La Malle Volante, de Hans Christian Andersen

Durée: 12m49s

Date de sortie: 05/01/2024

Il était une fois un marchand si riche, qu’il aurait pu paver toute une grande rue et encore une petite de pièces d’argent ; mais il avait bien garde de le faire ; il savait mieux employer sa richesse. Il ne dépensait un sou qu’avec la certitude de gagner un écu...
 
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La malle volante
D'après Hans Christian Andersen,
Interprétation, Chloéorie
Il était une fois un marchand.
Si riche qu'il eût pu pâver toute la rue
et presque une petite ruelle encore en pièces d'argent.
Mais il ne le faisait pas.
Il savait employer autrement sa fortune
et s'il dépensait un skilling,
c'est qu'il savait gagner un d'ailleurs.
Voilà quelle sorte de marchand s'était.
Et puis il mourut.
Son fils héritat de tout cet argent
et il mena à joyeuse vie.
Il allait chaque nuit au balmasqué
et faisait des ricochets sur la mer
avec des pièces d'or à la place de pierre plate.
À ce train, l'argent filait vite.
À la fin, le garçon ne possédait plus que quatre schelling
et ses seuls vêtements étaient une paire de pantoufles
et une vieille robe de chambres.
Ses amis l'abandonneraient puisqu'il ne pouvait plus se promener avec eux dans la rue.
Mais l'un d'entre eux qui était bon
lui envoyait une vieille malle en lui disant
« Faites épaquer ».
C'était vite dit. Il n'avait rien à mettre dans la malle.
Alors il s'y mit lui-même.
Quel drôle de malle !
Si on appuyait sur la serrure, elle pouvait voler.
Et c'est ce qu'elle fit.
Elle s'envola avec lui à travers la cheminée,
très haut au-dessus des nuages, de plus en plus loin.
Le fond craqué, notre homme craignait qu'il ne se brise en morceaux.
Il aurait fait une belle culbute.
Grand Dieu.
Et puis il arriva au pays des Turcs.
Il cacha la malle dans la forêt,
sous des feuilles sèches,
et entra tel qu'il était dans la ville.
Ce qu'il pouvait bien se permettre,
puisque en Turquie, tout le monde
se promène en robe de chambre et en pantoufles.
Il rencontra une nourrice avec un petit enfant.
« Écoute un peu, nourrice turque, dit-il.
Qu'est-ce que c'est que ce grand château près de la ville ?
Les fenêtres en sont si hautes.
C'est là qu'habite la fille du roi, répondit-elle.
Il lui a été prédit qu'elle serait très malheureuse
par le fait d'infiancer.
C'est pourquoi personne ne doit aller chez elle,
sans que le roi et la reine soient présents.
« Merci, dit le fils du marchand.
Il retourna dans la forêt, s'acit dans la malle,
vola jusqu'au toit du château,
et se glissa par la fenêtre chez la princesse.
Elle était couchée sur le sofa et dormait.
Elle était si adorable que le fils du marchand
ne puisse retenir de lui donner un baiser.
Elle s'éveilla effrayée,
mais il lui affirma qu'il était le Dieu des Turcs
et qu'il était venu vers elle à travers les airs,
ce qui plu beaucoup à la demoiselle.
Il s'assire là un côté de l'autre
et il lui raconta des histoires.
Ces yeux étaient les plus beaux lacs sombres
sur lesquels les pensées nageaient comme des sirènes.
Son front était un monne et jeu au salle magnifique, plein d'image.
Il parla aussi des cigognes qui apportent les mignons bébés.
Quelle belle histoire !
Alors il demanda sa main à la princesse.
Et elle dit oui tout de suite.
« Mais revenez ici samedi, lui dit-elle,
car le roi et la reine viennent prendre le thé chez moi.
Ils seront très fiers de me voir épouser le Dieu des Turcs.
Mais sachez leur raconter un très beau compte,
car ils les aiment énormément.
Ma mère les veut moraux et distingués,
mais père les apprécie très gais, que l'on puisse rire.
« Bien, je n'apporterai d'autres cadeaux de mariage qu'un conte, répondit-il.
Là-dessus, ils se quitteraient après que la princesse
lui eût donné un sabre incrusté de pièces d'or.
Et c'est cela surtout qui pouvait lui être utile.
Ils s'envolaient, s'achetaient une nouvelle robe de chambre
et s'aciedaient dans la forêt pour composer un compte.
