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depuis plus de 80 ans.
Pour les passionnés d'aventure du monde entier.
Colombia est fière d'accompagner à nouveau les baladeurs
pour cette 6e saison.
Les baladeurs.
Récite aventure et de mes aventures en pleine nature.
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Jean-Marc Rochette est l'un des plus grands auteurs de bande dessinée français.
Avec l'ouvrage La Dernière Reine
qui trône fièrement dans les vitrines de toutes les librairies
il vient de clôturer en beauté sa trilogie alpine
débutée en 2018 avec son autobiographie El-Frode
altitude 3954 et poursuivit l'année suivante avec Le Loup.
Mais avant de rencontrer son public,
Jean-Marc Rochette a d'abord dû se trouver lui-même.
Pendant sa jeunesse à Grenoble,
il calme son tempérament rebelle grâce à l'alpinisme.
Comme ses copains, il veut devenir guide de haute montagne
et faire ses gammes dans le massif des écrins.
L'objectif suprême, la face nord d'El-Frode,
magnifique et réputée très difficile.
Mais son parcours est semé d'ambuche.
Coup sur coup,
deux accidents vont faire basculer sa vie dans le chaos
et l'éloigner de la montagne pendant près de 40 ans.
La chair et l'esprit marqués à vives.
Mais c'est parfois quand on touche le fond,
qu'on peut entrevoir la lumière.
Enfant, j'étais passionné par le dessin,
je dessinais un peu,
tous les enfants faisaient ça.
Et puis petit à petit,
bizarrement je me suis intéressé à la peinture aussi
parce que ma mère avait deux livres,
un livre sur Pissarro,
un livre sur Van Gogh,
et je regardais ces livres.
Et je trouvais ça particulièrement mystérieux
et étrange qu'on puisse faire des choses pareilles.
J'avais un long,
qui était un collectionneur de peinture.
Il s'est mis à collectionner des tableaux,
mais avant de collectionner des tableaux,
il faisait de la peinture sur le motif,
des paysages avec un ouvrier qui habilitait à côté,
qui peignait très bien.
J'ai voyé tous ces deux adultes
en train de faire ça très sérieusement.
J'étais fasciné aussi.
Pour moi, la peinture, c'est quand même un objet
qui avait de la valeur,
puisque dans ma famille,
on apportait de la valeur à une collection d'art.
Je crois que j'ai baigné là-dedans,
j'ai essayé,
et évidemment, c'est très difficile
pour un enfant de peinture.
Et puis, il y avait ce fameux musée de Grenoble,
Place de Verdun,
et donc j'y suis allé,
et donc j'ai commencé à regarder,
je regardais les urbarans, je regardais tout ça,
et j'étais surtout fasciné par la lardie moderne,
Picasso, Mathilde,
ça me paraissait plus accessible.
Donc, j'ai tombé sur...
sur Soutine,
peintre encore plus accessible pour un enfant,
et le fameux tableau, c'est le Bœuf et Corchet,
qui, il en a fait trois,
et puis il y avait un petit paysage aussi de Soutine.
Et je ne sais pas vraiment pourquoi
je me suis intéressé à ce tableau,
parce qu'il était...
parce qu'il était puissant, je crois,
et puis il y avait un côté enfantin
dans la peinture de Soutine,
en pleine pâte, tout ça,
ça m'a plu.
Et puis après, je me suis intéressé
au personnage lui-même,
et alors là, j'ai été fasciné par l'homme,
ça m'a paru un objectif de vie,
en fait, de peindre.
À Grenoble, il y a des montagnes
au bout de Chacrug,
comme on le sait,
et puis je me souviens assez bien,
c'était un jour où ma mère
a décidé qu'on allait faire une balade,
et en fait, c'est très bien où c'était,
c'était le lac Achar.
Achar, c'est un pain d'ailleurs.
Et on est montés dans une forêt,
et puis il s'est mis à pleuvoir,
et puis après, il y a eu
une espèce de brume,
et puis d'un seul coup,
j'ai senti les odeurs,
et puis là, finalement,
on s'est un peu perdu
sur les plateaux un peu plus hauts,
là, dans le Belden,
et puis après, les nuages se sont ouvert,
et puis j'ai vu la montagne,
et en fait, c'est comme une révélation,
littéralement,
je trouvais ça d'une beauté complète,
j'ai repris le contact, je pense,
avec les odeurs,
c'était la pluie,
ça a dégagé les odeurs,
j'ai senti comme une aventure,
un peu, j'étais perdu dans le brouillard,
il y avait un monde totalement civilisé en bas,
et là, de seul coup,
avec ma mère, on était un peu comme au début d'étend,
on aurait pu être...
j'avais un peu peur de ce brouillard,
et je sais pas trop où on allait,
donc il y avait ce fait de se ressentir vivant,
parce qu'il y avait de la beauté,
il y avait des sensations offaltives,
il y avait...
et puis, un seul coup,
c'est déchirer ce soleil,
tout ça était magique, en fait,
d'un seul coup, je me suis senti profondément vivant,
je sais pas comment dire,
on sent que le monde a de l'esprit,
et je l'ai senti ce jour-là,
et puis après, j'ai voulu retrouver
cette sensation,
et après, à ce moment-là,
j'ai un peu tombé dedans,
comme au Mélix dans la marmite,
et après, je lui demandais qu'on y retourne,
et puis j'étais attiré,
après, je commençais à lire,
à regarder des montagnes qui avaient un peu plus haut,
et puis à Grenoble, c'est assez facile de tomber
sur des gamins qui grimpent,
parce que c'est un peu...
