Décider. Voilà ce qui définit le métier de magistrat. Décider pour garantir le respect
des droits et des libertés fondamentales. Au civil comme au pénal, le magistrat traite
chaque jour des dossiers déterminants pour l'avenir. Affaire familiale, cybercriminalité,
justice environnementale. Décider pour faire une différence. Une carrière riche et diversifiée,
une formation continue et des opportunités de poste à haute responsabilité. Décider
de construire une carrière qui a du sens. Inscrivez-vous au concours de la magistrature
sur enm.justice.fr. Ceci est un message du ministère de la Justice.
Les comptes de la chèvre noire par Benjamin Rabier.
Narration Sonia Imbert. La vérité.
Jacques Bonhomme avait une fâcheuse habitude. Il ne mentait pas précisément,
mais toujours il exagérait. Il ne pouvait dire la vérité sans la farder et l'amplifier.
Un jour qu'un de ses vôts s'était égaré dans la campagne, il parcourut tout le pays en criant,
« Quel malheur j'ai perdu le plus gros, le plus fort et le plus joli de mes bœufs ! »
Un habitant du pays rencontra le veau sur son chemin et se dit.
Personne n'a perdu de veau que je sache. Donc ce veau n'appartenant à personne est à moi,
et bien à moi. Il s'en empara.
Jacques Bonhomme avait une poule, nommée Tigrette, qui pondait son œuf tous les jours.
« Savez-vous, répétait-il à qui voulait l'entendre, que ma poule Tigrette
ponçait douze œufs par jour ? Elle fait l'admiration de tous ses amis de l'étable et de la basse cour. »
Un vagabond vivant de Rapine entendit le propos. Une poule qui pond douze œufs par jour,
se dit-il, c'est une fortune. Aussi, la nuit venue, il s'introduisit dans le
poulailler de Jacques Bonhomme et s'empara de Tigrette.
« Les vendanges furent bien mesquines, cette année-là pour Jacques Bonhomme. À peine récolte
-t-il une barrique de vin ? » Cependant, et pour cacher sa déconvenue, il colporta la nouvelle,
dans toute la contrée, qu'il avait récolté dix barriques de vin blanc.
Cela vint évidemment aux oreilles du fisque qui, sans attendre la déclaration du vigneron,
lui a envoyé un premier avertissement dont le chiffre était basé sur une récolte de dix barriques.
Le pauvre Jacques du pays est dix fois plus d'impôts qu'il ne le devait régulièrement.
Mais cette histoire ne le guérit pas. Un jour, il prêta son chien Bobby,
un berger champenois du plus beau flair, à un chasseur de ses amis, en lui disant,
« Avec Bobby, vous ferez des chasses superbes ». Quand le chasseur, qui était miope et maladroit,
lui renvoyait à son chien, le pauvre animal n'avait plus qu'une oreille, sa queue était disparue,
et son corps était entièrement criblé de petits plombs. Cette fois, Jacques Bonhomme,
mari de ses déconvenus et embêtements, jurât de se corriger.
« À partir d'aujourd'hui, dit-il, au lieu d'exagérer, je diminuerai l'importance de mes propos. »
Il teint parole.
Revenant du marché, Jacques Bonhomme perdit son porte-monnaie qui contenait 600 francs.
À tout le monde, il raconta que sa perte était de 300 francs.
Le porte-monnaie fut trouvé par une vieille bûcherone qui avait entendu parler de cela.
Elle ouvrit le porte-monnaie et y trouva six billets de 100 francs.
La bûcherone se dit.
Jacques Bonhomme croit en avoir perdu que 300 francs. Il ne faut pas le contrarié.
Allant alors trouver son voisin sur le champ, elle lui est remise à trouvaille en lui disant,
« Voici les 300 francs que vous dites avoir perdu ».
Jacques Bonhomme fit la grimace et ne répondit pas.
Mais tout en regagnant son logie, il pensa.
Décidément, rien ne vaut la vérité.
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