
"La cabane au fond du bureau", par Marie Misset et Marine Baousson
Durée: 8m55s
Date de sortie: 10/04/2024
durée : 00:08:55 - Une histoire et... Oli - Marie Misset et Marine Baousson sont productrices sur France Inter, elles officient chaque jour dans l'émission "Jusqu'ici tout va bine" depuis la rentrée 2023. Elles vous racontent aujourd'hui l'histoire de "La cabane au fond du bureau".
Bonjour, je suis Marie-Misset et moi, Marine Bousson, et on va vous raconter l'histoire de la cabane au fond du bureau.
Il était une fois un petit garçon au cheveu orange qui s'appelait Roger.
Salut !
Et un autre petit garçon au cheveu marron qui s'appelait Orso.
Bonjour !
Roger aimait regarder passer les motos dans la rue, sauf celles qui font trop de bruit parce que ça fout les pétoches.
Les tractobels ?
Quand on fait semblant de faire un proute avec sa bouche, parce que c'est quand même trop rigolo les proutes.
Démonstration ?
Trop marrant.
Et surtout, il aimait faire des cabanes.
Orso, lui, il aimait imaginer des tas d'histoires et vivre des aventures imaginaires incroyables.
Se déguiser, surtout en cowboy parce que c'est quand même trop cool de chevaucher un cheval qui bondit partout.
Bon, là, dans sa chambre, c'est une vache sauteuse gonflée.
Mais franchement, c'est presque pareil.
Quand on imagine que c'est un cheval ou un double pônet, ça fait très bien le job.
Manger des bananes, mais pas les bananes bonbons, les bananes bananes.
Écraser, c'est un délice, mais pas écraser, c'est un délice aussi. Orso est très délice.
Et il aime faire des cabanes.
Un jour, à l'école, c'est la grève.
Ça veut dire que les maîtresses et les maîtres de plein d'enfants trouvent que c'est difficile de faire leur travail de maîtresse et de maître, donc ils vont manifester.
Manifester, c'est dire qu'on est pas trop trop d'accord avec les règles, mais en organisant un événement comme une marche avec des pancartes sur lesquelles il y a écrit des trucs de sugenres.
Pas d'accord !
Ou non !
Ou cette règle est nulle, mais alors nulle, mais alors elle est nulle de nulle !
Je voudrais que ça change s'il vous plaît !
Souvent, ça se passe dans la rue.
On va marcher à plein pour montrer qu'on est plein, à dire qu'on est pas d'accord.
Il y a des stands avec des saucisses ou des falafels qu'on met dans du pain avec des frites et tu catch-up.
Franchement, les manifs, si on enlève le côté pas content, c'est un barbecue super sympa.
Donc, la prochaine fois que ton parent te dit, range ta chambre !
Si tu veux écouter un petit épisode d'Holy, il faut que tu range ta chambre.
Bah toi, tu pourras manifester si t'es pas d'accord.
Souvent, pour manifester, tu peux scander des slogans.
En voici quelques-uns.
Papa ! Papa !
On range pas !
Podcast Holy, je t'aime !
J'en écouterai des kilos !
Nous, voulons quoi ?
Un podcast Holy !
Nous le voulons quand ?
Maintenant !
On est là, on est là, même si maman veut pas nous, on range pas !
Bref, tu vois le genre quoi.
Mais enfin, le fais pas trop souvent, parce que c'est un petit peu comme une arme magique
qui marchera qu'une seule fois, parce que ça fera rigoler les adultes,
mais après ça va peut-être les énerver et tu seras peut-être punie.
Et zoop, finis-toi le petit dessin animé tranquille ou dans le canaphe.
Mais revenons à notre histoire.
Donc un jour, que la maîtresse d'Orso et que le maître de Roger se retrouvent pour marcher
et manger des saucisses ou des falafels en scandant des trucs dans la rue genre
« On veut plus de moyens pour la classe des moyens ! »
Orso va au travail de sa maman, avec sa maman.
Et Roger va au travail de son papa, avec son papa.
Alors que chacun dans leur bureau Orso et Roger sont demi-fermes,
finalement c'est pas si rigolo de faire des dessins sur les feuilles de brouillon des parents pendant au moins 1000 heures.
Le papa de Roger a une idée.
Viens, on va voir un autre petit garçon dans un bureau pas loin.
Alors là, c'est trop cool.
Roger saute dans tous les sens.
Ouais, un copain ! C'est trop bien d'avoir un nouveau copain !
On va pouvoir utiliser tous les tampons qui traînent sur les bureaux,
on va pouvoir chipper des stabiles et se colorier les ongles,
on va pouvoir faire un cache-cache derrière les imprimantes !
Il suit alors son papa qui lui dit
« Voilà Roger, je te présente Orso. »
« J'ai lu Roger ? » dit Orso.
Mais alors que Roger s'apprête à répondre
surprise, il n'arrive pas à parler.
