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Pauvre coco, texte de Marie Colmond.
Personne n'a jamais su qu'il s'appelait pauvre coco. J'aime autant le dire. C'est
lui qui s'est nommé ainsi à son idée. Sans doute parce qu'il ne se trouve pas trop heureux.
C'est un petit œuf en bois peint, parfaitement bien imité, avec un petit bout et un gros bout,
et d'une jolie couleur blanc crème absolument pareil à celle des vrais coquilles. Il se
souvient de longs jours passés dans un endroit sombre et plein de poussières. Ça devait être
un bazar où personne ne s'occupait de lui. Quel triste vie. Hier quelqu'un est venu. On ne
sait pas qui. Peut-être les cloches. Elle a ramassé avec beaucoup d'autres objets dans une grande
corbelle et l'a emporté et la cachée sous une énorme feuille de rhubarb dans le jardin.
Pauvre coco trouve ça tout drôle d'être assis sur la terre. Il a froid. Le vent lui apporte de
grands bruits chantants et mystérieux. Ce sont les cloches de paque. Mais naturellement,
il ne peut pas le savoir. Il n'a d'ailleurs pas le temps de s'étonner. Une bande d'enfants
envahit le jardin. « Les œufs de paque, où sont-ils ? » Puis tout de suite, de grands cris.
« J'en ai un ! Moi aussi en chocolat. Moi aussi, un qui s'ouvre avec une poupée dedans. »
Le vacarme dure longtemps. Des petits pas cours sur le cravier. Des petites mains fourragent les
feuilles et on entend toujours des cris joyeux et des rires. Puis cela s'éloigne et maintenant
les enfants sont partis. Personne n'a trouvé Pauvre coco dans sa cachette et la nuit tombe.
« Booo ! » La nuit tombe et tout devient froid et noir. Pauvre coco n'a jamais couché dehors.
Il frissonne. Qu'est-ce qui va arriver ? Il arrive lentement, lentement, sous les feuilles.
Une énorme coulœuvre. « Oh là là, elle va la valer ? » « Oui, c'est bien ce qu'elle va faire. Une fricasse
Elle ouvre grand, grand, grand, c'est ma choix et croque. Ça y est. Non pas du tout, ça n'y est pas.
L'œuf est trop dur. Il ne passe pas. « Qu'est-ce que c'est que cette oeuf-là ? »
Crie la coulœuvre dépitée. « On ne peut même pas le manger. » Et elle l'envoie roule et d'un coup de queue sur le gazon.
« C'est vrai, dit Pauvre coco tout peu nôt. Je suis un drôle d'œuf. »
Arrive maintenant, doucement, doucement, sous les feuilles, une longue belette venu du bois voisin.
Pauvre coco, mon ami, cette fois-ci, la belette s'approche, reniflant de plaisir. « Attention, la voici. Elle ouvre grand, grand, grand sa gueule et croque. »
Eh bien non, ça n'y est pas. « Ay, ay, ay, ay, cri telle ! »
En crachant trois dents qu'elle vient de se casser sur la dure coquille de Pauvre coco.
« En voilà un oeuf qui ne se laisse pas manger. » « Jamais vu ça ! » Et toute colère des quatre pattes, elle l'envoie rouler dans le bois.
« Quelle misère ! » « Qui, Pauvre coco, onteux, même pas bon à manger. »
« Roule, roule, Pauvre coco, roule sur la mousse et les feuilles mortes, roule jusqu'à les temps. »
Juste au moment où il allait s'endormir, parce qu'il était fatigué, vous comprenez, avec toutes ses histoires.
« Voilà qu'arrive, plique, bloque, plique, bloque, glissant dans la vase. »
« Un gros crapeau vert. »
« Chique ! » s'écrit le crapeau.
« Un ballon de rugby. »
« Et, crapeau d'un, crapeau d'ou, crapeau d'un, venez vite, venez tous, on va faire une partie. »
Il fure bientôt quinze autour de Pauvre coco.
« Et je te lance, et je te rattrape, et je te marque un essai. »
Bref, une vraie partie.
Patatra.
Qu'est-ce qui se passe ?
C'est crapeau d'un qui a voulu faire avec sa tête un crâne magnifique.
