La toile sur écoute.
15 décembre, ouvrez la podcast, c'est le 15 décembre.
Cette podcast a été sponsorisée par mon kioski en bâtiémois.
Alors je connais pas son nom, il est très désagréable, il me dit jamais bonjour
et il me jette les pièces comme ça d'un geste un peu nonchalant.
Donc ce sponsoring est une sorte de tribute tout mon kioskié que je ai,
parce que oui c'est bon de mettre en avant ce qui nous exaspère,
ça nous permet d'exulter notre haine.
Exultons, exultons !
Salut les arnaqueurs c'est Pépé, mais bon je préfère quand même que vous m'aboliez pénouchant.
Dans cette 15ème podcast de l'arnaque, je ne vous parlerai finalement pas de mon kioskié
parce que faut pas non plus exagérer mais je vais plutôt vous parler des fabricants d'attache de robes.
Sans vous spoiler je peux vous dire qu'aujourd'hui je suis remonté.
En vrai je suis comme tout le monde, parisienne, 36 ans, oula ça fait bizarre.
Et je suis assez curieuse de ce qui se passe dans le cerveau de ceux qui ont inventé les fermetures au dos des robes.
Alors il y a d'ailleurs plusieurs fabricants, il y a le fabricant des boutons pression, bon ok,
il y a le fabricant des fermetures éclairs trop courtes, qui est d'ailleurs souvent le même fabricant,
enfin j'imagine, que celui qui fait les fermetures avec boutons plus petit élastique.
Et il faut faire rentrer le bouton dans le petit élastique, vous voyez de quoi je veux parler.
Et bien là je m'insurge, je m'insurge !
Mais avant de m'insurger, pardon, excusez-moi je vais quand même poser une question,
peut-on m'expliquer ce qui se passe dans la tête de ces fabricants quand ils conçoivent ces fermetures ?
Ce dont je suis sûre c'est qu'ils ne pensent pas aux femmes seules.
Certes on sait mettre un fil dans une aiguille, et même s'il a fallu lécher le fil trois fois,
prendre un autre bout du fil, le rouler sous les doigts, peu importe, oui c'est vrai, on sait faire.
Mais vous savez pourquoi ? Parce qu'on a les yeux devant.
Avec la fermeture de boutons qui doit rentrer dans un élastique, nos yeux sont derrière, on n'a pas des yeux dans le dos.
Alors j'aimerais bien que vous m'expliquiez les fabricants là, comment vous pensez qu'on puisse fermer notre robe toute seule, comment ?
Comme ça de façon assez basique, je vous répondrais qu'on ne peut pas.
Mais parce que c'est vrai qu'on ne peut pas acheter des vêtements ébaux et pratiques, hein, on s'adapte.
Alors ce qu'on fait c'est soit finalement on laisse la robe dans un placard,
parce qu'on sait que celle-là on n'arrive pas à la fermer,
ou alors on passe dix minutes à s'énerver contre cette fermeture, les bras en l'air, la culotte visite par nos voisins,
et quand on est enfin arrivé à la fermer, on se dit qu'on aimerait bien reprendre une douche tellement on a transpiré pour la fermer.
Sauf que vous imaginez bien que c'est le serpent qui se rend la queue, à moins que on prenne une douche avec notre robe.
Sauf que derrière il y a tout le travail de sèche-cheveux qui va nous donner aussi chaud voire plus chaud que l'histoire de la fermeture.
Bon, donc à force d'aller à nos rendez-vous pro, à nos rendez-vous galant, transpirante, on prend le pli,
et on développe une certaine dextérité au niveau du cou, du dos et des clavicules, on peine toujours un peu, mais finalement on y arrive toujours.
On y arrive toujours simplement parce que quand on s'est dit qu'on mettraient cette robe pour notre rendez-vous,
on n'envisage pas une seule seconde de faire switcher notre cerveau pour qu'il accepte de changer de tenue.
Non, simplement on croit qu'on va y arriver.
Et je vous dis ça et en même temps ça fait bien autant que je ne me bats plus contre ces fermetures parce que j'ai trouvé la solution.
