Les mots du docteur Catherine Doltot.
Je m'appelle Amira et j'ai 7 ans.
J'ai 5 ans et je m'appelle Isaac.
Je m'appelle Louise et j'ai 7 ans.
Des fois, j'ai envie de pas me coucher.
Mais je me dis que dès que je ferai un allude, je déçut très moins mal.
Bonjour à tous et toutes, les petits et les grands.
Je m'appelle Catherine Doltot, je suis médecin.
Mon métier, c'est d'aider les enfants et les grandes personnes
qui ont quelque chose de difficile dans leur vie.
J'écris les livres de la collection Mine de rien
avec mon éditorie, Colline Fortpoiré.
J'y apparaît sous les traits du docteur 4
et je raconte plein de petites histoires de vie
qui sont parfois si compliquées.
Dans ce podcast, des enfants se racontent,
ils posent des questions
et je vais essayer d'y répondre de mon mieux.
Car je pense que mine de rien, quand on comprend mieux,
on grandit mieux.
Aujourd'hui, on parle de os et dire.
Pourquoi est-ce que c'est si important de parler aux grandes personnes ?
Comment on fait pour parler des choses difficiles ?
Pourquoi os et dire ce qui nous arrive, ce qu'on ressent,
c'est vraiment très important pour grandir,
alors que c'est pas toujours facile.
Écoutons ensemble ce que les enfants vont nous dire.
Je m'appelle Mathieu, c'est 9 ans.
Moi, au Marseille en ce moment,
je vais pas dire ça à mes parents,
parce que les parents qui vont s'éduirent à mes parents,
les harceleurs vont marseiller encore plus.
C'est important ce que Mathieu nous dit là,
parce que c'est ce qui s'appelle un cercle vicieux.
On lui fait du mal, il osse pas en parler,
parce qu'il a peur qu'on lui en fasse encore plus.
C'est comme ça que les choses se déroulent sans fin
et qu'on est de plus en plus malheureux.
Alors, vraiment, quand on nous harcèle,
c'est très important d'aller en parler aux grandes personnes.
Si on a peur d'en parler aux parents,
parce qu'on se dit que ça va faire trop d'histoire,
on peut en parler à sa maîtresse,
à la personne qui nous surveille,
à notre docteur, aux grands-parents,
aux grandes-sœurs, aux grands-frères,
ou à toutes les grandes personnes qui nous entourent.
Mais garder ça pour soi tout seul,
c'est jamais une bonne idée.
Et puis, il ne faut pas oublier que les grands,
ils sont là pour protéger les petits.
Ils doivent absolument le faire,
sinon ça sert à rien d'être grand.
Alors, quand on se confie,
il faut choisir une personne
en qui on a confiance,
en se disant qu'elle va nous aider,
à sa façon, mais de façon qui va nous protéger.
Parce que si personne ne dit rien au harceleur,
ils vont continuer,
et si ce n'est pas avec toi,
ce sera avec quelqu'un d'autre.
Alors, ils vont faire beaucoup d'enfants malheureux autour d'eux,
et puis eux-mêmes, ils vont être malheureux,
parce qu'être harceleur, ça rend pas heureux du tout.
...
Je m'appelle Kaba et j'ai 9 ans.
En fait, quand je suis énervée,
j'ai pas envie de le dire,
parce qu'il y a une personne qui me fait pitié,
du coup, j'ai pas envie de dire,
parce que j'ai pas envie qu'elle soit punie.
C'est très intéressant ce que nous raconte Kaba,
parce que ça montre une grande maturité chez lui.
Ça veut dire qu'il a compris
que les gens qui nous énervent ou qui nous font du mal
ne le font pas toujours exprès,
et même s'ils le font exprès,
ils le font souvent parce qu'ils n'arrivent pas à s'empêcher.
Quand on n'arrive pas à s'empêcher d'être méchants,
ou de faire des choses méchantes,
parce que souvent, les gens très gentils font des choses méchantes,
ça veut dire qu'on n'est pas très bien dans sa peau.
Parce que dans le fond, quand tout va bien, qu'on est heureux,
on n'a pas souvent envie d'embêter les autres.
C'est très généreux et très mûr de sa part
de se dire je ne vais pas faire gonder l'autre.
Et en même temps, c'est difficile de lui dire
tu as raison de rien dire, on va rester comme ça.
Peut-être qu'il faut qu'il aille parler à cette personne-là
et qu'il lui dise, mais dans le fond,
qu'est-ce qui fait que tu éprouves le besoin
de m'énerver ou de faire des choses pas gentilles ?
Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?
Peut-être que ça l'aiderait et qu'il s'aperce vrai
que tout ça, c'est parce qu'en fait,
cette personne s'intéresse beaucoup à lui
et même peut-être que ça pourrait devenir un ou une amie.
Je m'appelle Vazil et j'ai 7 ans.
C'est des grosses bêtises, je n'arrive pas trop à le dire.
À le dire aux parents.
Vazil, tu as raison, le plus difficile, c'est d'oser dire les bêtises.
Sauf que le problème, c'est que souvent les bêtises,
elles se voient au bout d'un moment.
Soit on a cassé quelque chose, soit on a abîmé quelque chose,
soit on a fait de la peine à quelqu'un, soit on a menti,
tout ça, ça finit par sortir un jour.
Alors évidemment, c'est un moment désagréable
mais ça oblige à bien réfléchir à ce qu'on appelle une bêtise.
Parce que, quelquefois, on a été maladroit,
on a cassé quelque chose, vraiment sans faire exprès.
C'est pas une bêtise si c'était pas défendu dit touché.
Ou alors quelquefois, on s'est pas rendu compte qu'on n'était pas assez fort.
Par exemple, on a voulu transporter un vase de fleurs
pour que ce soit plus joli, mais on savait pas que c'était si lourd.
Il est tombé.
Est-ce que c'est une bêtise ?
C'est un manque d'expérience, plutôt.
Il n'y a pas de quoi gronder.
Mais ça nous apprend à être un peu plus prudent.
Et puis, il y a d'autres bêtises, alors là, qui sont plus difficiles,
c'est avoir triché, avoir menti, avoir fouillé dans un endroit défendu,
avoir raconté des mensonges,
ou raconté des confidences qu'on n'avait pas à raconter.
Alors, tout ça, ça nous oblige à réfléchir sur pourquoi on ne se parle d'hier.
Est-ce que c'est vraiment la peur d'être gondée ?
Ou est-ce que c'est la honte ?
Parce que c'est pas la même chose.
Alors là, il n'y a que toi qui sais ce qui t'empêche de parler.
Mais la seule chose que je peux dire, c'est que l'orgueil,
c'est quelque chose qui complique beaucoup la vie.
Tout le monde fait des bêtises, même les grandes personnes.
Donc, vouloir cacher les bêtises par orgueil d'être celui le seul au monde qui en ferait jamais,
ce n'est pas une bonne idée.
Bonjour, je m'appelle Isé, j'ai 8 ans.
L'émotion que je ressens le plus à l'école, c'est la joie.
Parce que je suis avec mes amis, je joue, donc je suis heureuse.
La joie me permet de dire des choses gentilles à mes amis, de leur faire des câlins.
Je pense que c'est important de dire des mots gentils.
Parce que si on n'en dit pas, nos amis vont pas être contents
et après, nous savent à nous rendre triste.
Alors là, vraiment on peut remercier Isé,
parce qu'elle parle de choses tellement importantes pour grandir et pour vivre tout simplement.
Alors la seule petite chose, c'est que la joie, c'est un sentiment
qui est accompagné par une émotion douce, mais c'est pas la même chose, les sentiments et les émotions.
Alors, bien sûr, souvent le plus difficile, c'est d'oser dire les mots doux,
les mots tendres, dire qu'on aime, etc.
Il faut saluer le courage d'Isé, parce que c'est terrible de vivre sans mots doux, sans mots tendres.
Il faut pas avoir peur qu'on se moque de nous, parce que même si on se moque,
bien quand même ça fait du bien.
Et c'est ça qui donne le plaisir et le courage de vivre,
le fait de sentir qu'on est aimé et qu'en aimant les autres
et en leur disant, on est accepté.
Un grand merci à Mathieu, Isé, Basile et Cabard d'avoir partagé avec nous leurs émotions et leurs sentiments.
Mine de rien, quand on comprend mieux, on grandit mieux.
Pour aller plus loin, rendez-vous en librairie pour découvrir les livres de la collection Mine de rien.
Ils sont publiés aux éditions Gallimard Genès Jiboulé et il y a plus de 90 titres disponibles.