Panique à la piscine

Durée: 11m20s

Date de sortie: 16/04/2020

Clémentine a peur de la piscine depuis toujours. Mais aujourd’hui, elle est obligée d’y aller avec sa classe, et notamment Hélène et ses sorcières, les terreurs de l’école...


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Cécile Rubin. Racontée par Margaux Billard et Arnaud Guillou. Mix : Celsian Langlois. Générique : Benoît Nass. Illustration : Camille Sainson.

Become a member at https://plus.acast.com/s/les-ptites-histoires.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Panique à la piscine.
Aujourd'hui j'ai piscine.
Et la piscine je t'éteste.
Ça sent les pieds, le ménage, ça crite partout et ça me donne mal à la tête.
Et puis je sais pas nager.
Et quand on sait pas nager, on peut se noyer et même mourir.
J'en fais des cauchemars.
À chaque fois c'est la même chose.
Je tombe dans une piscine géante et je n'arrive jamais à remonter.
Je me réveille toujours en sursaut, tellement en sueur qu'on dirait que je suis vraiment
tombée à l'eau.
Bref, c'est pour ça que j'évite de nager.
Même quand on part en vacances à la mer ou qu'on va à aquafen avec ma cousine Louise.
Mais là, pas le choix.
C'est l'école et j'ai vraiment trop peur.
J'ai bien essayé de faire la malade pour éviter le premier cours.
Mais maman est plus forte que les détecteurs de mensonges qu'ils utilisent dans les films.
Clémentine ne fait pas l'enfant.
Voilà ce qu'elle m'a dit.
Et j'ai été obligée d'y aller.
Forcément, ce premier cours a été horrible.
Un peu à cause de ma peur de l'eau et beaucoup à cause des sorcières.
La bande d'Hélène, les pires méchants de la planète.
Elle n'aura jamais une occasion pour smoker.
Enfin, surtout Hélène, sa bande ne fait que rigoler derrière.
Au premier cours, Hélène s'est moquée de ma copine Sandra.
Elle l'a traité d'hypopotames devant tout le monde.
Elle a même ajouté « Tu devrais nous attendre dehors, les animaux ne sont pas autorisés ici ».
Tout le monde s'est moqué.
Et Sandra s'est effondrée.
C'était si injuste que la colère m'a fait hurler.
Au moins un hippopotame nage mieux qu'une bande de dinde.
D'un coup, tout le monde a fermé son clapé.
J'étais un peu fière.
Mais Hélène s'est avancée vers moi.
Rède comme un piquet.
Le regard plus noir qu'un corbeau.
La peur m'a fait reculer jusqu'au bord de la piscine.
J'ai paniqué.
Elle a souri.
Je me suis mise à genoux en la suppliant de ne pas me pousser parce que je ne savais pas nager.
Elle m'a dit « T'es trop la honte de la classe, t'es pire qu'un bébé ».
Et toute sa bande a pouffé.
Fred et d'hommes, les maîtres nageurs sont arrivés.
Tout le monde s'est tué.
Il n'avait rien vu.
Et le cours a commencé.
Sauf pour moi.
J'avais le ventre tellement tordu que je suis restée sur un banc à regarder les autres.
Les moins forts d'un côté, là où on a pied, et les plus forts de l'autre.
Sandra était avec les forts.
Elle nage vraiment bien.
On dirait un dauphin.
Et je dois l'admettre, les sorcières aussi.
Aujourd'hui, c'est le deuxième cours.
Et je ne peux pas faire le coup de la maladie une deuxième fois.
Pourtant, je suis toute flagada.
Mes jambes sont en guimauve.
Et mon ventre est sinoué que je n'arrive même pas à valer mon petit déjeuner.
Mange un peu ma chérie.
C'est important avant le sport.
J'ai pas faim.
La piscine.
J'ai peur.
Encore ?
Ben oui.
La piscine, ça me fait encore plus peur que les chauves souris.
Ou le sirocô à la fête foraine.
Ça me donne mal aux ventres.
La dernière fois, je suis restée au bord de la piscine.
Ce n'est pas grave.
Tu vas apprendre ?
Non.
Parce qu'il y a les sorcières.
Les pesses qui se moquent de vous ?
Oui.
La dernière fois, Helen m'a traité de gros bébés devant tout le monde.
Ne les coûte pas.
Elle aussi au début, elle ne savait pas nager.
Alors Cloulis-le-Bec en devenant une super nageuse.
