Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petit histoire.
Les Petites histoires de Telmy.
L'étrange Noël de Bahia et Léo En décembre, alors que la nuit prend
tout son temps et que le froid vous force à vous en mitoufler, tous illumine, surtout
l'esprit des enfants.
Tous pensent au cadeau qu'ils pourront bien commander.
Les soins et les envies se bousculent et lorsqu'ils se sentent près, ils écrivent
avec soin leur liste au Père Noël.
Léo, lui, n'arrive pas à se décider.
Il veut trop de choses.
La console, SP5 dont tout le monde rêve.
Le robot XR, du grand héros Star Newf.
Le kit du sorcier facécieux, le guide ultime du chasseur de monstres imaginaires, le VTT
Over Xtrem pour ne citer que le top 5 de sa liste des mille et une envies.
Depuis des jours, il écrit, ratures, froisses, jette et recommence sa liste.
Mais ce matin, il est déterminé.
Il postera sa lettre juste avant d'aller à l'école.
Assez à la table du salon, il pose devant lui une feuille blanche, arme son stylo et
commence à rédiger une nouvelle et ultime version de sa liste.
Mais son stylo ne bouge pas d'un pouce.
Léo n'a plus envie de rien.
Chère Père Noël, ce que je veux le plus cette année, c'est…
Hum…
Bah rien en fait.
Pourquoi je rédige une être au Père Noël d'ailleurs ?
Sur le chemin de l'école, il retrouve Baya, sa meilleure amie.
Alors ? T'as enfin écrit ta lettre ?
Inutile.
J'avais envie de rien.
Quoi ? T'as tellement d'envie que ta trois caillers remplis, je te rappelle.
Bah faut croire que j'ai changé.
Comment ça ? En pleuvant ?
Non.
En voulu en écrire ma lettre au Père Noël.
Et juste avant, t'avais des envies qui se bousculaient dans ton cerveau ?
Je crois, je sais plus.
C'est tout embrouillé.
Les mélanges de Baya turbinent à plein régime et d'un coup, la solution les vient.
Mme Fripounette, la bibliothécaire de l'école.
Mme Fripounette est incroyable.
Elle connaît par cœur tous ses livres, encyclopédies, romans, poésies, pièces de théâtres et même
les BD et les mangas.
Mais surtout, elle connaît des tas de légendes et d'anecdotes sur les temps anciens, qui
regorgeaient d'aventures de monstres et des magiciens.
Elle raconte tellement bien qu'on dirait qu'elle y était.
Si on a une qui peut les aider, ça ne peut être qu'elle.
Baya prend Léo par la main et passe en mode turbo.
Il fonce à l'école, puis se fofile jusque dans l'entre-livresque de Mme Fripounette.
Eh bien, qu'est-ce qui me vaut le plaisir d'avoir de la visite de si beau matin ?
Léo a perdu toutes ses envies de cadeaux.
Enfin, c'est auquel dit, j'ai l'impression de n'avoir jamais eu envie de rien.
Par toutes les étagères, mon pauvre petit, ne me dis pas que tu as été victime de...
Attendez voir, je l'ai sur le bout de la langue, comment ça s'appelle ?
C'est horrible mangeur d'envie.
Attendez, je dois avoir un livre à ce sujet.
Alors, je n'aurais plus jamais d'envie ?
Bien sûr que si ! Mme Fripounette aura bien une solution.
Voilà, voilà, ils en parlent dans mon exemplaire de créature mythiquement magique.
Oh mon pauvre petit, tu as été victime du gniffle-le,
un démon qui dévore les envies des enfants lorsqu'elles sont les plus fortes.
Mais oui, quand tu as voulu enfin écrire ta lettre, il en a profité.
Mais ce qui est étrange, c'est que ce démon a été renvoyé chez lui il y a fort, fort longtemps.
Je me demande comment il a pu revenir.
Un démon ? Mais c'est carrément la catastrophe.
Comment je vais faire pour récupérer mes envies ?
Le gniffle-le est glouton, il suffit de le tenter avec une belle envie.
