La légende de Noël
Une vie sans jouets, vous pouvez imaginer ça ? Moi pas.
Maman est menuisère et béniste, et pas un jour on ne passe sans qu'elle n'en fabrique
un.
Pour elle, un jouet s'amène du soleil dans le cœur des gens.
Et quand on vit dans un royaume recouvert de neiges éternelles, c'est important.
On était en train d'en préparer plein pour Uyl, la fête du solstice d'hiver.
Le tratelier en débordait.
Je dis notre parce que maman dit que je l'aide depuis toujours.
Mon premier jouet, je l'ai fabriqué à deux ans.
Et maintenant, du haut de mes sept ans, j'en ai déjà 71 à mon actif.
D'après maman, j'ai un don, mais je ne lui arrive pas à la chivire.
Elle est si douée que parfois ses créations sont demandées par des gens qui ne sont pas
du village, alors qu'on vit loin de tout, à l'extrême nord du royaume, dans un coin
si calme qu'on a l'impression d'être à l'abri de tout.
Ce matin-là, des coups de masse se sont abattus sur la porte.
Si fort que j'ai eu l'impression que la maison allait s'y couler.
Maman s'est précipité pour ouvrir.
Quand elle a découvert un garde royal, elle est restée comme sonné.
Il lui attend une lettre et s'en est allée sans rien dire.
Elle l'a lu, et ça fait ça.
Qu'est-ce qu'il y a, maman ?
On ne fabriquera plus de jouets.
Quoi ?
Noël, tu sais que notre royaume est coupé du monde depuis toujours ?
Oui, à cause des montagnes qui sont affranchissables.
Notre souveraine bien aimée est la seule à détenir le pouvoir de les franchir.
Depuis qu'elle est partie explorer ce qui s'y trouve,
le Seigneur Régent X pense que notre royaume doit se préparer au pire.
Mais pourquoi ce serait une raison pour arrêter de fabriquer des jouets ?
C'est bientôt Yule !
Le royaume a besoin de tous ses artisans pour préparer la guerre.
Pour la première fois de ma vie, je vis le visage de Maman s'éteindre.
Sans réfléchir, j'ai foncé dehors pour hurler au garde que c'était n'importe quoi ce truc,
sauf que j'ai percuté quelqu'un et je me suis retrouvé les fesses dans la neige.
Eh bien, eh bien mon garçon, pressé d'aller à l'école ?
Ça tombe bien, j'y vais aussi.
Accompagne-moi, veux-tu ?
Ce petit bonhomme rondouillard avec sa bedaine qui dépassait de son pantalon
ne pouvait pas être un garde.
Il portait une broche en forme de flocon, l'emblème royal.
Un sourire souligné par deux petits yeux noirs m'ordonnait de le suivre.
Arrivé dans la cour, j'ai découvert les copains terrifiés.
Un soldat détruisé à coups de hache notre air de jeu.
On s'est regardé, perdu.
L'un de nous s'est avancé, fin, athlétique, le torse bombé, le visage pâle et fermé, mon exact opposé.
Je ne l'avais jamais vu.
Suivez l'exemple d'Okiho mon fils, l'un à côté de l'autre au garde à vous.
On s'exécuta.
Puis, les mains dans le dos, l'homme au flocon passa lentement devant chacun de nous.
Il était plus impressionnant qu'un loup des glaces.
Je vais peut-être pouvoir faire quelque chose de vous.
Pourquoi, monsieur ? Maitre Opiea ne reviendra pas ?
Qui t'a donné la parole ?
Dites tour de cour.
Mais...
Vingt tours.
Par ordre du Seigneur Régent, Maitre Opiea a rejoint la capitale.
Je serai votre instructeur, maître Palu.
Je vais vous apprendre à servir le royaume.
Pauvre Léna, elle ne méritait pas d'être punie.
Et puis, c'est le sang était bizarre.
Du calcul à la lecture, tout tournait autour de la guerre.
Et il valait mieux ne poser aucune question et avoir tout bon.
Sinon, vous étiez partis pour des tours de cours.
Okiho, lui, était un élève modèle.
Il se tenait droit, attentif, avec toujours la bonne réponse.
Et pendant la récré, il restait en classe,
le nez plongé dans son cahier d'exercice.
À l'heure du déjeuner, on a tous poussé un ouve de soulagement.
On pu rentrer chez nous.
Mais aucune trace des parents.
Vos parents reviendront à la nuit, tomber, soyez sages et responsables.
Voilà ce que nous a répondu le maître instructeur
quand on est allé le voir paniquer.
Mais plutôt que de pleurer et de le traiter d'horrible,
de blague, de baveux,
j'ai invité tous les copains à manger le ragout de maman.
Ça a été un sacré bazar de servir tout ce monde.
Mais un petit bol a suffi à leur redonner le sourire.
Après ça,
retour à l'école pour ouvrir un chapitre des aventures de la cour.
Notre jeu du midi où nos jouets vivent des histoires incroyables.
Sauf qu'à peine arrivé,
Paï a bondi de la classe comme un démon.
Où, vous croyez-vous ?
En inclin d'oeil,
nos jouets étaient saisis et jetés sur l'air de jeu réduit en miettes.
L'instructeur sorti de sa besace un petit globe en verre
qu'il jeta violemment sur le tas de bois.
Un liquide poisseux se répandit.
Puis il craqua une allumette.
Les jouets sont interdits.
Des sanglots se mêlaient au crépitement des flammes.
Je fixais le brasier et la colère empêchait mes larmes au decouler.
Tu as quelque chose à dire, Noël ?
Il posa ses horribles petits yeux sur moi.
Je sentis ma poitrine se serrer comme si une main de géant me pressait.
J'ai baissé le regard.
J'aime bien ça.
Maintenant, rentrez.
L'après-midi fut épouvantable.
On était condamnés à écouter paï en contemplant la danse des flammes.
Mais le pire arriva à la récré de l'après-midi.
Des soldats débarquèrent.
Les bras chargés de sacs déportant de jouets.
Trop choqués pour réagir, on les a regardés, les jetés dans le feu.
Derrière la fenêtre de la classe, l'instructeur étince l'aide de malveillance.
Il venait de brûler une part de nous.
Et comme pour éviter qu'elle ne disparaisse trop vite,
on s'est tous regroupés autour du bûcher.
Après la classe, on est rentrés chez nous, désespérés dans un village sans vie.
Par habitude, je suis passé par l'atelier de maman.
Une tornade avait emporté toutes nos créations.
Et puis je les ai vus.
Deux soldats de bois rescapés de la rafle des jouets.
Le premier, face contre terre, avait les jambes coupés.
Le second, le crâne fondu, était appuyé contre la boîte à outils de maman.
Je n'en revenais pas.
Avec eux, je pouvais recréer le duout de chevalier préféré de Léna.
Je m'appliquais trop à les réparer pour voir le temps passer et entendre maman entrer.
Noël, qu'est-ce que tu fais ?
Je prépare un super cadeau pour Léna.
Tu te rends compte de ce qui pourrait être arrivé ?
Mais le nouveau maître a brûlé nos jouets.
Je sais.
Tu sais ? Et ça ne te fait rien ?
Bien sûr que si, mais ce qui se passe est compliqué.
Ah bon ? Tu te rends compte de ce qu'on a perdu ?
En plus, Léna, elle adore l'Army Royal.
Il devrait être content ces quiches en flocons.
Noël, le Seigneur Régent a interdit les jouets.
On ne peut rien faire.
Il faisait nuit depuis longtemps.
J'étais allongé sur mon lit, le cerveau en ébudition lorsqu'on toqua.
J'ai grogné.
On s'éloigna.
Après cinq bonnes minutes, j'ai entré vers la porte.
Le duo de soldats m'attendait comme neuf,
au garde-à-vous sur du papier accompagné d'une fine cordelette.
Je suis sorti, en prétextant à les chercher de l'eau au puits,
l'air faussement triste, le paquet caché sous ma cap.
Je me suis faux-filé jusqu'à la fenêtre de Léna.
J'ai déposé le paquet sur le rebord,
étoqué et me suis éclipsé.
Le lendemain, tout le monde était éteint sauf au Kyo.
En même temps, il n'avait rien perdu, lui.
Pendant un instant, j'ai eu peur que Léna n'ait pas trouvé son cadeau
et puis s'y croisait son regard.
Tout au fond, une petite flamme y brillait.
Si Paï et son fils ne remarquaient rien,
tous les copains s'en aperçurent.
