Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petit histoire.
Bonjour, bonsoir, c'est Mathieu.
Aujourd'hui, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir cette histoire, augmentée
d'un habillage sonore réalisé par les hachevriers.
Bonne écoute.
Quels drôles de langage pensent-ils en nous écoutant et quelles drôles de manière ? Vraiment,
qui aurait pu croire à l'époque que ce drôle de singe s'empoie, s'engriffe et
s'en croit allait conquérir la planète ? Lorsque la nuit était encore noire et la
nature sauvage, aucun monstre n'aurait imaginé de voir cohabiter avec lui.
Mais un beau jour, l'homme maîtrisa le feu, puis l'électricité et bientôt, il
fait partout.
Inéluctable.
Plus moyen de trouver un endroit isolé où s'installer, l'homme et les monstres
durent coexister.
Depuis cette époque, chaque petit monstre en âge de quitter le giron familial se voit
attribuer une maison d'humain par le ministère des Monstres.
Si tout va bien lorsque celle-ci n'est habité que par des adultes, les choses se compliquent
lorsqu'ils ont des enfants.
Car en dessous de dix ans, un humain peut voir les monstres.
Et c'est précisément ce qui préoccupe Damdam, le héros de notre histoire.
Damdam est, comment dire ? Damdam est certainement le plus mignon des petits monstres avec ses
six bras, ses quatre gros yeux et sa mâchoire semblable à celle d'un bulldog.
Enfin, c'est en tout cas ce que lui répète régulièrement sa maman.
C'est également le plus joyeux et le plus rigolo de tous, si l'on m'encroît
son papa et ses copains.
Et pourtant, aujourd'hui, alors qu'il fête son anniversaire avec sa famille, Damdam
est préoccupé.
Il le sait, bientôt, il devra quitter ses proches pour emménager dans sa première maison
d'humain.
Et cela le stresse beaucoup.
Pourvu que sa future maison ne comporte aucun enfant, se répète-t-il encore et encore
alors qu'il souffle ses bougies dans l'espoir de voir son vœu se réaliser.
S'entend son inquiétude, son cousin Grahut vient poser une pâte réconfortante sur
son épaule.
Moi aussi, j'avais peur que ma maison soit habitée par un enfant, tu sais.
C'est normal, mais il ne faut pas.
Le tout, c'est de bien lui faire peur dès le début et d'attendre qu'il devienne
à son tour un adulte.
Ce n'est qu'une question d'année.
Ensuite, il ne pourra plus te voir et tu seras enfin tranquille.
A l'autre bout de la table, Papy tentacule l'opinion du chef.
C'est la méthode ! Il n'y en a pas d'autre ! Faut fouiller dans les livres et les dessins
animés de ces petits-dommes et trouver ce qui leur fait peur.
Puis, l'utiliser contre eux pour les terrifier.
Mais surtout, il ne faudrait rien céder, ne jamais fuir.
Tu t'installes dans sa chambre et tu n'en bouges plus, sinon, c'est perdu.
Tu peux le faire, fiston !
Nous n'avons jamais échoué dans la famille.
Ça fait 15 générations que nous terrorisons les enfants.
Ce n'est pas demain qu'un humain mettra l'un d'entre nous dehors !
Oui, mais voilà.
Dame-dame déteste faire peur.
Alors le petit monstre sourit timidement à sa famille et garde ses craintes pour lui.
Le jour venu, lorsqu'il se trouve enfin devant sa future maison avec sa grosse valise à ses côtés,
Dame-dame ne peut s'empêcher de trembler comme une feuille,
pourvu que cette maison ne comporte aucun enfant, se répète-t-il encore et encore.
Hélas, toutes ses craintes se trouvent confirmées lors de la visite
et la découverte d'une chambre d'enfant.
Une chambre semblable à une taignère avec des jouets éparpillés sur le sol,
un lit des faits et des affaires sales jetés dans un coin.
N'en pas hésitant, Dame-dame se dirige doucement vers le lit.
Il le sait, c'est sa meilleure chance de passer inaperçu.
Alors qu'il se fouffile comme il peut entre les lattes du lit et le plancher,
la porte d'entre-laque, deux voix éclate.
