Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Le soleil finit toujours par briller.
À peine franchi le portail de l'école, Aya le va les yeux au ciel.
Tous les matins, c'était la même chose.
Hugo, un petit blondinet au nez en trompette, faisait le pître au milieu de la cour sous
les yeux remplis d'admiration de toutes les filles de l'école.
Aya, elle, ne s'intéressait pas le moins du monde aux garçons.
Mais il y en avait un qui l'intriguait.
Myron.
Un garçon brun avec une épaisse touffe de cheveux qui dissimulait ses yeux.
Myron était arrivé dans la classe d'Aya il y a quelques semaines en plein milieu de l'année
scolaire.
Au début, tout le monde ne parlait que de lui.
Mais petit à petit, les autres élèves s'en sont complètement désintéressés.
Et pour cause, Myron ne disait jamais rien.
Mais vraiment, jamais, jamais, jamais.
Même lorsque la maîtresse l'interrogeait, il se contentait de fixer sa table comme
s'il voulait passer à travers sans décoincer un mot.
Comme tous les matins, il était dans un coin du préau, assis par terre, en train de griffonner
sur une feuille de papier.
Aya n'avait jamais vu quelqu'un dessiner avec une fougue pareille.
Avec son crayon noir, il tracait, ratureait et barbouillait comme si sa vie en dépendait.
La maîtresse ne frappa dans ses mains pour faire signe aux élèves d'entrée en classe,
tirant Aya de sa contemplation.
Myron ramassa son matériel et se dirigea vers la salle.
Aya allait faire pareil, mais celle-là qu'elle remarqua un papier tombé de la poche du
garçon.
« Hé, ton dessin ! »
Myron ne répondit pas et continue à son chemin sans même se retourner.
Alors Aya ramassa le papier et le glisse à dans son quartable sans le regarder et
n'y pense à plus de la journée.
Une fois rentré chez elle, Aya a sorti ses cahiers de son sac pour commencer ses devoirs.
C'est là qu'elle aperçut complètement froissé le dessin du jeune garçon.
En le dépliant, ses yeux s'écarguèrent tellement c'était effrayant, comme si Myron
avait dessiné son pire cauchemar.
On y voyait deux petites boules de poils toutes noires, aux grands yeux et aux longues
oreilles se faire hurler dessus par un monstre gigantesque qui crachait de la fumée.
La créature devait bien mesurer trois mètres de haut.
Elle était toute chauve, avait des dents immenses et pointues et sa langue sortait de sa bouche
comme un serpent prêt à mordre.
Le décor représentait une maison sans dessus-dessous.
Les cousins du canapé étaient éventrés, la table basse avait un pied au moins et
la lampe du plafond menaçait de s'effondrer.
Devant ce spectacle sordide, Haya sortit ses feutres et entrepris dégueillés tout
ça.
Une plante verte par-ci, un abat jour par-là, un tableau sur le mur, un tapis sur le sol.
Même le gros monstre eut droit à sa petite retouche en se faisant coiffer d'un magnifique
chapeau à fleurs qui lui donnait l'air d'une mémée un peu ronchon.
C'était quand même nettement plus rigolo.
Et pour couronner le tout, Haya trassa une grande fenêtre et y dessina un soleil qui
ilumina la pièce.
Le lendemain matin, en arrivant à l'école, elle alla voir Myron.
« Tiens, le dessin que t'as fait tomber hier, j'ai ajouté ma petite touche ! »
Myron l'affixa avec de grands yeux apporés et prit le dessin d'une main tremblante avant
de recommencer à dessiner.
Contente d'avoir enfin établi un premier contact avec lui, Haya rejoignit ses amis.
À la fin de la journée, Haya allait sortir de classe pour retrouver sa mère qui l'attendait
au portail lorsque Myron se planta devant elle sans rien dire.
« Quoi ? T'as pas aimé mon dessin ? »
Le garçon ne dit rien, puis soudain, il le jeta maladroitement une boulette de papier
en plein visage.
