La Fée du Sureau, de Hans Christian Andersen

Durée: 19m15s

Date de sortie: 22/01/2024

Il y avait une fois un petit garçon enrhumé ; il avait eu les pieds mouillés. Où ça? Nul n'aurait su le dire, le temps étant tout à fait au sec...

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La fée du suro
D'après Hans Christian Andersen
Interprétation, Chloéori
Il y avait une fois, un petit garçon enrhumé. Il avait eu les pieds bouillés.
Où ça ? Nul ne saurait le dire, le temps étant tout à fait au sec.
Sa mère le déshabilla, le mytholie et apporta la bouilloire pour lui faire une bonne tasse de tisanes de suro,
cela réchauffe.
Au même instant, la porte s'ouvrit et le vieux monsieur, si amusant, qui habitait tout en haut de la maison, entra.
Il vivait tout seul, n'ayant ni femme ni enfant, mais il adorait tous les enfants et savait raconter tant de contes et d'histoires pour leur faire plaisir.
Boitatisan, dit la mère, et peut-être, monsieur te dirait-il un conte.
Si seulement j'en connaissais un nouveau, dit le vieux monsieur en souriant doucement.
Mais où donc le petit s'est-il mouillé les pieds ?
Ah ça, dit la mère, je me le demande.
Est-ce que vous me direz un conte ? demande le petit garçon.
Bien sûr, mais il faut d'abord que je sache exactement la profondeur de l'eau du caniveau de la petite rue que tu prends pour aller à l'école.
Euh, l'aumonte juste à la moitié des tiges de mes bottes si je passe à l'endroit le plus profond.
Eh bien voilà où nous avons eu les pieds mouillés, dit le vieux monsieur.
Je te dois un conte et je n'en sais plus.
Vous pouvez en inventer un immédiatement.
Maman dit que tout ce que vous regardez, vous pouvez en faire un conte et que de tout ce que vous touchez peut sortir une histoire.
Mais ces contes et des histoires ne valent rien.
Les vrais doivent naître tout seul et me frapper le front en disant me voilà.
Est-ce que ça va frapper bientôt ? demande le petit garçon.
La maman se mit à rire, elle jeta quelque feuilles de sureau dans la théière et versa l'eau bouillante dessus.
Racontez, racontez !
Avec plaisir, si un conte venait tout seul, mais il est souvent capricieux et n'arrive que lorsque ça lui chante.
Oh ! Stop ! s'est créaté tout d'un coup.
Oh ! En voilà !
Attention, il est là sur la théière.
Le petit garçon tourna les yeux vers la théière.
Le couvercle se soulevait de plus en plus et des fleurs enjaissées,
si fraîches et si blanches de longues feuilles vertes sortées même par le bec.
Cela devenait un ravissant buisson de sureau.
Tout un arbre bientôt qui envahissait le lit en repoussant les rideaux.
Oh ! que de fleurs, quel parfum !
Et au milieu de l'arbre, une charmante vieille dame était assise.
Elle portait une drôle de robes, toutes vertes, parsemées de grandes fleurs blanches.
On ne voyait pas tout de suite si cette robe était faite d'une étoffe ou de verdure et de fleurs vivantes.
« Comment s'appelle-t-elle cette dame ? » demanda le petit garçon.
Oh ! bien sûr, les Romains et les Grecs auraient dit que c'était une driade,
mais nous ne connaissons plus tout ça.
Ici, à Nibaudère, on l'appelle la fée du sureau.
Regarde-la bien et écoute-moi.
Il y a, à Nibaudère, un arbre tout fleuri, pareil à celui-ci.
Il a poussé dans le coin d'une petite ferme très peau.
Sous son ombrage, par une belle après-midi de soleil, deux bons vieux,
un vieux marin et sa vieillée pouze, étaient assis.
arrière-grand-parents déjà, ils devaient bientôt célébrer leurs noces d'or,
mais ne savaient pas au juste à quelle date.
La fée du sureau assise dans l'arbre avait l'air de rire.
« Hum ! je connais bien, moi, la date des noces d'or. »
Mais eux ne l'entendaient pas, ils parlaient des jours anciens.
« Te souviens-tu ? disait le vieux marin, du temps que nous étions petits, nous courions,
et nous jouions, justement, dans cette même cour où nous sommes assis,
et nous piquions des baguettes dans la terre pour faire un jardin.
« Bien sûr, je me rappelle, répondit sa femme, nous arrosions ces branches taillées
et l'une d'elles, une branche de sureau, priracine, bourgeona et devint, par la suite,
le grand arbre sur lequel nous deux, vieux, sommes assis.
« Oui, dit-il, et là, dans le coin, il y avait un grand bac et d'eau.
Mon bateau que j'avais taillé moi-même, y naviguait.
Mais bientôt, c'est moi qui devais naviguer d'une autre manière.
« Mais d'abord, nous avions été à l'école pour tâcher d'apprendre un peu quelque chose.
Puis, ce fut notre confirmation, on pleurait tous les deux.
L'après-midi, nous montions tout en haut de la tour ronde, la main dans la main,
et nous regardions de là-haut le vaste monde et Copenhague et la mer.
Après, nous sommes allés à Frédéricsberg pour le roi et la reine dans leur barque magnifique,
voguer sur les canaux.
« Mais, mais je devais vraiment voguer tout autrement et durant de longues années pour de grands voyages.
« Ce que j'ai pleuré à cause de toi, dit-elle, je croyais que tu étais mort et noyé,
tombé tout au fond de la mer.
Souvent, à la nuit, je me levais et regardais la girouette pour voir si elle tournait.
Elle tournait tant et plus, mais toi tu n'arrivais pas.
Je me souviens si bien de la pluie torrentielle qui tombait un jour.
Le boire devait passer devant la maison où je servais.
Je descendis avec la poubelle et restais à la porte.
Cranquel temps ! Et, comme j'attendais là, le facteur passa et me remit une lettre,
une lettre de toi.
Ce qu'elle avait voyagé, je me jetais dessus et commençais à lire.
Je riais, je pleurais, j'étais si heureuse.
Tu écrivais que tu étais dans les pays chauds où poussent les grains de café.
Quel pays béni, ce doit être.
Tu en racontais des choses et je lisais ça debout, ma poubelle près de moi,
tandis que la pluie tombait en tourbillon.
T'as un coup derrière moi ? Quelqu'un me prit par la taille.
Et tu lui allonges à une bonne claque sur l'oreille.
Mais je ne savais pas que c'était toi.
Tu étais arrivé en même temps que la lettre.
Et tu étais si beau.
Tu les encores.
Tu avais un grand mouchoir de soie jaune dans la poche et un surroir reluisant.
Tu étais très élégant.
Dieu quel temps ! Et comme la rue était sale.
Ensuite nous nous sommes mariés, dit-il.
Tu te souviens quand nous avons eu le premier garçon,
et puis Marie, et Nils, et Peter, et Hans Christian ?
Oui, tous grands et tous de brave gens que tout le monde aime.
Et leurs enfants, à leur tour, ont eu des petits,
dit le vieil homme, de solide gaillard aussi.
Il me semble que c'est bien à cette époque-ci de l'année que nous nous sommes mariés.
Oui, c'est justement aujourd'hui le jour de Vonnasse d'Or.
Dit la fée du surro en passant sa tête entre deux.
Ils croirent que c'était la voisine qui les saluait.
Ils se regardaient, se tenant par la main.
Peu après arrivent les enfants et petits-enfants.
Ils savaient qu'eux confétaient les noces d'or,
et ils avaient déjà le matin à porter leurs voeux.
Les vieux l'avaient oublié, alors qu'ils se rappelaient si bien
ce qui s'était passé de longues années auparavant.
Le surro en baumait.
Le soleil couchant, illuminait les visages des vieux,
et les rendait tous rubiquons.
Le plus jeune des petits-enfants dansait tout autour,
et criaient, tout heureux que ce fût jour de fête,
qu'on allait manger des pommes de terre chaude.
La fée du surro souriait dans l'arbre,
et criaient bravo avec les autres.
Mais, mais c'est pas du tout un conte,
dit le petit garçon qui écoutait.
Tu, tu dois t'y connaître, dit celui qui racontait.
Bah, euh, demandons un peu à notre fée.
Ce n'était pas un conte, dit-elle, mais il va venir maintenant.
De la réalité, n'est le plus merveilleux des contes.
Sans quoi mon délicieux buisson ne serait pas jaillie de la théière.
Elle prit le petit garçon dans ses bras contre sa poitrine.
La verdure et les fleurs, les enveloppants,
formaient autour d'eux une tonnelle
qui s'envola avec eux à travers l'espace.
Voyage délicieux.
