
Cartouche le roi des voleurs !
Durée: 14m19s
Date de sortie: 13/12/2023
durée : 00:14:19 - Les Odyssées - Petit, moche, agile et sacrément malin, bandit plein d’humour et de panache, Cartouche était adoré du peuple de Paris qu'il vengeait en dépouillant les riches ! Voici, rien que pour vous, l'odyssée de ce fameux chef de bande. Si vous cherchez le rififi, vous allez être servis !
Les Odyssey de France Inter avec Pro-Notes, toute la vie scolaire en une seule appli.
Pour les profs, les élèves et aussi leurs familles.
...
Eh ! Psst psst ! Vous le bas ? Oui, vous ! Venez ! N'ayez pas peur ! Asseyez-vous !
Avec ce froid qui nous montre les os, ah oui, on est mieux ici que dehors, hein !
Mais oui ! Servez-vous à un gaudet !
Hé hé ! Ça réchauffe !
Euh, dis donc... Qu'est-ce que vous faites ici si tard dans cette auberge aussi mal famée ?
Ouh ! Ne chercherez pas à s'enconnailler ?
Ah ! Vous avez raison, ça ne me regarde pas. Nous avons tous nos petits secrets.
En tout cas, je vais vous dire un truc. Ici, on est tous de côté de cartouches.
Comment ça ? Vous ne le connaissez pas ?
Empurer, c'est la meilleure ! Mais vous sortez d'où ?
Cartouches ! Le brigand magnifique ! Le roi des voleurs !
L'ennemi public numéro un ! Toujours rien ? Bon, on va arranger ça.
Ouvrez grand vos oreilles, réservez-vous à un petit gaudet et surveillez votre bourse. On ne sait jamais !
Petit, moche, agile et sacrément malin. Voici l'odyssée du fameux cartouches.
Chef de bande, séducteur, voleur, tricheur, menteur. Si vous cherchez le réfleffi, ouais...
Vous allez être servi !
À travers la brume et les nuages, l'astre du jour se lève sur l'année 1693.
Voici 50 ans. 50 ans touront au coloroi soleil Louis XIV et clèrent le royaume de France de ses implacables rayons.
Et ma foi...
Oh, ça sent un peu la fin de règne !
Après des années prospères, la France est frappée par des épidémies et des famines.
Loin de la cour, des paysans ruinés par des années de mauvaises récoltes quittent les campagnes pour la capitale.
Alors Paris groeule, dans les rues, ça se frôle, ça se marche dessus, il y a du monde partout, la ville palpite !
C'est la fête, ou bien la misère, selon le ticket reçu à la loterie de la vie.
C'est ici, au porte de cette cité bouillonnante, rue du Pont-aux-Choux, qu'est notre bonhomme, ou plutôt notre héros, Louis Dominique Cartouches.
De ces premières années, on ne sait pas grand chose.
Ah, mais si, évidemment, son père, fabricant de tonneau, est un ancien militaire qui aime l'ordre et la discipline.
Alors son fils, il veut le voir filé droit.
Et j'ai comme l'impression... ou la, que ce n'est pas gagné.
Le droit chemin, le droit chemin, mais qu'est-ce que ça veut dire ?
La vie prend plein de détour alors qu'il m'explique le vieux crouton, ce qu'il y a de droit là-dedans.
Pas faux. Cartouches, fuges, délage de 12 ans.
100 fois 1000 lois, 100 familles, moi ce que j'aime, c'est la rue.
Eh bien, va pour la rue !
Nous sommes au cœur de Paris, dans le quartier du Châtelet, près du Pont-Neuf.
Au milieu des marchés, entre les ponds, les moutons et les vendeurs de rue,
des bonimenteurs arranglent la foule pour vendre leur homme admirable.
C'est bon !
Et là, regardez, on se presse pour éviter des fiakres.
Au bien des peaux de chambre, y des rapideaux, depuis les flèches.
Cartouches traînent ici et là, souvent dans les auberges.
Ils jouent aux cartes, enfin.
Ils trichent en carte, et ne manquent jamais de glisser sa petite mime inagile dans les poches ouvertes.
Ils en sortent toujours quelques merveilles.
Une eau de pièces d'or, des montres à gousser, des bagues, des bracelets.
A ces petits émenus, Cartouches est surnommé l'enfant, et ça a beaucoup d'avantage.
Rapide et soupe comme un acrobate, on dirait...
un courant d'air.
D'ailleurs, en parlant de courant d'air...
Oh ! Oh ! Mais c'est pas fini ce bacarme !
Qu'est-ce que c'est que ce poucon d'enfer ?
Ça pristit, c'est un novice du roi.
Qui cherche à envoyer des hommes ?
Bah oui, tu m'étonnes.