Il devait être terminé samedi et ce n'est pas si facile.
Pourtant, quand vain le samedi, c'était fait.
Le roi, la reine et toute la cour, prenaient le thé chez la princesse
et l'attendait.
Ils furent reçus avec beaucoup de gentillesse.
« Voulez-vous nous raconter une histoire ? demanda la reine.
Une histoire d'un esprit profond et instructif.
« Euh, mais qui fait quand même rire ? dit le roi.
« Je veux bien, dit-il.
Et il se mit à raconter.
Et il y avait une fois un paquet d'allumettes,
très fiers de leur origine.
Leur ancêtre, un grand sapin, dont elles étaient toutes nées,
avait été un grand vieil arbre dans la forêt.
Les allumettes se trouvaient maintenant sur une tablette
en train briquer et une vieille marmite de fer.
Et elles parlaient de leur jeunesse.
« Oh, quand nous étions parmi les râmes au verre,
» soupirait-elle, « on peut dire que c'était la belle vie.
C'était matin et soir, harte et de diamants, la rosée,
toute la journée, le soleil quand il brillait,
et les oiseaux pour nous raconter des histoires.
« Et nous nous sentions riches.
Les arbres à feuillage n'étaient vêtus que l'été.
Nous, nous avions les moyens d'être habillés de verre,
et été comme hiver.
Mais les bûcherons sont venus, et ça a été la grande révolution.
Notre famille fut dispersée.
Notre père, le tronc, fut placé comme grand-mâts
sur un splendide navire qui pouvait faire le tour du monde
si elle le voulait.
Les autres branches furent utilisées ailleurs.
Et notre sort à nous est maintenant d'allumer les lumières
pour les gens du commun.
C'est pourquoi nous, gens de qualité, avons échoué à la cuisine.
T'as vu ? Il nous dit même plus bonjour.
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Investir comporte des risques de perte en capital.
Mon histoire est toute différente, dit la marmite.
Depuis que je suis venue au monde, on m'a récurré,
et fait bouillir tant de fois.
Oh, je pourvois au substantiel et suis réellement la personne
la plus importante de la maison.
Ma seule joie, oh, c'est après le repas de m'étendre propre et récurée
sur une planche et de tenir la conversation avec les camarades.
Mais, à l'exception du sodo qui de temps en temps descend dans la cour,
nous vivons très renfermés.
Notre seule agent d'information, c'est le panier à provision,
mais il parle avec tant d'agitation du gouvernement et du peuple.
Oui, l'autre jour un vieux pot effrayé de l'entendre est tombé
et s'est cassé en mille morceaux.
Il a des idées, terriblement avancées, vous savez.
Qui perd le trop, dit le briquet.
Son assiet frappe à la pierre à fusil qui lança des étincelles.
T'achanges plutôt de passer une soirée un peu gai.
Oui, dire les allumettes, cherchant qui sont ici les gens du plus hauts rang.
Ah non, j'aime pas à parler de moi, dit le pot de terre.
Ayons une soirée de simples causeries, je commencerai.
Racontons quelque chose que chacun a vécu, c'est bien facile et c'est si amusant.
Au bord de la maltique, sous les êtres d'Hanoi,
quel charmant début ! interrompirent les assiettes.
Nous sentons que nous aimerons cette histoire.
Oui, j'ai passé là ma jeunesse dans une paisible famille.
Les meubles étaient sirés, les parquets lavaient, les rideaux changaient tous les quinze jours.
Comme vous racontez d'une manière intéressante, dit le balai à poussière,
on se rend compte tout de suite que c'est une femme qui parle.
Il y a quelque chose de si propre dans votre récit.
Ah oui, ça se sent ! dit le sodo, et de plaisir, il fit un petit bon et l'on entendit flash sur le parquet.
Le pot de terre continua son récit dont la fin était aussi bonne que le commencement.
Les assiettes s'entrechoquaient d'admiration et le balai est pris un peu de persi
et en couronna le pot, parce qu'il savait que cela vexerait les autres,
et aussi parce qu'il pensait si je le couronne aujourd'hui, il me couronnera demain.
Maintenant je vais danser pour vous, dit la pincette.
Et elle dansa.
Grand Dieu, comme elle savait lancer la jambe.
La vieille garniture de chaises dans le coin craqua d'intérêt devant ce spectacle.
