Les 1000 maisons de Monsieur Frank

Durée: 10m9s

Date de sortie: 21/05/2020

Le mercredi, c’est le jour et Octave déteste ça. Mais lorsqu’il va rencontrer un drôle de personnage devant le supermarché, il va vite changer d’avis.


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Cécile Rubin. Racontée par Arnaud Guillou. Mix : Celsian Langlois. Générique : Benoît Nass. Illustration : Camille Sainson.

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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les mille maisons de Monsieur Franck.
Le mercredi, c'est le jour des courses et je dois toujours accompagner papa.
Ça m'ennuie tellement, je préférais rester joué à la maison à la place.
Mais j'y vais quand même, comme ça, je suis sûr qu'il n'oublie pas mes biscuits préférés.
Aujourd'hui, à côté de la porte, il y a un géant, avec deux énormes chiens.
Il dépasse papa de moins six têtes.
Peut-être qu'il remplace Bob, le monsieur de la sécurité.
Et puis, je vois qu'il tient un gobelet de café qu'il tend aux gens en souriant.
Peut-être que c'est un vendeur de boissons chaudes ?
Ce serait bizarre quand même.
Et puis, avec ses longs cheveux gris, son chapeau en cuir et son blouson couvert de
drapeau cousu, il a plutôt l'air d'un aventurier.
Alors qu'on passe devant lui, il nous lance un sourire gigantesque et agite son gobelet
pour demander une petite pièce.
Je veux lui répondre, mais papa me tire par le bras.
Sans comprendre ce qu'il m'arrive, je me retrouve dans le supermarché.
Pourquoi on n'a pas donné de pièce au monsieur ?
On n'en a pas.
Zut ! Ah mais je sais, on peut lui donner la pièce du caddie !
Papa souffle comme un dragon et me fixe très fort.
Je réplique immédiatement avec mon regard de chaton.
Papa craque et soupire.
Une fois les courses chargées et le caddie rangées, je récupère la précieuse pièce et fonce vers le géant,
en faisant des tas de petits bons de joie.
Il me tend son gobelet qui me paraît aussi énorme qu'une marmite.
J'avance doucement la main comme si le gobelet allait m'engloutir.
Le géant me regarde et je comprend que je peux y aller.
Je lance la pièce dedans et tig !
D'un seul coup, je me sens beaucoup moins minus.
Merci mon petit ! C'est quoi ton prénom ?
Octave, et vous ?
Moi, c'est monsieur Franck.
Et eux, c'est Pépère et Pantoufle.
Euh, dites, pourquoi vous demandez des pièces ici ?
Pour me construire une nouvelle maison.
La dernière a disparu à cause d'une magicienne qui m'a joué un vilintour.
Quoi ? Mais comment c'est possible ?
Ça, c'est une longue histoire et on dirait bien que tu es attendu mon petit.
Je te le raconterai la prochaine fois que tu viens, si ton papa veut bien.
Je me tourne vers papa.
Même pas besoin de dégainer mes yeux de chaton, il lève tout de suite les yeux au ciel en disant d'accord.
Je saute dans ses bras en poussant des cris de joie.
Pépère et Pantoufle aboient et sautent comme des fous.
Je me réfugié derrière papa.
Monsieur Franck rigole et me rassure en me disant que c'est leur façon de montrer qu'ils sont contents que je revienne l'écouter.
Le mercredi suivant, en rentrant de l'école, je vide ma tir lire à la recherche de ma pièce de 2 euros, la plus grosse que j'ai récolter jusqu'ici.
Je secoue mon cochon plus fort qu'une maraca, mais elle refuse de tomber.
Alerté par tout mon boucan, papa vient voir ce que je fabrique.
Je lui explique.
Il me demande si je suis sûr de vouloir donner autant d'argent.
Évidemment que je suis sûr.
On passe au moins 10 minutes à retirer la pièce et puis papa établit une règle.
Ce n'est qu'après les courses que je pourrai écouter l'histoire et ça ne durera pas plus de 5 minutes.
Pendant les courses, je me transforme en fusée qui fait le chercher tout ce qui est écrit sur la liste de papa.
On n'a jamais fait les courses aussi vite.
Je sors tout bondissant.
Arrivé devant Monsieur Franck, je sors fièrement ma précieuse pièce.
Monsieur Franck a l'air impressionné.
Je la pose dans son gobelet.
Il s'éclaire si la voix et commence son histoire.
Avant de te parler de ma dernière maison, il faut que je te parle de ma toute première.
Il y a très longtemps, je vivais en Amazonie.
J'étais professeur pour Perroquet.
Je leur apprenais à parler le français.
En Amazonie, il y a beaucoup de crocodiles et d'areunis avec des milliers de pattes.
Alors avec pépère et pantoufles, on s'est fabriqué une cabane tout en haut d'un arbre.
On s'y sentait si bien que les Perroquets venaient prendre leur cours à domicile.
Un jour, en plein milieu d'une leçon, un bruit strident a déchiré la forêt.
La cabane s'est mise à vibrer comme un téléphone qui n'arrête pas de sonner.
Passant ma tête par la fenêtre de la cabane, j'ai vu un gigantesque robot tronçonneuse qui attaquait mon arbre.
Kraak ! Ma maison s'est effondrée.
Mes élèves m'ont rattrapé au vol et on s'est envolés.
Papa me tape sur les poules.
Ça fait déjà cinq minutes.
C'est impossible. Je veux savoir la suite.
Je ressors mes yeux de chatant mignon, mais cette fois-ci, le dragon est inflexible.
Cinq minutes, c'est cinq minutes.
