Bonjour à tous et à toutes, aujourd'hui vous allez écouter Guilangue et le Bâtiques magiques
épisode 5, La Perle de nuit.
Avant de commencer, on voulait dire un grand bonjour à Naël, Audrey, Noémie, Lucie, Axel,
Anouk, Achille, Léon, Nélia, In, Malo, Corentin et tous les autres enfants qui nous écoutent.
Nous vous envoyons plein de bonnes ondes pour ce reconfinement.
Bonne écoute !
Écoute, écoute le champ des vagues et du ciel qui se confonde.
Écoute le bruit de la pirogue qui fend les eaux profondes.
Écoute la pluie qui vient lever la brume.
Écoute le rocher immobile qui embrasse l'écume.
Écoute les arbres de la jungle qui bruisent de mille vies.
Écoute et tu sauras la magie de l'archipel de sous la oisean.
Le jour se lève lorsque Guilangue, Marois et Joko arrivent au village.
Du haut de la collée no frangipanie, ils regardent les premiers rayons qui se reflètent dans la mer.
Elles ont dû le doucement sous la caresse du soleil.
J'espère vraiment que ça va marcher, sous Pierre Joko.
J'espère que tu vas pouvoir peindre ce bâtic des eaux et que nous ne serons jamais obligés de quitter le village.
Bien sûr que ça va marcher, s'exclame Marois.
Il ne nous reste plus qu'une seule couleur à trouver et puis ensuite Guilangue va réussir à redonner vie à la barrière de Corentin.
Guilangue sourit. Il ne sait pas si Marois a raison, mais son optimisme lui réchauffe le cœur.
Alors qu'il descende vers le village, Guilangue, le cousin de Marois et Joko, accourt vers eux.
Alors, vous avez trouvé toutes les couleurs ?
Guilangue, tu vas pouvoir peindre un bâtic magique ?
Guilangue y surprise. C'est la première fois que Guilangue s'adresse à lui.
Avant que le bâtic des cas ne recommesse les pouvoirs de Guilangue,
Guilangue ne l'avait jamais vraiment regardé et ne s'était jamais intéressé à lui.
Il était le garçon rêveur, perché sur son bagnon, qui ne savait pas faire grand chose.
Mais aujourd'hui tout a changé.
Le village compte sur lui.
Il redresse la tête et regarde Bintangue droit dans les yeux.
Nous avons déjà trouvé deux couleurs dans la jungle, dit-il avec fierté.
Tant mieux sourit Bintangue, parce que nous n'avons presque plus de réserves
et le gros poisson se fonde plus en plus rare.
Puis il fait demi-tour et dévalle le chemin en crie.
Guilangue retourne. Il a trouvé deux couleurs.
Les badges oublent sur le pas de leur porte et acclament Guilangue.
Marroirie.
Et lève le bras de son ami en signe de victoire.
Mais Guilangue se sent mal à l'aise que tout le monde le regarde comme ça.
Il presse le pas et se dirige vers sa cabane.
Agus et Eka sont assis sur le sol.
Devant eux, un immense carré de tissus ondule dans sa blancheur de soie.
Guilangue sent à courant qu'il le traverse et le rapproche du bâtic.
Il s'agenouille et pose ses mains sur les tofes sondir à mot.
Le tissu freimit et s'enroule autour des mains de Guilangue.
Eka sourit.
Ton père a mis tout son amour pour toi dans le tissage de ce bâtic.
Il te reconnaît.
Guilangue se relève et prend la main de son père.
Les filles ont laissé leur empreinte sur les doigts rugueux.
Merci papa.
Avec Marois et Joko, nous avons trouvé le rouge et le jaune.
Explique Guilangue en sortant délicatement de son sac, la fleur et les pépines d'or.
Eka les prend doucement et les observe.
Ce sont bien des couleurs de vie.
Regardez comme elles sont brillantes.
Il ne te reste plus que le bleu.
Et c'est la couleur la plus importante pour la peinture d'un bâtic des eaux.
Oui mais je n'entends pas cette couleur.
Je ne sais pas où chercher.
Hum.
Tu as sans doute besoin de te reposer.
Parfois, le sommeil porte conseil.
Viens, allonge-toi.
Il répond Eka en lui montrant le bâtic sur le sol.
Guilangue se couche sur le bâtic qu'il enveloppe.
Niché au creux de la soie douce et réconfortante, il se sent apaisé.
Il s'endort peu à peu, bercé par le brismon de l'étoffe.
Des formes et des couleurs dansent devant ses yeux.
Il voit la fleur qui éclate de son rouge vermeil,
les pépines d'or qui coulent comme deux gouttes de soleil.
Puis il voit le bleu limpide de la mer et une vague qui se rapproche de lui.
Il a peur. Il essaie de s'enfuir mais n'arrive pas à bouger.
La vague arrive, il crie dans son sommeil.
La vague le submerge, au même moment, une voix résonne en lui.
N'ai pas peur, Guilangue. Je suis là, je te protège.
La mer est ton amie.
C'est la voix de Chinta, sa mère.
Guilangue la cherche des yeux, puis il comprend qu'elle est tout autour de lui.
Dans la vague, il emporte toujours plus loin du rivage vers le bleu infini.
La troisième couleur est au creux de l'océan, Guilangue.
Tes amis Marwa et Joko ont été d'une grande aide pour trouver le rouge et le jaune.
Mais pour le bleu, tu dois aller le chercher seul.
Tu en es capable.
Moi, je vais vraiment peur.
