Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires, les petites histoires, les petites histoires de Tellming.
Coucou les enfants, aujourd'hui, Karine Arnaud vont vous raconter le mangeur de mauvais
humeur, une histoire écrite par Messoin.
Je peux voir la couleur des gens.
Je parle pas de celle de leur peau, mais de leur vraie couleur.
Chaque personne est entouré d'une fine couche de lumière, avec une teinte et une odeur
toujours différente qui vous renseigne sur ce que les gens ont vraiment dans le cœur.
C'est sacrément utile pour éviter de se faire gonder, pour demander du rap de jeux
vidéo, pour réconforter quelqu'un qui en a besoin, ou pour éviter de réveiller un
dragon.
Avec ce pouvoir, je peux rester des heures le nez collé à la fenêtre de ma chambre.
Elle donne sur une rue bondée où les passes sans colorer forment un arc en ciel vivant,
dont je ne me lasse pas.
Mais c'est un secret.
Même maman n'est pas au courant.
Ezra, t'es encore en pyjama ?
Désolée, moi.
Assez révassé.
Si on t'arrête de trop, il y aura plus de barques pour faire le tour du lac.
On pourrait pas y aller en taxi ?
Mon petit pain au lait, on en a déjà parlé.
Je préfère dépenser notre argent au parc.
Et puis c'est juste à dix minutes de métro.
On n'a qu'à y aller à pied alors.
Laisse-moi réfléchir.
Une heure de marche minimum, plus de barques une fois arrivées, sans compter que tu seras
fatiguée à la limite de te changer en vieille patate molassonne.
C'est non.
Mais j'ai plus un camp en j'en ai eu huit.
Ça fera comme une petite randonnée.
Et pour le trajet retour, on s'y prend comment ?
Eh ben euh...
Je...
Je sais que tu n'aimes pas le métro, mon petit pain d'amour.
Mais je suis là.
Ce n'est pas que je n'aime pas le métro.
Je le déteste.
Sa bouche, je m'en fiche.
Je suis pas comme mon copain Ulis.
Lui, il pense que le métro, c'est un monstre.
Et ça fait toujours rigoler tout le monde et lui, il réplique.
Euh...
Rigoler si vous voulez, mais si c'est pas un monstre, comment vous expliquez qu'on parle
de bouche, de métro ? Et je vous signale qu'il y a plein de bouche de métro.
Et qu'est-ce qu'il y a plein de bouche ?
Hein, les monstres, bande de slips moisies.
Sa théorie ne tient pas de bout.
Si le métro était vraiment un monstre, plein de gens se seraient fait dévorer.
La vérité, c'est que le métro rend les gens gris.
Parfois, il suffit de quelques pas ou de quelques stations pour que leurs couleurs
s'envolent.
Ils soient remplacés par un gris poussiéreux et sans odeur.
Mais ce n'est pas le pire.
Le pire, ce sont les flak de jolinois.
On dirait la surface d'un chaudron de sorcière.
Elles apparaissent au hasard dans les couloirs et les wagons.
Marcher dessus, c'est comme déclencher un piège.
La gelée vous recouvre en un clin d'œil et vous transforme en ombre gémissante.
Mais le pire du pire, c'est que ces tombres contaminent tout le monde.
Elles propagent la grisaille à vitesse grand V et le reste du voyage devient un
enfer de sous-pierre et de grognement.
Or de questions que je mette un pied dans le métro.
Alors je lance mon attaque, dieu de chaton mignon, mais maman la baleille d'un sourien.
Voici comme une épreuve au bout de laquelle il y aura une grande récompense.
Et mon petit doigt me dit qu'en plus d'un grand tour de barque, il y aura une énorme gaufre.
Chocolat chantier.
Évidemment.
Avec une boule de glace vanille ?
Si tu veux, mais il faut qu'on parte maintenant.
En moins de deux secondes, j'enlève mon pyjama, mets mon slip en sautillant,
mets chaussettes n'importe comment, saute dans mon jean, enfile mon t-shirt à l'envers,
une fois deux fois trois fois et fonce vers l'entrée pour mettre mes chaussures.
Je ne fais qu'une bouche et des quatre étages.
En ouvrant la porte de l'immeuble, les rayons du soleil me chatouillent de visage.
Les gens ont des couleurs incroyables.
C'est toujours comme ça quand il fait beau temps.
Il est dix heures et les terrasses des cafés sont déjà bondées.
La rue est même interdite aux voitures.
L'ambiance est légère, comme un jour de vacances en bord de mer.
En passant devant chez le fleuriste, le parfum de terre mouillée me donne l'impression
de traverser une forêt après la pluie.
Il y a même des papillons alors qu'on en voit presque plus.
C'est trop bien.
