Bonus EP67 — La malédiction des 10 000 km, avec Sophie Planque

Durée: 9m59s

Date de sortie: 25/10/2023

Pour clôturer la saison 6 des Baladeurs en beauté, et vous donner envie d’écouter ou de réécouter ses aventures et mésaventures en pleine nature, voici une sélection de 4 nouvelles histoires coupées au montage à la sortie de nos derniers récits. 


Dans ce bonus de l’épisode 67, Sophie Planque nous parle de la malédiction des 10 000 km à vélo.


En figure de proue de la navigation, Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire en compétition. Après avoir dédié une partie de sa vie à la course, elle s’est tourné vers l’écriture et écologie en devenant autrice et présidente d’honneur de WWF.


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🎙 Un épisode réalisé par Thomas Firh en collaboration avec Nicolas Alberty, présenté par Clémence Hacquart, mis en musique par Nicolas de Ferran, mixé par Laurie Galligani, et monté par Chloé Wibaux en duo avec Capucine Lebot.


🤝 La saison 6 des Baladeurs est soutenue par Columbia.

Pour clôturer la saison 6 des baladeurs en beauté et vous donner envie d'écouter ou de réécouter ces aventures et mésaventures en pleine nature,
voici une sélection de quatre nouvelles histoires coupées au montage à la sortie de nos derniers récits.
Dans ce bonus de l'épisode 67, Sophie Planck nous parle de la malédiction des 10 000 km à vélo.
On a une petite statistique entre cyclistes qu'on n'aime pas trop partager mais il faut la partager quand même.
C'est qu'en moyenne un cycliste va avoir un accident tous les 10 000 km.
Et moi c'est un peu ce qui m'est arrivé.
Donc j'ai eu un premier accident en Alaska qui est arrivé au bout de sept jours et j'ai eu un deuxième accident
au moment de fêter les 20 000 km donc c'est vraiment la poisse.
À ce moment là on est au Pérou. Je viens tout juste de fêter mes 30 ans. C'est vraiment extraordinaire, je suis très heureuse de fêter mes 30 ans sur la route.
On se sent vraiment bien en fait sur la route à ce moment là on a même livresse de la montagne.
C'est à dire qu'on est en pleine traversée de la Cordillère des Andes qui est la chaîne de montagne la plus longue du monde.
On fait tous les jours en moyenne entre 1500 et 2500 mètres de positif tous les jours.
Et plus on avance, plus on a envie d'emprunter des chemins fous, des chemins plus fous les uns que les autres.
Et on demande aux gens clairement est-ce que vous n'avez pas une idée de petits sentiers de moutiers, de petits endroits qu'on pourrait emprunter.
On est sûr de rencontrer personne, d'être vraiment dans la montagne à tutoyer les cimes.
Et donc très souvent les gens nous conseillent bien sûr mais tiens regarde là c'est pas mal en plus c'est plat.
Sauf que c'est pas plat tu prends 2000 mètres de pause mais bon c'est pas grave tu vois pour eux c'est plat.
D'ailleurs les Péruviens ils ont tendance à parler de collines pour parler des montagnes qui font 6000 mètres d'altitude mais pour eux c'est des collines.
Donc on est vraiment dans, j'ai l'impression on est à ce moment là dans ce voyage là on est vraiment hors du temps et hors de la raison.
On est complètement pris par l'ivresse de la montagne et on veut toujours plus, toujours plus, toujours plus et on a toujours plus.
On passe des colles à 5000 mètres d'altitude avec les vélos, on porte presque les vélos dans des pierriers c'est n'importe quoi.
Et puis à un moment donné on voit qu'on a un énième col à passer sauf que là on n'a pas envie.
On a envie de prendre ce petit chemin de multiets que des villageois nous ont conseillés en nous disant que c'était super, ça ne fait que descendre.
On commence à regarder un petit peu et on voit le chemin se dessiner.
On voit que c'est un peu un flanc de falaises quand même, c'est pas hyper sécur.
Mais c'est suffisamment large, ça fait aller 70 cm de large.