Alors non, ce n'est pas de mettre un fil au bout de la fermeture pour le tirer au-dessus de sa tête comme les combinaisons de plongée,
parce que ce dont je vous parle là c'est expressément de la fermeture du mini-bouton qu'il faut mettre dans l'élastique.
Un jour où j'avais passé la matinée à me débattre contre cette fermeture à faire couler de la sœur sur ma robe pour la fermer,
j'ai décidé que je me débrouillerais autrement.
Comment je sais pas, mais je baissais les bras et je capitulais.
Je suis donc sorti dans la rue mais j'étais en fait hyper mal sous mon manteau parce que j'ai l'impression d'être à poil.
Là je croise ma gardienne qui sort les poubelles et je lui dis,
« Bonjour Philippa comment allez-vous ? »
« Bah ça va et vous Penélope ? »
« Mais écoutez ça va ça va mais est-ce que vous voulez bien m'aider s'il vous plaît ?
J'arrive pas à fermer ma robe derrière là.
Je suis vraiment désolé de vous demander ça mais franchement je n'y arrive pas.
Mais bien sûr Penélope.
« Oh là là dis donc elle est pas facile cette fermeture hein,
il devrait penser à faire quelque chose de plus adapté.
Ah bah comme vous dites ! »
Et là elle me dit en rigolant,
« Remarquez ça peut vous permettre de rencontrer des beaux garçons si vous leur demandez de vous fermer votre robe.
Comment ça ? Vous me recommandez de demander à un passant dans la rue ?
Bah vous auriez fait comment si vous m'aviez pas croisé ?
Alors j'ai pas osé lui dire que je comptais bien sonner à sa porte de toute façon
et donc je lui dis que je comptais demander à la boulangère.
À la boulangère ?
Mais vous feriez mieux demander aux vendeurs de chaussures d'à côté
ou aux jeunes hommes charmants là qui travaillent chez le fleuriste.
Ah oui c'est vrai il est pas mal lui.
Bah oui alors ! Pensez à y aller la prochaine fois !
Allez filez !
Cette histoire date d'il y a un an.
Depuis quand je lutte plus de 4 minutes pour fermer une robe,
une combinaison ou un top peu importe,
je descends dans la rue et je demande au premier mec mignon que je croise
s'il peut m'aider à fermer ma robe.
J'ai dû faire ça au moins une trentaine de fois et personne n'a jamais refusé au contraire.
Les mecs sont plutôt surpris mais sympathiquement.
Parfois mal à droit, parfois drôle, parfois très gêné.
Mais tout de suite, la barrière de l'inconnu est pétée
et ça ouvre toutes les perspectives dans l'autre cerveau.
Alors je ne vais pas vous mentir,
j'ai pas rencontré comme ça l'homme de ma vie,
mais j'ai quand même rencontré un type qui est devenu un copain par la suite
et surtout sacré votre petite adrédaline du matin qui vous aide à mieux appréhender la journée.
Alors peut-être que c'est ça finalement l'objectif des fabricants,
nous aider à tisser du lien avec le monde qui nous entoure et les autres.
Peut-être.
Donc si c'est ça, je trouve ça super.
Mais la prochaine fois, fabricants, tâchez s'il vous plaît de mettre une petite note explicative
parce que nous, quand on va dans la rue et qu'on demande à un type de nous accrocher la fermeture,
on s'est débattu au moins pendant 4 minutes donc on est quand même toujours un peu transpirante
et donc le mec quand il nous accroche de bouton dans l'élastique,
il effleure notre dos trempé de sueur, de lutte avorté contre soi-même.
Et en l'occurrence, chémage et assos, ils sont adeptes de ces fermetures.
Je vous offre d'ailleurs 50% de réduction chémage et assos.
Avec le code NALÉPACHÉMAGE, les fermetures sont tâchées, tout en majuscule attachées.
Ah mais vive les robes qui s'en filent par le haut, vive les sweatshirts et vive les casquettes.
Même si c'est vrai que les casquettes aussi, il y a un sujet.
Ils ont des boutons de pression un peu galère à régler.
À demain pour ouvrir la 16ème podcast du Calendary de l'Arnaque
et je vais vous parler de l'opération commando que j'ai menée dans Paris la semaine dernière.
La toile sur écoute.