Dans les vestiaires, en m'habillant, je vois que maman a glissé un petit mot avec mon goûter.
Courage.
Tout va bien se passer.
Ça me réchauffe un peu le cœur.
Mais d'un coup, on me l'arrache des mains.
C'est Helen.
Alors bébé Clémentine a besoin d'encouragement ?
Les sorcières éclatent de rire.
Le reste de la classe me regarde.
Désolé.
Tout le monde quitte le vestiaire.
Je me retrouve seule avec Sandra.
Incapable de bouger.
Elle me prend la main et on rejoint les autres.
Après avoir traversé le pédi-luve dégoutant sur la pointe des orteils,
on se met tous au bord de la piscine pour écouter frais des dhommes.
La piscine me semble encore plus immense que la dernière fois.
Helen me lance un vilain clin d'œil.
Je recule.
Mais les encouragements de maman résonnent dans ma tête.
Armée de courage, je m'avance.
Je regarde même le fond pour voir si c'est profond.
Mais d'un coup, la peur m'enveille.
La piscine va m'engloutir.
Mes jambes se dérobent.
Sandra me rattrape.
Regardez, y a Lipo qui vient à la rescousse de la crevette.
Et encore, les vrais elles s'aventagent.
Les sorcières pouffent.
Mes frais de ses nerfs super forts et elles se font toutes petites.
Après ça, les forts vont vers le Grand Bassin et mon groupe de nuls, là où on a pied.
On s'est mis en file indienne.
Notre exercice avait l'air facile.
Il fallait juste sauter en boule dans l'eau.
Sauf que moi, je suis tétanisée.
J'ai trop peur de couler.
Tout le monde est excité.
Me bousculent, me dépassent.
Personne ne fait attention à moi.
Tant mieux, avec un peu de chance, Fred ne remarquera rien.
C'était sans compter sur cette peste d'Hélène qui s'est empressée de l'avertir en lui disant que j'avais besoin d'aide.
Résultat, il est venu me voir.
Les sorciles froncés.
Ça ne va pas, Clémentine.
Si, si.
Tu ne veux pas faire l'exercice ?
Non.
La piscine est trop profonde.
Je vais me noyer.
Mais vous avez pieds, là ?
Sauf que moi, je suis toute petite.
Je suis sûre que je n'ai pas pied.
Et si, je te donnais un cours particulier ?
Tout le monde va se moquer de moi.
Mais non. Ils seront tous occupés avec d'hommes.
On va faire en sorte que tu n'es plus peur et que tu arrives à plonger.
Ça va durer toute la vie.
Parce que je ne plongerai jamais.
Ça prendra le temps que ça prendra, mais tu vas y arriver, j'en suis sûr.
D'hommes récupèrent mon groupe de Nulos et avec Fred, on va de l'autre côté de la piscine.
Sur le chemin, il attrape une grande frite en mousse.
Tu vas t'asseoir sur le rebord et mettre tes jambes dans l'eau.
Vous n'allez pas me pousser, hein ?
Mais non. Pourquoi je ferai une chose pareille ?
Tu plongeras dans l'eau en restant accroché au bord
et je te passerai la frite pour que tu flottes.
Et si tu y arrives, après, on fera des exercices.
En m'asseyant, je glisse et je métale comme une oterie.
Les sorcières me mitraillent avec leurs sourires maucheurs.
Mon coeur se met à battre à 60 000 à l'heure.
Je suffoque.
Fred m'aide à me relever et m'apprend un super exercice de respiration.
Inspirez, expirez. Inspirez, expirez.
Inspirez, expirez.
Petit à petit, je me calme.
Pleine d'hésitation, je mets mon gros orteil dans l'eau.
Ça me donne la chair de poule.
Fred m'encourage.
Je mets mes pieds dans l'eau puis mes jambes.
J'ai peur, mais je pense au mot de maman qui me donne à leur plein de force.
Presque sans m'en rendre compte, je me retrouve dans la piscine cramponnée au bord
avec de l'eau juste au-dessus du coeur.
Comme prévu, Fred me tend la frite.
Je m'y cramponne.
Un peu paniqué, je bâte fort des pieds jusqu'à ce que la peur s'évanouisse.
Je flotte.
Et encore mieux, je sens qu'avec cette frite, je ne peux pas me noyer.
Fred sourit.
Sans qu'il ne me demande rien, je continue de battre des pieds plus calmement
et je me mets en route vers le milieu de la piscine.
Je me sens si légère qu'un large sourire s'imprime sur mon visage à moi aussi.