On a 20 000 km dans les pattes, on est capable en fait, on peut le faire.
Moi j'ai quand même un petit peu peur du vide, je le vois se vide sur la gauche, j'aime pas trop.
Donc parfois je descends de mon vélo et je marche à côté de mon vélo quand il y a des porcs sur un petit peu trop raide.
On est presque dans du single track donc c'est quand même assez technique.
A ce moment là le sol c'est un mélange de poussière, de sable et de roche.
Donc il faut jongler un petit peu sur tout ça, parfois tu peux riper avec ton vélo, avec tes pneus.
Donc il faut retrouver l'équilibre et puis avancer.
A ce moment là l'environnement il est incroyable, on est vraiment en plein dans une gorge qui descend
entre deux montagnes extraordinaires de la Cordillère des Andes.
On est en train de sortir de la Cordillère Whitewash pour ceux qui connaissent.
Donc c'est très sauvage, c'est très délaissé, il y a des cactus partout.
On est dans une forêt de cactus à flanc de falaises, c'est vraiment beau, c'est des cactus sans de pédro incroyable
avec des épines de 20 à 30 cm de long.
Il y a d'autres types de cactus avec des fils de barbarie, il y a des fleurs, c'est magnifique, c'est très beau.
Vraiment on en prend plein les yeux et on a ce précipice incroyable de 2000 mètres de dénive.
On voit cette vallée en fond verdoyante qu'on n'a qu'une envie c'est de descendre.
À un moment donné on s'arrête pour prendre une photo.
C'est Jérémy qui prend l'appareil et qui me prend une photo.
Et à ce moment là je commence à entendre un gros craque.
Je ne sais pas ce que c'est à ce moment là, je regarde un peu autour de moi, c'est vraiment un craque étrange
que j'ai jamais entendu.
Et en fait c'est un cactus sans de pédro qui est en train de tomber.
Il est en train de se briser, de se casser et il est tombé juste devant moi.
Donc ce cactus qui tombe devant moi c'est assez impressionnant.
La tête du cactus se détache et roule comme si j'ai la tête qui roule devant moi.
Donc là on se dit bon on va peut-être pas rester, on va avancer.
Donc je marche un petit peu avec mon vélo et puis je remonte sur le vélo
et une petite portion de plat mais avec quand même un petit précipit sur la gauche.
Donc je fais quand même attention.
Je ne suis pas très rapide à ce moment là.
Je riep avec mon pneu avant, je parle équilibre.
Et pour retrouver mon équilibre là c'est clairement une faute de ma part,
je mets le pied gauche à terre.
Sauf que le pied gauche c'est le pied qui est le plus proche du précipit.
Et je suis si proche du dévers que la terre sous mon pied s'en va.
Et ça m'emporte à deux à l'heure dans le vide.
À ce moment là j'ai le temps de me dire merde c'est comme ça que je m'en vais.
Et en fait à ce moment là donc je tombe, aucun moyen de me rattraper.
Mon vélo me tombe dessus et je commence à faire trois, quatre roules et boulet.
Je tombe de 6, 7 mètres à peu près, droit dans la pente.
La pente elle est tellement raide que j'arrive à m'agripper à rien du tout.
Et sauf que là je suis consciente.
Contrairement au premier accident où j'ai eu un gros blackout,
là je suis consciente de tout.
Je suis consciente de la chute, je suis consciente de la douleur que mon vélo me procure
à me tomber dessus une, deux, trois, quatre fois.
Et là au bout d'un moment je me dis mais non en fait c'est pas comme ça que je m'en vais,
c'est pas comme ça que je vais partir, c'est trop ridicule.
Donc là je commence à gripper tout ce que je peux.
Ce que je pouvais pas faire au début.
Et la seule chose que je peux agripper c'est des cactus.
Donc je sers du plus fort que je peux, ce qu'il y a autour de moi c'est des cactus.
Serrer très fort un cactus dans ses bras, lui faire un câlin, ça fait très mal.
Je réussis à me stabiliser dans la chute, en position Scorpion, la tête en bas,
