Histoire de celui qui s'en alla apprendre la Peur, de Jacob et Wilhelm Grimm

Durée: 21m21s

Date de sortie: 22/02/2024

Un homme a deux fils très différents : le premier est intelligent et débrouillard, et le second stupide. C'est l'aîné qui doit ainsi se charger de toutes les tâches, excepté s'il s'agit d'aller chercher une chose ou l'autre après la tombée de la nuit car, alors, il a peur. Le cadet, pour sa part, ne comprend même pas pourquoi les gens frissonnent quand, lors des veillées, on se met à raconter des histoires effrayantes...
 
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Histoire de celui qui s'en a là à prendre la peur.
D'après Jacob et Vilel Mugrim.
Un père avait deux fils. Le premier était réfléchi et intelligent. Il savait se tirer
de toute aventure. Le cadet, en revanche, était saut, incapable de comprendre et d'apprendre.
Quand les gens le voyaient, il le disait. Avec lui, son père n'a pas fini d'envoi.
Quand il y avait quelque chose à faire, c'était toujours à l'aîné que revenait
la tâche. Et si son père lui demandait d'aller chercher quelque chose, le soir ou même la
nuit, et qu'il fallait passer par le cimetière ou quelque autre lieu terrifiant, il répondait
« Oh non, père, je n'irai pas, j'ai peur ». Car il avait effectivement peur.
Quand à l'aveiller, on racontait des histoires à donner la chair de poule, ceux qui les
entendaient disaient parfois « Ça me donne mes frissons ». Le plus jeune des fils,
lui, assis dans son coin, écoutait et n'arrivait pas à comprendre ce qu'il voulait dire.
Il disait toujours « Ça me donne la chair de poule, ça me fait frissonner, moi jamais.
Voilà encore une chose à laquelle je ne comprends rien ».
Il arriva qu'un jour son père lui dit « Écoute voir-toi, là dans ton coin,
tu deviens grand et fort, il est temps que tu apprennes à gagner ton pain. Tu vois comme ton
frère se donne du mal. » « Hé, père, répondit-il, j'apprendrai bien volontiers. Si c'était possible,
je voudrais apprendre à frissonner. C'est une chose que j'ignore totalement ».
Lorsqu'il entend dit ses mots, les nais défissent son ja. « Seigneur Dieu, quel
crétin que mon frère, il ne fera jamais rien de sa vie. » Le père réfléchit et dit « Tu
apprendras bien un jour à avoir peur. Mais ce n'est pas comme ça que tu gagneras ton pain.
Peu de temps après, le bedot vint en visite à la maison. » Le père lui compta sa peine et lui
expliqua combien son fils était peu doué en toute chose. « Pensez voir, quand je lui ai demandé
comment il ferait pour gagner son pain, il a dit qu'il voulait apprendre à frissonner. »
« Si ce n'est que ça, répondit le bedot, je le lui apprendrai. » « Confiez-le-moi ».
Le père était content. Il se disait « On va le dégourdir un peu ». Le bedot l'amena donc chez lui
et lui confia la tâche de sonner les cloches. Au bout de quelques temps, son maître le réveillait à
minuit et lui demanda de se lever et de monter au clocher pour carillonner. « Tu vas voir ce que
c'est que d'avoir peur, son jetil. » Il quitta secrètement la maison et quand le garçon fut
arrivé en haut du clocher, comme il s'apprêtait à saisir les cordes, il vit dans l'escalier,
en dessous de lui, une forme toute blanche. « Qui va là ? » cria-t-il. « L'apparition ne répondit pas,
ne bougea pas. » « Réponds ! » cria le jeune homme, « ou bien des campes. Tu n'as rien à faire ici ».
Le bedot ne bougeait toujours pas. Il voulait que le jeune homme le prie pour un fantôme.
« Pour la deuxième fois, celui-ci cria. « Que viens-tu faire ici ? Parle si tu es
honnête homme. Sinon, je te jette au bas de l'escalier ». Le bedot pensa. Il n'en fera rien.
Il ne répondit pas et resta sans bouger, comme s'il était de pierre. Alors le garçon
l'avertit pour la troisième fois et comme le fantôme ne répondait toujours pas, il prit son élan
et le précipita dans l'escalier. L'apparition dégringola d'une dizaine de marches et resta là
allongée. Le garçon fissonnait les cloches, entra à la maison, se couche à s'en souffler
les mots et s'endormit. La femme du bedot attendit longtemps son mari, mais il ne revenait pas.