Si bien qu'elle a récré, on est tous allés la voir.
Qu'est-ce qui t'arrive, Léna ?
Eh ben, en fait...
Eh, on est tous dans la même galère, tu sais ?
Bon, hier, j'étais dans ma chambre à dessiner mes soldats de glace
pour ne pas les oublier,
et puis on a tout cas ma fenêtre.
Quand j'ai regardé, j'ai vu un paquet.
Et dedans, il y avait mon duo de soldats.
Comment c'est possible ?
Je ne sais pas, mais ça veut peut-être dire que si on pense fort à nos jouets,
l'esprit de Youl nous entend.
Une vague d'espoir défaire là dans les yeux des copains.
Tout la journée, il leur souhaitait ma compagnère.
Je pensais aux chevaux de bois du l'Ric,
aux gardiens des forêts de Sigrid,
aux focours de Tobias,
aux dragons flamboyants d'Ania,
aux chevaliers de Magnus et à tous les autres.
Ça faisait plus de trente jouets à fabriquer.
Je n'étais pas aussi rapide que maman,
mais j'étais déterminé.
Alors, après m'être assuré qu'elle auront flotté paisiblement,
je me suis fofillé dans son atelier,
travaillant le plus silencieusement possible.
Deux jours plus tard, Sigrid murmeur à quel avait reçu un paquet.
Puis, ce fut le tour, Dullric, Dania, de Tobias et de Magnus.
Les copains retrouvaient le sourire, les autres gardaient espoir.
Pas eu ne se doutait de rien,
mais plus le temps passait, plus Okiyo m'intriguait.
Il était toujours à l'écart fermé.
Alors, à la récré du matin,
comme il ne restait plus que nous deux,
j'ai osé lui parler.
Ça te dirait de venir avec nous pour une fois ?
J'ai pas le temps pour les distractions, je dois étudier.
Bah, tu sais, on fait que parler et qu'on ne monte plus plus jouer.
Ça me manque, moi. Pas toi ?
Je suis le futur du royaume et les jouets ne vont pas m'aider.
D'accord.
Moi, j'aimais bien ma marionnette Yeti.
C'était le meilleur jouet.
Pas autant que mon Rossignol en bois.
Il sifflait et évolait, on aurait dit un vrai.
Bah quoi ?
Rien. En fait, t'es comme nous.
Okiyo rougit et se replongea dans son cahier d'exercice.
Le problème, c'est que je n'avais jamais vu de Rossignol.
Maman connaissait du tas de choses et avait déjà fait des centaines de jouets oiseaux.
Pour ne pas éveiller ses soupçons,
j'ai agi alors que j'ai plus chez les navets pour le ragout.
Tu as déjà vu un Rossignol ?
Oui, pourquoi ?
Comme ça.
Okiyo m'en a parlé.
Okiyo ?
Oui, le fils du maître instructeur.
Tiens, tiens.
Mais il est toujours seul.
Dans son coin, à travailler, même pendant la récré.
J'ai rien fait de mal.
Et tu crois qu'un dessin lui ferait plaisir ?
Trop.
Pendant que le dîner misotait, maman dessina.
Avec un sourire que je n'avais pas vu depuis longtemps.
En un rien de temps, l'oiseau fut terminé,
me donnant l'impression qu'il pouvait s'envoler à tout moment.
Lorsque maman fut endormie, je me suis glissé dans l'atelier.
A l'aide de son dessin, je n'ai aucun mal à fabriquer le cadeau d'Okiyo.
De nuit plus tard, j'avais une réplique parfaite de l'œuvre de maman.
J'aurais tellement aimé lui montrer.
Le lendemain, à peine réveillée, je n'avais qu'une envie.
Que la nuit arrive.
Je n'ai pas vu la journée passer.
Mais la nuit venue, seul dans les rues du village,
le cadeau caché sous ma cap, le doute ne me fera pas.
Je savais où habiter Okiyo, mais je ne savais pas où il dormait.
Et si je me trompais de chambre ?
Et si son père me découvrait ?
Et si la maison était gardée ?
Et s'il y avait un molosse capable de me traquer ?
Heureusement pour moi, il n'y avait aucun garde,
encore moins de molosse.
Mieux encore, la chambre d'Okiyo était allumée.
Malgré leur tardive, il travaillait encore.
Alors que son père dormait, il méritait vraiment ce cadeau.
Je me suis couché le cœur léger.
Le lendemain, au petit déjeuner, notre porte d'entrée explosa.
Pas eu entra flanqué le trois gardes armées.
Il pointe un index rageur sur maman.
Laja, vous êtes accusé de haute trahison.
Comment ? Mais je n'ai rien fait.
Je travaille sans relâche au chantier.
Visiblement, vous trouvez le temps pour faire ça.
Pas eu, je t'ai assipi les restes du Rossignol d'Okiyo.
C'est moi le responsable.
Noël, tais-toi.
Ne sois pas ridicule, petit, seul, ta mère est capable de créer une telle horreur.
Mais c'est vrai.
Noël.
Plus un, mon gamin, où tu vas le regretter.
Emmener là.
Je me suis interposé, mais l'un des gardes me jiffla.
J'ai volé à l'autre bout de la pièce.
Ma tête percuta violemment le mur avant que je ne tombe comme un vieux sac.
J'ai essayé de me relever, mais mes jambes ne m'apportaient plus.
Tout devenait flou.
Et puis, j'ai senti maman se jeter sur moi, me prendre dans ses bras,
et me murmurer avant que je ne sombre.
Je suis si fière.
N'abandonne pas.
Après 189 ans à arpenter les terres du Royaume de Neige éternelle,
j'avais senti les choses venir.
Cette fichure humeur sur le danger à nos frontières,
elle rendait les gens anxieux, et c'était pas bon.
Avec ça, le mal avait ce qu'il faut pour prendre racine.
Les fils du destin étaient si emmêlés que je pouvais plus voir ce qu'allait se passer.
Alors j'ai fait comme avec une pelote pleine de nœuds.
J'ai tiré un fil et je l'ai suivi, espérant trouver une solution.
Suici m'amena tout au nord du Royaume, dans un village loin de tout.
Un garde royal barrait l'entrée.
Face à cette montagne de muscles à l'armure impeccable,
j'avais l'air d'une vieille chouette flétrie mal fagotée.
Altella.
Laissez-moi entrer s'il vous plaît.
Personne n'entre ni ne sort sur l'autorisation du maître instructeur.
J'ai si froid au zoo.
C'est pas mon problème.
Je vais ici, vous savez, je suis la chamanne du village.
Je vous ai jamais vu.
C'est que je reviens d'une longue retraite dans la vallée.
Je ne peux pas vous laisser.
Mais que faites-vous ?
Ce qu'il est...
Donnez.
Du pain d'épices ? Pour qui me prenez-vous ?
Pour un garde qui mérite une récompense.
Vous êtes seul à braver le froid et protéger les miens.
Oui, mais euh...
Vous méritez ce gâteau.
Et en plus, ça ferait plaisir à une vieille dame café non-groutes pour revenir au bercail.
Bien, on quelle délice.
Je ne l'ai jamais mangé ruyant le bouchon ou bon.
Tant mieux.
Dites, je peux entrer maintenant ?
J'ai si froid.
Mais bien sûr, je vous ai compagnes.
Non, non, merci, mon petit Saïra.
Je n'avais jamais vu un village aussi désert.
L'ambiance de mort y donnait l'impression que d'horrible monstre se cachait dans l'ombre, prêt à bandir.
Mais j'étais trop vieille pour avoir peur.
Et surtout trop concentré à suivre ce fichu fil du destin.
Il m'amena à une petite maison avec une porte défoncée.
J'ai passé la tête dans l'encadrement
et j'ai découvert un jeune garçon étalé par terre, une flacque de sang autour de la tête.
Je me suis précipité aussi vite que mes vieux muscles me le permettaient.
Mon ongant de flor d'Oito referma sa plaie, mais il demeurait inconscient.
Et j'avais Paul luxe d'attendre qui recouvre ses esprits.
Alors j'ai sorti un remède de chocs de Monsac a Malice,
une fiol remplie de bousses de yéti mélangé à de l'urine de troll,
puis je l'ai ouvert sous son nez.
...
Les Elas tranquilles !
Calme, mon garçon, tu as reçu un vin à coup.
Maman, ils l'ont mis, elle n'avait rien fait.