Cela fait 30 ans qu'Odoriom de France est en guerre,
et les guerres, hélas, se gagnent ou se perdent, avec le sang des hommes.
S'il y a parmi vous des jeunes gens fringants qui rêvent de se couvrir de gloire,
qu'ils me rejoignent, j'offre à manger et à boire au nom de sa majesté, le roi de France.
Et voilà-t-il pas notre cartouche qui boit un Godet, deux Godets, 3, 4, 5, 6, 8...
Oh ! Douce Godet à la santé du roi !
Oh ! Il doit plus être très frais.
Bon alors, où est-ce que je dois se signer ?
Ah oui, il confirme.
Juste ici, jeune homme.
C'est ainsi que notre cartouche, enrôlée dans l'armée de Louis XIV,
est envoyée batailler au nord, dans cette région qu'on appelle la Flandre.
Là-bas, le royaume de France combat l'Angleterre, l'Autriche et les Provences Unis.
Douce se dispute la couronne d'Espagne.
C'est le royaume de France.
Cartouche reste cartouche, où qu'il soit.
L'armée ne nourrit pas toujours bien les soldats ?
Pas de problème !
Entre deux batailles, il va avec ses camarades à la picorer pour se derlotter le gosier.
Pouls, légumes, fromages, vins, il pille les fermiers du coin.
Oh, plus tard ! Ils volent tout ce qu'ils trouvent, les gonges !
En 1713, la guerre terminée, on renvoie les soldats chez eux,
sans rien, sans un sou, ni même.
Oh, peu cher !
Un petit saucisson ?
A Paris, des soldats désoverés d'or me dehors, ils zonent Chappard et Mendy.
Parmi eux, on retrouve notre fameux cartouche.
Le Filou, vingt ans, réunit ses anciens camarades.
Hé, les gars !
Pourquoi on ne porterait pas nous aussi de la soie, des dentelles et du velours ?
Puisqu'on est à sec, on va se servir nous-mêmes.
Et cette fois, c'est les richons qui vont payer.
Une seule règle, mes amis, prendre sans être pris.
Et ainsi, cartouche prend la tête d'une petite bande.
Durant deux ou trois ans, les s'en mettent plein les poches.
Et la tempête que s'apprête à traverser la France va leur donner un sacré coup de poche.
En 1715, le roi Louis XIV meurt.
Ça, on peut dire qu'il s'est accroché.
Soixante-seize ans, à l'époque, c'est très vieux.
Le pays est sans dessus-dessous.
Et même sans-dessous, autant dire carrément, sans slip.
Bah quoi, oui, c'est vrai, je l'ai dit, la France est sans slip !
Louis XIV a ruiné le pays, les caisses de l'État sont vides !
Philippe d'Orléans, le Région, dirige le Royaume en attendant que le petit Louis XV,
cinq ans à peine, gagne quelques pointures de souliers.
Alors déjà que ça n'allait pas fort, là on frôle la catastrophe.
Pau, pau, pau, pau, qu'est-ce que je vais faire ?
Ah, je sais !
Le Région fait appel à John Lass, un économiste écossais, très vite surnommé le sorcier.
C'est que le bonhomme promet de faire des miracles !
Ouais... Vous y croyez-vous, au miracle ?
Pour remettre le Royaume de France sur pied, c'est très simple.
Il faut que l'argent circule.
L'argent appelle l'argent ! Du flux, du flux, du flux !
Voluidor sont trop difficiles à transporter.
Remplacez-les par des billets, vous verrez, c'est très pratique les billets.
On peut en fabriquer autant qu'on veut.
Et l'argent, étrangement, se met à couler à flots.
Rue quinquempois, les hommes se promènent des poches remplies de billets de banque.
Alors, ce ne sont plus deux ou trois pièces d'or qu'on peut chiper, mais de véritables fortunes.
C'est l'âge d'or des voleurs, et Cartouch compte bien en profiter.
Le bandit dirige désormais un réseau qui réunit des informateurs et des complices dissimulés dans tout Paris.
Des vallées, des femmes de chambre, des policiers et même des gardes Royaux n'hésitent pas à lui prêter ma forte.
En fin de retour, Monsieur le Comité.
Tiens, tiens, tiens, dans certains hôtels particuliers de la capitale disparaissent, comme par enchantement,
des plats d'argent, des chants de lier, des tableaux, des pigeons.
Cartouch ne se fait jamais prendre. Il faut dire aussi qu'il est bien protégé par sa bande.
Tiens, le stache, bras de fer, jante-tons la raveau deuse, écoutez-moi bien.
La police pense que je traverserai le pont neuf ce soir à 18h avec un habit orange et rouge.
Hein ? T'es sûr ? C'est un peu voyant, non ?
Justement, banane, c'est le but. À 7h précise, vous posterais dix de vos hommes un peu partout sur le pont, pareil des mêmes couleurs.