Finalement elle prit peur, réveillait le jeune homme et lui demanda. « C'est tu où est resté
mon mari ? Il est monté avant toi au clocher. » « Non, répondit-il, je ne sais pas. Mais il y avait
quelqu'un dans l'escalier et comme cette personne ne répondait pas à mes questions et ne
voulait pas s'en aller, je l'ai prise pour un coquin et il est jeté au bas du clocher.
Allez-y, vous verrez bien si c'était votre mari. Je le regretterai. »
La femme s'en fut en courant et découvrit son mari gémissant dans un coin, une jambe cassée. Elle
le ramena à la maison puis se rendit en poussant de grand cri chez le père du jeune homme. « Votre
garçon a fait des malheurs, lui dit-elle. Il a jeté mon mari au bas de l'escalier,
où il s'est cassé une jambe, débarrassé notre maison de ce vaux rien. »
« Quelles sens et façons, mes créants ? C'est le diable qui te les inspire.
« Écoutez-moi, père, répondit-il. Je suis totalement innocent. Il se tenait là,
dans la nuit, comme quelqu'un qui m'édite un mauvais coup. Je ne savais pas qui s'était,
et par trois fois, je lui ai demandé de répondre de partir.
« Ah, dit le père, tu ne me feras que des misères, disparaît. »
« Volontiers, père, attendez seulement qu'il fasse jour. Je voyagerai pour apprendre à frissonner.
« Comme ça, je saurais au moins faire quelque chose pour gagner mon pain.
« Apprends ce que tu veux, dit le père, ça m'est égal. Voici 50 talents. Va par le monde,
et surtout ne dis à personne d'où tu viens et qui est ton père. Qu'il en soit fait selon votre
volonté, père. Si c'est là tout ce que vous exigez, je m'y tiendrai sans peine. »
Quand vin le jour, le jeune homme empocha les 50 talents et prit la route en se disant,
« Si seulement j'avais peur, si seulement je frissonnais. »
Arrive un homme qui entend les paroles que le garçon se disait à lui-même.
Un peu plus loin, à un endroit d'où l'on apercevait des J.B., il lui dit,
« Tu vois cet arbre ? Il y en a sept qui s'y sont mariés avec la fille du cordier,
et qui maintenant prennent des leçons de vol. Asseyez-toi là et attend que tombe la nuit.
Tu sauras ce que c'est que frissonnais. Si c'est aussi facile que ça, répondit le garçon,
c'est comme si c'était déjà fait. Si j'apprends si vite à frissonner, je te donnerai mes 50 talents.
Tu n'as qu'à revenir ici demain matin. » Le jeune homme s'installa sous la potence et attendit
que vin le soir. Et comme il avait froid, il alluma du feu. À minuit, le vent était devenu
si glacial que, malgré le feu, il ne parvenait pas à se réchauffer. Il est pendu sans
qu'il soit froid et frissonné ceux qui sont là-haut. Et comme il les prenait en pitié,
il appliquait l'échelle contre le J.B., l'escalada, décrochait les pendus les uns après les autres,
et les descendit tous les sept. Il la tisa le feu, souffla sur les braises, et disposait les pendus
tout autour pour les réchauffer. Comme il ne bougeait pas et que les flammes venaient lécher
leur vêtement, il dit, « Faites donc attention, sinon je vais vous rependre là-haut. »
Les morts, cependant, n'entendaient rien, se taisaient et laissaient brûler leur loque.
Le garçon finit par se mettre en colère. « Si vous ne faites pas attention,
dit-il, je n'y puis rien, je n'ai pas envie de brûler avec vous. »
Et l'un après l'autre, il les raccrochait au J.B. Il se couche après du feu et s'endormit.
Le lendemain, l'homme s'en vint et lui réclama les cinquante talents. « Alors,
c'est-tu maintenant ce que sait que d'avoir le frisson ? »
Lui dit-il. « Non, répondit le garçon, d'où le saurais-je ? Ceux qui sont là-haut
n'ont pas ouvert la bouche, et ils sont si bêtes qu'ils ont laissé brûler les
quelques hardes qu'ils ont sur le dos. » L'homme compris qu'il n'obtiendrait pas
les cinquante talents ce jour-là, et s'en alla en disant, « Je n'ai jamais vu un
être comme celui-là. » Le jeune homme reprit également sa route, et se dit à nouveau,
parlant à haute voix. « Ah, si seulement j'avais peur, si seulement je savais frissonner,
un coché qui marchait derrière lui l'entendit et demanda. « Qui es-tu ?