Le pauvre petit qui s'appelait Noël me raconta ce qui s'était passé.
Aucun mot ne le consolait.
Alors je lui offris un morceau de pain d'épices qu'il dévorera en une bouchée.
Le torrent de pleurs se tarit.
Noël retrouva quelques couleurs, me sourit et s'écroule à de fatigues.
J'somme Noël au chevet de Noël quand des enfants déboulèrent comme un troupeau de gnous.
Ils me dévisagèrent dans un concerto de cris, puis fixèrent en silence leur amialité.
Avec tout ce ramdame, Noël ouvrit un œil.
Noël va bien, ne vous inquiétez pas les enfants.
Pourquoi t'es là, Occhio ?
Un silence glassa l'atmosphère.
Ben... Comme les autres, je m'inquiétais.
Vraiment ? Dis plutôt que tu voulais voir si tu avais réussi ton coup.
Mais non, je te jure, quand j'ai ouvert le paquet, l'oiseau s'est mis à chanter.
Papa a débarqué comme une furie, il l'a mis en pièce, et puis il a claqué la porte si fort que toute ma chambre a tremblé.
Et depuis, il ne m'a pas adressé un mot.
Désolé.
C'est vrai que c'est un moment qu'il a fabriqué nos jouets ?
Mais non, comment l'aurait pu...
Oh, ma tête !
Faut que Noël se repose. Filet déjeuner, je m'occupe de lui.
Vous êtes qui, d'ailleurs ?
Une personne qui est arrivée au bon moment.
Maintenant, Oost !
La tornade d'enfants repartit. Noël s'assit sur son lit et me fixa un sourcil levé.
C'est vrai, ça ? Vous êtes qui ?
Comment ils doivent arriver ici ?
Grâce au destin, il m'a amené à toi parce que t'as un truc...
Pour causer les soucis ?
Pour créer de l'espoir. Et croit-moi, on va en avoir besoin.
Pourquoi ça ?
Parce que le mal prend racine dans le cœur des gens. Mais il est pas trop tard. Et c'est peut-être bien toi qui va nous sauver.
Moi ? Avec des jouets ?
Avec des jouets. T'as vu les faits qu'ils ont eu sur tes amis ? Faut pas abandonner, tu verras. Qu'est-ce qu'il y a ?
Les souhaits des copains ? Je ne m'en souviens plus.
...
Cette perte de mémoire était fâcheuse. Je suis allée me faire une tisane. Je réfléchis mieux avec une tisane.
Je me force toujours à boire lentement, comme ça mon esprit vague abonde et trouve des idées.
Comment récupérer les souhaits sans attirer l'attention de cette infame paue et de ces boricots de soldats ?
Pas à l'école ou dans la rue ? Peut-être que...
Léna ! Elle a dit que c'est en dessinant qu'elle a reçu son cadeau.
Ça me rappelle quand j'étais ptiote. Pour envoyer nos prières aux esprits, on les écrivait sur un papier et on les envoyait vers les cieux par notre cheminée.
L'idée redonna toute son énergie à Noël qui se ruit à dehors pour rejoindre ses camarades.
Après l'école, il rentra fier d'avoir rempli sa mission. Il les avait convaincus que sa mère n'y était pour rien et que l'esprit d'Iule veillait sur leurs souhaits.
Et il leur a suggéré de les envoyer par écrit.
Cette nuit-là, des dizaines de papiers célévers décheminés.
A l'aide d'une légère brise nocturne, je peux les récolter sans effort.
En contemplant notre moisson, un problème surgit immédiatement.
Il y avait trop de souhaits à satisfaire.
Noël n'y arriverait jamais seul.
Sauf si les esprits des glaces voulaient l'aider, mais...
Il n'y avait pas plus bruit que eux. Ils en faisaient qu'à leur tête.
Heureusement, j'avais ce qu'il fallait pour attirer leur attention.
Du bois zu mala. Quand il brûle, il dégage un halo de chaleur qui forme une porte vers le monde des esprits.
La chaleur monta très, très vite. Le passage s'ouvrit, proche dans le lumière multicolore dans toute la maison.
Noël resta bouchbé. Des ombres pas à l'apparure.
Elles murmurèrent des paroles inaudibles avant de se pencher sur le petit gars.
Deux signes se dessinèrent dans l'air.
Bonjo et Jebo.
Les runes de la joie et du don.
Elles irradièrent la pièce.
D'un coup, nous étions à nouveau dans le vrai monde.
Noël était au réolé de lumière. Ses yeux étanselaient comme des diamants.
Sans un mot, il se leva et se dirigea vers son atelier.
Je voulais le suivre, mais une enclume de fatigue me tomba dessus.
Peut-être valait-il mieux que je me repose juste un instant.
Noël ?
Il y a l'air...
Vous devez voir ça ?
Par les esprits !
Il faisait grand jour. La pièce était remplie d'une dizaine de jouets colorés.
Je crois qu'on va offrir à ton village la plus fabuleuse des livraisons.
Pendant que Noël était à l'école,
je me suis claque-muré toute la journée pour emballer ses créations
et les ranger dans deux gros sacs en toile.
Lorsqu'il est rentré, je lui proposais mon aide.
Je n'étais plus de première fraîcheur, ni très veloce,
mais je savais me faire plus discret que un murmure.
Noël accepta avec joie, nous n'aurait parti mes livraisons,
et puis, nous vous la partie.
Ma distribution touchait à sa fin, lorsqu'un garde donna l'alerte.
Dans la grande rue, j'aperçus Noël en train de distancer un colosse armé.
Je m'en pressais de tracer un symbole au sol en récitant une courte prière.
Un arbre sortit une racine qui fit trébucher le soldat.
On s'est faux filé à la maison.
Mais à peine on s'était glissé dans nos lits,
que des soldats férirruption nous saumant de nous rendre sur la place du village.
Les habitants étaient saisis par la peur et par le froid.
Paus tenait devant un bûcher chargé de joie, une torche enflammée à la main,
une veine de colère palpité sur son front.
Qui a distribué ses horreurs ?
Un souffle glacial lui répondit.
Qui ? Pas maman en tout cas, libérez-la !
Ta mère a trahi les ordres du Seigneur Régent.
Mais maître Paus, c'est l'esprit de Yul !
Pétit liate ! Tu crois que c'est variable ?
Et que fera-t-il si je fais ça ?
Il a bâti sa torche.
Le bûcher s'embrase à.
Les pauvres enfants essayèrent tant bien que mal de retenir leurs larmes.
Et pour la première fois, dans le regard des adultes,
la peur l'essa de la place pour la colère.
Arrivé à la maison, le pauvre Noël enfonce ça à les mains dans ses poches
et regarde à loin par la fenêtre.
On doit continuer.
Ça reste d'être compliqué avec les patrouilles nocturnes.
Parlez-toi ! On va livrer les jouets et parler cheminés.
Et t'as déjà sauté toi en toi ?
Non, mais j'étais le champion de l'air de jeu.
Et puis, vous pouvez m'aider, non ?
Hum, je dois pouvoir faire quelque chose.
Des nuits durant, aidés de la bénédiction des esprits,
Noël fabrique des jouets.
Tellement que j'ai bien du mal à trouver ou les cacher.
Tout ce temps, les souhaits affluèrent,
demandant le plus souvent le retour au calme d'entend.
Quand Noël voulu passer à l'action,
sorti de mon vieux sac magique a un charme de chance
pour qu'il ne trébuche jamais.
Puis je récité une prière,
afin qu'une brise glacial lui donne plus d'élan.
Il s'éclipse ça dans la nuit,
portant un sac deux fois plus gros que lui.
Et lorsque la lumière s'étira apparaisseusement dans le ciel,
décrit de joie éclatère.
En ouvrant la porte,
je suis tombée sur Noël et merveillée.
Les rues étaient inondées de jouets et d'enfants joyeux.
Leurs parents, déboussolés,
les regardaient avec un léger sourire timide.
Pas eu débarquat, ulcéré, entouré de ses gardes.
Vous connaissez la règle.
Mais mes parents,
être pas eu, on ne peut pas faire ça.
C'est un miracle de l'esprit de Yule.
Il n'existe pas,
et ceux qui ne suivent pas mes ordres seront chatiés.
Pas eu, Fandil, un marais d'enfants,
arrachant leurs jouets.
Il était aidé par une poignée de soldats.
Les autres les regardaient désemparés.
Vous devriez arrêter ça.
Je suis le maître de ce village.