Je croise le regard des autres, épaté.
Une vague d'encouragement me pousse à aller plus vite, plus loin.
Rien ne peut m'arrêter.
Mais d'un seul coup, ma frite disparaît.
Hélène se tient à côté de moi, un sourire mesquin sur ses lèvres.
Je me sens coulé.
Je bâte des bras pour rester à la surface.
Mais ça ne sert à rien.
Je sombre.
Le rentre dans mon nez, ça me brûle.
Je tousse.
J'avale des litres d'eau.
J'étouffe.
Mes yeux me piquent si fort que je suis obligée de les fermer.
Je n'entends rien.
Il n'y a que des bruits de bulles autour de moi.
Je me débat pour essayer de me remonter.
Mais le fond de la piscine m'attire.
J'abandonne et me laisse couler.
Soudain, on m'attrape le bras.
Je suis propulsée à la surface.
L'air remplit mes poumons.
Je crache toute l'eau que j'ai avalée.
Des cris de panique explosent dans mes oreilles qui se débouchent enfin.
Tout est bruyé.
Mes yeux brûlent.
Je les ferme.
On me traîne jusqu'au bord et on m'allonge sur le carrelage froid de la piscine.
J'ouvre les yeux.
Fred est à côté de moi.
Tout flou.
Je distingue les visages des autres de la classe.
Ils sont blancs de peur.
Aller voir, on dirait que quelqu'un est mort.
Fred me parle, mais je ne comprend rien ce qu'il dit.
Je reste allongé.
Sonné.
Fred m'emmène alors à l'infirmerie de la piscine pour que je me repose.
Je m'asoupie.
Quand je rouvre les yeux, c'est maman qui se trouve en face de moi.
L'air paniqué.
Elle me dit qu'elle aurait dû m'écouter quand je lui disais que je ne voulais pas aller à la piscine.
Qu'elle est désolée.
Mais ce n'est pas de sa faute.
Elle n'a rien fait.
Elle ne pouvait pas savoir.
En rentrant à la maison, elle m'annonce que je peux arrêter la piscine si je veux.
On me trouvera un autre sport.
La clémentine de ce matin aurait sauté de joie.
Mais celle de cet après-midi n'a pas envie d'arrêter la piscine.
Au contraire, je le dis à maman qui me prend dans ses bras et me dit que je suis la petite fille la plus courageuse qu'elle connaisse.
Le lendemain, le maître nous apprend qu'Ellen est exclu pour une semaine.
On parle de ce qu'il s'est passé pendant un long moment, mais moi, je n'ai plus trop envie d'en parler.
À la récré, les sorcières sans leur chef viennent me voir.
Leur regard arrivait vers le sol pour me dire qu'elles sont désolées.
Qu'Ellen est allée trop loin et qu'elles ne sont pas d'accord avec ce qu'elle a fait.
La vie à l'école reprend son cours.
Et puis, un matin, devant l'école, Ellen réapparaît.
En me voyant, elle s'approche.
Je fais un pas en arrière.
Puis je vois qu'elle est toute penode à se tortiller les mains.
Elle me dit qu'elle est désolée, qu'elle voulait juste rigoler et qu'elle ne pensait pas que ce serait aussi grave.
Elle ajoute qu'elle s'en veut énormément et qu'elle se moquera plus jamais des gens.
Ellen ne peut se moquer des gens.
C'est encore une de ses ruses.
Puis, j'aperçois une larme coulée sur ses joues.
Une larme ? Je lui tins un mouchoir.
Elle me remercie.
On se regarde pendant de longues minutes en silence.
Alors, elle me propose son aide pour le prochain cours de piscine.
Je suis tellement étonnée que je hoche juste la tête.
Elle sourit.
Finalement, peut-être qu'une sorcière peut devenir sympa ?

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

LesPtitesHistoires+(Deuxhistoiresexclusiveschaquemois+zéropub.)

Imaginez que vous adorez lire, et que votre rêve est de devenir le plus grand monstrologue de tous les temps. Maintenant imaginez que vous tombiez sur Monstropedia, un livre monde peuplé de monstres rares. Oseriez-vous le lire, même si l'on dit qu'il est maudit ?


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Kids & Family', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Stories for Kids', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere