Paquet, petit ours mal laîché, d'après Benjamin Rabier.
Paquet était un petit ours mal laîché, d'humeur vagabonde et de caractère
indépendant. Il se lasse à bien vite de la vie familiale et un beau matin quitta le
logique qu'il avait vu naître pour jouir de la liberté.
« Je ne suis quand même pas fait pour vivre en ours mal laîché, » disait-il constamment.
« Il me semble bien que je suis quelqu'un. » De fait, vivant loin de ses congénères,
il perdit les habitudes de l'espèce. Alors que ceux-ci font leur toilette comme les chats,
en se lissant les poils avec la pâte, lui, plus raffiné, plus civilisé, se débarbouillait tous
les matins avec une serviette décrochée sur les cordes asséchées qu'il rencontrait en chemin.
Ce promenant un matin, il aperçut un récipient en forme de cuvette posée sur un petit banc.
L'ustensile était remplie d'un liquide onctueux qui invitait notre paquet à la toilette.
Il se baignait à la tête et avec la serviette se répandit le liquide sur tout le corps,
en poussant de petits cris de joie. La toilette terminée, paquet reprit sa promenade matinale.
Et là, s'il n'a là pas loin, le liquide, si plein d'attrées, n'était autre que de la colle
de pâtes dont se servent les cordonniers. Elle s'écha sur lui, se coagula et se durcit.
Les poils hérissés, la marche gênée par sa carapace, paquet commençait à trouver sa position
bien fatiguante. Quand une pluie bien faisante vint le délivrer de sa gênante cuirasse.
Ce même jour, paquet aperçut un vieil ours en train de voler le miel d'une ruche en plein travail.
Les abeilles furieuses se ruèrent sur le voleur et lui firent payer cher sa fâcheuse entreprise.
Le vieil ours devenait une écumoire. D'ailleurs, rendu presque aveugle, il dû se soigner pendant
des semaines avant de se remettre. Paquet avait assisté à la scène et en tirât ses conclusions.
Ce vieil ours est vraiment peu malin. Pourquoi donc n'attend-il pas la mise en peau d'un miel
doré, raffiné, épuré, etc. Il aurait toute sécurité. Ainsi moi, je connais une ferme où le
buffet de la salle à manger contient une quantité de grands peaux de miel qui font mes délices
quand les maîtres s'entrechant. Je ne crains pas alors les piqueurs d'abeilles et ma table est
toujours abondamment servie. Et pourquoi les autres ours ne font-ils pas comme moi ? Le petit
ours prétentieux a chevé son monologue quand il aperçut un chien errant se désaltérant dans une
mare. Regardez, dit Paquet, ce chien qui boit l'eau nosée abonde de cette mare infecte.
Mais pourquoi ne fait-il pas comme moi ? J'approche la demeur des hommes. Je trouve toujours là dans
des sauts fraîchement sortis du puits une eau pure et limpide. Aujourd'hui, je ferai mieux. J'imiterai
complètement les hommes et je boirai le contenu de cette bouteille trouvée à la porte d'un sevillet.
Pauvre petit ours mal léchée. Son intelligence sombrera bientôt dans les fumées du liquide
qu'il venait d'absorber. Le vin des hommes l'avait trahi. Paquet était totalement ivre. Le voilà,
déambulant dans la campagne, zigzagant, trébuchant, avançant et reculant. Bref,
soudain notre plantegrade ivrogne fut pris d'une formidable envie de dormir.
« Cherjon, Ali, » pensa-t-il. « Voilà une ferme, en tronc. Oh, tiens,
Ali recouverte un beau drablant, comme je vais bien dormir. »
Et Paquet, qui pénétrait alors dans le fournil d'un boulanger, se laissa tomber au milieu
d'un pétrin garni de pâtes jusqu'au bord. Peu après, le sommeil se faisant attendre,
Paquet sortit comme il put de sa trop moelleuse couchette et, en greulotant,
gagna la salle à manger voisine, éclairée par un grand feu dans l'âtre. Le petit
ours se sécha, se chauffa copieusement en se tournant dans tous les sens devant la flamme.
Il se chauffa d'ailleurs si bien que la pâte dure-si et roussi.
Bientôt Paquet se trouva recouvert d'une croûte dorée, tout comme un pain fantaisie.
Petit à petit, par les mouvements qu'il faisait en marchant, la croûte qu'il enveloppait craque
là et, par morceau, se détacha de son corps. Paquet se trouva bientôt libre de ses mouvements,
mais il était très fatigué. Aussi, avisant un siège, il s'y installa.
« Oh mes amis, un hurlement des froids retentis ! » Le pauvre petit
ours mal léché venait de s'asseoir sur un poil que le feu commençait à rougir.
Instinctivement, pour atténuer la brûlure, le pauvre animal se jeta dans une rivière
qu'il rencontra sur son chemin. Au moment où il allait sortir de l'eau,
il se senti retenu et poussa un cri de douleur. « Oh le petit
tour se s'était accroché à l'âme son d'un pêcheur ! » Et l'objet qui avait pénétré
profondément dans la chair, il demeurait fixé. À force de patience et de volonté,
Paquet se libéra et, mort de frayeurs comme de fatigues, il s'endormit profondément
au pied d'un arbre. C'est dans cette position qu'il fut rencontré par Monsieur Moloc,
dompteur de fauves et propriétaire d'un circombulant. Monsieur Moloc sortit un gros anneau de fer de sa
poche, le passa dans le museau de Paquet et, prenant possession de sa trouvaille, entraîna notre
ours qui suivit sans enthousiasme. « Quel au ben, se dit le dompteur, voilà de quoi
corser mon programme ! » Paquet, rendu d'occil par l'anneau qui le martyrisait, se laissa conduire
au cirque de Monsieur Moloc et est devant l'un des principaux pensionnaires de la maison.
« Ah mais il fallait voir l'existence qu'il menait ! C'est en le rouant de coups de bâton
qu'on lui a pris à danser et sa nourriture se composait uniquement d'immondes déchets de cuisine. De
plus, il vivait dans une cage fermée par des normes barreaux. L'existence de Paquet comme acteur du
cirque fut un vrai martyre. Un rhinocéros pensionnaire du cirque le prit en grippe et lui cherche à
lui joie un jour un tour plein de cruautés. Le rhinocéros accrocha avec sa corne l'anneau que Paquet
portait au nez. Il sous le valours de terre et sans entendre l'écrit de douleur du pauvre
supplicier, le fit tournoyé en l'air et le lança à une grande hauteur. Après avoir décrit dans
l'espace une magistrale parabol, Paquet a l'achoire à 200 mètres de là au pied d'un chaine. Ce fut
sa dernière aventure mais elle comptait. Un jour qu'il était sorti, Paquet, guérit des
malencontres hasards de sa vie vagabonde, dégoûté de l'indépendance aussi bien que de la soumission,
se souvint qu'il y avait, au fond d'un bois, un tiède et accueillant logie avec de bons parents
prêts à lui pardonner. Comme l'enfant prodigue, il revint au foyer paternel, soumis et repentant.
Il y fut reçu par des larmes de joie et vécut alors au milieu des siens dans une entière qui étude.
À quoi tient le bonheur ?
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