Vous êtes le maître de rien du tout, mon petit.
Vous avez défié l'esprit de Yule et vous l'avez à sa réponse.
Tout le village s'était regroupé autour de nous.
La garde rapprochée du maître instructeur n'emmenait pas large.
Mais t'as vu que vous serez toujours perdant.
Espèce de vieille corneille.
Garde, c'est dit, c'est là.
Les soldats ne bougèrent pas d'un cil.
Le pauvre Okiyo s'approcha, l'air triste.
Il prit la main de son père pour l'entraîner loin de nous.
Ces gardes les plus fidèles le suivirent.
Vous le regretterez.
Quand le Seigneur Réjon l'apprendra,
il déchînera sa colère sur votre village ridicule.
Les autres soldats restèrent là les bras ballants.
La maire de Noël apparue au loin,
le visage ravagé par la fatigue et la faim.
Sa tunique était dans un triste état.
Noël se précipita vers elle en pleurs.
Le reste de la journée fut d'une incroyable légèreté.
La nuit venu, des centaines de mots selvèrent dans le ciel,
comme autant de remerciements adressés à l'esprit d'Yule.
Noël raconte à tout à sa mère qui rayonnait de fierté.
Ils continuèrent à fabriquer des jouets ensemble.
Et lorsque l'horrâtelier déborda,
les soldats qui étaient restés
proposèrent de les acheminer dans les villages à l'entour.
Ils disaient qu'avec leurs uniformes,
ils passeraient inaperçus.
Quand ils partirent, le village entier les acclama.
Si les fils du destin étaient toujours emmêlés,
celui que j'avais tiré avait dénoué un premier nœud.
Bientôt, les vents nous apportèrent des souhaits provenant d'autres villages,
mais l'un d'eux venait d'encore bien plus loin.
On tenait notre nouveau fil attiré.
Chers esprits de Yule, je m'appelle Innie,
et je suis un membre du petit peuple de la forêt de Yuli.
J'espère que vous lirez mon souhait très particulier.
Toute ma tribu a été kidnappée par des humains,
et je suis tout seul maintenant.
Je souhaiterais simplement qu'on soit à nouveau tous réunis.
Et dès-moi, je vous en supplie.
On nous appelle le petit peuple de Yuli, la forêt sacrée du Nord.
On est à peine plus grand qu'un brin d'herbe.
Enfin, moi je suis encore plus minus, parce que je suis un enfant.
Le seul de ma tribu.
On vit caché au cœur de la forêt, niché au sommet des plus hauts arbres.
Nos maisons y sont accrochées comme des décorations.
Des tas de passerelles les relient, et pour descendre,
on emprunte des escaliers qui courent le long des troncs.
Personne ne peut nous voir, sauf si on est d'accord.
Mais ceux qui savaient coûter peuvent entendre nos champs,
des airs magiques capables de soigner et d'apaiser toute la flore de la forêt.
Cette nuit-là, une mélodie lugubre me réveilla en sursaut.
Je vis mes parents sortir de la maison.
Je me suis levée pour leur demander ce qui se passait.
Ils ne répondirent pas.
J'ai saisi la main de papa.
Ils continuaient à davancer sans réagir.
J'ai suppli ma main de s'arrêter, elle m'ignorera.
Et puis, j'ai croisé leur regard.
Il n'était pas les sans-âmes.
J'ai regardé autour de moi et je fus fou de royer des froids.
Tout le village était dehors.
Tout le monde descendait, calmement, pour rejoindre un joueur de flûte en capuchonnée.
Ils se tenaient immobiles au pied de nos arbres.
Des fumaroles verdâtre s'échappaient en rythme de son instrument.
Impuissant, je vis ma tribu quitter le village suivant bien docilment l'horrible musicien.
Je me retrouvais seul, entouré d'arbres tristes, me demandant pourquoi moi j'avais été épargné.
Le vendement, alors que je se mets des larmes sur les passerelles du village,
la vue des traces laissées par le flutiste démoniaque chassa mon chagrin.
J'avais une chance de les retrouver.
Je suivais la piste prudemment, quand un champ lointain raisonnant.
C'était ma tribu qui chantait à l'unisson.
Conflé l'espoir, je me suis précipité.
Devant moi, cinq arbres mille énergies étaient au sol,
acheuvés à coups de hache.
La forêt pleurait, mais ne pouvait rien faire.
Notre champ l'entravait.
Mais pourquoi les miens chantaient-ils ?
Je me réponds sans les apercevant enchaîner à un impose en piquet.
Trois molosses leur tournaient autour.
Pâpas s'arrêtaient à te chanter, épuisés.
Les chiens aboyèrent, les babines retroussées.
J'ai hurlé de terreur.
Les chiens s'arrêtèrent.
Leurs petites oreilles pointues, frémissées.
Ils ne m'en valaient pas plus pour d'étaler.
Porté par la peur, je me suis retrouvé au bord du chemin
qui permettait de traverser la forêt sans se perdre.
Une carriole passât.
Un père et son fils se chamaillaient.
À propos d'un esprit qui offrait des cadeaux aux enfants.
D'après le garçon, il suffisait de lui écrire.
Sauf que son père le lui interdisait formellement.
Envoyer une lettre à un esprit ?
Quel idée bizarre.
Mais après tout, ça valait peut-être le coup d'essayer.
Ma lettre partie, j'attendis dans le froid de mon village désert.
Chaque nuit, je me réveillais en sueur,
me croyant que pourchasser par d'horribles bêtes tout droit sortis de l'enfer.
J'étais plus perdu qu'un bébé reine sur un lac gelé.
Mon dernier flocon d'espoir allait s'évaporer,
lorsque j'entendis des pas.
Deux voix m'appelaient.
Cette fois, je ne me suis pas précipité.
J'ai regardé discrètement par la fenêtre.
Un petit garçon rondouillard,
enmitouflé dans une écharpe et une femme,
plus ridée que l'écorce d'un arbre,
me cherchait le nélever.
Yémy, on a reçu ta lettre.
On est là pour t'aider.
Il agitait ma lettre.
Jamais je n'avais descendu les escaliers aussi vite.
Dès que j'eus posé le pied à terre,
les mots et les larmes j'alliairent en cascades.
Ils écoutèrent mon histoire sans dire un mot.
Je fus un peu déçu d'apprendre que l'esprit de Yule n'existait pas.
Mais quand ils m'expliquèrent ce qu'ils avaient fait,
mon cœur s'apaisa un peu.
Avec vos jouets, on pourrait faire fuir les soldats ?
Non, ils ne servent pas à faire la guerre, mais à l'empêcher.
Et puis la violence, c'est ainsi que sans fin, mon garçon.
Mieux vous le briser.
Alors peut-être qu'on pourrait le refrir des cadeaux ?
En voulant, une bonne idée.
Comment ça ?
Allez voir les gardes et leur apporter du pain d'épices.
Du pain d'épices ?
Oui, le mien adoucit les gens,
juste le temps qu'il faut pour libérer tes amis.
Vraiment ?
Vraiment.
Elle farfouillait dans son sac
et sortit tout un tas de petits flacons d'épices,
ainsi que deux énormes pots de farine et de sucre.
Elle y replonge à la main, fouillait un moment l'air contrarié.
Sa perlotte, j'ai plus de miel.
Hum, vous en auriez pas ici ?
Si, on adore ça, mais ce sont des petits pots, enfin pour des humains.
Et tu saurais où en trouver ?
Non, mais Pépé Vanilla a écrit des tas de choses sur la forêt.
En poussant la porte de sa maison, je fus accueilli par des piles de livres.
Une agréable odeur de café et de noisette s'en dégagait.
Par chance, le premier livre que j'ouvris me donnait la réponse.
Ne vous frottez jamais aux rues de Yulie.
Les abeilles attaquent à vue.
Leur d'art vous transpercera et leurs poisons vous achèvera.
Si vous voulez du miel,
il vaut mieux vous tourner vers la grotte du jala,
un terrible troll des forêts.
Ils collectionnent le miel comme les humains amassent de l'or.
Le danger sera grand, mais vous aurez une chance d'en échapper.
Ça va pas être de la tarte, histoire.
Pourquoi ça ?
Un troll des forêts, ça a de l'âge lait dans le cibouleau.
Il n'y voit rien et son odorat ne lui permet pas de faire la différence entre un gnu et une patate.
Le seul truc qui marche chez lui, c'est son ouï.