Il y a beaucoup de gens qui grimpent à Grenoble,
donc après, j'ai rencontré des jeunes,
des jeunes des marades,
et après, je devais avoir 14,
quand j'ai commencé, quoi.
À l'école,
moi, j'avais un problème,
c'est que j'étais dyslexique,
c'est-à-dire que je dyslexie,
maintenant, c'est reconnu,
mais je confondais les lettres, en fait.
Je confonds les PLM, je sais plus,
les S, les C, moi.
Et j'étais quand même un dyslexique lourd.
Donc, en fait, j'étais...
je passais pour un débile mental,
d'où le fait que je me suis mis à grimper,
parce que là, à dyslexique, tout le monde s'en fout,
et à partir de la 15, 16, 17 ans,
je me suis vraiment mis à grimper,
je me suis dit que c'est mon truc.
Je suis laissé un peu tomber le dessin,
d'ailleurs, pour vraiment m'accé uniquement
sur l'alpinisme, alors après,
tu t'entraînes,
t'es plutôt dans un...
avec des petits copains, moi,
qui essaient plutôt des pas très bons à l'école,
donc, vous venez de venir guide,
c'est un métier qui nous paraissait
enviable.
Pour devenir guide,
à l'époque, ça n'a pas changé,
il fallait aller à NSA,
à Chamonix,
mais avant, pour aller à NSA,
il fallait faire ce qu'on appelle une mise de course.
C'est-à-dire, tu n'arrives pas à aller à NSA comme ça,
il fallait avoir un certain nombre
de courses sur Salis.
Donc, pendant trois ans, même avant,
je l'ai dû commencer à 15 ans,
j'ai collectionné les voies,
de plus en plus dures, pour arriver
avec une liste d'ignes de son.
Et comme moi, je voulais être guide
dans les écrans, j'avais surtout des voies
qui avaient été dans les écrans,
ou alors un peu, comme je suis de
grand-hommes beaucoup dans le verre-corps aussi,
puis un peu enchartreuse.
Et donc, au bout d'un moment, on a suffisamment
de listes de courses,
et on va présenter... voilà, quoi.
Alors après, ils ont tourné juger
sur la qualité qu'on a en glace,
en rocher, tout ça, quoi.
Alors, le massif des écrans ici,
c'est un massif qui est très étendu
en surface par rapport au Mont Blanc,
qui est beaucoup plus raide, beaucoup plus compact,
beaucoup plus haut aussi. Ici, c'est de
nombreuses vallées. Donc, il est assez
mystérieux, parce que, bon,
il est très étendu. C'est du granite.
Il y a très peu de arbres.
C'est quand même
une étendue assez zésertique.
C'est un endroit qui serait sauvage.
J'ai grimper avec Sampé, parce que Sampé,
il était au CAF, et donc,
il avait tout le matériel
et tout ça, et donc, il m'a amené
à Fontaine. La première
voie que j'ai faite, c'est une voie
qui s'appelle la voie des 3 longueurs.
C'est les 3 longueurs,
donc j'ai fait ça en seconde derrière lui,
et puis j'ai eu, évidemment,
ça m'a passionné de mettre,
enfin, à l'époque, c'était
mettre une corde, tout ça. J'avais l'impression
d'être venu adulte, d'un seul coup, un casque, et tout ça.
J'étais un petit chevalier, là.
Et donc, ça m'a plu, et puis après, bon,
j'ai jamais arrêté. Donc,
Sampé,
il passait tous ses étés à
l'Aberarde, qui est au centre du massif des écrans.
Et ma mère, elle,
louait un appartement
dans ce petit village, et donc, on les
écoutait à la côte. Et donc, à
ce moment-là, on allait grimper
ensemble, quoi. Donc, on a commencé,
je me souviens de voix
comme les génépis
en face
est.
Et je me suis régalé avec lui. En plus,
il serait marrant,
serait amusant.
Alors, il est rigolo, parce qu'il
étudiait les topos.
Alors, je voyais, oui, il me donnait
la première longueur, ou il prenait la première longueur.
Et puis après, je m'apercevais que la plus belle
longueur, la plus dure, il la faisait
en tête, quoi. C'était pour lui,
quoi. Donc, à chaque fois,
il avait une capacité
à bien préparer ses coups, quoi.
Moi, c'était mon but, c'était le guide.
Je me visualisais pas
comme un très grand alpiniste.
J'avais pas d'envie,
d'exploit particulier. J'étais un peu comme
la guide qu'on voit, que je vois autour de moi, qui amène
des clients. Ça me paraissait un métier
et que les monitors de ski, ça me paraissait
enviable.
Alors, malgré tout,
je voulais faire des voies dures.
Mais je me suis jamais vu comme un type qui voulait
devenir le... Je n'étais pas
dans la compétition en me disant, putain, je vais devenir
le meilleur, quoi. Et puis, je pense que
je n'étais pas suffisant névrosé
ou furieux pour pouvoir...
Pour moi, il n'y a pas une montagne qui méritent
qu'on perde sa vie. Ça me fait toujours
beaucoup de peine quand j'entends
qu'un grimpeur est vraiment en montagne, quoi.