La fée était devenue subitement une petite fille,
en robe verte et blanche,
avec une grande fleur de surro sur la poitrine,
et sur ses blondes cheveux bouclés, une couronne.
Ses yeux étaient si grands, si bleus,
qu'elles plaisirent de la regarder.
Les deux enfants s'embrassèrent.
Ils avaient le même âge et les mêmes goûts.
La main dans la main, ils sortirent de la tonnelle,
et les voici dans le jardin fleurie.
Sur le frais-gazon de la pelouse,
la canne du père était restée.
Simple boissée qu'elle était vivante pour les petits.
Situ qu'il l'enfourchait,
le pommeau poli se transforma
en une belle tête hénissante,
la noire crinière voltiger.
Quatre pattes à la fois fines et fortes lui poussaient.
L'animal était robuste et fougeux.
Au galot, il tournait autour de la pelouse.
« Ouh, ouh !
Nous voilà partis, dit le petit garçon.
À des lieux de chez nous,
nous allons jusqu'au château où nous étions l'un passé.
» Et il tournait et tournait autour de la pelouse.
La petite fille, qui n'était autre que la fée, s'écriait.
« Nous voici dans la campagne.
Vois-tu la maison du paysan avec le grand four,
qui a l'air d'un immense oeuf sur le mur du côté de la route ?
Le surro est en ses branches au-dessus,
et le coq gratte la terre pour les poules et se rangorge.
Nous voici à l'église.
Elle est tout en haut de la côte, au milieu des grands chaînes,
dont l'un est presque mort.
Et nous voici à la forge,
où brûlent un grand feu,
où des hommes à moitié nus tapent de leur marteau,
sans voler les étincelles de tout côté.
En route, en route vers le beau château.
Tout ce dont parlait la petite fille,
assise derrière sur la canne se déroulait devant eux.
Le garçon le voyait,
et cependant, il ne tournait qu'autour de la pelouse.
Ensuite, il jouait à dans l'allée
et dessinait un jardin sur le sol.
La petite fille enleva une fleur de surro de sa tête et la planta.
Et cette fleur poussa exactement comme cela s'était passé
devant nos deux vieux Denis Baudaire,
quand ils étaient petits,
comme nous l'avons raconté tout à l'heure.
Il marchait la main dans la main,
comme les vieux étaient enfants,
mais ils ne montèrent pas sur la tour ronde,
et ne visitèrent pas le jardin de Frédéricsberg.
Non.
La petite fille tenait le garçon par la taille,
et il volait à travers le Danemark.
Le printemps se déroula,
puis l'été et l'automne et l'hiver.
Mil images se reflétaient dans les yeux du garçon et dans son cœur.
Toujours la petite fille chantait,
« Tu n'oublieras jamais tout ça ».
Le surro, tout en long du voyage,
embomait si exquisément.
Le garçon sentait bien les roses et la fraîcheur des êtres,
mais le parfum du surro était bien plus en sorcelant,
car ses fleurs reposaient sur le cœur de la petite fille,
et dans la course, la tête du garçon se tournait souvent vers elle.
« Comme c'est beau ici au printemps, » dit la petite fille,
tandis qu'il passait dans la forêt de êtres au bourgeon Nouvellement-Éclos.
Le mug est embomé à leurs pieds,
et les anémones roses faisaient bel effet sur l'herbe verte.
« Ah, si c'était toujours le printemps
dans l'odorante forêt de êtres danoises.
« Comme c'est beau ici en été, » dit-elle tandis qu'à toute allure,
il passait devant les vieux châteaux du Moyen-Âge,
où les murs rouges et les pignons craignelés se reflétaient dans les fossés,
où les signes nageaient et levaient la tête vers les allées ombreuses et fraîches.
Les blés ont du lait comme une mer dans la plaine.
Les fossés étaient pleins de fleurs rouges et jaunes,
et les aies de houblons sauvages et de liserons,
et le tout parfum des meules de foin flottées sur les prêts.
Le soir, la lune monta toute ronde dans le ciel.
Cela ne s'oublie jamais.
« Comme c'est beau ici à Lothan, » dit la petite.
Et le ciel devint deux fois plus élevé et plus intensément bleu.
Les plus ravissantes couleurs de rouge, de jaune et de vert envahir la forêt,
les chiens de chasse galopés à toute allurent,
des bandes d'oiseaux sauvages s'envolaient en criant au-dessus des tumulus,
où les ronds se s'accrochaient aux vieilles pierres.