Il passe son temps à guetter le moindre bruit et pour lui bruit est galviendre.
Or ces montagnes sur patte se déplacent sans qu'on les entende.
À leurs yeux, on est des proies.
Si tu te fous pas dans le décor, t'es mort.
C'est pour ça que Noël ne pourra pas venir.
On ira tous les deux,
pendant que lui il ira chercher des oeufs dans le village voisin.
J'ai un peu de mal à croire que Nora puisse être furtive
avec ses airs de vieilles chouettes et bourrifiées.
Et quand on est sortis du village, je me suis senti bien bête.
Elle était vraiment plus discrète qu'un mur en mur.
Si bien que parfois j'avais l'impression qu'elle disparaissait.
On arriva dans un sous-bois vrombissant.
Perchés très haut, les abeilles œuvraient dans leur ruche.
On croisa des tas d'arbres en souffrance.
Leurs troncs semblaient avoir été défoncés par des coups de poing géant.
Ça me fendait le coeur de ne pas pouvoir les soigner.
À leurs pieds, des traces de pages gigantesques m'a fière frissonner.
À mesure qu'on les suivait,
l'obscurité grandissait accompagnée d'une légère odeur de miel.
On ne voyait plus grand chose.
Je sentis Nora se figer, je limiterai.
Un faible rayon de lumière traversa les hautes branches.
Juste devant nous,
« Ujala ! » se tenait assis.
Une montagne de pierres recouverte de mousse, de fleurs et de lierres.
J'étais glacé jusqu'à la moelle.
Le troll était immobile,
hormis son énorme tête qui l'inclinait légèrement.
Il tendait l'oreille, à la fu du moindre bruit.
Il semblait si attentif que j'eus peur qu'il n'entende mon cœur qui s'affolait.
Le temps passât, impossible à mesurer.
Nora a été comme une statue de pierre.
Un moment, je fus pris d'un soubrosseau.
Le troll se leveille, se mit en mouvement.
« Est-ce qu'il m'avait entendu ?
Non, je ne voulais pas finir déchiqueter. »
Par bonheur, il s'éloigna.
En suivant l'odeur de miel, la caverne nous a paru.
« C'est gigantesque que j'avais l'impression d'être une vulgaire poussière.
Sur les parois, de gros champignons luminescents nous permet un divour un peu.
On ne tarda pas à déboucher dans une salle gigantesque,
une montagne de ruches cassées saufrées à nous.
Sans perdre un instant, Nora sortit un sac en toile qu'on se dépêchait de remplir.
Alors qu'on rentrait au village,
un hurlement épouvantable fit trembler la forêt.
Ça ressemblait à une plainte furieuse.
Ujala n'avait pas dû apprécier notre visite.
Nora déposa le sac et vacilla.
Elle s'appuie à contre un arbre essoufflé.
« Fais pas cette tête, mon petit.
C'est juste un problème de vieillerie.
C'est plus de mon âge de gambes à décombrasser.
Je dois juste faire un petit somme.
»
Qui dura plus d'une journée.
Quand elle fut réveillée, on pressa les rayons des ruches pour en extraire le miel.
On terminait notre récolte lorsque Noël revint avec les oeufs.
Nora sortit de son incroyable sac,
tous les ustensiles et les ingrédients nécessaires à la préparation des pardépices.
Il ne nous manquait que de quoi les faire cuire.
Alors Nora trace à au sol un grand cercle par ce métier de motif.
Elle récita une prière, le cercle s'illumina et sous nos yeux ébaillit,
la terre se modela en un four.
Bientôt, 20 pains d'épices fumants luisaient comme des lingots.
Nora et Noël les emballèrent avec soin.
Avant de partir sauver ma tribu, on prit le temps de réviser notre stratégie.
Un spectacle de désolations sauf Réano.
La forêt donnait l'impression d'avoir été arrachée par un géant.
La nature bouillonnette colère,
mais le champ de ma tribu l'empêchait toujours d'exploser.
Nous voyons approcher un homme mince,
le visage usé, les cheveux en bataille, trottinant jusqu'à nous.
Un lourd trousseau de clefs à sa ceinture battait la mesure.
Vous n'avez rien à faire ici, dégagez.
Le Seigneur Réjant nous a envoyé pour vous offrir ces gâteaux.
Bollyvern.
Et pourquoi ça ?
Notre Seigneur Réjant n'est pas du genre à faire des cadeaux.
Alors que vous fournissez un bois aussi précieux,
alors que sans vous nous perdrions un précieux avantage,
notre Seigneur Réjant est dur, mais juste.
Ce petit, c'est l'espoir d'un grand pâtissier du château.
Il a travaillé dur pour vous offrir son meilleur pain d'épices.
Qui me dit qu'ils ne sont pas empoisonnés ?
Comment osez-vous ?
Si vous le souhaitez, je peux l'égoutter.
Faites.
Voilà.
Bien. Donnez-moi un morceau.
Quel délice.
J'ai jamais rien mangé d'aussi bon.
Les gars, faites donc une pause.
Venez déguster ce que notre Seigneur Réjant nous a fait pour nous récompenser de nos efforts.
Nora s'utilisa la plus petite clé du trousseau du chef et me la passa discrètement.
Tous les gardes se pressaient autour de mes compagnons,
impatients de goûter le pain d'épices.
J'étais à deux mètres du pic retenant ma tribu.
Lorsque l'un des moloss arrête à sa ronde,
Renif l'a l'air et tourna son horrible gueule vers moi.
Ils bondissent sur moi sans que je puisse réagir.
Je me retrouvais né à truffe avec le serbert.
Ils bavaient tellement qu'ils me couvraient d'écumes.
Mon corps était aux abonnés absents.
J'allais finir dévoré.
Et puis je viv mes parents, pleurant toutes les larmes de leur corps,
tout en continuant à chanter.
Une décharge de colère me permit de saisir un minuscule flacon
que Nora m'avait donné avant de partir.
Je le jeteais.
Il se brisa sur le museau du dogle
qui respirait un petit nuage de fumée blanche.
Il s'effondra, endormi.
Je paralysais les deux autres molosses de la même façon.
Le champ s'arrêta.
Des dizaines de perdues étaient braquées sur moi et merveillées.
Je me suis précipité pour les libérer.
La terre frémie, la forêt gronda,
un râle de colère tonna,
les humains paniquaires,
et là, le plus imposant des sapins s'anima lentement.
Un ancien s'éveillait,
les yeux brillants de fureur.
Des racines et des ronces jaillir,
entre avant les humains en un rien de temps,
Nora et Noël compris.
Alors que ma tribu fuyait,
je me mis à chanter.
Mais ma voix était trop faible pour arrêter l'ancien.
Le géant des corces,
arma son point,
prêt à aplatir les humains qui avaient massacré ses enfants.
Mes parents se joigniraient à moi,
le point s'abattit.
Tous les autres nous rejoignir,
et notre chant touche à l'ancien.
Son point s'arrêta à quelques centimètres des humains.
Pourquoi m'empêchez-vous de les punir ?
Vous alliez écraser mes amis,
alors qu'ils vous ont sauvés.
Et les autres ?
Ils ne méritent pas ça.
Les racines et les ronces,
relâchèrent leurs étrintes.
Les humains s'effondraient.
Vous nous avez sauvés.
On est désolé, on n'avait pas le choix.
On a toujours le choix, mon petit.
Suffit juste d'ouvrir les yeux.
Le chef et ses hommes échangèrent des regards de poulet
auxquels on aurait demandé de faire une addition.
Et puis comme un seul homme,
ils décidèrent de rester.
Mon peuple et les humains travaillèrent main dans la main.
En quelques jours,
à la place de la trosse chantier,
de jeunes arbres poussèrent ainsi qu'un atelier fabuleux
dans lequel Noël pouvait créer des tas de jouets magiques.
Nous étions à pied d'œuvre,
à assembler et en pactez des cadeaux,
lorsqu'on frappa à la porte de l'atelier.
Tout le monde se fija, la poignée tournait.
Oncle X est le plus grand érudit du royaume.
Il avait pour réputation d'être aussi chaleureux qu'un pain de glace.
Et sa dégaine d'asperges rigide
pour vue de cerne plus noir que du charbon n'arrange à rien.
Mais il conseillait mère avec intelligence.
C'est donc tout naturellement qu'il fut nommé Réjant en son absence.
Dès qu'il fut assis sur le trône, il changea.
Il s'empressa de répandre une drôle de rumeur.
