Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Le secret de l'ennui.
Chère journal, j'ai un truc à t'avouer.
Hier, quand je t'ai découvert, j'ai été super désu.
Ce n'était pas à cause de ton look.
Ton épaisse couverture en cuir, recouverte de petits motifs géométriques et dorés,
te donnait l'air d'un objet précieux.
Si précieux que tu étais fermé par un vieux cadena.
J'imaginais que tu renfermais une histoire super secrète, très ancienne et complètement
oubliée.
Pour une fois, j'étais ultra excité.
Et puis je t'ai ouvert.
J'ai eu la sensation de croquer dans une sucette au chocolat mais fourré au chaud de
Bruxelles.
Pas un mot.
Que des pages blanches.
Qu'est-ce que j'allais faire de toi ?
Te remplir ?
Avec ma vie à passer des journées entières à m'ennuyer ?
Mais bon, on me dit depuis tout petit qu'il faut toujours essayer.
Alors commençons.
Je dois te dire que j'ai un problème, comme une sorte de maladie.
Ça s'appelle l'ennui.
Il m'accompagne partout, tout le temps.
Par exemple, ce matin, papa m'a proposé de faire une tarte aux pommes.
Auparavant, j'aurais bondi de joie.
Mais là, je n'en avais pas envie.
J'ai quand même dit oui.
Après, il m'a amené au parc pour me changer les idées.
Avant, j'aurais grimper dans tous les jeux, sauf que maintenant, je les trouve nuls.
J'ai quand même joué, sans vraiment m'amuser.
Sur le chemin du retour, papa m'a demandé si j'avais des soucis.
Je lui ai répondu que non.
Je ne mentais pas.
Enfin, pas vraiment.
J'avais juste l'ennui.
Chers journalistes, la classe, c'est nul.
On nous rabâche sans foi les mêmes choses.
Sauf que moi, je comprends tout d'un coup.
Alors souvent, je fixe un objet et j'invente une histoire.
Ce matin, c'était ma gomme.
Je me suis demandé si les mots effacés allaient quelque part.
Je suis passé en mode détective.
J'ai interrogé mon cahier.
Les chiffres et les lettres qui remplacaient les disparus.
Et puis, j'ai entendu.
Oscar, as-tu la réponse ?
J'ai mis une seconde à sortir la tête de mon enquête.
Les autres ont rigolé.
Monsieur Roul m'a reposé la question.
Il voulait me prendre au piège.
J'ai répondu sans me tromper.
Il était aussi agacé qu'impressionné.
N'empêche, il n'a pas l'air de comprendre que moi, je m'ennuie ici.
Chers journalistes, les récréations sont une perte de temps.
Ce sont de vrais moments nuls.
Surtout celles de la cantine qui durent une éternité.
Il faut jouer et je n'aime pas ça.
Alors je me mets dans mon coin sous le préau.
Pendant que les autres crient,
rigolent les galopes dans tous les sens,
je tue le temps en réfléchissant à mon ennui.
Est-ce que c'est obligé de s'ennuyer ?
Impossible, selon papa et maman, trop de choses à faire.
Est-ce une maladie d'enfant que les grands ignorent ?
Le petit frère de Tristan s'amuse avec trois fois rien.
Ses pieds s'attêtinent, son doodou, un bout de bois.
Il se parle même tout seul et rigole d'un coup pour rien.
Je crois que j'étais comme lui avant.
Quand j'y pense, je ne sais pas si j'ai envie de redevenir petit
ou si j'ai hâte de grandir.
Tout ce que je sais, c'est que pour le moment,
je suis comme coincé dans un tunnel d'ennui mortel
sans lumière au bout.
Chers journalistes, les parents, ça ne sert à rien.
Chez moi, j'ai fait le tour de mes jouets, de mes livres, de mes jeux.
Après les devoirs, papa et maman m'en retrouvent souvent
dans la chambre échoués telle une étoile de mer
contemplant le plafond.
Le plus part du temps, il croit que je boude
ou que je la flemme.
Ce soir, j'ai craqué.
J'ai avoué que je m'ennuiais.
Ils ont essayé de me consoler.
D'après eux, l'ennui n'a rien d'une maladie.
C'est même normal.
Tu es le temps permettrait de découvrir de jolies choses
et il serait même un allié des idées.
Sérieusement, les parents, ça ne peut pas tout comprendre.
Moi, j'ai peur de mourir d'ennui huit aigu.
Impossible d'attendre.
Je vais devoir me débrouiller tout seul.
Chers journalistes, ils avaient raison.
Comme je m'ennuiais pendant la révision des multiplications,
j'ai gribouti mon cahier pour patienter.
Résultat privé de récré.
Quel injustice.
Être puni parce qu'on meurt d'ennui.
Je me suis retrouvé seul, encore un manuier
et puis je l'ai vu près de la fenêtre.
Ces centaines de petits pico ne le rendaient pas commodes.
Son unique branche remontait en angle droit.
Il se penchait légèrement vers la fenêtre.
On aurait dit qu'il se protégeait les yeux du soleil
pour regarder les autres dans la cour.
Je l'ai dessiné.
Puis je lui ai donné un titre.
Le fier soldat Cactus observe le monde.
Le maître est revenu avant de me dire
qu'il a pris ma feuille, l'air sévère.
Puis il a souri en me disant que j'avais
un joli sens de l'observation
et même que je devrais continuer à dessiner.
Mais pas en classe.
Moi je me suis surtout dit que j'avais vaincu l'ennui
pour la toute première fois.
Mais ce n'est pas tout.
Quelques jours plus tard, à la pire récré du monde,
tu sais, celle de la cantine, mon coin était pris
par Kévinet Sabande.
Je n'avais plus d'endroits où me poser.
Alors j'ai fait le tour de la cour
comme ça, pour rien.
A quelques mètres du préau,
j'ai aperçu plein de petites traces
debout au sol.
Je les ai suivies.
Je suis arrivé devant le vieux chaîne.
J'en ai fait le tour, le nez levé.
J'allais abandonner quand j'ai entendu un petit sifflement.
C'était un écureuil roux,
assis dans un trou de larbre.
Il dévorait un gland.
Un surveillant s'est approché.
En voyant ma découverte, il a appelé tous les enfants.
Pendant un instant,
j'ai été le roi de la récré.
Mes parents avaient raison.
L'ennui est un ami
qui permet de vivre de chouettes journées
remplies d'envie.
C'était une petite histoire de Tell Me.
Réconté par Arnouguille.
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