Ici, il y a des gens qui ont une
expression qui est assez jolie. Ils disent
qu'il y a 100 voies
sont pour toi, mais il y a une qui est pour la
montagne.
Sous-entendu,
pendant 100 fois, ça va bien se passer.
Il y en a une, ça sera pour la montagne. Ça suffit.
Il s'avère que la façon velcroide, elle
donne l'en-dessus du carlet. Le carlet
c'est très central
dans cette vallée, et donc j'étais tout le
temps au pied, quoi. Chaque fois que tu vas
à temple écrin, ou si tu vas
à la pilate, ou si tu vas sur le chardon,
tu passes toujours par ce carlet qui est plat.
Et au fond, tu as la face nord-elfroise qui te
domine, de 2000 mètres.
Et donc, il y a des impressionnantes.
Et puis, à l'époque, il y avait eu un aura. On disait
que c'était la wildcard de l'Oiseance, donc c'était
la dévisière vas-utile.
C'était la voie un peu emblématique du
coin. En plus, on la voit de la
Béarde, donc je voulais faire cette voie.
Et alors, avec 100 p, on regardait ça,
puis pas avec 100 p, avec tout le monde.
D'ailleurs, c'était la voie que j'aurais aimé
faire, quoi. Et donc, on s'est dit,
ben, on va faire ça, quoi.
La face nord-elfroise, elle est assez
allongée, c'est-à-dire qu'elle
c'est un mur qui s'étend
de l'Est à l'Ouest,
qui barre entièrement le
vénéon.
Effectivement, on peut l'avoir comme une aile.
Elle est assez longue,
et il craigne l'aile vers le haut, donc
on peut y voir ça comme des plumes.
C'est pour ça qu'ils l'ont appelée le froide.
Alors, elle est très sombre, parce qu'elle est
en pleine face nord, c'est granitique.
Et il y avait deux voies, enfin,
trois voies, si on veut, à mon époque.
T'avais la voie centrale, qui était la
des vis geraisutiques, qui monte sur un pilier
au départ, après, il y a des dalles, et puis
ça sort dans des goulottes. Et puis,
il y avait une voie qui s'appelait la voie
des plaques. Donc, ces deux plaques de neige
successives sont l'une sur l'autre, avec un
passage en granite au milieu, serait difficile,
une voie marmillée. Et puis,
à droite, il y a la voie de la cillon,
qui est en face normée, qui sort pas au
sommet. Et donc, c'est
un espèce d'agencement de granite
et de
glace, mais
c'est plutôt rocheux.
Et alors, comme partout,
il passe tout dans l'oisant, elle est très
bruyante, parce qu'il y a beaucoup de chutes de rochers.
Pour certaines personnes, c'est carrément
l'enfer, en fait. Pour moi, c'était la
porte d'entrée, disons,
chez les professionnels. Quand c'est capable
de faire la face nord-elfroide
sans guide,
à deux, tu peux estimer que
tu as le niveau.
Voilà, c'était... Pour moi, c'était
surtout une fête de dire, quand j'aurais
fait ça, je passerais dans une autre
catégorie. C'est-à-dire, je passerais dans la
catégorie, les grosses voies, quoi.
Donc, pour fin, la
cette voie, je suis avec Bruno
Chardin, qui est un jeune
camarade qui habite ici, dans la vallée
Bourde-Arru. On doit partir
très tôt le matin, depuis
Tampletcrain, donc on le démarre, c'est
minuit, en fait. L'approche pour aller
de Tampletcrain jusqu'à
Goulacier-Lon, c'est très long.
C'est à Flamme de Montagne,
et ça dure, théoriquement,
tu peux mettre deux heures et demi pour
faire ça. Mais nous, on fonce comme des fous,
on arrive en bas, il fait nuit,
il y a une espèce de
de glaciers au pied.
Et donc, on s'équipe,
j'ai un uniforme,
enfin, je grimpe toujours avec un uniforme.
Moi, j'ai un sac carimor,
ça a été un sac anglais,
bleu et rouge.
J'ai une veste d'escalade
clavelle, qui était
un fabricant de granope qui existe plus.
J'avais des
bas, des chaussettes rouges.
Des superguides,
à l'époque, on avait des superguides, supergodasses,
galibiers, très difficiles
à former, on souffrait le martyr pendant 6 mois,
mais alors après, c'est des pans de souffle.
Mais crampons, j'avais
des macalus.
J'avais un
puits Simon 720
et un condor, c'était le
maçaillier le top de l'époque.
Autrement, on avait des mousquetons,
des cordes, et j'avais un casque,
évidemment, les galibiers, tout le monde avait le même,
il y en avait qu'un blanc.
Donc, on grimpe
dans la nuit, à la frontale, et puis, finalement,
on va taper sous
des serracs
parce que ce glacier
était très épais, très
gorgé de glace.
Au début, en 1970, il y avait beaucoup de glace,
donc on traverse
sur du lac glace vive, donc on met
des broches, on commence à tirer des longueurs,
et puis on chemine
comme ça, on va assez vite,
et puis, finalement, on arrive,
on tape sur une remake.
C'est la grosse crevasse
sommitale, terminale d'un glacier.
C'est au moment où le glacier s'accroche
à rocher,
et au moment où ça casse, en fait.
Dans ce cas-là, c'est
spécial, parce que c'est une remake qui barre
littéralement le glacier long.