Nous devions nous préparer au pire,
à cause des nations qui se trouvaient de l'autre côté des montagnes.
Comment quelqu'un d'aussi savant pouvait penser cela ?
Personne ne pouvait savoir ce qui se tramait hors de notre royaume.
Mère était la première et la seule à pouvoir explorer l'inconnu.
Un soir, j'ai osé le lui dire.
Il entra dans une colère noire si soudaine
que j'ai l'impression de voir son ombre s'étendre dans toute la pièce.
Je fus tellement stupéfait que j'ai oublié tout ce qu'il m'a dit.
En revanche, le lendemain, pour moi et les enfants du royaume, tout fut différent.
Nos leçons avaient pour seul sujet la guerre.
Les divertissements furent proscrits, les jouets confisqués.
Ils finirent entassés dans la salle du trône,
comme le trésor d'un dragon sans pitié.
La peur de la guerre était sur toutes les lèvres.
Les gens étaient terrorisés.
Oncle X, lui, rayonnait de noirceur.
En un rien de temps, le royaume devint plus sinistre qu'un cimetière
par une nuit de décembre sans lune.
Un matin, je surpris une discussion dans la salle du trône.
Sire, paû, expliquez-moi comment un petit village,
perdu à l'extrême-nord du royaume, échappe à notre contrôle.
Il est protégé par un puissant esprit.
Un esprit ?
C'est l'esprit d'Yule, S. Réjean !
Son brideo ? Yule n'est qu'une fête.
Je vous garantis que c'est aussi un esprit qui apporte des jouets aux enfants.
Arrêtez de vous moquer de moi !
Jamais je n'oserais, S. Réjean, mais plus on en brûlait, plus il y en avait.
Et vous allez me faire croire que c'est avec ces jouets qu'il vous a chassés.
Non, bien sûr, mais ça a donné du courage et de la force au vide-la-joie,
et il fait déserté certains de nos hommes.
On a dû battre en retraite.
Mais je leur ai dit de craindre votre courroie.
Vous avez bien fait.
Je vais écraser cette rebellion,
pendant que vous moisirez au cachot.
Le cerveau de mon oncle ne tournait vraiment plus rond.
Ça ne servait à rien de lui parler.
Je devais passer à l'action.
L'avantage d'un château à Britann à Tyran,
c'est que les gens sont tellement occupés à guetter son arrivée,
qu'ils ne font pas attention au reste.
Je n'eus donc aucun mal à descendre en cachette aux écuries,
chargés de mon sac de voyage.
Je sifflais mon reine,
Niut-Niut arriva en brahmant de plaisir.
Il frétilla alors que je grimpais sur son dos.
L'instant d'après, on filait comme les clairs vers le Grand Nord.
Après deux heures de course, la route s'effaçait.
La végétation disparu pour ne laisser place qu'à des dunes de neige
qui se répétaient à l'infini.
J'appris à mes dépens que dans un désert,
tous les pas se confondent.
Résultat, plus on avance,
plus la notion de temps vous échappe.
On progresse silenciement que son est désespérant.
Un homme croisa notre chemin.
Il montait un ours blanc, chargé de sacs,
qui lui battait les flancs.
Il portait un lourd manteau en peau,
le visage dissimulé par un masque,
et d'énormes lunettes au verre bleuté.
Il me salua d'un hauchement de tête.
Je me suis empressée de savoir s'il allait au Nord,
mais le froid me brûla la gorge.
L'homme le va un pouce en l'air.
J'allais lui demander si je pouvais venir avec lui,
mais il me sauma de me taire un index devant la bouche.
Puis il m'invita le suivre.
Jamais il ne dit un mot,
même lors de nos pauses sous l'attente.
Pire, il restait impassible,
même à mes meilleures blagues.
On navigua pendant ce qui me semblait être une éternité.
Finalement, mon ami silencieux pointa l'horizon.
Une forêt s'y dressait,
et j'aperçus de minuscules maisons
dont on devinait les fenêtres éclairées.
Je voulais partager ma surprise et ma joie avec mon sauveur,
mais une bourrasque de neige l'enveloppa
et il s'évapora dans un souffle.
Le village ne comptait que quelques maisons.
Il n'y avait que des personnes âgées.
J'étais si heureuse de parler à nouveau
qu'un flot de questions déferlât.
Malheureusement, ce n'était pas le village que je cherchais.
Pour m'y rendre, je devais passer par la forêt enchantée de Yuli.
Le moyen le plus sûr était d'emprunter la route toute proche qu'il a traversée.
Un léger tremblement de terre, comme un grondement sourd, me fit sursauter.
Tous les habitants, ça m'assert à l'entrée du village.
Au loin, une vingtaine de reines royaux s'approchaient.
Les soldats m'avaient rattrapées.
Je n'eus pas d'autre choix que de prendre la voie la plus rapide
et la moins sûre en coupant droit à travers la forêt.
L'Ontario de l'Ontario
Malgré ses imposants sapins, la forêt n'avait rien d'effrayant.
Le sous-bois était baigné d'une douce lumière habité par le champ des oiseaux.
Newt Newt fonçait, mais s'arrêta brusquement
lorsqu'il découvrit une clairière improbable.
Un champ de terre labourré, parsemé de jeunes arbustes,
au milieu duquel tronnait une drôle de bâtisse,
s'y imposant qu'on aurait dit une immense grange biscorneux,
déri, remêlée à des bruits de labeur, s'en échappait.
Je mis un pied à terre.
Un rossignol va se poser sur les bois de Newt Newt.
En regardant son merveilleux plumage, je fus soufflé.
Ses plumes étaient en bois.
Cette oiseau était un jouet animé plus vrai que nature.
Il s'envola et elle a se posé sur le toit de l'étrange bâtiment.
J'avancais jusqu'à la porte d'entrée,
pris une grande inspiration et toquait.
Le tumulte à l'intérieur s'arrêta.
Je frappais à nouveau, rien.
J'ouvris quand même la porte.
Devant moi, des dizaines de soldats,
des petits êtres, à peine plus grands que des brins d'herbes,
me fixaient aussi médusés que moi.
Des centaines de jouets gambadés,
pendant que d'autres attendaient d'être assemblés ou emballés.
Au centre, un petit garçon rondouillard s'affairait à fabriquer des jouets.
Une vieille dame aux allures de chouette,
plus frippée qu'un vieux parchemin, lui donna un coup de coude.
Il s'arrêta, leva la tête, et s'avance à vers moi,
un soleil accroché au visage.
Bienvenue chez nous. Je m'appelle Noël et toi ?
Mérie.
Princesse Mérie, oh, qu'a fait-t-vous ici ?
Je leur ai tout expliqué.
Les soldats étaient subitement mal à l'aise
et le petit peuple totalement effrayé.
La vieille femme ne bronchât pas, tandis que Noël bouillait.
Il faut partir, tout de suite.
Sauf qu'on est à plusieurs jours de marche de ton village.
Si on avait un traîneau, Newt Newt pourrait nous y amener.
Malheure bien, jeune Votrene.
Il m'a aidé à traverser le désert de glace, rien ne lui résiste.
Mais vous avez un plan ?
On n'arrête pas une orde de soldats comme ça.
Je suis la princesse, ils seront obligés de m'écouter.
Et s'ils ne vous écoutent pas ?
L'esprit de Yule leur fichera la frousse de leur vie.
Avec des jouets ?
Non, mais je pense qu'ils vont attaquer de nuit
et ça pourrait bien jouer en notre faveur.
Suffit juste d'être préparé.
Pour la première fois, je vis Noël à l'œuvre.
Au réholé de lumière, les yeux brillent comme des diamants.
Ces doigts dansaient sur le bois au rythme de coup précis et délicat.
On n'a rien de temps, il donna vie à un traîneau.
Si léger qu'il avait l'air de flotter.
Noël bricola également des sortes de fer-âche-fall en bois enchanté
qui permis Yrtha Newt Newt de voler.
Newt Newt galopait à travers les cieux
aussi naturellement que s'il était sur la terre ferme.
Le traîneau ne semblait pas lui peser.
Son premier atterrissage fut en revanche quelque peu chaotique.
Emporté par les lents, on manqua de s'encastrer dans l'atelier de la mer de Noël.
Notre arrivée fut un véritable rodé aux démotions pour les habitants du village.
Les merveillements devant le traîneau enchanté tiraient par un reine volant.
