Riquet à la Houppe, de Charles Perrault

Durée: 16m7s

Date de sortie: 26/03/2024

Il était une fois, une reine qui eut un enfant très laid. Mais une fée qui se trouvait à sa naissance dit à la reine que, bien que son fils soit laid, il aurait beaucoup d'esprit et pourrait en faire part à la personne qu'il aimerait le mieux...

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Riquet à la hoop
d'après Charles Perrault
Il était une fois une reine qui accoucha d'un fils si lait et si mal fait qu'on doute
à longtemps s'il avait forme humaine. Une fille qui se trouva à sa naissance assura qu'il ne
laisserait pas d'être aimable parce qu'il aurait beaucoup d'esprit. Elle ajoute à même qu'il
pourrait en vertu du don qu'elle venait de lui faire donner autant d'esprit qu'il en aurait à la
personne qu'il aimerait le mieux. Tout cela consola un peu la pauvre reine qui était bien
affligée d'avoir mis au monde un civil un marmot. Il est vrai que cet enfant ne commença pas
plutôt à parler qu'il dit mille jolies choses et qu'il avait dans toutes ses actions je ne sais
quoi de si spirituel qu'on en était charmé. J'oubliai de dire qu'il vint au monde avec
une petite hoop de cheveux sur la tête ce qui fit qu'on le nomma riquait à la hoop car riquait était
le nom de la famille. Au bout de sept ou huit ans la reine d'un royaume voisin accoucha de deux filles.
La première qui vint au monde était plus belle que le jour. La reine en fut si aise qu'on appréhenda
que la trop grande joie qu'elle en avait ne lui fit mal. La même fée qui avait assisté à la naissance
du petit riquet à la hoop était présente et pour modérer la joie de la reine elle lui déclara
que cette petite princesse n'aurait point d'esprit et qu'elle serait aussi stupide qu'elle était
belle. Cela mortifia beaucoup la reine mais elle eut, quelques moments après, un bien plus grand chagrin
car la seconde fille dont elle accoucha se trouva extrêmement laide. « Ne vous affligez pointant,
madame, lui dit la fée. Votre fille sera récompensée d'ailleurs et elle aura tant d'esprit qu'on ne
apercevra presque pas qu'il lui manque de la beauté. « Dieu le veuille, répondit la reine.
Mais n'y aurait-il point moyen de faire avoir un peu d'esprit à l'aîné qui est si belle ?
« Je ne puis rien pour elle, madame, du côté de l'esprit, lui dit la fée. Mais je puis tout
du côté de la beauté. Et comme il n'y a rien que je ne veuille faire pour votre satisfaction,
je vais lui donner pour don de pouvoir rendre beau ou belle la personne qui lui plaira.
À mesure que ces deux princesces devinrent grandes, leur perfection crûre-t aussi avec
elle et on ne parle pas tout que de la beauté de l'aîné et de l'esprit de la cadette. Il
est vrai que leur défaut augmenteur beaucoup avec l'âge. La cadette en l'aidissait à vue d'œil
et l'aîné devenait plus stupide de jour en jour. Où elle ne répondait rien à ce qu'on lui
demandait, où elle disait une sautise. Elle était avec cela si mal à droite qu'elle
n'eût pu ranger quatre porcelaines sur le bord d'une cheminée sans en casser une, ni boire un
verre d'eau sans en répandre la moitié sur ses habits. Quoi que la beauté soit un grand avantage
dans une jeune personne, cependant la cadette l'emportait presque toujours sur son aîné dans
toutes les compagnies. D'abord, on allait du côté de la plus belle, pour la voir et pour l'admirer.
