Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se risse sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout
de la nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petit histoire.
Les petites histoires de Telmy.
Léon est le peuple de l'eau.
Comme chaque jour sur le bord de mer, un vent glacial s'en donne à coeur joie et ne
rate pas une occasion de mordre le moindre bout de peau qui dépasse.
Heureusement, Léon est habitué.
Bonnet, écharpe, manteau, gant, il est aussi en mitouflé qu'un esquimau.
Il ne manquerait pour rien au monde sa balade sur la plage après l'école.
Son jeu préféré ?
Faire face au vent pour défier l'élément déchaîné.
Mais cette fois, alors qu'il est en train de gagner son combat, une voix comme un
teintement lui parvient.
Est-ce que vous êtes quelqu'un m'entend ?
Hein ? Qui est là ?
Léon relâche son attention.
Une bourrasque lui fait perdre l'équilibre.
Il regarde au sourd de lui personne.
Quoi ? Encore une ruse de ce motivant ?
Nos vies sont endangées.
Aidez-nous, je vous en supplie.
Impossible que ce soit un coup du vent.
Léon se transforme en toupis pour comprendre d'où vient cette voix.
Si vous m'entendez, cherchez un coquillage au reflet bleuté.
Léon ouvre grand les yeux.
À quelques mètres, il remarque un gros coquillage azure légèrement enfoui dans le sable.
Il le prend et le nettoie avec la manche de son blouson.
Il lui tellement qu'il a l'impression de tenir un joyau des mères.
Pas tous les flots que quelqu'un nous répondent.
Léon sursaut et laisse tomber le coquillage.
Il le fixe plein de doutes.
Doit-il fuir et tout oublier ?
Ou bien, doit-il oser parler ?
La personne à l'intérieur a vraiment l'air d'avoir besoin d'aide.
Alors, Léon rassemble son courage,
prend le coquillage et répond.
Bon... bonjour, je m'appelle Léon.
Oh, la grande perle soit louie.
Notre calvaire est bientôt terminée.
Vous êtes coincés dans le coquillage ?
Bien sûr que non. Il n'y a que les Bernard Lermitts qui y vivent.
Ce que vous tenez est un coquilléophone. Je m'appelle Tritus.
Mon peuple et moi sommes prisonniers d'une grotte sous-marine cachée sous la Palaisse de Quérodique.
Elle est juste au bout de la plage. Je ne savais pas qu'elle abritait une grotte.
Les peuples de l'eau s'étifèrent quand il s'agit de se cacher des humains.
Mais à situation désespérée, mesure désespérée.
Nous avons besoin d'aide. Il y a quelques jours, la terre a tremblé.
Oui, oui. La maison de mon copain Loïc s'est même fissurée.
Eh bien, chez nous, il y a eu un déboulement gigantesque qui bloque la sortie.
Et maintenant, c'est toute la grotte qui m'a nassé de s'effondrer.
Je vais aller chercher de l'aide.
Nous n'avons pas le temps.
Avec votre force, vous devriez dégager une voie pour que mon peuple puisse s'échapper.
Mais je sais pas où est votre grotte. Et en plus, l'eau est gelée.
Jordia va vous aider.
Qui ça ? Je ne vois personne.
C'est Maméduz. Elle a pu s'échapper juste avant le drame. Elle va vous aider.
Je ne vois pas bien comment une méduse peut m'aider.
Il vous suffira de l'enfinir sur votre tête.
Non mais ça va pas. Je vais mourir si je fais ça.
Jordia ne ferait pas de mal à un plancton.
Elle vous protégera du froid et vous permettra de respirer sous l'eau.
Et comment je la trouve votre méduse ?
Plonger le coquillage dans l'eau, je vais l'appeler.
Sceptique. Leon enlève chaussures, chaussettes et remonte son pantalon.
Le vent en profite pour lui fouetter les molets et le faire groloter.
Lorsqu'il rentre dans l'eau et plonge le coquillage,
il devient bleu et ses dents jouent des castagnettes.
Le pauvre ne tient pas plus de 10 secondes.
Frigourifié, il bondit sur le sable sec et sautit sur place pour se réchauffer.
Je ne vais jamais arriver.
Si j'ai trop de tournes dans l'eau, je vais me transformer en glaçons.
Faites-moi confiance s'il vous plaît.
J'espère que votre méduse ne va pas tarder parce que là, je rêve d'un bain chaud.
Jordien devrait arriver d'une seconde à l'autre.
A peine trituce, s'attil finit sa phrase que Leon aperçoit une sorte de gros ballon de beaux de ruche rosé,
flotté et séchoué sur la plage.
Je crois qu'elle est arrivée. Je fais quoi maintenant ?