Donc là, il y a une grande remake, elle était très connue,
il y en a même des photos,
les gens se prenaient en photo dans cette remake,
parce qu'elle devait faire au moins 10 mètres de haut.
Et là,
Bruno
fait un tac en tess, à l'époque, on grimpeait en martif
en glace,
les matériels étaient moins bons, donc je le vois,
il commence à monter sur des étriers,
et bref,
ça prend un peu de temps.
Et puis moi, je regarde la remake,
je me dis, putain, elle a une sale gueule cette remake,
parce que c'est vrai que c'était énorme,
elle était gigantesque,
et très très profonde, et très...
Enfin, bref, j'ai un sentiment vraiment
néfaste
vis-à-vis de cette remake,
bon bref, il finit sa longueur,
il m'appelle, je passe, tranquille,
pas de problème, en seconde, et tout,
et après, on continue, il y avait des pans somitales
qui étaient beaucoup plus légères,
et puis on arrive au col,
et là, on est pris par le soleil,
il fait super beau,
car ça, on était tout content, on avait fait ça très vite,
très bien, impeccable, zéro problème,
donc on mange,
on rigole, on chante des chansons à la con,
très beaucoup, beaucoup de joie,
et puis
d'un seul coup, on se dit
que finir au sommet
la Red West, ça nous a
faisons, mais finalement, on va
redescendre, parce qu'on va redescendre de là,
il y avait un petit,
il y avait un peu de neige,
en face, donc en face suisse,
dans la descente, il y avait un petit couloir de neige, assez red,
pour rejoindre
les prons rocheux, puis je me suis dit, on va se traverser
par là, et en prendre, les prons rocheux,
ça sera tranquille, quoi.
Et donc je passe devant, je teste un peu,
la neige est
mouillée,
et transformée par le chaleur,
donc je m'engage,
et je m'aperçois très vite que
je botte, en fait, c'est-à-dire que la neige
se colle sous les crampons,
et ça fait une espèce de
boule de neige,
alors de la neige sur de la neige, ça ne tient plus rien,
en fait, et non qu'il faut
déboter, c'est-à-dire qu'il faut prendre son piolet
et taper avec le piolet
sur la chaussure, c'est-à-dire ça donne un choc,
et à ce moment-là, la neige
lâche le crampon, et on se retrouve
avec un crampon libéré de la neige, et à nouveau, il va se me dire.
Par contre, ce qu'il faut faire,
c'est le faire à chaque pas, tout le temps,
mais oublier une seule fois, c'est
la glissade, et le problème de l'alpinisme
c'est que
une seule erreur,
c'est pas la peine
d'en faire dix, il y a une seule suffit.
Je dis à Bruno, fais gaffe, ça botte,
fais attention quand même, ça botte,
et donc je débotte
à chaque fois, paque, paque, paque, paque,
j'avance, et j'étais presque arrivé,
j'avais presque
je suis presque traversé, cette espèce
de couloir
qui après, devonnait très raid,
et lui, il est derrière moi,
et bien seul coup,
enfin, seul coup, j'entends
j'entends, je sais pas quoi d'ailleurs,
et parce qu'il crie pas, il crie rien,
mais en fait, il tombe,
il part dans la pente, et je me retourne,
et je le vois, et je me dis, il va s'arrêter,
en fait, le piolet, on peut faire
un crâge, et puis ça, on peut s'arrêter,
mais l'année, j'ai tellement bouillé, je vois, il prend de la vicesse,
et moi, je plante
mon piolet, mais jusqu'à la gare, parce que
je me dis, ça sent, enfin,
je plante tout le
tout le manche dedans, et puis je me tiens comme ça,
je voyais pas trop quoi faire d'autre,
donc je marque beaucoup de ça dessus,
et là, bam,
le choc est vraiment important,
et en fait, il m'arrache complètement,
et là, il m'arrache,
et je lâche le piolet, donc je me retrouve
complètement désarmé,
et lui, il me tire, et puis là, je m'aperçois
que c'est très raide, en fait, ce couloir,
et finalement, il est raide, et on prend de la vicesse,
donc lui, il est devant moi, il me tire,
et moi, d'abord, je parle à la tête en avant,
puis je me remets, je me dis,
je vais pas continuer comme ça, à la tête en avant,
je me remets, et là, je vais serrer vite.
On m'avait appris qu'il fallait surtout pour essayer
de s'arrêter avec les crampons au pied, parce que ça,
en fait, ça te bloque,
et puis tu repars, et tu mets à bouler,
donc en fait, je suis complètement désarmé,
je suis sur le ventre,
et j'attends l'arrivée,
enfin l'arrivée, parce que je sais pas
où il finit ce couloir,
on est quand même à près de 3008,
ou 3006,
et en fait, je me dis,
ouais, je crois que je vais mourir,
et je me dis, c'est la fin,
quoi.
Et alors, dans cette option-là,
quand tu commences à penser que tu vas mourir,
c'est long, parce qu'une glissade, c'est long,
ça a le temps de cogiter.
On a dû glisser sur,
je pense, 150 mètres, ouais.