Mais bientôt après, on allait à celle qui avait le plus d'esprit pour lui entendre dire mille
choses agréables. Et on était étonnés qu'en moins d'un quart d'heure l'aîné n'avait plus personne
auprès d'elle et que tout le monde s'était rangé autour de la cadette. L'aîné, quoique
force stupide, le remarqua bien et a lui donné sans regret toute sa beauté pour avoir la moitié
de l'esprit de sa sœur. L'arène, toute sage qu'elle était, ne pu s'empêcher de lui reprocher
plusieurs fois sa bêtise, ce qui pensait faire mourir de douleur cette pauvre princesse. Un jour
qu'elle s'était retirée dans un bois pour y plaindre son malheur, elle vit venir à elle un petit
homme forlée et fort désagréable, mais vêtue très magnifiquement. C'était le jeune prince
riquet à la hoop, qui étant devenu amoureux d'elle, sur ses portraits qui couraient par tout le monde,
avec quitté le royaume de son père pour avoir le plaisir de l'avoir et de lui parler.
Ravie de la rencontrer ainsi toute seule, il l'aborde avec tout le respect et toute la
politesse imaginable. Ayant remarqué, après lui avoir fait les compliments ordinaires,
qu'elle était forme et l'encolique, il lui dit, « Je ne comprends point, madame,
comment une personne aussi belle que vous l'êtes peut être aussi triste que vous le
parissez. Car, quoique je puisse me vanter d'avoir vu une infinité de belles personnes,
je puis dire que je n'en ai jamais vu dont la beauté approche de la vôtre. »
« Cela vous plaît à dire, monsieur ? » Lui répondit la princesse et en demeurala.
« La beauté, repris riquet à la hoop, est un si grand avantage qu'il doit tenir lieu de
tout le reste, et quand on le possède, je ne vois pas qu'il y ait rien qui puisse nous affliger beaucoup.
« J'aimerais mieux, dit la princesse, être aussi l'aide que vous, et avoir de l'esprit,
que d'avoir de la beauté comme j'en ai, et être bête autant que je le suis.
Il n'y a rien, madame, qui marque davantage qu'on a de l'esprit, que de croire n'en pas avoir,
et il est de la nature de ce bien-là que plus on en a, plus on croit en manquer.
« Je ne sais pas cela, dit la princesse, mais je sais bien que je suis fort bête,
et c'est de là que vient le chagrin qui me tue.
Si ce n'est que cela, madame, qui vous afflige, je puis aisément mettre fin à votre douleur.
« Et comment serez-vous, dit la princesse ? « J'ai le pouvoir, madame, dit Riquet à
la hoop, de donner de l'esprit autant qu'on en saurait avoir à la personne que je dois
aimer le plus, et comme vous êtes, madame, cette personne, il ne tiendra qu'à vous
que vous n'ayez autant d'esprit qu'on en peut avoir, pourvu que vous vouliez bien
m'épouser.
« La princesse demeura toute interdite et ne répondit rien.
« Je vois, reprit Riquet à la hoop, que cette proposition vous fait de la peine, et
je ne m'en étonne pas, mais je vous donne un an toute entier pour vous y résoudre.
La princesse avait si peu d'esprit, et en même temps une si grande envie d'en avoir,
qu'elle s'imagina que la fin de cette année ne viendrait jamais, de sorte qu'elle accepte
la proposition qui lui était faite.
Elle n'eut pas plus tôt promis à Riquet à la hoop qu'elle l'épouserait dans un
an, à pareil jour, qu'elle se sentit tout autre qu'elle n'était auparavant.
Elle se trouve à une facilité incroyable à dire tout ce qui lui plaisait, et à le
dire d'une manière fine et aisée et naturelle.
Elle commença dès ce moment une conversation galante et soutenue avec Riquet à la hoop,
où elle brilla d'une telle force que Riquet à la hoop crue lui avoir donné plus d'esprit
qu'il ne s'en était réservé pour lui-même.
Quand elle fut retournée au palais, toute la cour ne savait que penser d'un changement
si subi et si extraordinaire, car autant qu'on lui avait oui dire d'impertinence
auparavant, autant lui entendait-on dire des choses bien sensées et infiniment spirituelles.
Toute la cour en eut une joie qui ne se peut imaginer, il n'y eut que sa cadette qui
n'en fut pas bien aise, parce que n'ayant plus sur son aîné l'avantage de l'esprit,
elle ne paraissait plus auprès d'elle qu'une gunon fort désagréable.