Est-ce que je serai couronnée ? demanda la pincette.
Et elle le fut.
Comme elle est vue le guerre, pensèrent les allumettes.
C'était au tour de la bouilloir à thé de chanter,
mais elle prétendait avoir un rhume et ne pouvoir chanter qu'au moment de bouillir.
Ce n'était qu'une poseuse qui ne voulait se produire que sur la table des maîtres.
Sur la fenêtre, il y avait une vieille plume dont la servante se servait pour écrire.
Elle n'avait rien de remarquable sinon qu'elle avait été plongée trop profondément dans l'ancrier,
ce dont elle tirait grande vanité.
« La bouilloire à thé ne veut pas chanter, » dit-elle.
« Un nac à s'abstenir. Il y a là dehors dans une cage, un rossignol.
Lui sait chanter, quoique il n'y ait jamais appris. Il nous suffira pour ce soir.
« Alors je trouve fort inconvenant, dit la bouilloire qui était la cantatrice de la cuisine,
qu'un oiseau étranger se produit ici. Est-ce patriothique ? Moi, j'en fais juge, le panier à provision.
« Je suis vexé, » dit le panier à provision. « Plus que vous ne pensez peut-être.
Est-ce une manière convenable de passer la soirée ?
Ne vaudrait-il pas mieux réformer toute la maison, mettre chacun à sa place ?
Je dirigerai le mouvement, ce serait autre chose.
« Oui, faisons du chauss, » s'écrièrent-ils tous.
À cet instant, la porte s'ouvrit, la servante entra.
Tous devinrent muets. Personne ne bronchât, mais il n'y avait pas un seul petit pot qui ne fut conscient
de ses possibilités et de sa distinction.
« Si j'avais voulu penser-t-il tous, cela aurait vraiment pu être une soirée très guée.
La servante prit les allumettes et les grattas, comme elle crépité et flambait.
« Maintenant, tout le monde voit bien que nous sommes les premières,
qu'elle est claire, quelle lumière ! » ayant dit, elle s'est aignée.
« Quelle charme en compte ! » dit la reine.
« Je croyais être à la cuisine avec les allumettes.
« Ah oui, oui, tu auras notre fille.
« Bien sûr, dit le roi, tu auras notre fille lundi. »
Il le tutoyait déjà, puisqu'il devait entrer dans la famille.
Le mariage fut fixé. La veille au soir, toute la ville fut illuminée,
les petits pains molés et les croquignoles volés de tout côté,
les gamins des russes tenés sur la pointe des pieds écrits et bravaux et sifflés dans leurs doigts.
Une belle soirée.
« Il faut aussi que je fasse quelque chose de bien, » pensa le fils du marchand.
Il acheta des raquettes, des fusées, des pétards et tous les feux d'artifice imaginables.
Il les mit dans sa malle et s'envola dans les airs.
« Piuu ! Quelle gère ! Desquels crépitement tombaient du ciel !
Tous les turcs sautait en l'air, leurs pantoufles volant par-dessus leurs oreilles.
Ils n'avaient jamais rien vu de si beau.
Ils étaient bien persuadés que c'était le Dieu des Turcs lui-même qui allait épouser la princesse.
Aussitôt que le fils du marchand fut redescendu dans la forêt,
il se dit « Je vais aller en ville pour savoir comment tout s'est passé en bas et ce qu'on a pensé de mon feux d'artifice.
C'était assez naturel qu'il fut curieux de le savoir.
Non ce que les gens pouvaient en dire.
Chacun avait vu la chose à sa façon, mais tous l'avaient vivement apprécié.
« J'ai vu le Dieu des Turcs en personne ! » disait l'un.
« Oh ! il avait des yeux brillants comme des étoiles et une barbe comme l'écume de la mer.
« Et il portait un manteau de feu ! » disait l'autre.
« Les anges les plus ravissants montraient leur tête dans ses plis.
Tout cela était fort agréable. »
Et le lendemain le mariage devait avoir lieu.
Il retourna dans la forêt pour remonter dans sa mâle.
Où était-elle donc ?
Elle avait brûlé.
Une étincelle du feu d'artifice y avait mis le feu et la mâle était en cendre.
Il ne pouvait plus voler.
Il ne pouvait plus se présenter devant sa fiancée.
Elle l'attendit toute la journée sur le toit de son palais.
Elle l'y attend encore, tandis que lui court le monde en racontant des histoires,
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