La peur panique à l'annonce de l'arrivée d'une ordre de soldats,
l'espoir quand ils apprirent que j'étais la princesse
et que Noël avait été béni par les esprits des glaces.
À la nuit tombée, nous étions prêts à accueillir nos assaillants.
Des dizaines de torches ne tardèrent pas à flotter au loin.
Lorsqu'elles furent assez proches, j'allais à leur rencontre en chevauchant, gnaute-gnaute.
Je vous ordonne de laisser ces gens tranquilles.
Ah ouais ? Et tes qui ?
Marie, la princesse du royaume, fille de roi,
grande souveraine de neige éternelle,
fille de tulis, le vénérable, le vôtre...
Ah, bah, bah, bah, bah, ça vorme, d'incompris.
Pour la peine de nous casser les pieds.
Vous devez donc m'écouter.
Vous avez entendu, les gars ?
La mioche dit que je dois l'écouter.
Vous êtes tenus de m'obéir.
On est des mercenaires, ma petite.
On obéit qu'à celui qui paye.
Et notre patron, en ce moment, c'est le Seigneur Régent.
Je vous paierai plus.
Oh !
Avec quel argent, ma jolie ?
Quand mère rentrera, elle sera se montrer généreuse.
Et tu crois qu'on a le temps d'attendre ?
L'espoir paye pas.
Et en plus, je suis sûr que si on pramait nos Seigneurs Régents,
il nous filera une prime.
Il s'élance vers moi,
tandis l'une de ses grosses mains pour me saisir,
mais je réussis à esquiver de justesse.
Newt Newt fit volt face et fonça vers le village.
Mais qu'est-ce que vous fichez, bombes d'abruti ?
Attrapez-moi cette princesse !
Une nuée de mercenaires beuglant me poursuivit.
Mais juste avant qu'il n'attaigne l'entrée du village,
un éclair claqua dans le ciel nocturne.
Le vent se leva, porteur de mûres mûres inquiétants.
Les Reines se cabraient, projetant au sol leur cavalier affolé.
Enlevez-vous, gants de gnous !
Tranchez-moi le premier truc qui se pointe !
Et là, une silhouette gigantesque s'éleva derrière le village.
On aurait dit un géant des temps anciens,
les mercenaires détalèrent, abandonnant leur chef.
Si seulement ils avaient su que ce n'était qu'un pantin recouvert de neige,
leur escapée de la peur fulmina, déterminée à mener à bien sa mission.
Devant lui, le village se dressa comme un seul homme.
Et face à cet ultime défi,
le courageux chef des mercenaires dégarpit sans demander son reste.
Tout le monde explosa de joie.
Mais la triste réalité ne me fera pas.
On venait de repousser une attaque,
mais mon oncle n'en resterait pas là.
On doit stopper cette folie.
Et je crois bien qu'on peut y arriver, Altesse.
Si toute la capitale reprend espoir d'un coup,
votre oncle pourrait bien se retrouver affaibli,
et on a tous les cadeaux qu'il faut à l'atelier.
Vous croyez qu'on peut vraiment en livrer autant à nous quatre ?
Non, mais avec l'aide de tous ceux qui nous ont rejoint,
ça me semble possible.
Surtout s'il n'aura les aides comme elle l'a fait avec moi lors de la première livraison.
Pas de problème, mon petit, mais je suis pas sûr que ce soit suffisant.
Comment ça ?
Il y a toujours des têtes de bûche dans le lot.
Faudrait utiliser un autre truc,
un symbole qui rappellerait à tout le monde ce qui y eut.
Un truc qui leur montrerait à quel point ce qui vive n'a pas de sens.
Le grand sapin de la grand place.
Tout le monde s'y pressait les soirs de fête,
mais depuis que mon oncle est au pouvoir, il déperit.
Vous pouvez le compter sur moi.
Le petit peuple va le soigner en acclint d'oeil.
Et on pourrait utiliser les feux d'artifice du château
pour montrer au royaume tout entier que la capitale reprend espoir.
Porté par notre enthousiasme, on retourna à l'atelier de la forêt de Yuli.
Noël y fabriqua d'autres traîneaux pour amener notre équipe au grand complet.
Bientôt, un esquadron fendit le ciel étoilé
avant de se poser silencieusement dans la capitale endormie.
Sans perdre une minute,
Ymi et sa tribu font serre vers le grand sapin.
Chaque soldat passa devant Nora pour recevoir prière et protection
avant de saisir un sac rempli de cadeaux et de s'éclipser par les toits.
Avec Noël, on se faux-fila dans la cour du château
pour nous glisser jusqu'à l'entropo
où étéranger les feux d'artifice.
Seul est drapé de silence,
on a pris tout ce qui nous passait sous la main.
C'était presque trop facile.
On a rejoint Nora et Ymi sur la grand place.
Le petit peuple avait redonné toute sa splendeur au sapin.
Il me semblait encore plus majestueux que dans mes souvenirs.
Lorsque les soldats revinrent de leur tourner,
le grand conifer s'illumina et le feu d'artifice démarra.
Partout dans la cité, des sourires fleurirent.
Les portes et les fenêtres s'ouvrirnt sur des visages émerveillés.
La joie submergea toute la capitale.
Soudain, un hurlement de douleur déchira l'atmosphère.
Un frisson parcouru la ville.
Pendant une seconde, le silence fut roi.
Et puis, le palais suffit sur avec fracas.
Une ombre titanesque en émergea.
Elle déploya deux ailes immenses
qui projeterrent le rôbre sur tout le royaume.
Un colosse à la peau plus noir que la nuit
se dressait devant nous, les bras croisés.
Derrière ces traits démoniaques,
on devinait ceux de l'oncle de mairie.
Il jeta un regard incondaisant sur la ville.
Une légère brume se leva.
Brusquement, tout le monde fut pris de panique,
comme faisant face à son pire cauchemar.
Un puissant, je vis himmie, se recrogue villée,
grolotant, terrorisée.
Mes rives fondies tant l'arme et se mit à courir
après un fantôme qu'elle ne rattraperait jamais.
Nora s'écroula, ses mains serrant sa poitrine.
Je me suis précipité vers elle.
Elle trouve assez d'énergie pour me rassurer d'un mur-mur
avant de fermer les yeux.
La colère m'envahit.
Je me détestais de ne pouvoir rien faire.
Je maudis les esprits des glaces de m'avoir donné
un pouvoir qui n'avait servi à rien.
Il se passa alors quelque chose d'étrange.
Une porte se découpa dans l'air, juste devant moi.
Une porte toute bête, en bois,
aussi modeste que celle de ma maison.
J'ai jeté un coup d'œil autour de moi,
le caout redoublait.
Le titan cauchemardesque contemplait son œuvre satisfait.
Je suis quoi faire pour tout arranger ?
J'ouvris la porte.
Une lumière froide comme la mort m'aveugla.
Je fermais les yeux et passais le seuil.
La porte se referme à toute seule.
J'étais dans un tunnel qui ressemblait au couloir souterrain d'un château.
En dehors du crépitement des torches
dont les flammes léchaient les vieux murs,
le silence était total.
Je n'entendais même pas le bruit de mes pas.
J'étais seul, parfaitement seul dans ce couloir
si long que je me demandais s'il avait une fin.
Le doute s'insinua dans mon esprit.
Comment avais-je pu penser tout arranger en passant cette porte ?
Et si c'était mon cauchemar,
un piège qui me condamnait à marcher pour l'éternité ?
Je me mis à pleurer et à chaud de larmes,
mais aucun son ne sortait de ma bouche.
Le désespoir s'emparade moi.
Je les méfondrais lorsque je vis surgit des ombres.
La silhouette de Nora s'avancait vers moi.
Arrivé à ma hauteur,
je tendis une main vers elle.
Quand mes doigts touchèrent les sien,
l'image se brouilla comme la surface d'un lac.
Elle me sourit, sans rien dire,
et me fixigne de la suivre.
On avançait en silence.
Par instant, mon ami tournait la tête
pour s'assurer que j'étais toujours là.
Ce maudit tunnel avait une fin,
une porte similaire à celle que j'avais ouverte pour arriver ici.
Nora passait au travers,
je tournais la poignée
et l'ouvris sur un monde de cauchemars.
Sous mes yeux, c'est allé un monde en ruine
recouvert de cendres plongés dans la paix nombre.
La porte se referma dans mon dos,
obligant à mettre un pied sur cet étendu dévasté
où rien ne vivait, pas même un brin d'herbe.
Nora s'éloignait.