Leenz 사람들
le Roi se conduisait par ses avis et allait même, quelques fois
tenir le conseil dans son appartement.
Le bruit de ce changement s'étend répandu, tous les jeunes princes des royaumes voisins
firent leurs efforts pour s'en faire aimer, et presque tous la demandèrent en mariage,
mais elles l'ont trouvé point qui eût assez d'esprit, et elles les écoutaient tous,
sans s'engager à pas un deux.
Cependant, il en vingt-un si puissant, si riche, si spirituel et si bien fait, qu'elle
ne puisse empêcher d'avoir de la bonne volonté pour lui.
Son père, s'en étant aperçu, lui dit qu'il la faisait la maîtresse sur le choix d'un époux,
et qu'elle n'avait qu'à se déclarer.
Comme plus on a d'esprit et plus on a de peine à prendre une ferme résolution sur cette affaire,
elle demanda, après avoir remercié son père, qu'il lui donna du temps pour y penser.
Elle alla par hasard se promener dans le même bois où elle avait trouvé Rike à la hoop,
pour rêver plus commodément à ce qu'elle avait à faire.
Dans le temps qu'elle se promenait, rêvant profondément,
elle entendit un bruit sourd sous ses pieds, comme de plusieurs personnes qui vont et viennent et qui agissent.
Ayant prêté l'oreille plus attentivement, elle ouit que l'un disait,
« Apporte-moi cette marmite, l'autre donne-moi cette chaudière, l'autre met du bois dans ce feu. »
Il en sortit une bande de vins ou trentres tisseurs qui allèrent se camper dans une allée du bois autour d'une table fort longue,
et qui tous, la lardoire à la main et la queue de Renard sur l'oreille,
se mirent à travailler en cadence au son d'une chanson harmonieuse.
La princesse, étonnée de ce spectacle, leur demanda pour qui il travaillait.
C'est à la fin de cette vidéo, qu'il a été étonné de se faire faire des marmites,
mais madame lui répondit le plus apparent de la bande pour le prince riquet à la hoop, dont les noces se feront demain.
La princesse encore plus surprise qu'elle ne l'avait été,
et se reçouvenant tout à coup qu'il y avait un an à pareil jour,
elle avait promis d'épouser le prince riquet à la hoop,
elle pense à tomber de son eau.
Ce qui faisait qu'elle ne s'en souvenait pas, c'est que quand elle fit cette promesse,
elle était bête, et qu'en prenant le nouvel esprit que le prince lui avait donné,
elle avait oublié toutes ses sautises.
Elle n'eût pas fait trente pas en continuant sa promenade que Riquet à la hoop se présenta à elle.
Bravo, magnifique, et comme un prince qui va se marier.
« Vous me voyez, dit-il madame, exact à tenir ma parole,
et je ne doute point que vous ne veniez ici pour exécuter la vôtre et me rendre,
en me donnant la main, le plus heureux des hommes.
« Je vous avourais franchement, répondit la princesse,
que je n'ai pas encore pris ma résolution là-dessus,
et que je ne crois pas pouvoir jamais l'apprendre, telle que vous la souhaitez.
« Vous m'étonnez, madame, lui dit Riquet à la hoop.
« Je le crois, dit la princesse, et assurément si j'avais affaire à un brutal,
à un homme sans esprit, je me trouverai bien embarrassé.
« Une princesse n'a que sa parole, me dirait-il,
et il faut que vous m'épousiez, puisque vous me l'avez promis.
Mais comme celui à qui je parle est l'homme du monde qui a le plus d'esprit,
je suis sûr qu'il entendra raison.
« Vous savez que, quand je n'étais qu'une bête,
je ne pouvais néanmoins me résoudre à vous épouser.
« Comment voulez-vous qu'ayant l'esprit que vous m'avez donné,
qui me rend encore plus difficile en gens que je n'étais,
je prenne aujourd'hui une résolution que je n'ai pu prendre dans ce temps-là.