Le mercredi d'après, en passant devant Monsieur Franck, j'ai eu une idée.
Écouter l'histoire pendant que Papa fait les courses pour avoir plus de temps.
Papa me jette un nom plus tranchant qu'un couteau à jigots.
Bob, le monsieur de la sécurité, s'approche en voyant ma mine déconfite.
Un peu gêné, il avoue à Papa qu'il a écouté l'histoire de la semaine dernière et qu'il peut écouter la suite avec moi.
Les yeux de Papa deviennent plus gros que des boules de bowling.
Il essaie de contrer la proposition de Bob, mais cette fois, son nom coupe moins qu'un couteau à beurre.
Vaincu, il me tente une pièce de deux euros.
Je la glisse dans le goblet de Franck et l'histoire s'enclenche.
Alors qu'on s'envolait le plus loin possible du robot tronçonneuse,
un hurragan monstrueux nous a soufflé.
J'avais l'impression d'être dans un sèche-linge géant.
Ça tournait dans tous les sens.
Quand tout s'est arrêté, on était sur la banquise.
J'avais l'air malin, je misais, pépère et pantoufle, grolotait.
On a croisé des manchots qui nous ont offert des doudounes et qui nous aidaient à construire un igloo géant,
idéal pour y donner des cours d'écriture aux drôles-doiseaux de la région.
Les manchots m'ont épaté, ils sont vraiment superdoués.
Un jour, il s'est mis à faire si chaud que j'ai dû remettre ma chemisette.
Les murs de l'igloo sont devenus tellement fins que si on les touchait,
on risquait de passer au travers.
Et un matin, alors que j'ouvrais l'école, notre coin de banquise s'est détaché
et on a commencé à dériver.
Je suis tellement pris dans l'histoire que la voix de papa me fait sursauter.
Il est déjeuner ! Il a mis des moteurs à réaction sur son caddie ou quoi ?
Frank sourit et promet de m'attendre pour raconter la suite de ses aventures.
Un sous-pierre, plein de frustrations me surprend.
Mehdi, un garçon de mon école, se tient juste derrière moi avec sa grande-sœur et sa maman.
Lui aussi était captivé par l'histoire.
Le lendemain, Mehdi me tape sur l'épaule à la récréation.
On s'enflamme en élaborant des théories sur la suite de l'histoire.
On est si bruyant que nos copains Moussa et Violette viennent nous voir intriguer.
Ils ont du mal à en croire leurs oreilles, mais avant de rentrer en classe,
rendez-vous épris devant le supermarché pour la suite de l'histoire de monsieur Frank.
Le mercredi suivant, il a droit à quatre spectateurs surveillés par Bob le vigile Babisiteur.
Notre bout de glace à la dérive nous a porté jusqu'à une île luxuriente,
perdue au milieu de l'océan.
À peine arrivée, Pépère et Pantoufl ont filé à toute allure vers le cœur de l'île.
En voulant les rattraper, je suis tombé né à né avec des touquants,
une famille entière six générations.
Au début, ils ne nous voyaient pas d'un bon oeil, mais on s'est vite apprivoisés.
Ils m'ont aidé à construire un idouillet en feuilles de palmiers.
Pour les remercier, je leur ai donné des cours de morce.
Grâce à leur gros bec, ils étaient super forts.
La vie sur l'île était parfaite, exception faite de la pluie qui tombait à Torrent chaque nuit.
Et puis, un soir, il s'est mis à pleuvoir si fort que l'île a été engloutie.
Les touquants ont fui à Tiredel.
Pépère, Pantoufl et moi, on s'est grandponnait à notre maison en feuilles de palmiers.
Elle était si étanche qu'elle flottait, et une fois encore, on s'est laissé porter par les flots.
La mère de Moussa vient le chercher bien plus tôt que prévu et nous coupe en plein milieu de l'histoire.
La suite devra attendre.
A la récré du jeudi matin, on se retrouve avec Violette, Moussa et Mehdi pour imaginer où M. Frank allait débarquer.
On fait tellement de bruit que notre petit groupe attire des curieux.
Pour l'histoire suivante, on se retrouve à 6, puis 8, puis 12, puis tellement que ça devient impossible de compter.
L'histoire de M. Frank devient notre rituel du mercredi, impossible de rater un épisode.
Surtout pas celui de la Maison au Flamant Rose, du château de sable habité par des signes,
ou de la mongol fier tirée par des hiboux.
M. Frank est une machine à histoire qui semble avoir vécu dans des milliers de maisons à travers le monde.
Tout le monde est si captivé que son gobelet déborde de pièces.
Et puis un jour, M. Frank n'est plus à sa place habituelle, mais à côté d'une sorte de petit chapiteau, sans pépère ni bantoufles.
D'un sourire, il nous fait signe de nous approcher.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
C'est l'endroit où je vais vous raconter les histoires maintenant.
Ah bon ? Mais pourquoi ?
Mes histoires sont arrivées jusqu'aux oreilles du directeur du supermarché qui m'a proposé d'en faire mon travail.
Mais c'est génial ça ! Et pépère et bantoufles, ils sont où ?
Ils se reposent dans notre nouvelle maison.
Votre nouvelle maison ? Elle est comment ? Vous allez nous raconter, hein ?
Évidemment, je suis là pour ça.
C'était une histoire de Cécile Rubin, racontée par Arnaud Guillaume.
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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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