Même s'il ne comprend pas un mot,
Dame-dame devine que l'une est celle d'une maman, visiblement furieuse et que l'autre,
l'autre appartient à un enfant.
Je te le dis pour la dernière fois, Thomas.
Je veux que tu ranges ta chambre, je ne le répéterai pas.
Mais maman, je ne veux rien entendre.
Ce n'est pas moi qui vais le faire, dépêche-toi.
Pris de panique, gesticulant dans tous les sens,
Dame-dame parvient à se glisser sous le lit
au moment même où la porte de la chambre s'ouvre avec fracas
sur un enfant aux cheveux blonds, aux genoux écorchés et au regard furieux.
Range ta chambre, elle est très bien comme ça à ma chambre.
Rallant et bougonnant, l'enfant se met à contre-coeur,
ramasser les jouets qui traînent au sol,
sans se douter que chacun de ses gestes est suivi avec angoisse
par deux perdiés terrorisés.
Les minutes passent, interminables,
et Dame-dame commence à reprendre espoir.
Il n'y a après tout rien du tout sous le lit
si ce n'est un doux-doux abandonné.
Pourquoi l'enfant viendrait fouiller ici ?
C'est alors que le petit garçon se met à genoux
et glisse sa main dans sa direction.
Les petites voix vagabourent en contre alors la fourrure de Dame-dame
qui ne peut s'empêcher de laisser échapper un petit rire.
Quelques secondes passent durant lesquels le petit monstre retient son souffle.
Puis Thomas finit par se mettre à crier.
Le reste n'est que furie et vacarme.
Tandis que Dame-dame bondit hors de sa cachette,
Thomas attrape un fusil à balle en mousse et se met à lui tirer dessus.
Paniqué, le petit monstre glisse sur les affaires au sol et tombe par terre.
Il se relève et se précipite hors de la chambre sous une pluie de projectiles.
Derrière lui, le garçon le prend en chasse.
Il lui jette désormais plusieurs jouets sur le crâne en poussant d'écris le sauvage.
Dame-dame se ruent dans le salon pour trouver refuge derrière les jambes de la maman
qui attrapent son fils par la main avant qu'il ne puisse rattraper sa victime.
Stop !
Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ?
Je t'avais demandé de ranger ta chambre.
C'est le monstre maman. Il y avait un monstre sous mon lit.
Ça suffit. Je ne veux plus rien entendre.
Tu me ranges tout ça et tu filles dans ta chambre jusqu'au dîner.
Mais maman, tout de suite !
Soulagé, mais tremblant comme une feuille,
Dame-dame observe son tourmenteur retourné dans sa chambre,
sachant pertinemment que ses problèmes ne font que commencer.
La nuit venue, Dame-dame se faufile dans la chambre du petit garçon endormi.
En retinant son souffle, il s'empresse de récupérer sa valise restée sous le lit
pour emménager tout en haut du placard.
Utilisant un pull pour se faire anoriller,
le petit monstre se blottit dans un coin afin de trouver le sommeil.
Mais ses espoirs sont de nouveau contrariés
lorsque le petit garçon éclate en sanglots quelques heures plus tard.
Intrigué, Dame-dame se penche et observe de ses quatre grosses yeux
la maman de Thomas rejoindre son enfant
et tenter de le réconforter en lui caressant le dos.
Tout va bien à mon cœur.
C'est le monstre maman. Il arrive.
Il n'y a aucun monstre, chérie. Calme-toi.
Je veux mon doodou, celui avec le petit torse.
Je sais, mon cœur, mais tu te rappelles qu'on l'a cherché ensemble
et qu'on ne sait plus où il est.
Tu ne veux pas ton nouveau ?
Promis, on cherchera l'autre encore demain, d'accord ?
Allez, rendors-toi.
Les jours et les numéries qui suivent se ressemblent malheureusement pour le petit monstre
qui ne sait plus où se cacher pour échapper à Thomas.
Si les journées sont plutôt calmes,
le retour de l'école sonne quotidiennement le début de la chasse au monstre à travers l'appartement.
Une chasse au monstre qui ne prend fin que lorsque la maman excédée finit par intervenir.