Mettez-la sur votre tête.
Ah c'est trop dégoûtant. Jamais je pourrais.
Imaginez que c'est une cagoule gluante. Le temps presse, Leon.
Non sans dégoût, Leon essaye de l'apprendre.
Mais avec son gros corps gélatinue, il a toutes les peines à la saisir.
En plus, une horrible odeur lui saute à la figure.
Georgia sent l'algue pourrie et l'eau croupie.
Après de nombreuses tentatives, il finit par s'en saisir,
ferme les yeux, bloque sa respiration et la place sur sa tête.
D'elle-même, la méduse glisse jusqu'à son menton.
Une gelée visqueuse dégouline sur le reste du corps de Leon.
À mesure qu'elle le recouvre, l'odeur pestilentiel diminue.
Leon se dit que c'est lui qui pue tout entier maintenant.
La gelée l'enveloppe comme une combinaison de plongée.
Leon n'a plus froid. Il se sent même merveilleusement bien.
Prête à affronter les profondeurs marines et à sauver Tritus et son peuple.
Ah c'est pas si mal en fait.
Tritus ? Tritus ?
Le coquillophone reste muet. Leon se précipite dans l'eau.
Georgia, tu peux m'indiquer vers Wally ?
La méduse déploie ses tentacules et pointe une direction.
Avec une mère agité par les vents, Leon aurait dû avoir du mal à nager.
Même en étant sous l'eau, les courants auraient dû le chahuter.
Mais c'est tout le contraire.
De léger battement de pied, lui suffisent à fendre l'eau comme un éclair marin.
Très vite, une imposante masse sombre surgit.
La falaise de quérodique.
Les tentacules de Georgia pointent à présent les abysses.
L'idée de plonger dans les profondeurs obscures n'enchantent guère Leon.
Comme si elle l'avait compris, Georgia se mette à briller légèrement.
Réconforté, Leon entame sa descente.
Plus il s'enfonce, plus Georgia clignote.
Comme si elle était excitée à l'idée de retrouver Tritus et son peuple.
Il finit par arriver devant l'entrée d'une crotte totalement bouchée.
Georgia agite ses tentacules dans tous les sens.
T'as vu la taille de ses blocs de roche ? Jamais je n'arriverais à les bouger.
Georgia clignote follement.
T'as raison, ça coûte rien d'essayer.
Encouragé par les sentiment de la méduse, Leon donne tout ce qu'il peut pour dégager l'accès.
Rien ne bouge et après d'interminables minutes à tirer, forcer et grogner,
tout ce que Leon arriva à arracher, c'est une pierre à peine plus grosse que son point.
Comment ça se passe, Leon ?
Tritus ?
Désolé, une partie du plafond s'est écroulée.
J'ai dû organiser les secours.
Où en est-ce que vous êtes à votre côté ?
Je suis désolé, j'arrive à rien.
Ces salcailloux ne bougent pas d'un pouce.
Il doit bien y avoir une solution.
Je devrais les chercher de l'aide, mais les adultes ne me croiront jamais.
Ils vont croire que je leur fais une blague pour faire mon intéressant.
À moins que...
Mais oui, la vieille marine.
Marine ?
Par la sainte Palourde, cette vieille péchose est encore vivante ?
Papa dit qu'elle s'accroche à la vie comme une moule à soins rochers.
Vu toutes les histoires qu'elle raconte, je suis sûr qu'elle me croira.
Si tu n'arrives pas à bouger ces rochers, je vois mal comment une vieille arbre le pourrait.
Avec son bateau ?
Tenez bon, je reviens.
Enveloppé par Georgia,
Léon file sous l'eau, en longant la côte, jusqu'à une petite cric, où est amarré le fringant,
le bateau de marine.
Du haut de ses 95 printemps,
la pécheuse a une infinité d'anecdotes sur ses sorties en mer.
Elle les raconte volontiers à tous ceux qui veulent l'écouter.
Beaucoup l'apprennent pour une originale ou une vieille folle qui s'invente une vie pour oublier qu'elle vieillit.
En bondissant hors de l'eau, Léon espère que tout le monde se trompe à son sujet et qu'elle va l'aider.
Si Léon ne ressent aucune fatigue sous l'eau, il arrive à bout de souffle devant la maison.
Il tambourine à la porte, qui ne tarde pas à s'ouvrir.
Oh, mais qu'est-ce que c'est ?
Oh, petit Léon, oh, comme vous l'honneur.
Ben crénon, tu foites la marée basse qui a trop pris le soleil.
Et pourquoi donc as-tu une méduse sur la tête ?
