Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petit histoire.
La trèvre de Noël.
S'il y a plein de raisons d'être tourneboulé par le monde dans lequel nous vivons, il y
a également toujours moyen de s'émerveiller.
Et je ne vous dis pas cela parce que je suis un vieux crouton.
Non, je vous le dis parce que j'en ai trouvé un en plein milieu d'une guerre.
Et pas n'importe laquelle, la première guerre mondiale.
C'était au début du siècle dernier.
Tout le monde avait été réquisitionné.
Je n'étais pas réellement enchanté de partir au front.
J'avais fort affaire à la boulangerie de mes parents.
Les affaires marchaient bien.
Mais comme tout le monde, je suis parti, la fleur au fusil.
Et ce n'est pas qu'une expression.
Les canons de nos armes étaient vraiment fleuris grâce aux bouquets qu'on nous avait
offerts lors de notre départ et aux fleurs qu'on ramassait en chemin.
On était certains que nos fusils ne serviraient pas.
Personne ne pouvait nous battre.
Nous étions trop puissants.
La victoire était assurée.
Et on ne pouvait pas plus se tromper.
Le conflit s'est enlisé.
On s'est retrouvés coincés comme un concours de tir à la corde.
Personne n'arrivait à prendre l'avantage.
Sauf qu'on était bloqués dans des tranchées séparées par une bande de terre morte
criblée de trous d'obus, le No Man's Land.
Personne ne pouvait y survivre.
Il posait un pied.
C'était l'assurance de se faire tirer comme un lapin.
À l'automne, la pluie est arrivée, inondant rapidement les parties basses de nos tranchées.
Mais c'est avec l'hiver que notre vie est devenue un enfer.
On s'est retrouvés, trempés et gelés jusqu'aux eaux, sans une lueur d'espoir à l'horizon.
C'est peu dire qu'on avait le moral dans les chaussettes, sauf qu'on n'avait pas
encore touché le fond du fond.
On l'a atteint lorsqu'on s'est retrouvés congelés dans nos tranchées au matin de
la veille de Noël.
Et puis, d'un coup, le petit louis s'est écrié, « Des sapins ? Il y a des sapins
qui sortent des tranchées ennemies.
Qu'est-ce que tu nous chantes ? Le froid toche le ciboulo ? »
« Mais je vous jure que non, sergent Robert, regardez, il y a même un panneau.
Laisse-moi voir.
Quoi ? Une trèvre ? Nos ennemies demandent une trèvre.
C'est bien ta Noël, sergent.
Est-ce que j'ai un gros ventre, un uniforme rouge, une hôte, des renneaux et un traîneau ?
Non, sergent.
Je suis pas né de la dernière plie, petit louis.
C'est une ruse pour nous faire baisser notre garde et en finir.
Mais, sergent...
Ah, c'est discuté ! Que tout le monde reste en alerte.
On ne peut pas faire confiance à l'ennemi.
La gare de Fus doublé.
Toute la journée, dès qu'un de nous relâchait son attention, le sergent Robert fonçait
sur lui comme un hibou sur un muleau.
Il était persuadé que l'ennemi préparait du vilain.
Sauf qu'il ne s'est rien passé.
En fin de journée, il s'est mis à neiger à gros flocons et très rapidement, le nom
à Zlind s'est drapé de blanc.
Tout était tellement silencieux qu'on se serait cru perdu dans le grand nord.
Lorsque la nuit a pointé le bout de ses étoiles, des champs de Noël se sont élevés
du côté de l'ennemi.
C'était trop pire réel pour être vrai.
D'un coup, un frisson nous a tous parcourus, pas de peur, mais d'effroi.
Personne ne pouvait être aussi insouciant pendant une guerre.
Le sergent Robert avait raison.
Il se tramait quelque chose et il ne fallait surtout pas relâcher notre attention.
On s'est retrouvés au petit matin épuisé d'avoir veillé toute la nuit.
Il ne neigeait plus et les champs de Noël avaient cessé.
Alors que je jetais un œil par-dessus l'attranché, un ennemi jouflut apprudemment
sorti la tête hors de s'attrancher à lui.
Il a agité un drap au blanc en braillant,
« Fro et Weinhardt, les murals, soyez Noël à tous ! »
On s'est tous regardés, stupéfait.