Pour un peu, j'en oublierai le métro.
Sauf qu'il se rappelle à moi.
Il est là, au bout de la rue.
Il me mobile, avalant les passants qui n'ont pas d'autre choix que de l'emprunter.
Quelque chose ne va pas, mon petit pain au lait.
Non, non, ça va.
Je vais gagner cette gaufre trésor.
C'est ça.
Je dois penser à la récompense, pas au calvaire du métro.
En plus, ma maman est avec moi et avec ce temps, impossible que les gens soient gripes, à vrai.
Je descends les escaliers et pousse un ouf de soulagement.
Même le monsieur du guichet a de joli couleurs.
C'est un signe.
D'habitude, il grogne, couvert de ses doribles gelées noires puantes.
Il transmet sa grisaille aux pauvres touristes qui viennent lui demander quelque chose.
Et il y a mieux, un miracle même.
Il n'y a pas une flacque de mauvaises humeurs à l'horizon.
Même si tout le monde sourit, je reste sur mes gardes.
Dans une rame de métro, le pire peut se produire.
La sonnerie départ rottentie, une dame entourée d'une horrible couleur.
Un ver d'âtre qui sent l'eau coupide déboule.
Elle s'affale sur un strapon-tin, bouscue dans son voisin, sans s'excuser.
Le métro démarre, cinq secondes passent.
Oh, je crois en enfer d'un manfait chaud ici.
Pourrait pas investir dans la clim, ces imbéciles.
Mais pourquoi elle se plaint celle-là ?
Sa couleur marronnace vire au gris.
Elle va tout gâcher.
À peu près, je me blottis contre maman.
Ça va aller, mon petit panhôlet.
Dans huit minutes, on sera au parc.
Maman m'est bourriflé cheveux.
Caché dans les plis de sa robe, je regarde les autres voyageurs.
La grisaille ne se propage pas.
Au contraire, les gens rayonnent de mille couleurs.
Est-ce que le joueur de guitare ayait pour quelque chose ?
Il chante si bien que les gens bougent leurs cheveux.
Je me suis vraiment inquiété pour rien.
Mais d'un coup, les fringues grisent.
Le métro s'arrête brusquement.
Je me rattrape de justesse à maman.
La ré soudain expulse la dame grise de son strapontin.
La pauvre s'étale de tout son lan.
Oh, crénon !
Où est-ce qu'il a après conduit à ce chauffard de malheur ?
Il a cru qu'il transportait des patates, ou bien ?
La lumière du wagon clignote.
Les couleurs des gens vacillent, le silence tombe sur le wagon.
10 secondes s'égraînent.
La femme marronne ne veut pas les pâtes,
elle a su de pâtes, pâtes.
Pfff ! Fait avec tout l'argent qu'on leur donne,
sans pas fichu d'avoir des micros qui fonctionnent.
Et il n'y a plus rien qui file droit de nos jours !
Des gens soupirent et deviennent gris.
Ils commencent à faire vraiment chaud.
En face de moi, un gros monsieur se tapote le front avec un mouchoir.
Sa belle couleur rosée qui sent la barbe à papa...
...valie.
Je me dépêche de lui donner ma bouteille d'eau.
Merci, jeune homme !
En une gorgée, il rayonne.
Mais pas certain que la régulation voulut des excuses pour les gens qui se dévouent.
Ah non mais les qui qui se moquent l'autre !
Encore pour rien, est-ce que tu dis espèce de manche de poilon ?
Une vague de mécontentement agite le wagon.
Les secondes d'attente se transforment en interminable minute.
Il fait plus chaud que dans un désert.
La grisaille s'empare du wagon.
En face de moi, le gros monsieur essaye de tenir bon mes cèdes.
Lorsqu'il se rend compte que sa chemise est trempée de transpiration.
Il ne reste plus que moi et maman.
Elle brille de reflets d'or et d'émerauds.
Elle sent la pêche et la cerise.
La grisaille ne l'atteint jamais.
Sa sang, le gymnase tartiné de camembert.
Je suis obligé de me boucher le nez.
Maman me tapote la main pour m'en réconforter.
Et puis les voix surgir.
Sous les pieds de tous les passagers.
Les flak de gelée noire.
Je serre très fort maman.
Ne t'en fais pas mon petit pain au lait.
Le train va bientôt repartir.
J'espère qu'elle a raison.
Parce que tout le monde s'est changé en nombre gémissant.
Et leur plainte se transforme en un bois insupportable.
Je ferme les yeux.
Et puis d'un coup, plus de bruit.
L'odeur peste silencielle.
Envolé.
Tout le monde se fige.
Sauf moi.
Dans un plop sonore,
une petite boule de poils bleu apparaît devant moi.
Elle sent le bonbon pétillant et volette en agitant frénétiquement deux petites ailes.