Pfff, j'en ai plus moi.
Mais il reste baïa ?
Sauf qu'elle ne fait jamais de liste au Père Noël.
Elle a déjà tous les jouets qu'elle veut avec sa famille qui possède le magasin La Fabrique à Joujou.
Mais il y a un truc dont je rêve depuis toujours, un kit de menuiserie pour créer des soldats de bois.
Mes parents disent que je suis trop petite.
C'est parfait ! Alors voici ce que vous allez faire.
Baïa, tu vas t'installer pour écrire ta lettre.
Toi, Léo, tu devras t'armer de Farine.
Comme ça, dès que Baïa sentira ses envies sans voler, tu jetteras de la Farine sur elle.
Logiquement, le démon va apparaître.
Ne perd pas une minute, dessine un cercle de Farine tout autour de lui et le gniffle-le sera pris au piège.
Les enfants sont épatés.
La journée à l'école leur semble durer une éternité.
Lorsque la cloche sonne, ils se précipitent chez Léo et mettent leur plan à exécution.
Baïa s'installe sur la table du salon.
Face à une feuille, elle se concentre pour ne penser qu'à son envie de recevoir un kit de menuiserie pour Noël.
Dès qu'elle commence à écrire, un frisson la parcourt.
A l'instant où son stylo se fait hésitant, Léo passe à l'action.
Un nuage de Farine recouvre tout.
Juste derrière Baïa, une silhouette se dessine.
Sans perdre une minute, Léo trace un cercle autour.
Un minuscule et curieux démon cornu les fixe, l'air renfrogné.
Ce n'est pas très sympathique ce que vous venez de faire là.
Parce que vous vous êtes gentil peut-être.
Vous avez dévoré l'envie de cadeaux de Léo.
Ça faisait des jours qu'il essayait d'écrire sa liste.
Son envie est succulente, la plus délicieuse que j'ai jamais dégustée.
Vous pourriez me libérer ?
Pas avant que vous ayez rendu son envie à Léo.
Mais je m'en aurais.
Après tous ces siècles sans en dévorer, je suis affamé.
Comment ça se fait que vous soyez revenu ?
Vous n'aviez pas été chassé ?
Rachon que c'est le grand sorcier qui a réussi à m'invoquer.
Il m'a libéré pour que je dévore mon maire préféré.
Les envies de Noël des enfants.
Alors vous allez rester prisonnier de ce cercle de farine.
Vous ne nous auriez pas ! Je vais mourir de faim et disparaître.
Il fallait réfléchir avant de bouleoter n'importe quoi.
Mais j'ai besoin d'envie pour vivre !
Je sais, vous pourriez manger celle des méchants.
Grâce à vous, ils deviendraient gentils et vous seriez un héros.
Je n'y avais jamais pensé. Vous croyez qu'elles ont bon goût ?
Moi, vous de le découvrir.
Très bien. On va passer un pacte.
Vous devez jurer de nous vous en prendre qu'aux méchants de envies
et de rendre toutes celles que vous avez boulotées.
Top-là !
Bahia y fasse le cercle et le gni-felle disparaît.
Léo s'élimine.
Il a retrouvé son envie de cadeau et s'empresse d'écrire sa liste au Père Noël.
Un peu plus tard, le nez enfouit dans leurs écharpes.
Bahia et Léo sortent poster leurs lettres au Père Noël.
Une fois la lettre avalée par la boîte de la place du marché,
Léo et Bahia remarquent qu'un attroupement qui grossit de minute en minute.
Bah, il se passe quoi ici ?
Bah, Léo, c'est bientôt l'heure du compte de Kili Bien. On y va ?
Tout le monde adore Kili Bien.
C'est un compteur hors-père, grâce auquel on ne s'ennuie jamais.
Chaque jour de décembre, il s'installe au marché de Noël.
Et à 18h tapante, tout le monde se presse pour écouter sa nouvelle histoire.
Mais aujourd'hui, c'est le maire qui accueille les enfants et leurs parents.
Un grand renfort de trifouillage de doigts, il annonce à la foule que la star des comptes n'est pas là.