Je ne sais pas, répondit le garçon. Le coché reprit, d'où viens-tu ? Je ne sais pas,
rétorque à le jeune homme. Qui est ton père ? Je n'ai pas le droit de le dire.
Que marmonne-tu sans cesse dans ta barbe ? Eh ! répondit le garçon, je voudrais frissonner,
mais personne ne peut me dire comment j'y arriverai. » Cesse de dire des bêtises,
reprit le coché. « Viens avec moi. » Le jeune homme accompagna donc le coché,
et le soir, ils arrivent à une auberge avec l'intention d'y passer la nuit.
En entrant dans sa chambre, le garçon répéta à haute et intelligible voix,
« Si seulement j'avais peur, si seulement je savais frissonner. »
L'aubergiste l'entendit et dit en riant. « C'est vraiment ça te fait plaisir,
tu en auras sûrement l'occasion chez moi. » « Tais-toi donc, » dit sa femme,
« à être curieux, plus d'un a déjà perdu la vie, et ce serait vraiment dommage pour
ses jolies yeux, s'il ne devait plus jamais voir la lumière du jour. »
Mais le garçon répondit, « Même s'il fallait en arriver là,
je veux apprendre à frissonner, c'est d'ailleurs pour ça que je voyage. »
Il ne laissait à l'aubergiste ni trêve ni repos, jusqu'à ce qu'il lui dévoila son secret.
Non loin de là, se trouvait un château maudit, dans lequel il pourrait certainement apprendre
ce que c'était que d'avoir peur, en y passant seulement trois nuits.
Le roi avait promis sa fille en mariage, à qui tenterait l'expérience,
et cette fille était la plus belle qu'on ne lui jamais vu sous le soleil.
Il y avait aussi un château de grands trésors, gardés par de mauvais génie,
dont la libération pourrait rendre un pauvre très riche. Bien des gens étaient déjà entrés au château,
mais personne n'en était jamais ressortie. Le lendemain, le jeune homme se rendit auprès du roi.
« Si vous le permettez, je voudrais bien passer trois nuits dans le château.
Le roi l'examina et, comme il lui plaisait, il répondit.
« Tu peux me demander trois choses, mais aucune d'elles ne saurait être animée,
et tu pourras les emporter avec toi au château. »
Le garçon lui dit alors, « Eh bien, je vous demande du feu, un tour et un banc de sixh l'heure avec un couteau.
Le jour même, le roi fit porter tout cela au château.
À la tombée de la nuit, le jeune homme s'y rendit, alluma un grand feu dans une chambre,
installa le tabouret avec le couteau tout à côté et s'assit sur le tour.
« Ah, si seulement je pouvais frissonner, dit-il, mais ce n'est pas encore ici que je saurais ce que c'est.
Vers minuit, il entre pris de ranimé son feu, et, comme il soufflait dessus,
une voix retentie tout à coup dans un coin de la chambre.
« Oh, miau, comme nous avons froid ! »
« Bande de fou ! c'est criatile. Pourquoi hurlez-vous comme ça ?
Si vous avez froid vené ici, asseyez-vous près du feu et réchauffez-vous.
A peine utile prononcer ces paroles que deux gros chanoires, d'un bon formidable, sauter vers lui
et s'installer de part et d'autre du garçon en le regardant d'un air sauvage avec leurs yeux de brésse.
Quelques temps après, c'est en réchauffé, il dit.
« Si nous jouions aux cartes, camarades, pourquoi pas ? répondit-il.
Mais montrez-moi d'abord vos pattes. »
Les chats sortirent leur griffes.
« Oh là, dit-il, que vos ongles sont longs. Attendez.
Il faut d'abord que je vous les coupe.
Il les prit par la peau du dos, les posa sur les taux et leur y coinça les pattes.
« J'ai vu vos doigts, dit-il. J'en ai perdu l'envie de jouer aux cartes.
Il les tue à et les jete à par la fenêtre dans l'eau d'un étang.
À peine s'en était-il ainsi débarrassé que de tous les coins et recoins,
sortir des chats à as et des chiens, tous noirs, tirant des chaînes rougies au feu.
Il y en avait tant et tant qu'il ne pouvait leur échapper.
Il criait affreusement, dispersait les brandons du foyer, piétinait le feu, essayait de l'éteindre.
Tranquillement, le garçon les regarde à faire un moment.
Quand il en eut assez, il prit le couteau de six heures et dit « Décart pissez, canaille ! »
Et il se mit à leur taper dessus.
