Samira & Lila

Durée: 10m8s

Date de sortie: 22/10/2020

Samira doit faire un exposé sur sa ville de naissance avec Lila, la fille la plus cool de l’école ! Samira devrait être contente, mais non. Pourquoi ? Parce que Lila aimerait bien venir travailler chez Samira et ça ne l’arrange pas du tout…


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Cécile Rubin. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix : Celsian Langlois. Générique : Benoît Nass. Illustration : Camille Sainson.


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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Samira et Lila.
Vous allez faire un exposé en duo.
Vous allez devoir parler de votre lieu de naissance.
Samira, tu seras avec Lila.
La maîtresse sourit.
Qu'est-ce qui lui prend ?
Jamais ça pourra marcher entre Lila et moi.
Lila, tout le monde l'adore, on dirait une super star.
Moi, je suis son opposé, presque invisible.
En même temps, c'est normal.
Ici, tout est nouveau pour moi.
Je viens d'arriver et en plus, je passe moins de temps avec les autres parce que je
dois suivre des cours de soutien de français.
La sonnerie retentit.
Je prends mon sac en espérant très fort que Lila m'oublie.
Sauf qu'en faire mon sac, je la vois là, plantée devant moi.
C'est trop bien qu'on soit ensemble.
Tu viens prendre le goûté à la maison ?
Il faut qu'on s'organise pour avoir la meilleure note.
J'aimerais bien, mais je dois m'occuper de mon petit frère Yanis.
Il est à l'école, non ?
Il est à Kavenir, j'habite juste en face.
Je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche que Lila me saisit la main et file comme
les clairs à travers les couloirs.
On entraîne Yanis dans notre sillage qui a bien du mal à suivre avec ses petites jambes.
En un clin d'œil, on se retrouve devant un petit immeuble de deux étages seulement.
Un arbre et des tas de buits sont fleuris des passes du toit.
Derrière la porte d'entrée, ce n'est pas un hall, mais un salon gigantesque,
comme dans les maisons de stars qu'on voit à la télé.
Une bibliothèque court sur tout un mur débordant de livres.
Tous les meubles sont six neufs, qu'on a l'impression qu'ils sortent tout juste du magasin.
Lila nous amène dans la cuisine.
Yanis s'accroche à moi tellement il est impressionné.
On se croirait dans une pâtisserie royale.
Trois kek scintillent comme des trésors sous une cloche en verre.
Des dizaines de peaux, des bordes de biscuits et de fruits secs.
C'est mon père, il adore faire de la pâtisserie, ça le détend.
Tes parents ne sont pas là ?
Non, ils rentrent toujours tard.
Comme maman.
Ah ouais ?
Ça vous arrive de vous faire à manger seul ?
Jamais, les repas en famille chez nous, c'est sacré.
Ah !
Moi, quand je mange seul, j'ai l'impression d'être une adulte.
Et les parents s'excusent toujours mille fois.
Vous voulez du jus de pomme maison ?
Sans attendre notre réponse, elle sort une bouteille et trois verres.
Envoyant Yann y se loucher sur la jarre de cookies,
elle en sort une poignée qu'il gobe aussitôt.
Ça lui donne une tête de hamster joyeux.
Comme il n'a pas de devoir, Lila lui propose de regarder un dessin animé.
Il l'a dévisage comme si c'était une fée capable d'exhausser tous ses souhaits.
On s'éclipse dans sa chambre pour être au calme.
Là aussi, j'ai l'impression d'être dans une photo de magazine.
C'est la chambre idéale dont tout le monde rêve.
Il y a même un mur de souvenir couvert de photos de Lila.
Cliquit !
Lila tient un gros appareil photo dans ses mains.
Une photo en sort, toute noire.
Je prends toujours des photos.
C'est plus facile de se rappeler des moments importants.
Je reste la bouche ouverte comme une vieille truite sans savoir quoi répondre.
Bah quoi ? C'est la première fois que tu viens ici, c'est pas rien.
Bon, on s'y met ?
Elle sort ses affaires, me tend un bloc note et un crayon.
Tu viens du Liban, c'est ça ?
Euh oui, on vivait à Beyrouth.
On vient juste d'arriver.
Ça doit pas mal te changer, non ?
Oui, ça fait bizarre.
Mais maman dit que c'est mieux ici pour nous.
Moi, j'ai toujours vécu dans cette rue.
Je connais le quartier comme ma poche.
Je pourrais te faire visiter.
C'est gentil.
Bah non, c'est normal.
Oh, j'ai une idée !
On pourrait faire un exposé où on compare nos villes.
Comme ça, tu apprendras des choses sur Paris,
et moi sur Beyrouth, ça te dit ?
C'était la meilleure idée du monde.
J'allais enfin pouvoir comprendre pourquoi maman avait voulu venir ici.
Tout à coup.
Lors-loche, sonne 17h.
Oh, zut !
On doit y aller.
Quoi ? Déjà ? On a à peine commencé.
Désolé.
Pas grave. On remet ça demain.
Je pourrais venir chez toi cette fois.
C'est qu'on n'habite pas vraiment à côté...
L'étude, c'est mieux, non ?
L'étude !
C'est pire que la récré.
Et puis j'en ferais plaisir de voir où tu habites.
D'accord.
Mais qu'est-ce qui m'a pris d'avoir dit oui ?
Elle doit jamais venir chez moi.
J'habite dans un immeuble tout gris.
Quand il fait moche,
il se fond dans le ciel comme pour se faire oublier.
Dans le hall, les lumières fatiguées clignotent.
Ça sent le fromage de chaussettes.
Et c'est bruyant.
Pas parce qu'il y a plein de monde.