Je me dis, mais putain,
mais c'est à 18 ans que tu vas mourir,
et je vois,
et je me vois en tant que,
je me dis, c'est pas possible, t'as un avenir
de dessinateur, quoi,
ce qui est absurde, parce que
j'étais très mauvais de dessinateur, c'est bon,
que cette espèce de flash, comme je dis,
je n'ai pas pensé, je ne vais pas avoir d'enfants,
je ne vais pas connaître l'amour,
ou je ne sais pas,
c'était ce truc du dessin,
c'est le dernier truc que je
m'accrochais à ça, quoi.
Là, je vois qu'en bas, Bruno
est attaqué dans un pierrier, en fait,
un pierrier qui finissait,
qui bloquait, en fait, cette descente.
Donc il tape dans le pierrier, il m'a dit,
j'arrive sur lui, direct sur lui, quoi.
Écran pour en avant. Je me dis, je vais le percuter
derrière, je vais le percuter
à la tête, je vais le tuer, quoi.
Et donc là,
j'arrive à donner un coup, à taper
dans un rocher, là,
ce qui fait que je l'évite un peu.
Et je m'arrête, on s'arrête dans
les cailloux, juste avant que ça
vive, quoi.
Alors là, déjà, tu demandes
si tu marches, en fait, le premier action
que j'ai eu, c'est ce que
j'ai à la CW, c'est
ce que j'ai une jambe
cassée, donc tu dis, bah non,
ça a l'air de marcher, quoi.
Je sens que j'ai mal un peu à la
cheville, parce que j'ai vu le,
comme j'ai tapé sur le rocher, j'ai mal
à la cheville. Et par contre,
lui, il est assez sonné
par la chute.
Et surtout, je lui ai ouvert le bras,
en fait, parce que j'ai râté la tête,
ou alors j'ai éjité la tête, et je lui ai pris le bras,
quoi. Donc on se retrouve
là-haut, on n'a pas de
portable, on n'a rien, quoi. Et
lui, avec le bras ouvert,
ça ne saigne pas, en fait, c'est ouvert,
comme si je lui avais donné un coup
de lame d'orazoire, en fait.
Je lui ai ouvert la viande, et je vois
l'articulation, mais je
me déshabille, et puis je prends
mon t-shirt, que je coupe
avec, je le coupe en lambeau,
quoi. J'en fais
une bande, et puis je lui fais
un pencement, quoi. Et puis je lui dis,
bah, je lui dis, il faut que je vienne monter, il faut que
j'aille chercher mon piolet là-haut, et on monte.
Et puis là, je lui dis,
si tu veux, je peux aller chercher
le... Tu restes là, moi, je vais
descendre, je vais aller jusqu'au
refuge de la pilage, s'il est un peu en dessous,
c'est une galère pour y arriver, mais...
Et lui, il dit non, non, parce qu'à l'époque, c'était impossible
pour les deux petits...
d'arriver
à l'Abera, en hélicoptère,
c'était une honte, on n'a même pas
d'idée pour des gammas, il fallait arriver
debout, quoi. Donc il me dit, non, non,
je n'ai pas de questions, d'hélicoptère, tout ça.
Bon, ok, donc on démarre,
tous les deux, et là, on repart
sur une repart, et puis là,
ça en finit plus, en fait. On descend,
on se fait coincé encore dans une moraine,
bah là, là, là, les
cailloux, les conglomérades
cailloux tenus par-delà du sable,
et qui souvent, qui bordent
les glaciers, ça ne tient
rien, en fait. C'est
du rocher, c'est des tas de cailloux
tenus par une espèce de mortier
de sable et tout. La moraine est très
raide, il descend trop bas.
Moi, je suis un peu plus méfiant, je reste un peu
en-dessus, puis d'un seul coup, je vois qu'il est en train
de glisser dans la moraine. Donc
il va
robe-tomber, là, parce que, là,
si il tombe, la moraine, elle est
sacrément hausse, quoi. Donc
il arrive à se bloquer,
il commence à gueuler pour que je
sorte la corde, c'est moi qui l'accorde.
Donc je m'arrête, je sors la corde, je balance
la corde et je le remonte,
quoi. Mais là, quand il arrive,
il est à bout,
parce qu'il a failli se foutre sa gueule.
Deuxième fois, là,
c'était la limite
dans la glissade, mais là, dans la moraine,
ça recommençait, quoi.
Et là, il craque, en fait.
Là, il craque, c'est vrai que je vois bien qu'il est un peu plus,
quoi. Et donc,
c'est à ce moment-là que je lui dis, bah écoute, on va
continuer plus loin, on remonte le long
de la moraine, et puis à un moment, je vois que la moraine
est un peu plus estroite, mais si je suis
encore trop raide pour pouvoir descendre à pied,
c'est en prendre de risque, et donc
je le mets en bout de corde et je le descend
en moulinette, si je le descend jusqu'au...
je le descend de 30 m pour qu'il arrive en bas.
Et à ce moment-là, c'est moi qui se tire
un rappel en-dessus d'un gros caillou, il y avait rien d'autre,
parce que dans la moraine, tu peux pas mettre de...
ou alors, il faudra avoir un pio de
2 mètres. Donc je me mets autour d'un caillou,
je descends sur ce caillou et tout.
Et puis on arrive en bas,
on remonte...
parce qu'après, il faut remonter pour aller
à un refuge de la pilate.
On a du sang de partout,
enfin, plus ou moins.
Et en arrivant, je vais chercher
une citronade parce qu'on veut boire
au truc. On repart.
On arrive
à la berrade après la marche, et donc
on est arrivé à 10 ans le soir. Ma mère
était vaguement inquiète, pas plus que ça.