le vélo sur moi et les mains pleines de figues de barbarie
qui me transpercent littéralement, surtout la main gauche, de part en part.
Donc j'ai des épines qui me transpercent, qui rentrent d'un côté, qui sortent de l'autre,
qui cousent mes doigts entre eux.
Et je me rends compte surtout que je suis bloquée en fait, je peux plus bouger.
Je peux pas m'appuyer sur mes mains pour me relever,
parce que plus j'appuie, plus les épines me font mal et transpercent.
Et je peux pas bouger mon vélo parce qu'il est très lourd.
Jérémie encore une fois, il est derrière moi.
Il hurle et il plonge dans le ravin pour me récupérer.
Il plonge ça, héros Jérémie.
Et donc il bazar de mon vélo à ce moment-là,
j'ai une grande chance, c'est qu'il y a une petite terrasse en fait dans le déver.
C'est grâce à ça aussi que je me suis arrêtée.
Si j'étais tombée 10 mètres avant, 10 mètres après,
c'était 300 mètres de déver, sans terrasse.
Donc j'ai beaucoup de chance dans mon malheur encore une fois, une petite étoile.
Et donc là, Jérémie me relève, il me remonte sur le sentier
avec 3 bouts de cordelette et il me pousse comme il peut.
Lui au passage, il se prend plein de pins aussi dans le corps.
Et là, c'est le moment de faire un état des lieux.
Comment ça va Sophie ?
Là, je regarde ma main qui est...
Hourdée des pins et surtout qui est bleue.
Il y a des eudemnes dans tous les sens.
J'ai l'impression que mon bras est cassé en 1000 morceaux en fait.
Donc là, je me dis, OK, mon bras est cassé, mais je suis debout, je peux marcher.
On va me mettre à poil et on va voir l'ampleur des dégâts.
Et en fait, j'ai des épines strictement partout sur mon corps.
Mais quand je dis partout, c'est partout.
Et donc là, en fait, il se passe deux choses.
La première, c'est qu'on sait qu'au Pérou, il n'y a pas de secours à mon taille.
On a beau avoir à ce moment-là une balise GPS satellite
parce qu'on a appris du premier accident.
Ça sert à rien parce que personne ne va venir nous chercher.
On est sur un chemin de multiais en plus, inaccessibles en voiture.
On est tout seul.
Donc il n'y a pas le choix.
Il faut se défaire du maximum d'épines qu'on peut
et puis il faut surtout avancer pour essayer de retrouver
un village tout simplement et des secours.
Et donc à ce moment-là, c'est certainement le plus douloureux que j'ai eu à vivre dans ma vie.
Cette perce mécanique qui retire au fur et à mesure les épines
qui sont prises dans une chair et bien évidemment, les chairs,
avec le choc, elles se resserrent autour des épines.
Donc parfois, il y a des petits bouts de chair qui s'en vont avec les épines.
C'est très douloureux.
J'ai Rémi va tourner de l'œil trois, quatre fois et il a failli vomir.
Donc ça, ça a dû rûner, à nettoyer, à penser comme on peut.
Il y a des épines qui peuvent partir et qui restent coincées dans le ventre,
qui restent coincées dans les articulations.
Donc celle-ci, on les laisse, on n'a pas le choix.
Et puis après, il faut avancer.
Il n'y a pas le choix non plus.
Donc les affaires, moi, j'en prends un petit peu sur mon bras.
Le reste, c'est sur le vélo de Jérémy.
Il prend tout.
Et on avance, on avance, on avance.
On avance jusqu'à trouver un village,
mais en fait, ce village, il est abandonné sur carte.
On pensait qu'on allait trouver des secours, mais non.
Donc on avait marché déjà à neuf heures pour retrouver ce village.
On devra marcher une heure supplémentaire pour trouver un village.
Et au total, il s'écouleura quarante heures
avant de pouvoir aller à l'hôpital et d'avoir une anesthésie locale
pour enlever le reste des épines.
Retrouvez l'histoire complète de Sophie Planck
dans l'épisode 67 des baladeurs.
Merci encore d'écouter ce podcast.
De notre côté, on travaille déjà sur la programmation de la prochaine saison.
Alors à très bientôt.

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