-ce que le père Noël existe ?
Mais oui, pourquoi tu demandes ça ?
Maman, tu mens, le père Noël existe pas.
Mais si il existe !
Je file voir ma soeur en courant.
Dodo, le père Noël existe pas !
Bah oui, je sais péné.
Mais c'est horrible !
Mais non, c'est pas grave.
Il y aura quand même des cadeaux ?
Bien sûr qu'il y aura quand même des cadeaux.
Toute ta vie, il y en aura.
Ah bon, d'accord, ça va alors.
Alors oui, on ment aux enfants,
mais moi je crois que ça vaut le coup.
J'ai passé 9 Noël incroyables.
Et c'est aussi peut-être cette désillusion
qui m'a donné envie de faire de chaque moment de cette vie
un vrai moment.
Merci papa, merci maman.
Et merci Dodo.
Je vous aime tellement fort,
parce qu'en vrai, tout ce que je fais en ce moment,
c'est en grande partie grâce à vous.
Ohlala, tu nous fais du pâteau ce pépé là !
A demain pour ouvrir la 23ème podcast de l'arnaque,
et je vais vous lire ma lettre au Père Noël.
La toile sur écoute !