Mon beau-père,
à l'époque, prend la bagnole,
et ils amènent
Bruno à l'hôpital
de Grenoble. Je crois qu'il avait
6 de tensions quand il est arrivé.
Donc il était vraiment fatigué, fatigué, quoi.
Et donc après, on ne s'est plus jamais revus.
Avec Bruno, on n'était pas...
on n'était pas des amis, en fait.
Donc ça a
rajouté, quoi.
C'était des cordées qui...
Moi, j'étais pas mauvais, ils étaient...
ils étaient bons, on se mettait ensemble.
Je fais un peu de briquet de broc.
Donc quand ça se passe mal, bon, ok,
tu vas pas remettre ça, quoi.
Et puis moi,
voilà, c'était une journée bien particulière,
parce que je me suis retrouvé quand même,
je me suis dit que j'étais passé à la limite.
Et avec cette idée
de dessin dans la tête, qui m'a quand même
travaillé, quoi, je me suis dit, mais qu'est-ce qu'il t'a pris
de...
Ce qui est curieux dans cette histoire, c'est
d'avoir dit 7 ans, d'être à la limite de la mort,
et de voir son avenir, en fait.
Je veux dire, bah voilà, ton avenir,
c'est effectivement d'être dessinateur.
En fait, c'était un peu comme les histoires, vous savez,
quand vous faites
une prière au bon dieu,
si je m'en sors,
je boirais plus,
ou si je m'en sors,
je sais pas quoi, je dirais, à la lourde,
ou si je m'en sors, etc.
Dans les dernières extra-musiques,
et bien moi, c'était...
bon, ok, donc
il y a peut-être falloir que je décide maintenant,
puisque c'est visiblement,
ça a été le deal.
Ces histoires de dessin, c'est quand même
un truc qui m'a travaillé, mais
pas tant que ça, en fait.
Je reprend mes mauvaises habitudes.
Parce que, en dessin, j'ai aucun avenir,
en fait, pour être franc.
Quand je dis que je veux faire du dessin, ok,
je me tombe, je vais être dessinateur,
mais je dessine...
Je n'ai pas bon, en fait.
Voilà. Et donc, je me remets à grimper,
jusqu'à ce que j'ai un accident plus grave.
C'est en 1976,
c'est l'année de la grande sécheresse.
Je fais du solo,
je pose un rappel, et je lève la tête,
et je me prends
une paire en pleine tête,
qui va m'arracher toutes les dents.
C'est dedans, en bas,
et puis casser dans du haut pour rester à ma choix.
Et donc, j'arrive en bas du rappel,
je descends un peu,
et là, je pense que je n'ai plus.
J'avais craché ma langue,
alors là, pour le coup, ça rigolait plus du tout.
Et donc, il y a un type qui arrive,
qui venait s'entraîner à cet endroit-là,
c'est un tout-bib, un étudiant,
il me prend dans sa bagnole,
c'est une caterelle, et il m'emmène
à l'hôpital de la Trange, voilà.
Et donc, je me retrouve après, avec, sur le billard,
il passait, je sais pas combien, 8 heures,
et je m'en réveille, dans une chambre
avec un type qui était en train de mourir
d'un cancer de la mâchoire,
et moi, à l'époque, on ne donnait pas de morphine,
donc je souffre le martyre.
Et là, le changement,
vraiment, le changement de mon existence,
il se passe ce jour-là, quoi.
Parce que déjà, tu passes,
moi, j'étais plutôt, disons,
un beau jeune homme,
qui plaisait aux filles,
et dans ce coup, tu te retrouves en quasi-modo.
Donc déjà, t'as compris que tout ça est assez
pas éternel,
et puis la souffrance, je reprends la souffrance, vraiment,
j'ai compris ce que c'était que la souffrance.
Et voilà, donc là,
la vie, elle bascule complet, quoi.
Enfant, peu importe,
puisque j'ai perdu mon père en Algérie,
donc j'avais quand même une vision assez noire,
mais après, la montagne m'a apporté
ce blanc et ce bleu,
des sommets, des espèces de foires,
et puis cette fois, elle s'est transformée
dans le sang, en fait.
Je me suis retrouvé avec la gueule arrachée,
à souffrir le martyre,
et donc je suis devenu
cynique.
T'as ceux qui meurent, t'as ceux qui continuent,
qui viennent des stars,
et puis t'as ceux qui ont un gros carton
et qui arrêtent, quoi.
Je fais partie de cette... de cela,
donc j'ai pris un gros carton et j'ai arrêté, quoi.
Je me mets sérieusement au dessin,
c'est comme une boite de secours.
Et donc au lieu de passer quelques heures
comme s'ils parlent là à dessiner,
je fais plus que dessiner.
Ils ont besoin de ce coup, évidemment,
quand tu focalises sur un objectif,
en plus là,
moi, j'avais abandonné...
j'avais quasiment abandonné l'école,
donc c'était marche au crève.
Tu peux pas être grimpeur, bah voilà, il faut être dessinateur.
En tout moment, tu vas te retrouver à NERPIC,
où tu vas être magasiné,
il n'y a pas de son métier,
mais c'était ça,
où une vie pro-lésert
qui m'inspirait pas des masses.
Alors le premier succès,
c'est Aide-monde-Cochon.