Juste parce que les murs sont en papier,
et qu'on entend absolument tout ce qui se passe chez les autres.
Si quelqu'un claque une porte, ça fait vibrer tout l'immeuble,
comme un tremblement de terre.
Quand on rentre, Yanis se jette dans les bras de maman
et lui raconte la maison de Lila.
Moi, je vais dans ma chambre.
Enfin, notre chambre.
Elle fait aussi salons,
salamangés et saldo.
La cuisine, la salle de bain et les toilettes sont partagées dans le couloir.
Notre pièce de vie est aussi grande que ma chambre à Beyrouth, avant.
Les murs jaunies sont parsemées de tâches.
Les jours d'ennui, avec Yanis,
on se dit que ce sont des animaux
et on essaie de savoir à quoi il ressemble.
Mon préféré, c'est une vache qui fait du vélo.
Maman dit qu'on ne restera pas longtemps ici,
mais qu'en attendant,
ça nous permet d'aller dans l'une des meilleures écoles de la ville.
Super.
Le lendemain, dès que la classe est terminée,
Lila se plante devant moi au garde-à-vous.
Prête pour l'expédition ?
Quelle expédition ?
Bah, tu disais que tu n'habitais pas à côté, alors.
C'est comme une expédition ou une randonnée, si tu préfères.
Ah oui, chez moi, je t'ai pas dit.
Maman est malade, elle a besoin de repos.
Ok, on va chez moi, alors.
Yanis peut venir ?
Évidemment, on va pas laisser tout seul le pauvre.
Quand Yanis apprend qu'on retourne chez Lila,
il en tremble de joie avant de bondir partout comme un kangourou.
Yanis bouleote des cookies,
et nous, on s'applique sur notre exposé,
trouvant les meilleures questions à se poser.
On ne voit pas le temps passé.
Résultat, on part après 17h30.
Le jour suivant,
Lila est trop impatiente de découvrir notre chez nous.
Sauf que cette fois, je prétexte une inondation,
puisqu'il n'est pas vraiment un mensonge,
car on a eu une grosse fuite et qu'on a dû couper l'eau.
La fois d'après, je fais tomber ma maman dans l'escalier
et la faire rester à la maison.
Elle est encore fatiguée par son forum, la pauvre.
Ensuite, ce sont des cousines qui viennent nous rendre visite.
Impossible d'être au calme pour travailler.
Lila a toujours l'air un peu déçu, mais ne pose jamais de questions.
Résultat, on est toujours fourré chez elle avec Yanis,
à déguster un super goûter et travailler tranquillement.
Le dernier jour de travail arrive.
Alors que je suis en train de boucler mon cartable,
Lila s'approche discrètement et me fait sursauter.
Alors, on peut enfin lécher toi, j'ai même ramené des cookies.
J'aurais trop aimé, mais c'est impossible.
Yanis, c'est super malade.
T'es sûr ?
Ah oui, il a dû attraper le rhum de maman.
Je l'ai vu à la récré cette après-midi.
Ah oui, maman est venue le chercher tout à l'heure.
Lila lève un sourcil en faisant l'amour.
On sort de la classe et devant la sortie, Yanis nous attend.
Ma mâchoire manque de se décrocher.
Lila souffle.
Yanis nous regarde avec des yeux de beluga perdu dans l'océan.
Il a l'air d'aller beaucoup mieux.
Un vrai miracle, hein.
Bon, pourquoi tu me dis pas simplement que tu veux pas que je vienne chez toi ?
C'est... c'est compliqué.
T'as peur de quoi ?
Qu'on se moque de nous.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Et là, je lui explique tout.
Sérieusement ? Le premier qui se moque, il aura à faire à moi.
Et t'aurais pu juste me dire que ton appartement est pas super bien pour travailler tranquillement.
Si c'est pire qu'elle étude, tu promets de ne le répéter à personne, hein.
Promis.
Elle me regarde droit dans les yeux pour me montrer qu'elle ne ment pas.
Mais j'aperçois un léger sourire en coin qui fait battre mon cœur très fort.
J'essaie de ne rien montrer.
Comme tous les jours, on finit chez elle.
Notre exposé est enfin terminé.
On a fait une super présentation avec des posters qui montrent les points communs et les différences entre Beyrouth et Paris.
Quand on parle de chez Lila, ses yeux brillent d'excitation.
Et je trouve ça louche.
La nuit venue, impossible de dormir.
Je vois mon secret sébruté, toute l'école mur-murée, éricannée.
Même Lila.
Épuisée, je finis par sombrer.
Ce matin, la sonnerie du réveil ressemble à un coup de canon.
Je sursaut et tombe du lit.
Maman est là.
Elle travaille si dur qu'elle ait eu un jour de repos en plus.
Sur le chemin de l'école, je me sens si molle que j'aurais aimé que Maman me traîne dans son caddie.
Lila se tient devant la porte d'entrée, à côté d'une dame en tailleur noire.
Derrière ses petites lunettes rondes argentées, j'ai l'impression qu'elle nous passe au rayon X.
Je cherche une bouche d'égout par laquelle je pourrais m'échapper.
La dame sévère demande à ma mère si elle peut lui parler.
Si des éclairs avaient pu sortir de mes yeux, Lila aurait été foudroyée.
T'avais promis.
T'inquiète, c'est ma mère, elle travaille à la mairie.
Je fixe Maman.
Elle s'illumine.
Ce sourire-là, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu.
Elle s'approche alors de nous, nous prend dans ses bras.
On va enfin quitter notre immeuble.
C'était une histoire de Cécile Rubin.
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A bientôt !

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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