Décider. Voilà ce qui définit le métier de magistrat. Décider pour garantir le respect
des droits et des libertés fondamentales. Au civil comme au pénal, le magistrat traite
chaque jour des dossiers déterminants pour l'avenir. Affaire familiale, cybercriminalité,
justice environnementale. Décider pour faire une différence. Une carrière riche et diversifiée,
une formation continue et des opportunités de poste à haute responsabilité. Décider
de construire une carrière qui a du sens. Inscrivez-vous au concours de la magistrature
sur enm.justice.fr. Ceci est un message du ministère de la Justice.
Les comptes du chien jaune. Le chien domestique et le châssovage.
Brifo appartient au maire de Château-Renard. Brifo est un brave chien sans race, de bonne
garde et d'évoué à son maître. Notre bon chien a un ami, Bruçaille, chassovage.
Quand par hasard il se rencontre, c'est pour discuter de leurs situations sociales respectives.
La domesticité pour un chien, c'est le rêve. Clame le docte Brifo.
La liberté et l'indépendance, c'est le paradis. Rétorque Bruçaille.
Pauvre Bruçaille, ton indépendance t'oblige à chercher toi-même ta nourriture. Je te vois,
patienter des heures dans une immobilité absolue pour guetter une vague souris dont
tu ne feras qu'une bouchée. Et encore, à la condition que tu la trappes,
combien de fois dans une journée ton gibier disparaît-il dans un trou de murs ou une fente
de parquet ? Et si par hasard tu t'attaques à un maigre poussin ? Prends bien garde de ne pas
être vu par le chien de la ferme. Sans quoi, c'est non seulement ta capture que tu serais
obligé d'abandonner sur le terrain, mais également tes eaux.
Chien de ferme et chas sauvage font mauvais ménage. Tu as dû t'en apercevoir déjà à
tes dépens. Si tu m'y aules un peu fort après avoir été molesté par le chien, c'est le fermier
qui te fera terre, en lançant sur toi le premier objet qui lui tombera sous la main.
Crois-moi, Broussaïe, rien ne vaut la domesticité. J'ai un toit où je repose à l'abri des
intempéries, et sous lequel, à heure fixe, un valet de ferme m'apporte l'apitance quotidienne.
Ha ha ha ! Regarde-moi, Broussaïe, dévorez les meilleurs eaux du festin. On les met exprès
de côté pour moi. Pas un pas à faire pour chercher ma nourriture, c'est elle qui vient à moi.
Qu'as-tu donc, mon brave ami ? demande un matin à Broussaïe, à son cher brifot,
qu'il trouve sur le seuil de sa niche des fées, le poil hérissé et la mâchoire contractée.
Le maître m'a servi hier des eaux de lapin et de la chair faisandée. Décidément, mon vieux,
je me sens pas bien. Le lendemain, Broussaïe trouve à brifot mort dans sa niche. Le maître
avait, sans le vouloir, empoisonné son chien. « Mieux vaut que je continue à chercher dehors
ma nourriture, » dit Broussaïe, et surtout à la choisir.