La toile sur écoute !
Cet épisode a été réalisé grâce à Eugène Poubel.
Vous savez, ce juriste diplomate français qui a donné son nom au poubel,
à travers toutes les décisions qu'il a prises au niveau de l'hygiène de la ville de Paris,
finalement c'est un peu comme si quelqu'un arrivait à obtenir quelque chose à priori impossible à avoir,
et qu'on disait qu'il avait fait une pénélopade.
Bon ben voilà !
Allo Monsieur Robert ?
Oui bonjour !
Pouvez-vous insérer le mot pénélopade dans votre prochaine édition s'il vous plaît ?
Non ?
Ah, d'accord, merci.
Salut les arnaqueurs, c'est Penélopbuff,
et comme la vie est une fête, vous pouvez même m'appeler Pépette.
Dans ce cinquième épisode de la saison 8 de l'Arnaque,
je vais vous parler d'un français que j'ai rencontré en Thaïlande.
Sans vous spoiler, je peux vous dire que parfois on est quand même un peu con d'être timide.
En vrai je suis comme tout le monde, parisienne, 36 ans,
et l'objectif de partir seul en Thaïlande, c'était pas tellement de rencontrer du monde,
mais de dormir, de faire rien.
Dès le deuxième soir, sur ma petite île,
je digne dans une gargote sur la plage,
et à côté de moi, un type charmantissime,
avec un bouquin, digne seul aussi.
J'ai moi aussi mon bouquin, donc je ne vous prête pas tellement attention,
et surtout, j'ai pas tellement envie de faire la conversation, et peut-être que lui non plus.
Le lendemain, je me pose sur la plage entre deux serviettes vides,
en plein canard, je vais me baigner, je me mets de la crème,
j'enlève mon haut de maillot de bain,
je te tend sur le ventre pour ne pas me faire traiter d'exhibitionnisse pour les Thaïlandais,
et je prends mon livre.
Et au bout de quatre pages, j'ai déjà trop chaud,
alors je fais une pause en ne lisant plus,
pensant que c'est la lecture qui me donne un coup de soleil,
et quand je repose ma tête sur ma serviette,
je me rends compte que la serviette de mon voisin appartient au type de la veille.
Il est d'ailleurs toujours seul, toujours avec un bouquin, toujours aussi charmant.
Donc je l'espione derrière mes lunettes de soleil,
mais il est assez impassible et ne fait pas du tout attention à moi.
Je m'endors au soleil, et quand je me réveille, sa serviette n'est plus un.
Cette course poursuite silencieuse, en dirons-nous, dure 15 jours.
C'est-à-dire qu'on se repère, on se renifle, on se toise, on s'observe,
mais on ne se parle jamais.
Un soir, je décide d'aller marcher 15 minutes, ce qui est un exploit pour ses vacances,
pour aller dénicher un petit resto de pâtes taillées.
Quand j'arrive, ce type est assis, seul, à une table, sans livre, sans téléphone,
seul avec lui-même.
Je le regarde, je lui fais un petit sourire,
je m'installe à une table pas très loin de la sienne,
et comme on n'est que deux dans ce petit resto, je me dis que cette fois-ci,
la discussion va forcément arriver, ça fait 15 jours qu'on se tourne autour.
Pendant tout le dîner, je regarde dans la misé-direction,
que lui, j'essaie de faire rire le serveur pour me faire remarquer,
je tousse pour qu'il me vienne en aide,
je fume en espérant qu'il taxe une clope, mais rien.
J'essaie d'en savoir plus sur sa personnalité en l'examinant,
et le seul en disque que je trouve, c'est son sac à dos de la marque R.V. Chappellier.
Français, il est français !
Il demande l'addition, il paye, et il s'en va,
sans même me faire un petit salut.
Et là forcément, c'est parti.
Ce côté de Mysterium fascine, qui est cet homme,
pourquoi est-il seul, que cache sa timidité,
c'est Inangulé Aksanana qui est parti sur un autre île,
attend-t-il des copains qu'il rejoigne,
est-il écrivain, poète, je veux savoir qui est ce mec.
Alors je paye, j'attends pas ma monnaie, et je le suis.
Et là, il va au Jack Bar,
le fameux bar qui ferme quand il n'y a plus personne,
et il s'installe.
Moi, j'avais passé la veille avec Jack,
à chanter sur du Jason Mraz par Odie,
donc Jack m'accueille les bras ouverts.
Hey Penny, you want a coconut tonight ?
Yes please !
Et je l'entends, qu'il demande aux garçons ce qu'il veut.
Et au moment où il répond, un espagnol explose de rire,
et donc j'entends pas sa réponse, donc j'entends pas son accent.
Jack se met à la guitare, je balle en j'aime à place fétiche,
Jack me demande ce que je veux écouter,
j'y réponds, hotel California, qui est ma chanson occulte en vacances.
Il l'ajoute, tout le monde chante avec lui,
et moi j'arrive toujours pas à entendre l'accent du type,
parce qu'il chante dans sa barbe.
Et plutôt d'un coup,
Hey you, where you come from ?
Marseille !
Ça me fait hurler de rire, parce qu'il dit Marseille,
comme si c'était une ville un peu phare,
que tous les étrangers connaissent aussi bien qu'une capitale.
Et là il me regarde, je lui souris pour lui montrer
que c'était un rire gentiment, maucœur,
et il me dit, tu viens de Paris toi ?
Euh oui, comment tu sais que je suis française ?
Ah ton accent, ah bon ?
Et la conversation dure, dure, dure, dure, dure, dure,
jusqu'au petit matin, le mec est génialissime.
Et je me dis ça y est, je me suis fait un copain pour les vacances.
Ou plus, la soirée se passe,
et je lui dis on se croise demain ?
Ah non, malheureusement, je repars de ma matin.
Quoi mais, ça fait 15 jours qu'on se tourne autour,
pourquoi t'es pas venu me parler plus tôt ?
Parce que tu avais l'air d'avoir envie quand tu laisses tranquille.
C'est vrai mais j'étais pas contre une petite conversation.
Toi non plus, tu m'as pas parlé, pourquoi ?
Bah parce que j'étais timide,
moi tu n'as pas parlé à Timmy, le Penélope.
Bah en vrai si.
Bon et bien que ça fera partie des rencontres,
dont on se souvient mais qui ne dure pas, c'est ça ?
Bah je crois bien que oui.
Il est parti à son hôtel, moi dans le mien,
mais avant de partir, on s'est quand même fait un gros baiser d'adieu,
parce que des gens géniaux, on n'en rencontre quand même pas tous les jours.
Ah bah ça m'apprendra à être Timmy, tiens, connerie.
Et si vous voulez savoir comment s'est passé mon premier AMAM,
écoutez jeudi, l'épisode numéro 6.
La toile sur écoute.