« Ah mais ça va pas ! »
Mais Myron était déjà parti.
En se baissant pour ramasser le projectile, elle vit qu'il s'agissait d'un nouveau
dessin.
Haya dépliait à la boulette et regarda avec effroi la nouvelle création du jeune garçon.
« Mais c'est pas vrai ! »
Cette fois-ci, Myron avait représenté les deux petites boules de poils cachées sous
un lit tandis que le monstre au crâne des garnis scrutait la chambre d'un air sévère
en les cherchant du regard.
« Bro, un frisson parcouru Haya.
Elle rangera le dessin dans sa poche et elle a retrouvé sa mère.
Arrivé chez elle, Robelotte, elle prit ses crayons et s'y donna à fond pour transformer
l'horrible dessin.
Une couverture recouverte de l'icorne déjouée partout dans la pièce, des posters de ses
dessins animés préférés, voilà qui était plus sympa.
Se risse sur le gâteau, Haya dessina une robe de soirée sur le monstre et un immense
soleil.
En admirant son travail, elle rigola toute seule.
Toute contente, le lendemain, dès la première heure, elle le donna à Myron.
« Tu dessines bien, dommage que tu m'aides pas plus de couleur.
»
Myron la regarda timidement et se contenta de prendre la feuille qu'Haya lui tendait.
Pendant plusieurs jours, il continue air ainsi de s'échanger des dessins.
Haya aimait bien cette relation dessinée, qui l'aidaient à développer son imagination
et à mieux comprendre ce garçon qui l'intriguait tant.
Mais au fur et à mesure qu'ils échangaient, les croquis de Myron devenaient de plus
en plus tristes et le monstre de plus en plus gros.
Haya avait beau s'efforcer d'y ajouter de la vie, des couleurs et de la bonne
humeur.
La créature revenait toujours.
Inlassablement, elle dévorait les plantes d'Haya, terrifiait les boules de poils et
dissimulait le soleil avec son effrayante silhouette.
La fillette avait beau se creuser la tête pour la rendre plus mignonne et n'y avait
rien à faire.
Un soir, fatigué de voir que tout son travail avait encore été anéantie par le monstre
au crâne rasé, Haya froisse à le dessin et le jeta à la poubelle.
Elle ouvrit le tiroir de son bureau, prit les autres croquis qu'elle avait gardé
jusqu'ici et les balança dans la corbeille les larmes aux yeux.
Elle aimait bien Mayronne, elle adorait dessiner avec lui, mais elle ne pouvait pas le laisser
détruire tout ce qu'elle créait.
Le jour suivant, lorsqu'Haya lui dit ce qu'elle avait sur le cœur, Mayronne se
contenta de fixer le sol en restant muet comme une carpe.
« Tu vas continuer de rien dire longtemps comme ça ? »
« Eh ben t'as qu'à rester tout seul alors ! »
Et nervé et triste à la fois, Haya tourna les talons et s'en alla.
Toute la journée, elle ne puisse empêcher de repenser à ce qu'elle avait dit.
Le pauvre Mayronne, toujours tout seul, elle lui avait balancé ça.
Lorsque la sonnerie de l'école retentit pour annoncer la fin de la journée,
Haya voulu lui parler.
« Mettre au tard, le garçon quittait déjà la pièce.
« Mayronne, attends ! »
Haya fourra ses affaires comme elle pue dans son sac et se lança à sa poursuite.
Elle dévala les escaliers, négocia un virage à 90° et sortit en trompe de l'école,
en se faisant enguirlander par le directeur qui l'a perçu courir dans les couloirs.
Dehors, pas de trace du garçon.
Elle remarqua seulement sa mère lui faire coucou près du portail.
« Zut de flûte de chute ! »
Mais lorsque sa mère s'avança pour la rejoindre, Haya le vit au loin.
Mayronne donnait la main à un petit enfant et devant eux, un homme avancé à grand pas.
