Pour clôturer la saison 6 des baladeurs en beauté et vous donner envie d'écouter ou de réécouter ces aventures et mes aventures en pleine nature,
voici une sélection de quatre nouvelles histoires coupées au montage à la sortie de nos derniers récits.
Dans ce bonus de l'épisode 62, Marc Hallow nous emmène pour une nuit de fête au coeur des steppes Mongols.
Une fois que le premier mois a passé, je connais quasiment chacun des gestes qu'il faut faire,
je ne les accomplis pas encore parfaitement, mais l'enseignement s'est fait pour ainsi dire.
Et là, je me dis que les deux mois suivants risquent d'être un peu ennuis.
C'était oublier la capacité des Mongols à la fête, leur capacité à débouler en pleine nuit avec une bouteille de vodka,
la capacité qu'à la famille à vous surprendre en vous apportant des vivres, etc. au beau milieu de la nuit ou de manière totalement inattendue.
Et je me souviens d'une belle journée suivie, d'une belle soirée puis d'une belle nuit,
parce que les fêtes chez les Mongols sont toujours assez longues et tumultueuses.
Gotov m'avait dit, demain tu verras, on va s'éclater, ce sera la fête du bac,
cette fameuse entité territoriale dont il a la responsabilité.
Je lui avais dit très bien, formidable, à quelle heure ça commence ?
Il me dit que ça commence à 11h, ça se finit à 7h.
Très bien. Le lendemain matin,
nous mettons une heure et demi pour déjeler le carterre de sa voiture et la démarrer, sa vieille jeep.
Nous faisons le tour des campements pour prendre les voisins et puis une fois que nous sommes une dizaine ou une douzaine dans sa vieille jeep,
nous nous mettons en route vers le lieu où la fête devait se produire.
Ce lieu, c'est un col complètement isolé en pleine montagne, totalement enneigé et là je vois une maisonnette vide.
Nous y rentrons, Gotov en a la clé, il y a un ou deux poils à bois, nous y faisons du feu pour échauffer l'atmosphère et là commence d'affluer des gens qui arrivent
pour les uns à cheval, pour d'autres à moto malgré la neige, pour d'autres avec de gros camions.
Et vers 11h, les gens effectivement commencent d'arriver mais la fête ne commence pas vraiment.
Et puis nous nous mettons à écouter des musiciens qui se sont installés, nous nous mettons à danser, etc.
Et Gotov me dit non, ça ne démarre pas à 11h le matin, ça démarre à 11h le soir et ça se finit à 7h le matin.
Je lui ai dit ok, pas d'alimentation, pas de boisson, rien du tout.
Nous voilà en début de soirée, la fête bat son plein, alors il y a des concerts, il y a des concours de danse,
il y a des concours de pompes pour les jeunes hommes, il y a tout un tas de jeux qui permettent aux jeunes générations des différents sexes
de faire connaissance, de se rencontrer, etc.
Tout un tas de jeux qui célèbrent la communauté, il y a peut-être 150 personnes réunies dans cette maison
qui se limitent à une pièce unique et un plancher.
Et puis vers 7h du soir, quand même Gotov me dit, il commence à faire fin, je lui ai dit oui, oui, effectivement, on est parti depuis le matin, ça fait long.
Et il me dit, il va falloir tenir jusqu'à demain.
Et la fête a continué comme ça toute la nuit, sans qu'à un seul instant il y ait une pause.
Pendant toute la nuit, au milieu des montagnes, des gens sont arrivés, nous étions à la fin quasiment de 100,
et des gens ont dansé.
Alors il faut imaginer, c'est quelque chose qui m'a beaucoup touché, c'est voir la silhouette de gens comme Gotov,
qui sont très épais, très costauds, vêtus dans leur gros manteau de divers, avec 2 ou 3 épaisseurs de vêtements,
et qui dansent des valses de manière magistrale.
Ça c'était très très beau de voir ces gens la faire la fête.
Et là autour du feu, c'est assez beau pour moi de constater la capacité de ces gens à vivre toute l'année,
dans l'immensité et dans une certaine solitude, et en même temps à se regrouper pour célébrer la communauté.
Les mongols ont une capacité comme ça de ne jamais vivre coupé du monde,
et pour ces gens qui vivent dans la steppe, peut-être n'y a-t-il pas de pire sort que de vivre seul ?
C'est ça qui est assez touchant.
J'ai quelques secondes d'émerveillement en me disant, c'est beau ce à quoi j'assiste,
et en même temps, le jour se lève à ce moment-là, et les gens comme des feuilles soufflées par le vent subitement
se rappellent que chez eux dans leur campement, il y a quelque chose qui les attend, et qui ne peut pas se passer d'eux.
Ce quelque chose c'est le bétail.
Et donc tout le monde saute sur le dos de son cheval, tout le monde saute sur sa moto, tout le monde saute dans sa voiture et foule quand ?
Sauf Gotov et moi qui avons remis une heure et demi pour déjeler les carterres de sa voiture et repartir.
Donc nous avons poussé sa vieille jeep sur le reste du foyer que nos amis avaient allumé,
le temps que tout ça se réchauffe en flambant sous la voiture, et puis nous sommes rentrés.
Nous arrivons à la yourte, la petite routine se poursuit, nous sommes le matin, je n'ai pas dormi,
et là Gotov me dit, ça y est Marc, ça fait deux mois que tu es chez nous,
tu as participé à une fête collective, maintenant t'es un vrai berger,
et là il rabat la couverture sur lui, il se couche et il me dit, aujourd'hui c'est toi qui t'occupe du bétail.
Et donc je suis reparti pour 6 heures de veille dehors sans manger, sans dormir,
et je suis rentré complètement crevé le soir.
Retrouver l'histoire complète de Marc Hallot dans l'épisode 62 des Balladeurs.
Merci encore d'écouter ce podcast, de notre côté on travaille déjà sur la programmation de la prochaine saison,
alors à très bientôt.