J'ai besoin de votre bateau pour sauver Tritus et le peuple de l'eau.
Des étoiles pétis dans les yeux de la vieille naviguatrice.
Attends-nous, tu me racontes tout en chemin.
Comme pour les Nargués, le vent redouble d'intensité. La mer est démonter.
Aucun marin digne de ce nom ne sortirait, mais l'urgence de la situation est une bonne raison de faire une exception.
D'autant que le fringant a affronté bien des tempêtes sans jamais sombrer.
En grimpant à bord, Léon sort son coquillophone.
Tritus ? Vous m'entendez ? J'espère qu'il est pas trop tard.
Georgia se teinte de gris. Marine s'empresse de larguer les amars et se tourne vers Léon.
Perdons pas une minute !
Suivez-moi, je vais vous guider.
Mais qu'est-ce que tu fais ? Tu vas pas plonger par ce temps ?
Ça fait trop longtemps que Georgia y a hors de l'eau. Ne vous inquiétez pas.
T'es un drôle, toi. Mais comment je vais te suivre ?
Suivez la lumière.
Tu dis ? Léon plonge.
Georgia se mette à briller comme un phare.
La vieille Marine n'en croit pas ses mirettes.
Elle les suit, tient bon la barre, et malgré ses vieux eaux, ne fait qu'une bouchée de la tempête.
Arrivé à destination, Léon bondit sur le pont comme un saumon.
Et maintenant ?
J'ai besoin de cordage. Je vais l'attacher au plus gros des rochers qui bouchent l'accès à la ville du couple de l'eau.
Et quand je remontrais, vous foncez.
Entendu ! Tient, on voit l'une qui devrait être assez longue.
Le garçon envoie un dernier message à travers le coquillophone.
Tritus, tenez bon. Marine, Georgia et moi, on va vous sortir de là.
Le garçon plonge. En trois brasses, il est devant l'entrée,
arrive la corde autour de la plus grosse pierre, et remonte comme une flèche à la surface.
Plingaz !
C'est parti !
Le fringant s'élance sur quelques mètres.
La corde se tend, mais d'un coup, Marine et Léon sont projetés en avant.
Le bateau est stoppé net.
C'est pas vrai !
J'ai pas dit mon dernier mot, petit !
Marine force sur la manette des gaz.
Le moteur pétarrade, mais le fringant reste immobile.
Léon ! Léon ! On a senté les rochers bouger. Vous y êtes presque.
Tritus ! Oh, je suis si heureux de vous entendre.
Mais je suis désolé. Le bateau n'est pas assez puissant.
Jetez le coquillophone. Par-dessus bord, j'ai une idée.
Quelques dizaines de secondes plus tard, une nageoire émerge, suivi d'une autre,
puis d'une autre, puis de tas d'autres.
Tout un banc de dauphin apparaît et vient plaquer leur museau à l'arrière du fringant.
Tritus, appelez les renforts.
Alors ne lâchons rien !
Marine crispent si fort sa main sur la manette des gaz que ses doigts deviennent blancs.
Le moteur hurle, fume, et d'un coup, le fringant fait un gigantesque bon en avant.
La corde se détend.
Dites-moi qu'on a réussi par pitié !
On va pas tarder à le savoir !
Le vent se calme. Le soleil couchant transperce les nuages.
La mer s'apèse.
Georgia se mette à scintiller comme une boule disco.
Léon la retire de sa tête et la remette à l'eau.
Tritus et les siens surgissent.
Léon et la vieille Marine sont boujbés.
Une myriade de petits êtres aquatiques les regarde, radieux.
La lumière crépusculaire se reflète sur leur corps couvert des cailles.
Des plantes marines multicolores leur servent de cheveux.
L'un d'eux, coiffé d'une couronne de perles, s'approche du bateau.
Nous vous serons éternellement reconnaissants. Vous êtes des nôtres désormais.
Ou que vous irez, les créatures marines seront vos alliés.
C'est un honneur.
Pour sûr ! Ha ! Ça m'a été sacrément utile dans ma jeunesse !
Et dites-voit, vous croyez que nous pourrions visiter votre cité ? Qu'est-ce que t'en dit, Léon ?
Ce serait génial !
Dès qu'elle sera reconstruite, nous vous accueillirons avec plaisir.
Après une dernière cabriole, le peuple de l'eau regagne les profondeurs.
Léon jette un coudeuil à sa montre.
La bonne nouvelle, c'est que, malgré sa baignade, elle fonctionne toujours.
La mauvaise, c'est qu'il devrait être chez lui depuis des heures.
Et quelque chose lui dit que ses parents vont avoir du mal à le croire.
C'était une histoire de Mathieu Genel.
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