Aucun son ne sort de sa bouche.
Il essaie mais...
« Bah Roger, tu dis bonjour à Orso quand même ! »
Roger file se cacher dans les jambes de son papa
et il lui tire sur sa chemise pour qu'il se baisse.
Il lui dit alors à l'oreille
« J'ai envie de dire bonjour, mais j'arrive pas, j'ai peur. »
« Peur de quoi, me direz-vous ? »
« Ah bah ça, Roger lui-même ne le sait pas.
C'est bien que je ne peux pas vous le dire non plus.
Son papa dit alors.
« Oh mais il a peur ! Il est timide, pardon Orso ! »
Roger pense alors que vraiment,
les parents, c'est nul pour tenir les secrets.
L'autre jour, il avait dit à son papa
dans l'oreille qu'il avait fait un prout de ninja.
Vous savez, un qui fait pas de bruit,
mais qui son hyper fort.
Et son papa, il avait dit
« Oh mais oui, ça pue Roger, c'est toi qui as pété comme ça ! »
Nul en secret, je vous dis.
« Il faudra penser à manifester contre les gens de nul en secret ! »
Pense alors Roger.
« On veut juste raconter des secrets
à des gens qui racontent pas nos secrets ! »
Orso, lui, n'a vraiment pas peur.
Des copains, il en a plein,
il en a même deux qui sont imaginaires.
Il y a Grini, la clown astronaute,
et Bill Bulga, l'extraterrestre cowboy
qui a une forme de schmigam.
Alors, il s'approche de Roger et il lui dit
« Salut, moi c'est Orso, tu veux jouer avec moi ? »
Roger reste encore sans voix.
« On peut jouer à fabriquer des marionnettes avec nos chaussettes si tu veux ! »
Roger n'a jamais fabriqué des marionnettes avec ses chaussettes, alors bon,
la proposition très gentille d'Orso
ne lui fait pas quitter sa timidité.
Il ne bouge toujours pas des jambes de son papa.
« Sinon, on peut jouer à un, deux, trois soleils, tu connais ? »
Roger connaît, mais la dernière fois,
il est tombé et son genou a saigné,
on a dû lui mettre du rouge et un pencement.
Alors, il fait juste un petit oui de la tête,
parce qu'il n'a pas très, très envie de jouer à un, deux, trois soleils.
C'est pas un très bon souvenir.
« Non, je sais, on peut faire une cabane ! »
Et là, Roger relève soudainement la tête,
les yeux lumineux, et il fait un grand sourire.
Alors Orso lui dit « Suis-moi ! »
et il l'emmène dans un coin du bureau.
« Ici, on va vers l'entrée de notre château cabane.
On pourra prendre deux chaisses,
qu'on recouvrirait avec les manteaux de Sylvie et de Laura,
les collègues de maman. Puis, il fuchote.
Elle s'engentit avec moi, mais je trouve que Sylvie, elle sent trop la cocotte.
» Roger a un air interrogatif. Alors Orso ajoute « Son parfum, elle en met trop.
Elle se cocotte trop avec. Du coup, il pique ! »
« Je te le dis à toi, mais tu le dis pas aux adultes, hein ?
Ils sont nuls en secret, les adultes. Bon, notre cabane.
On pourrait dire qu'en fait, on se faisait attaquer et que...
Roger a plein d'idées qui sautillent dans sa tête.
Ils pourraient aussi créer des douves autour du château,
avec des écharpes pour échapper au cro-cro-cro...
Au cro-d'eau-ti, au cro...
Au cro-cro-d'île. Voilà.
Mais rien ne sort.
Ça commence à le rendre triste, sa timidité pas secrète.
Il a à deux doigts d'organiser dans sa tête
une manif contre sa timidité.
« Je veux plus être timide comme ça ! »
Mais alors qu'il joue, Orso lui dit
« Hé, venan, tu veux une banane ? »
Et sans réfléchir, Roger répond.
« Ah ouais ? Ah ouais, je veux bien. »
Qu'est-ce qu'on dit, Roger ?
Ça, c'est le papa qui est revenu.
On dit oui, merci Orso, c'est très gentil de ta part.
Merci, je veux bien, merci beaucoup.
Vraiment, c'est très gentil.
Je veux bien cette banane
que tu me donnes avec gentillesse.
Et c'est comme ça.
Corso, Roger, Sylvie,
la dame qui sent trop fort le parfum,
Grini, la clou nastronaute,
et Bill Boulla,
l'extraterrestre cowboy,
mangeèrent une banane dans une cabane de manteau,
au 6e étage du service comptabilité
d'une grande entreprise de trucs.
Et c'est aussi comme ça
que Roger retrouve à sa langue,
parce qu'il s'amusait trop
et que son maître et la maîtresse d'Orso
étaient partisquants des slogans
en manifestant, s'ossissent et falafel au catch-hop.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, au Lili.
Non, il n'y a autre.
Au Lili.
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Oli
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