Dans la foule, sa chouine, sa souffle et sa proteste.
C'est très très louche ça. Kili Bien n'a jamais raté une histoire.
Il est peut-être malade.
Ça n'est pas un virus qui le plourait au lit. Et puis t'as vu la tête du maire ?
On n'a qu'à passer chez lui pour voir si tout va bien.
Il trouve la maison de Kili Bien, tout illuminé de décorations de Noël.
Il y a même de la lumière qui s'échappe du salon.
Sur du trouvée Kili Bien, Baya sonne.
Une fois, deux fois, trois fois, mais personne n'ouvre.
C'est curieux quand même. Il serait parti en laissant tout allumé ?
Tu entends ça ? Des marmonnages comme si on parlait.
Ça vient de la cave ?
Sur la pointe des pieds, les enfants s'approchent d'une petite fenêtre
qui donne sur le sous-sol le sacrupisse.
Ce qu'ils découvrent, les laissent sans voix.
Kili Bien est assis sur une chaise, son grimoire de comptes sur les genoux,
entouré d'une dizaine de bonhommes de neige qui l'écoutent avec attention.
Baya a une tête toute froncée.
Léo, lui, aussi l'entre-eux, est merveillement et effroi.
Et lorsqu'il voit le plus petit des bonhommes de neige sortir de la cave,
il ne pense qu'à une chose, déguerre pire.
Il nous a vu ! Il faut pas rester ici !
Attends un peu, j'aimerais bien savoir ce qui se passe.
Que faites-vous ici ?
Ça se voit pas ? On essaie de comprendre ce que vous avez fait à Kili Bien.
On s'en ressortelait pour qu'il nous raconte des histoires.
Il suffisait de lui demander qu'il raconte des histoires à tout le monde.
Sauf que nous, on a besoin de ces histoires pour nous protéger de la chaleur hivernale.
Parce que vous trouvez qu'il fait chaud, vous ?
Ah, je suis gelé !
Les hivers sont de plus en plus doux,
et nous sommes obligés de nous réfugier tout en haut de la Grande Montagne,
le royaume des neiges éternels.
Et vous croyez vraiment que des histoires vont vous protéger du réchauffement ?
C'est n'importe quoi !
Norshax, le grand prophète, est venu dans notre village.
Il nous a raconté que la chaleur allait bientôt conquérir notre montagne,
et que nous étions en danger.
Nous étions au fort inquiet, mais il nous a rassuré.
Il y avait une solution, les histoires de Kili Bien.
D'après la légende, si ces histoires réchauffent le cœur des humains,
elles peuvent refroidir le nôtre.
C'est grâce à ces comptes que nous survivrons.
Et je parais qu'il s'est lui qui vous a aidé à l'envorceler ?
Tout à fait, grâce à des coups qui glaçaient.
Norshax est un gros menteur.
Regarde, il y a un déco-pain près de la chaudière.
Que vaut-tu à ses pieds ?
Par tous les floucs, une flac.
Norshax nous a trompés.
Nous vous avons privé d'histoire pour rien.
Dépité, le petit bonhomme de neige annonce la nouvelle à ses congénères,
jetant un froid polaire sur l'Assemblée.
Ceux qui les rentrissent,
ça n'est pas qu'ils doivent rentrer chez eux,
mais plutôt de ne plus écouter les histoires de Kilibien qu'ils trouvent malgré tout magique.
Les histoires de Kilibien sont diffusées à la radio.
Ne bougez pas, je vais vous en chercher une.
Baïa file comme l'éclair et revient quelques instants plus tard avec un poste de radio.
Les bonhommes de neige s'illumulent de joie,
à tel point que Baïa et Léo sont obligés de fermer les yeux.
Un vent gelé s'engouffre dans la cave.
Puis tout redevient silence.
Les enfants se retrouvent seuls avec Kilibien qui recouvre ses esprits.
Ils ne se souviennent de rien, seulement d'avoir eu très froid.
Baïa et Léo lui racontent tout, le vieux compteur est tout épaté.