Les policiers ne seront plus au-delà de la tête. On va les rendre complètement chèvres !
Ahahahahah ! Ben, ahahahahah ! Ben !
Quelle heure est-il ?
Parfait, on a même le temps de se boire un petit coup.
À cette époque, les logements populaires sont très petits et les murs extrêmement fins.
Résultat, toutes les réunions ont lieu secrètement dans les auberges.
Et ça tombe bien ! Elles ont toujours deux entrées.
Ainsi, au cas de besoin, on peut s'échapper facile.
Paris devient la capitale du crime organisé. Cartouches et ces cartouchiens ont plein d'idées.
On installe des barreaux aux fenêtres, gaslentienne.
Nos fripons se servent de longs crochets qui leur permettent d'atteindre leurs précieux butins à travers les barreaux.
Rien ne peut arrêter cartouches qui osent tout, même s'attaquer à l'homme le plus puissant du royaume, Philippe d'Orléans.
Cartouches visitent régulièrement le Palais Royal, sa demeure, pour y dérober ses épées à poignée de nard.
Lorsque le régent remplace sa collection par des modèles sans valeur, la réponse de Cartouches ne se fait pas attendre.
Le lendemain, il fait rapporter son butin de pacotilles accompagné de ce petit mot.
Au plus grand voleur du royaume, oui je parle de vous monsieur le régent, me faire déplacer pour si peu.
Merci bien.
Une autre fois, passant par la cheminée de nos tels particuliers, ils tombent néané avec une marquise installée dans son salon.
Ils balaient alors poliment les cendres avant de demander la sortie.
Quelques jours plus tard, ils envoient en guise d'excuser la marquise un magnifique diamant.
Cartouches, c'est certain, n'est pas un bandit comme les autres.
Il a de l'humour, du panache et ça fait toute la différence.
Notre fripouille est adoré par le peuple de Paris, il prend en risque pour...
Euh... ben... he he, pour qui d'ailleurs ?
Ah, tiens, posons lui directement la question.
Cartouches, dites-nous, pour qui volez-vous ?
Ben pour moi alors.
Mais vous ne redistribuez pas un peu à ceux qui en auraient besoin ?
Euh... ben non.
Ok, oui, bon... au moins, ben... il fait trembler le pouvoir.
Évange le peuple de Paris fatigué par tant d'années de guerre et de misère.
Oula ! Ne nous emballons pas.
Notre crapule est loin d'être un héros sympathique.
Comme tous les bandits, il sait se montrer cruel, sans pitié.
Et quoi qu'il arrive, il garde le sens du commerce.
C'est une nuit noire et glaciale, une nuit de décembre, 1719.
Cartouches, un peu pompette, sort du cabaret de l'épée.
Ouh, attention mon vieux !
He he he, sa glisse !
Un pied devant l'autre, il passe par le pont-neuf, lorsqu'il aperçoit.
Là, sur le parapet, un homme prête à se jeter dans la scène.
Son alficier, Cartouches court et le sauve.
Le bonhomme, drapier de profession, lui apprend qu'il a perdu toute sa fortune.
Alors le lendemain, Cartouches, grand seigneur, règle ses dettes auprès de ses créanciers.
Quelques heures plus tard, ces derniers, comme par hasard, se font attaquer par de mystérieux voleurs.
Huit ans durant, Cartouches et les cartouchiens sèment la pagaille dans tout Paris.
Et puis, ce qui devait arriver, arrive.
En 1721, le bandit est arrêté.
Durant des siècles, les romans s'y en ont cessé de raconter son histoire, ou plutôt sa légende.
Ils ont fait de cette véritable crapule, un héros hautement sympathique.
Et c'est ainsi que Cartouches, fripouille sans pitié mais sacrément malin, est devenu immortel.
D'ailleurs cet odyssée, il y a Fanny le Roi, Al Niro, Basil Boker, Cédric Sattlus,
et dans le rôle de Cartouches, l'incroyable, le merveilleux, Quentin-Lui.
Et bon, oui, il y a aussi moi, l'Ork en besançant, mais vous me connaissez.
C'est le premier film de Cartouches et les héros de centaines de poèmes, de chansons.
Voici le début de l'une d'entre elles.
Je chante les combats de ce fameux voleur qui part sa vigilance et sa rare valeur.
Fit trembler tout Paris, arrête ta main carance.
Voilà, frappe à tuar, fit partout plait.
Bonne chance, tu es un grand chien.
Maman, tu es un grand chien.
Y'a quelqu'un?
You!
Y'a plus personne?
Nous, leurs résidents, tous partis, on a éteint la régime.
Ah, ok, ça marche.
Et j'vois une oeule!
Les Odyssey est un podcast original de France en Terre.
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