C'est-à-dire, on est dans une bande
des ciné-transgressives qui est très proche
de Crumb, pour ceux qui connaissent,
c'est Fritz the 4, ça vient de la côte
ouest américaine.
Et puis en France, on est...
on a Ryzer, on a...
Mais voilà, donc c'est un personnage
qui veut s'en sortir absolument.
C'est-à-dire, c'est un cochon qui est...
qui est mis à la ferme et qui doit faire engrosser
les truies.
Il a une espèce de pacte avec le...
tu meurs pas, mais tu fais que l'extrude
est grosse, son grosse. C'est un personnage
absolument ignoble, quoi. Donc ça me faisait marrer
de montrer la Lille, la...
de l'humanité, c'est-à-dire.
Et puis ça a un succès, ça fait marrer les gens,
c'est une époque un peu... on est
dans l'époque punk.
Et puis donc je monte
sur Paris et je fais ça
et ça fonctionne, à peu près.
Et puis le deuxième succès qui me lance
vraiment, c'est le transpersonnel.
Je suis très jeune et j'ai un...
c'est un scénariste qui s'appelle Jacques Lob,
qui a 30 ans de plus
que moi, qui vient me chercher
et là, ça fait un succès.
Et là, après, ma vie, elle est toute tracée.
Et mon cochon, c'est une vision de l'enfer.
C'est une vision de la négation
de l'humanité, c'est-à-dire ce qu'elle a de pire.
Et le transpersonnel, c'est
une dystopie aussi, c'est aussi ce qui a de pire.
Pendant longtemps, j'ai vécu
sur l'idée de ce qui a de pire
dans l'humain. Je peux dire
que j'ai été une forme de purgatoire.
J'étais à moitié vivant, en fait.
En tout cas, c'est ce que je ressens moi.
Quand j'ai plus de foi,
ni dans la beauté, ni dans le sens
de l'existence,
bah... je pique-olais déjà beaucoup.
Etc. Etc. J'étais dans un truc
que ça ne va pas. J'avais plus rien,
il n'a foutre de rien.
35 ans après, je suis en...
en Allemagne à l'époque, je vis à Berlin.
J'ai fait une peinture
qui s'appelle Le Couloir,
parce qu'on m'a demandé de faire une exposition
à Echirole. Et j'ai dit que j'allais raconter
l'histoire de l'accident, c'est-à-dire
en fait, c'est
la... la... la...
la corrélation des chers, en fait.
Il y a une lachère de la montagne,
qui a une structure, qui a une logique,
et puis la chair humaine,
le sang, la blessure.
Et donc ce tableau, c'est ça. En fait, c'est la
cicatrisation entre la chair humaine
et la chair de la montagne.
Ça, c'est l'explication très simple du tableau.
Donc c'est là où je fais ce tableau.
Et en fait, ça me reconnecte avec ce lieu.
Je suis à Berlin, je suis parti
parce que j'en avais assez de la France.
Je suis parti pendant 10 ans à Berlin.
Et donc
je me suis remis à peindre
mes montagnes d'une manière assez étonnante
à Berlin, qui est une ville très plate.
Et je me suis remis à faire de la bande
dessinée de montagnes à Berlin. Et là,
c'est là où je me suis dit, bon,
bon, ok, le moment est devenu de rentrer chez moi, quoi.
Elle froide, en fait.
J'étais avec Chris Sincac, qui est mon
éditoriste, qui est maintenant ma femme.
Je commence à lui raconter des épisodes
d'alpinisme.
Et comme c'est mon éditoriste,
elle est super intéressée. Elle me dit
mais c'est incroyable, tes histoires.
Et elle me dit, mais tu dois faire quelque chose.
Et je suis très étonné
parce que pour moi, les livres de montagne,
c'est des livres exploits
de types qui sont hors normes.
Par contre, l'idée me plaît
et donc je commence à suivre, quoi.
Ça a été très bien parce qu'en fait, je me suis aperçu
que j'écrivais, parce que toutes les scènes de grimpe,
tous, c'est tout moi qui a écrit,
donc je me suis aperçu que ma vie sexy
n'était pas si grave que ça. Et on sort le bouquin
sans s'attendre à grand chose, en fait.
Enfin, un peu, moi, je me suis dit, ça va
un peu marcher. Et alors,
ça n'a pas du tout un peu marché,
ça a marché, j'avais jamais vu un truc
c'est pareil.
Une fois que j'ai eu fait
ce tel froid, j'ai eu l'histoire
d'un berger qui est passé d'ailleurs chez moi
qui avait eu une attaque dans la lanchatera.
Il avait monté ses 600 brobis
et c'est la première fois qu'il s'est fait attaquer
par des loups et je crois qu'il a perdu
je ne sais pas combien de 300 bêtes.
Il me raconte, c'était épique.
Et donc ça me donne l'idée de faire
une espèce de Jack London
ici, quoi. Et donc je raconte
mon histoire de berger qui veut
de conflit avec un loup blanc,
qui veut se venger l'un l'autre.
Et là, à Rebolote, ça fait encore un carton, quoi.
Ah, je me suis dit, bon, alors là,
il y a vraiment un public et puis
les gens, ils aiment quand je leur raconte
des histoires de montagne, quoi.
Et après, je fais la dernière reine.
Donc la dernière reine, c'est l'histoire
du dernier rose du vers corps avec
une histoire d'amour entre
une artiste et un homme simple des montagnes.