Ils se sentent tout ragaillardis,
bouddhi de sa chaise et se mettent en route vers le marché de Noël.
Même s'il est tard tard, lors du compte, aura bien lieu.
Un petit groupe d'enfants, accompagnés de leurs parents,
attendent pour écouter l'histoire du jour.
Ça ne plaît pas du tout à Léo.
Pourquoi il y a aussi peu de monde ?
L'heure du compte est passée, les gens ont dû rentrer chez eux.
À cette heure-là, le marché est bondé normalement.
Où sont-ils tous ?
Je sais pas, mais t'as remarqué,
tous les passants ont le même petit sac en papier
au délice de Tonton-Charonx.
J'aime pas ça du tout.
Allons jeter un œil.
Baïa et Léo rejoignent en vitesse l'allée centrale du marché de Noël
pour y trouver une queue interminable qui se répand dans les rues atnantes.
Tout le monde parle du stand de Tonton-Charonx
et semble impatient de goûter ses pains d'épices merveilleux,
tellement savoureux qu'on a l'impression de croquer dans un nuage.
L'odeur qui plane sur le marché est si envoutante
que Baïa et Léo ont très envie de faire la queue,
mais leur impatience est plus forte.
Ils remontent en 4e vitesse la queue,
croisant des tas de chanceux dégustant le pain d'épices tant convoitées.
Ils sont presque arrivés au stand,
lorsqu'un râle de mécontentement remonte la file d'attente.
Il y a rupture de stock.
Aussitôt, tous ceux qui sont en train de croquer
dans l'un des gâteaux de Tonton-Charonx sont prêts de crampader ce tomat
avant de se transformer en bonne femme et bonne homme de pain d'épices.
La panique s'empare du marché.
Je savais bien qu'il y avait un truc qui clochait.
Allons voir ce fichu marchand.
Les enfants fendent la foule affolée et remontent jusqu'au stand.
Là, ils trouvent un vieil homme hausseux et tout est bourrifé
qui remballe ses affaires en sifflotant.
Eh vous, la freu ! Arrêtez-vous tout de suite !
Le vieux marchand sursaut.
Regarde les enfants.
Sort une fiole de la poche de son veston et la vide d'une traite.
Puis, ils leur adressent un sourire plein de dents jaunis,
ochaite et disparaît dans un nuage de fumée l'air d'âtre.
Un sorcier ! C'est un sorcier qui est derrière tout ça !
Il a peut-être laissé quelque chose derrière lui.
Là, près de la caisse, il y a un portefeuille.
C'est trop beau ! Il pourra pas nous échapper ! Ouvre-le !
Il y a que des vieilles photos et une carte de membre d'un club de lecture.
Hubert Ronchon.
Ronchon... Ça me dit quelque chose ?
Ne me dis pas que c'est Pépé Ronchon,
le vieux poux qui gronne sur tout le monde.
Il le ressemble drôlement.
Pas du tout, les enfants.
Ce sorcier s'appelle Ronchax
et mène sacré pagaille à quelques jours de Noël.
Jouer sur un reine miniature,
un petit brin de femme rondelette,
pas plus haute qu'un tabouret se tient derrière les deux enfants.
Bonne et vert, salopette verte,
chaussettes rayées rouge et blanche,
chaussures marron, oreilles pointues,
elle ressemble à s'y méprendre.
Une elfe ? Vous êtes une elfe de Noël ?
Tout à fait, petite.
Je m'appelle Izilda, chef de la sécurité de Noël.
Le patron m'a envoyé enquêter sur ce qui se trame par chez vous.
Et vous avez dit que le sorcier s'appelait Ronchax ?
Affirmatif.
On ne sait pas grand chose sur lui, mais ce portefeuille va nous aider.
Il n'y a rien hormis cette vieille carte et ses vieilles photos.
Charonx, le vendeur de peins d'épices,
Norchax, qui a conseillé les bonhommes de neige,
Rachonx, qui a libéré le gni-feuleux,
tous ses noms, ce sont des anagrammes de Ronchax.
Alors tous nos soucis ont été causés par la même personne ?