Plusieurs d'entre nous ont voulu les répondre, mais une pluie de tornioles a stoppé notre élan.
« Créatin, vous ne voyez pas qu'il cherche à tromper notre vigilance ? »
Tout le monde s'est tué, même l'ennemi jouflut.
Je pensais que sa alaisse arrêtée là, on le pensait tous.
Mais le jouflut s'est avancé sur le No Man's Land en agitant son drapeau,
très vite rejoins par une poignée de ses camarades les bras chargés de bouteilles et de saucisses.
Cette parade grotesque nous laisse à s'envoi.
« Et si c'était une vraie trêve ? »
« C'est un piège, oui. Si vous vous montrez, vous se réfuziez,
parce qu'on camoufle des fusils dans des saucisses maintenant. »
Et là, le petit Louis s'est emprissé de grimper.
Le serre-et, le sergent s'est jeté sur lui,
mais l'autre était trop rapide et le pauvre Robert s'est retrouvé le nez dans la boue.
Debout sur le bord de la tranchée, le petit Louis était radieux et nous a lâché.
« Ben alors les gars, vous attendez quoi ? »
Avec plusieurs de mes camarades, on est sortis.
Bientôt, une marée d'uniformes bleues et gris s'est formée au milieu du No Man's Land en aigée.
C'était à peine croyable, on fraternisait avec ceux que l'on essayait de tuer la veille.
Un soldat ennemi s'est approché de moi.
Il avait l'air tranquille et heureux.
Il m'attendu une main à Mikal.
J'ai avancé la mienne, timidement.
Il l'a saisi et serré vigoureusement.
Peter Dorn, fréli, je vais m'arriver.
Joyeux Noël, je m'appelle Georges Merlin.
Enchanté Georges Merlin.
Tu faisais quoi avant la guerre ?
J'ai des mes parents.
Ils ont une boulangerie dans une bourgade, pas loin d'ici.
J'espère qu'ils vont bien.
Je suis sûr qu'ils vont bien.
Tu veux boire ?
Il sortit une flasque de whisky de la poche de sa veste et me l'attendit.
J'en bu une rasade.
Puis on s'est assis sur un tronc déraciné par les obus et on a commencé à bavarder.
Surtout en français, mon allemand n'était pas terrible.
Je serais incapable de dire combien de temps ça a duré.
C'était comme si la guerre n'avait jamais existé.
Peter était instituteur.
Il était venu plusieurs fois chez nous avant la guerre.
Nous avons parlé de nos familles, de notre travail et du cadeau de Noël qu'on aurait souhaité.
Un vélo, nous voulions la même chose.
Parfois, nous regardions autour de nous.
Partout des tas de brave gars trinquaient, fumaient, riaient, dansaient.
Plus rien ne les opposait.
Qui aurait cru qu'au beau milieu d'une bande de terre morte,
il y pourrait y avoir une si belle fête de Noël.
Et puis, un ballon de football a roulé à mes pieds.
L'instant d'après, les grilles affrontaient les bleus.
L'ambiance était légère, le froid moins mordant.
Peter et moi, nous sommes amusés à supporter nos équipes respectives.
La sienne a marqué la première et j'ai applaudi.
Il a pouffé puis a déclaré le regard fixé sur le ballon.
Ce serait mieux de se faire la guerre comme ça.
Personne ne meurt en jouant au football.
Alors qu'il terminait sa phrase, les grilles ont marqué un second but.
C'est une bonne idée, mais il faudrait qu'il n'y ait pas que du foule sinon vous allez toujours gagner.
Le match s'est terminé sur un score sans appel.
Trois buts à zéro.
Sur les visages, il n'y avait que des sourires.
Les boissons et les victuels vint à manquer.
Je crois que c'est l'heure de rentrer.
Ça a été un plaisir Peter.
Je te souhaite de vite rentrer chez toi.
Je pense qu'on en a tous envie.
Ce serait sans doute les meilleurs des cadeaux pour nous tous pas frais.
Prend soin de toi, Georges.
À contrecoeur, nous nous sommes fondus parmi les nôtres.
De retour dans nos tranchées, la neige a recommencé à tomber.
Des champs de Noël se sont élevés des deux côtés.
Cette nuit-là, comme tous mes camarades et mes ennemis,
j'ai souhaité que cette trêve dure pour l'éternité.
C'était une histoire de Mathieu Genel.
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