Elle se retourna, et s'arrêta souriante.
Je me précipitais pour la rejoindre.
Marcher me demandait un effort de tous les instants.
À chaque pas, je m'enfonçais dans la cendre.
Parfois jusqu'à Mimolet,
l'air était si sec que mes yeux me piquaient.
Pourquoi avais-je passé cette porte ?
Pour affronter l'inconnu,
je n'avais rien d'autre que mon précieux couteau à bois.
Les ruines, les serres-places à un terrain vague infini,
pas un chemin à l'horizon pour me donner l'espoir d'arriver quelque part.
L'angoisse me tailladait l'estomac.
Une colline finit par se dresser au loin.
Une fine colonne de fumée noireâtre s'en élevait,
se perdant dans le ciel nocturne.
Arrivé au pied de la colline,
je le vis, plantée à son sommet,
un arbre malfaisant.
C'est de lui qui émanait la colonne de fumée.
Comme si ce n'était pas assez étrange,
son tronc portait deux yeux qui me fixaient méchamment.
Un regard d'une noirceur absolue qui me rappela celui du démon.
Je n'entendais plus que les coups sourds de mon cœur embrasés de colère.
Un grognement furieux fit frémir la colline.
Un énorme molosse surgit du sol pour me barrer le passage.
Sa gueule, débordée de dents aiguisées,
ses yeux rouges brillaient d'une intelligence mauvaise.
Par réflexe, je sais si mon couteau.
J'avais l'air si ridicule que je cru entendre le monstre
lâcher un petit ricanement.
Je ne voulais pas finir dévoré.
Je n'avais pas fait tout ce chemin pour rien.
Alors j'ai hurlé avec tant de rage qu'un oursauré pris peur.
Mais le serbert bondit.
La peur me pétrifia.
C'était fini.
Alors, une épée trancha le molosse
qui s'évapora en une pluie de flocons.
Je fixais la lame blanche,
puis j'ai remonté jusqu'à la main qui la tenait.
C'était la mienne.
Mon couteau s'était métamorphosé en épée
et cette épée avait guidé mon bras pour me sauver.
Je n'ai pas le temps de chercher à comprendre
les branches de larbre s'agitaires, menaçantes
et d'autres monstres jaillir et fondir sur moi.
Je n'ai qu'à tenir fermement mon épée,
elle savait d'elle-même ou frapper.
Lorsqu'un tapis de neige recouvrait le flanc de la colline,
les attaques s'essèrent.
Les yeux de larbre redoublerent de haine.
Mais il était seul et ne pouvait plus rien faire.
Encore une fois, mon épée porte à l'écouter elle-même.
Elle vint à bout des branches qui tentaient de me transpercer.
Les morceaux coupés se tordaient au sol comme des asticots.
L'arbre saignait une sève noséabond et poisseuse.
Malgré cela, la colonne de fumée ne vacillait pas.
Il me fallait trancher les racines pour que tout soit fini.
Comme s'il avait deviné, l'arbre se recroque via.
Les racines étaient innombrables et s'enfonçaient si bien.
Je me suis rendu profondément que j'étais peur de ne jamais y arriver.
Mais tout comme les branches, elle se tordait sur elle-même,
creusant un peu plus le sol et me facilitant la tâche.
Exténué, couvert de cendres et de sèves gluantes,
mon épée trancha la dernière racine.
Le tronc fut paye de soubresseaux.
Des jets de fumée noirâtre sifflèrent.
Puis l'arbre explosa.
Libérons un torrent d'écume visqueuse.
J'essayais de résister mais j'étais à bout de force.
Je regardais la colonne noirâtre, elle se dissipait.
J'avais gagné.
Je pouvais me laisser emporter par cet océan répugnant.
Alors que je coulais, je me sentis envahie par une douce et chaude odeur de peintes d'épices.
Ait-est-ce que l'on ressentait quand on mourait ?
J'ouvris les yeux et je vis Nora qui m'enveloppait,
formant autour de moi une bulle protectrice contre les flots sombres.
Le déluge emporta tout sur son passage.
Quand il prit fin, la cendre avait laissé place à la neige.
Nora s'effondra.
Je voulais la prendre dans mes bras mais mes mains passèrent au travers.
Son image se troublait et l'eût un sourire désolé.
Je suis heureuse que ça se finisse bien.
On est dans un saléta tous les deux.
Comment t'es venue d'ailleurs ?
Les esprits des glaces m'ont appelé alors que je partais.
Je suis si fatigué.
T'as pas le droit de me laisser.
Les esprits des glaces peuvent te ramener, non ?
J'ai bien peur que ce soit pas possible, mon petit.
Et l'énergie qui me reste va devoir te renvoyer dans notre joli royaume.
Je ne te ferai plus jamais ?
Qui sait ?
Peut-être que je serai autorisé à passer dans tes rêves.
Mais je veux rester avec toi.
Il te reste des tas de choses à faire, mon petit.
Tiens donc que je te fasse indérifier Kala.
Elle ouvrit les bras et m'enveloppait de toute sa douceur.
Je me suis mis à pleurer, pas de fatigue ou de tristesse, mais de tendresse.
Et puis elle rayonna si fort que j'en suis éblouie.
Quand je revuis les yeux, je me tenais sur la grand place de la capitale du royaume.
La cité était éclatante de joie.
L'infame des mons avait disparu, laissant un trou béant dans le palais.
Méris et Ymim sautèrent dessus.
Tu nous as sauvés ?
Avec Nora.
Il n'y avait plus que son sac à malice échoué par terre,
juste à l'endroit où il s'était écroulé.
Je l'ai pris.
On eut pas besoin de moi.
On se sera très fort dans les bras.
Et...
Mon oncle, qu'est-il devenu ?
Il est peut-être dans la salle du trône.
On s'est précipita pour arriver devant une pièce dévastée.
L'oncle de Méris était affalé près du trône,
entouré des joies du royaume qu'il avait confisqué.
Une maige de cheveux tombait tristement sur son visage.
Même s'il suffoquait, à bout de force, les traits tirés,
son regard luisait de haine.
Maudis enfants, ils vont voir ce qu'ils vont voir.
Il essaya de se lever, mais c'est à l'âge de tout son long.
Qu'est-ce qu'on fait ?
On l'arrête.
Non, regarde.
Les ombres de la salle se rassemblaient au centre pour former une porte.
Celle-ci n'avait rien de modeste.
Tout en cristal ciselé d'une myriade de détails,
elle était aussi imposante que la porte d'entrée d'un palais.
Une lumière bleue s'est répandie alors qu'elle s'ouvrit.
Des bruits de pas raisonnères.
Une grande silhouette blanche pénétra dans la salle,
baignée de volutes de fumée noireâtre.
Avec son ample robe immaculée et sa large capuce qui lui masque le visage,
on aurait dit un moine.
La silhouette s'avança lentement vers le Seigneur Régent déçu,
qui se releva appéniblement.
Laissez-moi leur régler leur compte.
Elle posa sur son épaule une main pâle et délicate,
puis elle se pencha vers lui comme pour lui murmurer quelque chose.
Alors, tout est fini ?
Un nouveau murmure arrachait un sourire triste au pauvre ex.
Et il eut ce geste étrange.
Il prit la main de la silhouette comme un enfant prendrait la main de sa mère.
Sa peau de 20 pâles, ses yeux se teintèrent d'un bleu glaçant.
Il scruta la pièce en instant, l'air nostalgique.
Puis il passère la porte, qui se referma dans un bruit sous, et disparu.
Qu'est-ce qui vient de se passer ?
J'en ai pas la moindre idée.
Cette fois, c'est vraiment fini ?
Hmm, pas tout à fait.
Mon regard s'était posé sur le trésor du Seigneur Régent.
Tous ses jouets méritaient de retrouver leurs propriétaires.
Je savais quoi faire.
J'ai ouvert le sac magique de Nora pour y fouiller tous les jouets volés.
Comme s'il avait compris, Newt Newt nous attendait à Tléotrénot.
On passait le reste de la nuit à redistribuer tous les cadeaux.
Ce fut la plus belle fête de Yule que le royaume est jamais connu.
Un moment unique, où les enfants, comme les adultes, partagèrent cette joie toute simple du cadeau au pied de la cheminée.
C'était la légende de Noël.
On espère que cette histoire vous a plu.
On vous souhaite de bonnes fêtes et on vous donne rendez-vous le 7 janvier pour encore plus de petites histoires.