J'y mets 3 ans pour l'affaire
et là, pareil, un nouveau, encore pire,
enfin encore pire, encore mieux,
parce qu'il a été classé comme meilleur livre
de l'année toute catégorie, par lire.
Donc voilà, j'ai trouvé ma voix
alors que j'avais eu des succès assez
et part avant,
depuis Elfraude,
j'ai rencontré un public,
quoi, qui me suit.
En fait, j'ai jamais décroché
de la montagne. C'était...
J'étais... Je sais même pas
comment j'ai pu vivre aussi longtemps,
sans vivre en montagne. En fait, c'est pour ça
que ça ne marchait pas en même temps. Je niais
qui je suis, en fait.
Parce qu'avant tout, je suis un montagnard.
Donc j'aime vivre ici, j'aime faire mon jardin,
j'aime marcher, j'aime regarder les animaux.
Donc à partir du moment où je me suis reconnecté
avec ce que je suis,
le public a adhéré.
C'est aussi simple que ça.
Je pense qu'il faut dire ce qu'il faut dire,
ce qu'il y en est, et il faut laisser
parler son coeur, vraiment,
ce qu'on a en soi, quoi.
Effectivement, en parlant longtemps, je me dis
qu'il y a eu quelques cas où mon existence,
et puis maintenant, bientôt 70 ans,
je vois le sens qui
chose se révèle,
en fait. Je comprends pourquoi j'ai vécu tout ça,
quoi.
Jusqu'à la souffrance, par exemple, quand j'étais
sur Sli, à 18 ans,
tous les dents toutes pétées, en train
de... enfin bon, je ne fais pas ces détails.
Tu ne comprends pas pourquoi tu es venu,
tu ne comprends pas, en fait.
Ça te paraît tout à l'injuste, quoi. Et puis,
finalement, si tu as la chance de vivre,
de passer à travers tout ça, tu comprends
que c'était salvateur, ça t'a appris quelque chose,
quoi.
Mais c'est vrai que les années qui me restent à vivre,
j'aimerais peindre, j'aimerais sculpter,
j'aimerais donner de la beauté, quoi.
De beauté non narrative.
Quand on regarde un paysage, quand on regarde
une femme ou un homme, peu importe,
il y a un moment, on est en pli
d'une esthétique.
Il n'a pas besoin d'histoire.
Et pour moi, l'humain est fait pour vivre
dans la nature.
Moi, je vois ça comme ça.
C'est vivre ici, voir la beauté.
En fait, on n'est fait que pour la jouissance.
Et les seules jouissances
que je connais, c'est l'amour à la beauté.
C'est tout. Le reste,
j'en vois pas d'autre.
Le chose les plus importants, c'est ça,
quoi. Quelqu'un qui voit pas la beauté,
quelqu'un qui sent pas le miracle de l'existence,
et quelqu'un qui n'a pas connu l'amour,
en fait, il n'a jamais été vivant.
Il n'y a jamais né, en fait.
C'était juste un...
Il a eu une erreur,
il est passé au travers de tout ça.
Il va pas mourir,
puisqu'il n'est jamais...
jamais né, en fait.
J'ai eu la chance
de vivre suffisamment longtemps
pour que mon métabolisme
mental, se revienne
et puis j'ai eu la chance
de refaire être enfroid, surtout.
C'était vraiment une renaissance.
Reneissance, revenir en montagne,
reconnecter avec ce qui m'avait fait,
en fait, ce qui m'avait
donné du sens.
C'est assez logique.
Quand on parle de l'art de recherche,
on se dit, c'est marrant,
c'est très...
c'est très chaotique.
Effectivement, pendant longtemps, je me dis
qu'il y a quel chaos, mon existence, quoi.
Et puis maintenant, bien que tout 70 ans,
je vois le sens qui...
chose se révèle, en fait.
Je comprends pourquoi j'ai vécu tout ça, quoi.
J'en marque Rochette
et retournai vivre dans les écrins.
Il a trouvé sa place
dans un amour coupé de la civilisation
par les avalanches et les frasques
de l'hiver pendant 3 mois par an.
Il y repense son rapport au monde
et publiera bientôt sa robin sonnade
de haute altitude
dans un livre baptisé au coeur
de l'hiver, apparaître fin mars
2024,
aux étages éditions.
Merci à lui de nous avoir reçus
dans ce havreux de paix
pour nous raconter son histoire.
Et merci à vous de nous avoir écoutés
tout au long de cette 6e saison.
On espère que ces récits d'aventure
et de mes aventures en pleine nature
vous ont plu. Si c'est le cas,
n'hésitez pas à nous laisser une note
sur vos applications de podcast.
Cela nous aide beaucoup.
Et bien évidemment, merci à
toute l'équipe du podcast.
A commencer par Thomas Fier, qui s'est assuré
de la réalisation, assisté par Nicolas Alberti.
Nous devons toutes les musiques originales
et les ambiances sonores à Nicolas de Ferrand.
Clau et Vibo s'est quant à elle
occupé avec brio du montage
Antoine Martin
d'un mixage de précisions.
Et Clément Sacar, c'est moi-même,
j'ai eu la chance
de vous compter toutes ces histoires.
Un grand merci
à notre partenaire Columbia
de nous soutenir dans cette aventure.
On se retrouve bientôt pour une nouvelle saison.
En attendant, bel été.