Ces yeux sont comme deux immenses lacs d'eau turquoise.
Au poignet de l'un de ces deux bras qui pendouille,
une grosse montre égraîne des tic-tacs sonores.
C'est toi qui as tout arrêté ?
La bestiole a l'air étodée de ma question.
Elle s'affole et m'examine en se gratant la tête.
Je devrais être une statue comme les autres.
Mais qu'est-ce que tu es exactement ?
La boule de poils hésite.
Consulte sa montre.
Ose les épaules.
Puis me donne une pichonnette sur le front.
Aussitôt,
je ne suis plus dans le wagon, mais très très très haut dans le ciel.
Je flotte.
Ma ville s'étend sous mes pieds sur des kilomètres.
En face de moi,
un gros nuage blanc perdu dans l'immensité azur abrite une île,
pas plus grande qu'un terrain de tennis.
La plus grande partie est occupée par une étrange machine,
une sorte de four à pizza,
reliée à un méli-mélo de tuyaux qui passent par une multitude de boites
enfer et de beaux-causes en verre.
Au bout de ces tuyaux, une douzaine de cheminées biscornues.
L'engin roure-onne,
libérant à intervalles réguliers de la fumée blanche qui ne monte pas
dans le ciel, mais qui descend pour se mêler à la couche de nuages
qui entourent l'île.
Le petit bout de terrain restant est recouvert d'un parterre de fleurs
multicolores.
Au centre se trouve un minusculé temps et une maison en bois
pas plus grande qu'une niche.
Sans crier-gard, la machine hoquette et s'arrête nette en aimé
temps un ciflement strident.
La petite boule de poil sort de la maison en volant.
Les yeux à moitié ouvertes, elle baille, laissant apparaître une large
bouche sans dents.
Arrivé au-dessus de l'étang, elle appuie sur sa montre.
Un chronomètre s'enclenche.
L'eau disparaît, laissant apparaître un trou sans fou où la drôle de
bestioles se laisse tomber avant d'apparaître dans ma rame de métro.
Wow !
Incroyable !
Mais qu'est-ce que tu es venu faire ici ?
La boule de poil se lèche les babines avec une langue ridiculement
grosse.
Tu... tu vas pas nous manger, hein ?
Mais la bestioles ne m'écoutent plus.
Elle se jette sur le gros monsieur, l'empoigne avec force et arrache
d'un couche sec, l'épaisse couche de gelet qu'il en robe et n'en fait
qu'une bouchée.
Sans attendre, elle s'attaque à une autre personne, puis une autre et une
autre. En trois clin d'œil, elle engloutit toute la gelée de la rame et
triple de volume.
Non contente de ce premier festin, elle file dans le wagon suivant.
Je me retrouve seul.
Enveloppé de silence, entouré de tous les passagers immobiles qui ont
retrouvé des couleurs églatantes.
Oh, j'aimerais bien savoir pourquoi il fait ça.
Ah, t'es revenu !
La boule de poil devenue énorme me sourit.
Tu vas faire quoi maintenant ?
À nouveau, elle me donne une pichinette sur le front et disparaît.
Je suis de retour sur l'île nuageuse.
À cause de son festin de gelet, la bestiole a du mal à sortir de l'étang.
Après de nombreuses et infructueux, elle s'extire panfin et roule au
sol. Et puis-y, elle reprend son souffle un instant, puis volette
péniblement jusqu'à l'étrange four à pizza.
Elle se pose lourdement devant ma porte et régurgite toute la gelée
qu'elle avait avalée.
Elle se dégonfle comme un ballon jusqu'à retrouver sa taille normale.
Lorsqu'elle referme la porte du four, la drôle de machine tremble,
craint, bourdonne, puis ronronne, relâchant une épaisse fumée
cotoneuse qui vient à nouveau garnir la mer de nuage.
Le petit monstre s'approche alors du bord de son île, allonge ses bras
et a racheté délicatement des morceaux de nuage et les dépose
avec le plus grand soin plus loin dans le ciel.
Je n'en reviens pas.
Allô, allô, nicé la terre.
Ezra, terminus, tout le monde descend.
Quoi ?
On est arrivés.
Prêts à vivre la plus belle des journées ?
Oh, c'est oui ! Elle a déjà bien commencé, tu sais.
Voilà les enfants, j'espère que l'histoire vous a plu.
N'oubliez pas de nous mettre plein d'étoiles sur votre application de podcast
et de nous envoyer des messages sur les réseaux sociaux ou par mail.
Ça nous donne plein de force pour la suite.
N'hésitez pas non plus à parler des petites histoires à vos copines,
à vos copains et pourquoi pas à votre maîtresse ou à votre maître
pour occuper les temps calmes.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.