Une partie des assaillons s'enfuit.
Il tue à les autres et les jeta dans les temps.
Puis il revint près du feu, leur anima en soufflant sur les braises et se réchauffa.
Bientôt, il sentit ses yeux se fermer et eut envie de dormir.
Il regarda autour de lui et vit un grand lit dans un coin.
« Voilà ce qu'il me faut, dit-il. »
Et il se coucha.
Comme il allait s'endormir, le lit se mit de lui-même à se déplacer et à le promener par tout le château.
« Très bien, dit-il, plus vite ! »
Le lit partit de rechef, comme si une demi-douzaine de chevaux y étaient attelés, passant les portes, montant et descendant les escaliers.
Et tout à coup, il verse à sang de Shutsu.
Hop ! Et le garçon se retrouve à par terre avec comme une montagne par-dessus lui.
Il se débarrassa des couvertures et des oreillers, se faux-fila de dessous le lit et dit que ceux qui veulent se promener se promènent.
Et il se couche à auprès du feu et dormit jusqu'au matin.
Le lendemain, le roi s'en vint au château.
Quand il vit, le garçon étendu sur le sol, il pensa que les fantômes l'avaient tué.
Il murmura, « Quel dommage pour un si bel homme ! »
Le garçon l'entendit, se leva et dit, « Je n'en suis pas encore là ! »
Le roi s'étonna, se réjouit et lui demanda comment les choses s'étaient passées.
« Très bien, voilà une nuit découlée, les autres se passeront bien aussi.
Quand il arriva chez l'aubergiste, celui-ci ouvrit de grands yeux.
« Je n'aurais jamais pensé, dit-il, que je te reverrai vivant.
« A-tu enfin appris à frissonner ?
« Non, répondit-il, tout reste sans effet.
Si seulement quelqu'un pouvait me dire comment faire.
Pour la deuxième nuit, il se rendit à nouveau au château,
s'assit au près du feu et reprit sa vieille chanson.
« Ah, si seulement je pouvais frissonner ! »
À minuit, on entendit des bruits étranges.
D'abord doucement, puis toujours plus fort,
puis après un court silence, un grand cri.
Et la moitié d'un homme arrivant par la cheminée tomba devant lui.
« Oh là ! » cria-t-il.
« Il en manque à une moitié ? Ça ne suffit pas comme ça.
Le vacarme reprit, on tempêtait, on criait.
Et la seconde moitié tomba à son tour de la cheminée.
« Attends, dit le garçon, je vais d'abord ranimer le feu pour toi.
Quand il lui fait, il regardait à nouveau autour de lui.
Les deux moitié s'étaient rassemblées,
et un homme, d'affreuse mine, s'était assis à la place
qu'occupait le jeune homme auparavant.
« Ce n'est pas ce que nous avions convenu, dit-il.
Ce tour est à moi.
L'homme voulait l'empêcher de s'y asseoir,
mais il ne s'en laissa pas compter.
Il le repousse avec violence et reprit sa place.
Beaucoup d'autres hommes se mirent alors à dégringoler
de la cheminée les uns après les autres,
et ils apportaient neuf tibias et neuf têtes de morts
avec lesquels ils se mirent à jouer au kis.
Le garçon eut envie d'en faire autant.
« Dites, pourrais-je jouer aussi ?
Oui, si tu as de l'argent.
« J'en ai bien assez, répondit-il.
Mais vos boules ne sont pas rondes.
Il prit les têtes de mort, s'installa à son tour
et enfie de vrais boules.
« Comme ça, elles rouleront mieux, dit-il.
En avant, on va rire.
Il joua et perdit un peu de son argent.
Quand sonne à une heure, tout avait disparu.
Au matin, le roi vint au renseignement.
« Que t'est-il arrivé cette fois-ci ? demanda-t-il.
« J'ai joué au kis, répondit le garçon,
et j'ai perdu quelques deniers.
« Tu n'as donc pas eu peur ?
« Et non, dit-il, je me suis amusé.
Si seulement je savais frissonner.
La troisième nuit, il s'assit à nouveau
sur son tour et dit tristement.
« Si seulement je pouvais frissonner.
Quand il commença à se faire tard,
six hommes immancent en terre dans la pièce,
portant un cercueil.
« Dis, le garçon, voilà sûrement mon petit cousin,
qui est mort il y a quelques jours seulement.
Du doigt, il fit signe au cercueil et s'écria,
« Viens, petit cousin, viens ! »
Les hommes posèrent la bière sur le sol.