Un monsieur entièrement chauve qui se retourna pour crier quelque chose.
Vétu d'un bouson de cuir, il était grand, affiché un regard sévère et en tirant sur
sa cigarette, recrachait des paix nuages de fumée.
Haya le reconnu, elle en était sûre ! Le monstre des dessins de Mayronne, c'était son père.
En la voyant bougeber, sa mère lui demanda si tout allait bien.
« Euh… oui, oui… »
Le restant de la soirée, Haya ne parla presque pas, trop occupée à réfléchir.
« Devait-elle l'aider ? »
« Oui, évidemment. Fallait-il en parler à la maîtresse ? »
« Non. Mayronne lui en voudrait trop si elle faisait ça. »
« En parler à ses parents, alors ? »
« Les pauvres, ils ne pourraient pas faire grand chose. »
« Aller voir le père de Mayronne ? »
Elle risquait de se faire envoyer promener ? Ou pire encore ?
« J'ai peut-être une idée. »
Le matin suivant, lorsque son réveil sonna, elle sauta de son lit.
Aujourd'hui, elle avait une mission à accomplir.
Dès qu'elle passa le portail, elle alla voir Mayronne.
« Je… je suis désolée pour hier. J'étais énervée et j'ai dit des choses
stupides. Je… je voulais juste te demander quelque chose. Est-ce que le monstre que tu
dessines, c'est le monsieur qui est venu te chercher hier ? »
Le garçon gardait les yeux baissés et resta silencieux.
Haya allait partir quand, en se retournant, elle entendit derrière elle un petit « oui ».
Heureuse d'avoir entendu le son de sa voix, elle ne dit rien et se contenta de s'asseoir
à côté de lui pour dessiner à nouveau.
À 16h30, lorsque l'école se termina, Haya bondit de sa chaise et sortit de la classe
en premier. Elle déboula les escaliers et courut vers la sortie.
Alors qu'elle allait atteindre la porte, le directeur lui barra le chemin, bien décidé
à la stopper dans sa course.
Haya accélérera encore et, au dernier moment, plongea, glissa sur le ventre et passa entre
les jambes du chef d'établissement qui n'eût pas le temps de comprendre ce qui se passait.
Haya était dehors.
« Ouf ! Sa mère n'était pas encore arrivée ! »
Par contre, le père de Myron, lui, était là, affumé tout en fixant son portable.
À ses pieds, le petit frère de Myron jouait par terre.
Haya s'approcha de l'homme discrètement sur la pointe des pieds. Elle y était presque.
Lorsque le directeur de l'école se ruit assurée, l'urlant à plein poumon.
Surpris, le père de Myron se retourna et Haya eut tout juste le temps de glisser les dessins
dans la poche de son blouson de cuir avant de se faire attraper.
Elle allait passer un sale quart d'heure, mais peu importe, elle avait réussi.
Le soir venu, après avoir promis à ses parents de ne plus courir comme une dératée dans les couloirs,
elle se mis au lit.
Mais le sommeil ne vint pas facilement.
Avez-elle bien fait de mettre ses dessins dans la poche du père de Myron ?
Lui avait-il hurlé dessus en les découvrant ?
Myron allait-il lui en vouloir à tout jamais ?
Malgré toutes ses questions, elle finit par sombrer dans un sommeil agité.
Lorsqu'elle arriva à l'école, elle cherchait à Myron dans la cour en vain.
Paniquée, elle se retourna pour aller voir la maîtresse et se retrouva néanée face aux jeunes garçons.
Myron souriait, un vrai sourire comme Ayane en avait jamais vu.
Il lui tendit un dessin et son à-là.
Ayane le laissa partir avant de regarder la feuille.
Elle découvrit une chambre baignée de soleil.
Le gros monstre chauve ne criait plus.
Il était assis sur le lit et discutait avec les deux petites boules de poils, calmement.
Sur sa joue, une larme coulait.