« Si vous pensiez tout de bon à m'épouser,
vous avez eu grand tort de m'auter ma bêtise et de me faire voir plus clair que je ne voyais.
« Si un homme sans esprit, répondit Riquet à la hoop,
serait bien reçu, comme vous venez de le dire, à vous reprocher votre manque de parole,
pourquoi voulez-vous, madame, que je n'en use pas de même dans une chose où il y va de tout
le bonheur de ma vie ? Est-il raisonnable que les personnes qui ont de l'esprit soient
d'une pire condition que ceux qui n'en ont pas ? Le pouvez-vous prétendre, vous qui
en avez tant et qui avez tant souhaité d'en avoir ? Mais venons au fait, s'il vous plaît.
« À la réserve de ma laideur, y a-t-il quelque chose en moi qui vous déplaise ?
« Elle vous mal contente de ma naissance, de mon esprit, de mon humeur et de mes manières ?
« Nulment, répondit la princesse, j'aime en vous tout ce que vous venez de me dire.
« Si cela est ainsi, reprit Riquet à la hoop, je vais être heureux,
puisque vous pouvez me rendre le plus aimable de tous les hommes.
« Comment cela se peut-il faire, lui dit la princesse ?
« Cela se fera, répondit Riquet à la hoop, si vous m'aimez assez pour souhaiter que cela soit.
« Et afin, madame, que vous n'en doutiez pas, sachez que la même fée qui, au jour de ma naissance,
me fit le don de pouvoir rendre spirituelle la personne qui le me plairait, vous a aussi fait le
don de pouvoir rendre beau celui que vous aimerez, et à qui vous voudrez bien faire cette faveur.
« Si la chose est ainsi, dit la princesse, je souhaite de tout mon cœur que vous deveniez
le prince du monde le plus beau et le plus aimable, et je vous en fais le don autant qu'il est en moi.
La princesse n'eut pas plutôt prononcer ses paroles, que Riquet à la hoop, parut à ses yeux,
l'homme du monde le plus beau, le mieux fait et le plus aimable qu'elle eût jamais vu.
Quelques-uns assurent que ce ne furent point les charmes de la fée qui opéraient,
mais que l'amour seul fit cette métamorphose. Ils disent que la princesse ayant fait réflexion
sur la persévérance de son amant, sur sa discrétion et sur toutes les bonnes qualités
de son âme et de son esprit ne vit plus la difformité de son corps, ni l'allée d'œur de son visage,
que sa bosse ne lui sembla plus que le bon air d'un homme qui fait le gros dos.
Et qu'au lieu que jusqu'alors elle l'avait vu boiter effroyablement,
elle ne lui trouva plus qu'un certain air penché qui la charmait. Ils disent encore que ses yeux,
qui étaient louches, ne lui aient en parure que plus brillant, que leur dérèglement passa dans
son esprit pour la marque d'un violent excès d'amour, et qu'enfin son gros nez rouge eût pour
elle quelque chose de marcial et d'héroïque. Quoi qu'il en soit, la princesse lui promit sur
le champ de l'épouser, pourvu qu'il en obtint le consentement du roi, son père. Le roi ayant su
que sa fille avait beaucoup d'estime pour Rikey à la hoop qu'il connaissait d'ailleurs pour
un prince très spirituel et très sage le reçu avec plaisir pour son gendre. Dès le lendemain,
les noces furent faites ainsi que Rikey à la hoop l'avait prévue et selon les ordres qu'il
en avait donnés longtemps auparavant. Moralité. Ce que l'on voit dans cet écrit est moins un compte
en l'air que la vérité même. Tout est beau dans ce que l'on aime, tout ce qu'on aime à de l'esprit.
Autre moralité. Dans un objet où la nature aura mis de beaux traits et la vie feinture d'un
matin ou jamais l'art ne saurait arriver, tous ces dons pourront moins pour rendre un coeur sensible
qu'un seul agrément invisible que l'amour y fera trouver.

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