Il s'en approcha et souleva le couvercle.
Un mort y était allongé.
Il lui toucha le visage.
Il était froid comme de la glace.
« Attends, dit-il, je vais te réchauffer un peu.
Il a l'après du feu, s'il réchauffa la main,
et la posa sur la figure du mort.
Mais celui-ci restait tout froid.
Alors il le sortit du cercueil,
s'assit près du feu,
et l'installa sur ses genoux en lui frictionnant les bras
pour établir la circulation du sang.
Comme cela ne servait à rien,
il songe à tout à coup qu'il suffit d'être deux dans un lit pour avoir chaud.
Il porta le cadavre sur le lit, le recouvrit et s'allonga à ses côtés.
Au bout d'un certain temps,
le mort se réchauffa et commence à abouger.
« Tu vois, petit cousin, dit le jeune homme,
ne tèche pas bien réchauffer.
Mais le mort, alors, se leva et s'écria,
maintenant je vais t'étrangler.
« De quoi, dit le garçon,
c'est comme ça que tu me remercies ?
Retourne au cercueil.
Il le ceintura et le jeta dans la bière en refermant le couvercle.
Les six hommes arrivent vers alors et l'emportent-elles.
« Je ne réussis pas à frissonner, dit-il.
Ce n'est décidément pas ici que je la prendrai.
À ce moment précis,
entre un homme plus grand que tous les autres
et qui avait une mine effrayante,
il était vieux et portait une longue barbe blanche.
« Pauvre diable, lui dit-il,
tu ne tarderas pas à savoir ce que c'est de frissonner.
Tu vas mourir.
Pas si vite, répondit le garçon.
Pour que je meurs, il faudrait d'abord que vous me teniez.
Je finirai bien par t'avoir,
dit le monstre ruéobonhomme.
Tout doux, tout doux, ne te gonfle pas comme ça.
Je suis aussi fort que toi et même bien plus fort.
C'est ce qu'on verra, dit le vieux.
Si tu es plus fort que moi, je te laisserai partir.
Viens, essayons.
Il le conduisit par un sombre passage dans une forge,
pris une hache et d'un seul coup,
enfonçant une enclume dans le sol.
Je ferai mieux, dit le jeune homme
en s'approchant d'une autre enclume.
Le vieux se plaça à côté de lui,
laissant pendre sa barbe blanche.
Le garçon prit la hache,
fondit l'enclume d'un seul coup
et y coinca la barbe du vieux.
« Et voilà, je te tiens,
dit-il, à toi de mourir maintenant.
Il saisit une barre de fer
et se mit à rouer de coups le vieux,
jusqu'à ce que celui-ci éclata en l'amontation
et le supplia de s'arrêter en lui promettant mille trésors.
Le jeune homme débloque à la hache
et libère à le vieux,
qui le reconduisit au château
et lui montra dans une cave
trois caisses pleines d'or.
Il y en a une pour les pauvres,
une pour le roi,
et la troisième sera pour toi, lui dit-il.
Sur quoi,
une heure sonna,
et le méchant esprit disparu.
Le garçon se trouvait au milieu
d'une profonde obscurité.
Il faudra bien que je m'en sorte, dit-il.
Il tâtona autour de lui,
et lui dit,
il s'en dort au près de son feu.
Au matin, le roi arrive à Eddi,
alors,
a-tu appris à frissonner ?
Non, répondit le garçon,
je ne sais toujours pas.
J'ai vu mon cousin mort
et un homme barbu est venu
qui m'a montré beaucoup d'or.
Mais personne ne m'a dit ce que signifie frissonner.
Le roi dit alors,
tu as libéré le château de ses fantômes
et tu épouseras ma fille.
Bonne chose, répondit-il.
Mais je ne sais toujours pas frissonner.
On a la chercher l'or,
et les noses furent célébrées.
Mais le jeune roi continuait à dire,
si seulement j'avais peur,
si seulement je pouvais frissonner.
La reine finit par en être contrarier.
Sa camériste dit,
je vais l'aider à frissonner.
Elle se rendit sur les bords du ruisseau
qui coulait dans le jardin
et se fit donner un plein saut de goujon.
Durant la nuit,
alors que son époux dormait,
la princesse retira les couvertures
et verse à sur lui l'eau et les goujons.
C'est bien que les petits poissons
frétillaient tout autour de lui.
Il s'éveilla et cria,
« Ah ! Comme je frissonne,
chère femme ! Ah oui !
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