La mer était bleue-noir avec des voiliers blancs,
et dans la grande, les femmes, les jeunes filles, les enfants,
aient graîné le surreau dans un grand récipient.
Les jeunes chantaient des romances,
les vieux racontaient des histoires de lutin et de sorcier.
« Comme c'est beau ici l'hiver, » dit la petite fille.
Tous les arbres couverts de givre semblent de corail blanc.
La neige crissait sous les pieds, comme s'il en avait des chaussures neuves,
et les étoiles filantes tombaient du ciel l'une après l'autre.
Dans la salle, on allumait l'arbre de Noël.
C'était l'heure des cadeaux et de la bonne humeur.
Dans la campagne, le violon chantait chez les paysans les baignets de pommes sautés dans la Grèce,
et même les plus pauvres enfants disaient que c'est bon l'hiver.
Oui, tout était exquis quand la petite fille l'expliquait aux garçons.
Toujours le surreau embômait et toujours flottait le drapeau rouge à la croix blanche,
sous lequel le vieux marin de Nibaudaire avait navigué.
Le garçon devenait un jeune homme.
Il devait partir dans le vaste monde loin, loin vers les pays chauds où pousse le café.
Au moment de la Dieu, la petite fille prit sur sa poitrine une fleur de surreau
et l'alluitandie afin qu'il la garde entre les pages de son livre de psaume.
Et, chaque fois que dans les pays étrangers, il ouvrait son livre,
c'était juste à la place de la fleur du souvenir.
À mesure qu'il la regardait, elle devenait de plus en plus fraîche.
Il lui semblait sentir le parfum des forêts danoises.
Au milieu des pétales de la fleur, il voyait la petite fille aux claires yeux bleus
et elle lui murmurait qu'il fait bon au printemps, en été, en automne, en hiver.
Des centaines d'images glissés dans ses pensées.
Les années passèrent.
Il devint un vieil homme assis avec sa femme sous un arbre en fleur,
la tenant par la main comme les ailleux de Nibaudaire.
Et comme eux, ils parlaient des jours anciens, des noces d'or.
La petite fille aux yeux bleus avec des fleurs dans les cheveux était assise dans l'arbre
et les saluait de la tête en disant,
« C'est le jour de Vanessa Thor ».
Elle prit deux fleurs de sa couronne, posa deux baisées.
Alors elle brillait d'abord comme de l'argent, puis comme de l'or,
et lorsqu'elle les posa sur la tête des vieilles gens,
chaque fleur devint une couronne.
Tous deux étaient assis là, comme Roi et Rennes,
sous l'arbre d'oran qui avait bien l'air d'un surro,
et le mari raconta à sa vieille l'histoire de la fée du surro,
comme on la lui avait compté quand il était un petit garçon.
Et tous les deux trouvèrent qu'elle ressemblait à leur propre histoire.
Les passages les plus semblables étaient ceux qui leur plaisaient le plus.
« Oui, c'est ainsi, » dit la fée dans l'arbre.
Les uns m'appellent faits, les autres driadent,
mais mon vrai nom est souvenir.
Je suis assise dans l'arbre qui pousse et qui repousse,
et je me souviens et je raconte.
« Fais-moi voir si tu as gardé mon cadeau ! »
Le veillat m'ouvrit son livre de psaume,
la fleur de surro était la fraîche comme si on venait de lui déposer.
Alors, souvenir souris,
les deux vieux avec leur couronne d'or sur la tête
assis dans la lue rouge du soleil couchant,
fermèrent leurs yeux, et l'histoire est finie.
Le petit garçon dans son lit
ne savait pas s'il avait dormi ou s'il avait entendu un compte.
La théière était là sur la table, mais aucun sourau n'enjaissait.
Et le vieux monsieur qui avait raconté l'histoire allait justement s'en aller.
« Comme c'était joli, maman, » dit le petit garçon.
« J'ai été dans les pays chauds.
« Oui, ça je veux bien le croire, » dit la mère.
Quand on a dans le corps deux tasques de tizanes de souros brûlantes,
on doit bien se sentir dans les pays chauds.
Elle remonta bien les couvertures pour qu'ils ne se refroidissent plus.
« Tu as sûrement dormi pendant que je me disputais avec le monsieur
pour savoir si c'était un compte ou une histoire.
« Où elle est la fête du sourau ? » demanda l'enfant.
« Elle est là sur la théière, » dit la mère.
Et bien, qu'elle y reste.
« T'as vu ? Il nous dit même plus bonjour.
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