Regarde cette photo.
Il y a deux enfants dessus qui se ressemblent comme des gouttes d'eau.
Ronchax et...
Son frère !
Si ça se trouve, Pépé Ronchon est le frère de Ronchax.
À moins que ce soit votre Pépé Ronchon, le grand méchant.
Il n'y a qu'une seule manière de le savoir.
Izilda, Baïa et Léo filent à travers les rues désertes.
Ils ne croisent que des pauvres au sujet en peins d'épices en train de se lamanter.
D'états de rumeurs circulent sur Pépé Ronchon et pas des plus fauditions.
Et il faut avouer que l'état de sa maison n'arrange rien.
Elle est toute de travers, à moitié recouverte de mousse et de lierre.
Les trois gros arbres plantés devant donnent l'impression de gardiens menaçants.
Ils étangent leurs branches crochues au-dessus de vieux nains,
de jardins qui vous fixent du regard.
Il paraît que ce sont tous ceux qui ont un jour osé déranger Pépé Ronchon.
Malgré la crainte qu'il leur tenaille le ventre,
Baïa et Léo se tiennent devant le portillon accompagné d'Izilda.
Alors qu'ils s'apprêtent à sonner, la porte s'ouvre.
Des dizaines de chats sortent en silence sur le perro.
Les coeurs des deux enfants s'emballent.
Et puis, un vieil homme sort, Pépé Ronchon.
Sauf que ni Baïa ni Léo, pas plus qu'Izilda, ne leur aient imaginé comme ça.
Le vieil homme est tout maigre.
Les cheveux y bourrifaient, mais il est enmitouflé dans une épaisse robe de chambre arc en ciel.
Des chaussons tiraient que sa cipier et son sourire à ligne de rangée dedans est inslante.
J'imagine que la visite d'un elfre de Noël et de deux enfants n'augurent rien de bon.
Allez, venez vous mettre au chaud.
Sans qu'ils aient le temps de réagir, Pépé Ronchon claque des doigts
Le trio se retrouve à tabler dans un salon douillet et sobrement décoré.
Une tasse de chocolat sentant divinement bon et posé devant chacun d'eux.
Vous êtes différents.
De quoi donc ?
Ben, vous avez l'air gentil.
Oh, c'est que je trompe bien mon monde.
J'aime la tranquillité d'autant plus que je suis un sorcier.
Et si l'on venait à découvrir qui je suis, oh j'aurai de gros soucis.
Alors, quand je me mêle avec vous autres les humains,
je fais de mon mieux pour qu'on ne s'intéresse pas à moi.
Alors c'est pour ça que vous coroniez sur tout le monde ?
Au moins ça tient les gens à l'écart.
Tant de petit manège ne marche pas avec moi, Ronchax.
Oh, quel drôle de nom. Je m'appelle Ronchon.
Robert, de bon prénom.
Vous ne vous appelez pas Hubert ?
Comment connaissez-vous ce prénom ?
C'est celui de mon frère Jumeau.
Ne me dites pas qu'il est passé à l'action.
C'est peu dire.
Il a transformé les habitants de la ville en bons hommes de peins d'épices.
Qui nappait, qui libient et libérait le gni-feuleux.
Mais pourquoi est-il aussi méchant ?
Parce que nos parents étaient des sorciers sans le sous.
Par chance, on avait un toit sur la tête.
Cette vieille maison.
Mais ça ne suffisait pas à mon frère.
Il rêvait toujours de recevoir des cadeaux, surtout à Noël.
Par chance, on en avait toujours un.
Mais il était toujours modeste.
Il suffisait à me rendre heureux, mais pas Hubert.
Il avait l'impression que le père Noël ne lisait jamais sa longue lise,
qu'il se contentait de lui offrir le jouet le moins cher.
Au début, ça le rendait triste.
Mais peu à peu, son chagrin s'est transformé en colère.
Et puis un jour, Hubert a claqué la porte,
déclarant qu'il ferait tout pour mettre fin à Noël.
Tout ça parce qu'il n'avait pas reçu plein de cadeaux.