Dame-dame est épuisée, démoralisée et ne sait plus quoi faire.
Alors, un matin, il se résigne à suivre les conseils de sa famille.
Sans entrains, il se met alors à chercher parmi les livres du garçon
ce qui pourrait bien lui faire peur.
Petit à petit, en feuilletant les ouvrages illustrés,
Dame-dame réalise que les monstres y sont systématiquement dépeints de manière effrayante.
Livre après livre, histoire après histoire, les méchants sont monstrueux et les monstres sont méchants.
Abbas, sourdis par sa découverte, Dame-dame s'assient d'un instant pensif.
T'est-onant que Thomas en prenna lui ?
Il a peur.
Toutes son enfance ont lui a raconté que les monstres étaient méchants.
Tanté de lui faire encore plus peur ne changera rien.
Ce serait comme jeter de l'huile sur le feu.
Soudain, Dame-dame a une idée.
Lorsque Thomas rentre de l'école ce jour-là, prête à chasser du monstre,
il découvre avec surprise Dame-dame, assis au milieu de sa chambre.
Surpris, l'enfant attrape son fusil à balanmousse,
pousse son traditionnel cri de guerre pour le faire fuir,
mais s'interrompt, étonné de constater que le petit monstre le regarde en souriant.
Quelque chose cloche, mais Thomas ne sait pas quoi.
Un peu déstabilisé, l'enfant arme son fusil, persuadé que le monstre veut lui jouer un mauvais tour.
Il s'apprête à faire feu lorsque sa maman le rejoint et le félicite d'avoir rangé sa chambre.
Le petit garçon réalise alors que tous ses jouets ont effectivement été rangés ainsi que ses livres
et ses peluches.
Thomas est pourtant certain qu'il n'y est pour rien.
Alors qui ? Sa maman lui fait un gros bisou sur le front et lui demande de la rejoindre pour le dîner.
Thomas baisse son fusil et observe le petit monstre assis en face de lui qui continue à lui sourire.
Dans ses pattes, il aperçoit alors son doodou perdu.
M'effiant, le petit garçon s'approche lentement et vient le récupérer dans la main du monstre
avant de belbussier un merci et de tourner les talons.
Au cours du dîner, Thomas ne sait plus quoi penser.
Il mange ses légumes sans se plaindre.
Pourquoi ce monstre agit-il de la sorte, se demande-t-il ?
Est-ce qu'il s'agit d'un piège ?
Il est toujours aussi effrayant, bien sûr, mais il a rangé sa chambre et retrouvé son doodou.
Lorsqu'il retourne dans sa chambre pour se coucher, Thomas est un œil sous son lit,
mais ne trouve aucune trace de Dame Dame.
M'effiant, il décide de se coucher avec son fusil à balle près de lui.
On ne sait jamais.
Plus tard dans la nuit, Thomas se réveille de nouveau après avoir fait un terrible cauchemar.
Mais cette fois-ci, Dame Dame saute de son étagère et se précipite à ses côtés pour lui carrer ses doucements le dos
comme il a vu la maman faire les autres nuits.
Rassuré et à moitié endormie, les petits garçons l'attrapent alors par le cou et l'attirent contre lui pour lui faire un câlin.
Le sourire accroché derrière les oreilles, Dame Dame se blottit contre l'enfant et passe sa première nuit dans un fraily.
Les jours qui suivent, Dame Dame et Thomas multiplient les jeux.
Ils développent même un langage qui n'appartient qu'à eux et que personne d'autre ne comprend.
Thomas adore lorsque Dame Dame utilise ses six bras pour le chatouiller,
ou lorsqu'il vient se blottir contre lui la nuit et le petit monstre ne s'en prive pas.
Tout au fond de lui, Dame Dame le sait.
C'est la peur qui pousse les adultes à ignorer les monstres, les laits, les différents et non pas le fait de vieillir.
Lorsque Thomas grandira, il ne l'oubliera pas.
C'est certain.
Ils resteront amis pour la vie.
C'était une histoire de Mathieu Salvia, raconté par Arnaud Billeau, à Bihage Sonor, les hachevriers.
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À bientôt.