Il sait fondre, assumer.
Ce que j'entends souvent de la part des recruteurs, c'est...
« Oh là là Pierre, les petits nouveaux dans l'entreprise, il reste rarement plus d'un an. »
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La partie est finie. Pleurons. Pleurons. Ordissi. Afreballons.
Et là, j'ai mis Pauvre coco. Complètement dégoûté de lui-même.
Pas même bon à faire un ballon de rugby.
Voilà Pauvre coco dans les herbes, qui pleure et se la monte.
S'il avait des bras, il se donnerait bien des gifles pour s'apprendre à être si bête, si nulle, si...
Mais il n'a pas de bras.
Et doit se contenter de pleurer en dedans, avec son pauvre petit cœur tout gros d'œuf qui ne sert à rien.
Arrive au petit matin.
Sur ses hautes pattes, un grand monsieur Sigeone, qui est descendu se rafraîchir à l'étang.
« Tiens ! » dit-il.
« Un œuf. Je vais la porter à ma femme, puisqu'elle couve. Un de plus, ça ne la gênera guère.
Pauvre coco est en travers du bec de la Sigeone, et vogue, au-dessus des nuages et tremble de peur et de vertige.
Enfin, voici Loni, tout en haut du clocher.
« Qu'est-ce que tu m'apportes là ? » grince la dame Sigeone, qui a mauvais caractère et qui s'ennuie, assise sur ses œufs.
« Tu trouves que je n'ai pas assez à faire ? »
Elle prend tout de même Pauvre coco avec les autres œufs, le couvre de ses prumes.
Des jours se passent.
« Bouh ! Qu'il fait chaud là-dessous ! Pauvre coco est tout fil n'en peut plus ! »
Un jour, un petit sigogno sort de son œuf, puis un autre.
« Hé, toi là-dedans, à ton tour ! » crie-t-il, en piquant Pauvre coco du bec.
Pauvre coco se démène, pousse de toutes ses forces.
« Qui sait ? Il finira peut-être par éclater aussi, par faire sortir de lui quelque chose de tout à fait joli. »
« Ah ! Wish ! Rien du tout ! »
Les sigogno deviennent méchants, Loni est plein de fiantes, ça sent bien mauvais.
« Oost ! dehors ! » crie la sigogno.
« On ne fera jamais rien de bon de cet œuf-là ! »
Et elle le jette en bas d'un coup de bec.
« Encore raté ! » se lamente Pauvre coco.
« Bon à rien ! Bon à rien ! »
En attendant, il dégringole, roule sur le toit pointu du clocher, rebondit sur celui de la ferme voisine Patatra.
Tombe sur le fumier, roule encore, s'immobilise.
Or, il y avait dans cette ferme une petite orpheline qu'on avait prise par charité,
mais qu'on faisait travailler dix fois plus que les autres, qu'on nourrissait mal et combattait.
Elle était la servante de tous et raccommodé les nips en gardant le troupeau.
Jamais les reprises n'étaient assez bien faites.
Elle se piquait les doigts avec son aiguille, mettait du sang partout.
« Pant ! » encore détaloche.
« Cette Nicolette » disait la fermière, « qu'elle est sale et maladroite.
Eh bien, c'est Nicolette qui a trouvé Povkoko.
Elle l'a bien essuyée, bien regardée, et puis, comme elle n'était pas bête,
elle l'a glissée dans le talon du bac qu'elle raccommodait.
Plus de doigts piqués, plus de sang sur la laine, plus de taloches et une si jolie petite reprise.
Maintenant Povkoko est content, il a trouvé sa voix.
Personne n'avait compris encore que c'était un petit œuf à raccommoder les bas.
Il ne quitte plus la poche de Nicolette.
Il fait bravement tous les jours son petit métier.
Et voulez-vous savoir le dernier mot de l'histoire ?
Povkoko était creux.
Nicolette a trouvé sa un jour par hasard,
en tournant la coquille un petit peu à droite, puis un petit peu à gauche.
Ça s'est ouvert.
C'était plein de bonbons,
justement des pastilles à la menthe, celles qu'elle aime le mieux.
Si humble, si nu, si pauvre,
Povkoko a tout de même eu quelque chose à donner à son ami.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org