Hélas.
Un téléphone vibre.
C'est celui d'Isilda.
Elle a reçu un message.
Un masque de terreur recouvre son visage lorsqu'elle le lit.
Qu'est-ce qui se passe, Isilda ?
Un affreux sorcier a volé le traîneau de père Noël.
Hubert n'aurait jamais osé.
Les méchants, ça hausse tout.
J'aurais jamais dû quitter le royaume de Noël.
J'aurais dû envoyer l'un de mes assistants.
Quelle idiote !
Ça s'y greffe que ça ?
T'as pas idée.
Avec ce traîneau, on contrôle l'espace et le temps.
Regardez dehors, le ciel.
La nuit laisse place au jour, mais à l'envers.
Et alors qu'une traînée verdâtre zèbre le ciel,
le soleil remonte haut dans le ciel et s'arrête à son zénite.
Il a figé le temps ?
C'est une catastrophe !
Tout ça pour empêcher Noël d'arriver,
mais il est congelé du cerveau.
On doit l'arrêter.
Il peut être n'importe où.
Je vais vous aider.
Lui et moi sommes niers.
Et en plus, vous avez un objet qui lui appartient.
Je vais ouvrir un portail pour que nous puissions le rejoindre.
Pépéronchon prend le portefeuille.
Marmonne et d'un coup,
une petite bulle de lumière apparaît devant lui.
Il entame alors une danse pleine de drôles de gesticulation.
Soudain, il s'arrête.
Jette le portefeuille et là,
la bulle grossit.
Grossit !
Grossi pour laisser place à une porte.
Sans attendre, Pépéronchon louvre.
Elle donne sur une plage de rêve,
bordée par une épaisse forêt d'arbres exotiques.
Une maison se dresse tout près.
Il ne se refuse rien.
Il ruine Noël et ensuite, il part en vacances.
Je dirais plus tôt qu'il s'est caché sur une île perdue.
On saura bien où il est en passant cette porte.
Une fois de l'autre côté,
tout le monde est frappé par la beauté du paysage avec son eau turquoise.
Toutefois, la chaleur accablante tranche avec la froidure
et l'eau devient la petite troupe.
Alors, d'un claquement de doigt,
Pépéronchon habille tout le monde plus légèrement.
Soudain, la forêt gronde.
Les arbres tremblent plus des dizaines de jouets maléfiques jaquisses.
Que personne ne panique.
J'en fais mon affaire.
Ils vont voir de quel bois se chauffe la chef de la sécurité de Père Noël.
Foncez, trouvez-ron chax.
Alors qu'Isilda se chette en hurlant sur les assaillants,
le reste de l'équipe s'engouffre dans la forêt.
Ils s'attendent à devoir traverser une jungle tout fût,
mais après quelques simples enjambés,
ils arrivent dans une clérière de sable entourée de palmiers
au milieu de laquelle est plantée une cabane biscorneuse
faite de rondins de bois mal coupés et de branchages.
Posé à côté,
le traîneau du Père Noël auquel sont attelés des reines épuisées.
Ronschax, ou plutôt, Hubert Ronschon sort de sa caoutte impériale,
dans une robe de sorciers d'un noir profond,
un gros pendentif verdâtre autour du cou.
Il applaudit les arrivants.
Bravo, bravo les enfants !
Vous m'avez retrouvé et vous m'avez ramené mon abecile de frère.
Vous vouliez me faire un cadeau.
Vous allez remettre le temps en marche, sinon...
Sinon quoi ?
Attention à ce que tu vas dire, petite. Je suis puissant, très puissant.
Tu menaces les enfants, Hubert.
Ça te ressemble pas.
Mais viens, rentre-toi à la maison, on va boire un bon chocolat chaud et déguster de délicieux conquis.
Alors que j'ai enfin réussi mon grand œuvre,
le plan le plus matiavényque de tous les temps, jamais.
Ah, ne me force pas à me battre.
Parce que tu te crois encore meilleur que moi, tu vas le regretter.
Une épaisse fumée verte s'échappe du collier et enveloppe Ronschax.
Une ombre horriblement gigantesque, c'est-il.
Un hurlement de colère l'a fait s'évaporer.
L'affreux Hubert s'est transformé en un gros tas de muscles verdâtre.
Baia et Léo sont perdues.
Écartez-vous, je vais lui donner une bonne correction.
Une baguette apparaît dans la main du sorcier.
Un éclair en sort et frappe le sol.
Une seconde plus tard, un serpent de sable jaille pour s'enrouler autour du monstre.
Le reptile resserre son étreinte, mais d'un mouvement d'épaule Ronschax le fait exploser.
Les coupes pleuvent.
Les sores fuzent.
Pépéronchons épuisent.
Ronschax est bien trop fort.
Arrête, Hubert !
T'as tout ça ne rit marien.
On était heureux, gamins.
Heureux ? Heureux ?
On était l'arrésid, l'académie des sorciers à cause de notre look-doub.
Pouilleux, même les professeurs n'aient pas nous regardé.
Mais ce n'est pas une raison pour gâcher Noël.
Mais tu le réessends.
Si j'ai fait ça, si à cause de ce modi perne en elle, toujours à nous offrir mes jouets les plus...
...minables, dis-fois.
Je lui ai demandé la figurine dès l'éhonore la profondeuse de terreur.
Dis-fois, tu m'endors ?
Jamais. Jamais il ne me l'a offerte.
Alors que tous les autres, il l'a recevée.
Ce n'est pas la figurine super-collector que ton arrière-grand-père a créée ?
Mais oui, t'as raison.
Alors on peut tout arrêter maintenant ?
Baya se précipitant plein dans la mêlée, pile entre Hubert et Robert Ronchon.
Stop ! Pousse ! On fait une pause !
Qu'est-ce qui te prend, les mioches ?
Réperonchon. Renvoyez-moi chez moi.
Ce n'est pas le moment, Baya.
Tu as tellement bair que tu veux aller pleurer dans les jupes de ta maman.
Vous ? Je vous ai pas sonné. Faites ce qu'elle dit. Elle a la solution.
Comme si une gamee pouvait me battre.
La bagarre, la bagarre. Y a que ça qui compte pour vous.
Non mais franchement. Alors, M. Ronchon, elle vient cette porte ?
Un peu perdu, Péperonchon prend une clé que Baya l'a eu de temps.
Il entame son curieux rituel et une porte apparaît.
Elle donne droit sur l'atelier de jouet familial.
La jeune fille s'y engouffre sous le regard effaré des deux sorciers.
Après une longue, très longue minute, elle revient en tenant...
Une figurine d'éodorne profondeuse de terreur.
Oui. La toute première qui a confectionné mon arrière papy.
Je suis sûre qu'il aurait adoré que vous l'ayez.
Tu... Tu me l'as donne ? Pour de vrai ?
Pour de vrai. Un jouet est toujours mieux entre les mains de quelqu'un qui en a vraiment envie.
La fumée verdâtre s'enroule autour de Ronchax qui redevient un vieux sorcier.
Mais avec ses yeux brillants de l'arme et ses mains tendues vers le jouet, il n'a plus rien d'affreux.
C'est le plus beau cadeau qu'on n'a jamais fait.
Euh... Tu pourrais remettre le temps en marche maintenant ?
Ronchax se saisit son pendentif puis prononce une formule d'une voix rocailleuse
qui donne l'impression d'entendre une avalanche se déchaîner.
D'un coup, le soleil fit se coucher, la nuit reprend son cours.
Tout est rentré dans l'ordre et depuis la cheminée où elle a trouvé une place de choix,
et Léonore, la pourfondeuse de terreur, contemple deux vieux sorciers et deux enfants
qui se racontent toutes leurs envies de cadeaux les plus folles en buvant un bon chocolat.
C'était une histoire de Mathieu Genel.
Vous avez aimé cette histoire ?
Dites-le nous par mail, Facebook, ou en laissant un commentaire sur votre application de podcast.
Ça nous fera très plaisir.
A bientôt !