Murmure, Guilangue.
Je sais. Laisse-toi porter par l'eau. Laisse-la te guider et tu vainques à ta peur.
Je reste auprès de toi, mon petit Guilangue.
La vague porte Guilangue encore un petit moment, puis se retire comme une caresse.
Il ouvre les yeux et se relève.
Eka est assise à côté de lui et remue quelque chose dans une marmite avec une longue cuillère en bois.
Alors, demande-t-elle de savoir d'où s'est profonde.
Je dois partir en mer et je dois y aller tout seul.
Eka hoche la tête, puis elle retire sa marmite du feu.
La cire d'abeilles que l'on mettra sur le bâtik est prête.
Il ne manque plus que le bleu.
C'est le moment, Guilangue, part avant que la nuit tombe.
Guilangue sort de sa cabane et se dirige vers la mer d'un pas décidé.
Joko et Marois l'ont vu partir, mais ils ont compris qu'il devait être seul.
Ils descend vers le petit port et décrochent une pirogue.
Ils sautent dedans sans regarder la mer en dessous et se mettent à pâquer yé avec la longue rame en bois.
La mer est calme et les ducs la poti contre le bois de la pirogue le rassurent.
Ils s'éloignent et s'empêchent de regarder le rivage qui se fait de plus en plus lointre.
Petit à petit, ils s'habituent au mouvement des vagues qui font aussi et la pirogue.
Ils jetent un coup d'œil au bleu de l'océan.
Ce qu'ils voient, ils coulent le souple.
L'eau est transparente comme un ciel d'été.
De petites dunes de sable blanc dessinent comme un paysage au fond de l'eau.
De longues algues rouges et vertes dans saugrées des vagues, abritant de petits poissons aux écailles embrées.
Guilangue pagueille, le regard englouti par les fonds marins.
Mais petit à petit, à mesure que l'eau devient plus profonde,
ils s'aperçoit que les algues se font de plus en plus rares.
Celles qui restent sont abîmées, arrachées et les petits poissons ont disparu.
Je ne dois pas être loin d'y boucher la grande parrière de Corail,
mais je n'entends pas la dernière couleur de vie.
Ils pensent Guilangue en contournant de gros rochers pointus.
Ils s'assoient dans sa pirogue et ferment les yeux en se concentrant sur le bleu.
Immobile, ils cherchent dans le silence.
Soudain, une vague un peu plus forte se heurte à la paroi du bateau
et la pagueille glisse dans l'eau.
Guilangue plonge la main dans les flots pour la retenir.
Au moment où ses doigts touchent l'eau, il est submergé par le champ du bleu.
La couleur l'amplie.
Mais, c'est dans la mer !
Sécrit-il avec effroi.
Mais je ne peux pas y aller, je ne sais pas nager, je vais me noyer.
Il retire sa main de l'eau et le champ s'arrête.
Les mots ne sont pas en train de se faire rire.
Les mots de sa mère lui reviennent.
Laisse-toi porter par l'eau, laisse-la te guider et tu vaineras ta peur.
Il essaye de calmer sa respiration.
Il suit le souffle de la mer et les vagues qui vont et qui viennent.
Il s'assoit sur le bord de la pirogue et tout doucement, il laisse pendre ses jambes dans l'eau.
Il regarde l'eau qui endule doucement.
Allez, un, deux !
La peur revient d'un coup.
Oh, je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas !
Je suis là qui langue.
Suis ton cœur.
Lui répond la voix de sa mère.
Alors, sans réfléchir, il en jambe le rebord de la pirogue et tombe dans l'eau.
Son poids l'entraîne vers le fond.
Il bat des pieds et des mains pour maintenir sa tête hors de l'eau, mais il coule.
Et une vague lui rentre dans la bouche et le nez.
Il se débat, il a peur, il hoquette et s'étouffe.
Ne résiste pas, laisse-toi faire.
Souffle la voix de sa maman au creux de son oreille.
Guy Lang fait le vide dans sa tête.
Il se concentre sur le champ de la couleur qui n'est plus qu'un murmure.
Il cesse de se débattre et se laisse porter.
La mère l'enveloppe doucement.
Il étend ses bras et ses jambes et se met à flotter.
Les vagues le bersent.
Il ne s'est jamais senti aussi léger.
L'eau est chaude, douce, enveloppante.
Peu à peu, à mesure que sa peur s'atténue,
le champ de la couleur devient plus fort.
Il le tire vers le bas.
Guy Lang prend une grande inspiration.
Et plonge sa tête dans l'eau.
La couleur l'appelle, l'abât, prédéroché.
Il ondule de tout son corps et avange jusqu'à eux.
Il ne voit rien. L'air lui manquit.
Il remonte à la surface et prend une grande aspiration.
Puis il replonge.
Plus bas, encore plus bas.
Il sent une pression contre ses oreilles.
Là-bas, au creux de la roche, un petit coquillage gris.
Guy Lang le saisit et remonte à la surface en battant des pieds.
Sa tête jaille des vagues et il respire.
Il éclate de rire.
Et presse le coquillage contre son cœur.
Il n'en revient pas.
Il a plongé, il a nager et il a dépassé sa peur.
Il se hisse sur sa pirogue et repart en direction du village.
Le soleil embrasse la mer d'un baiser écarlate.
Comme un gigantesque miroir, l'eau reflète de petits nuages érisés.
Guy Lang se sent tout à coup très calme,
en harmonie avec la nature autour de l'eau.
Au loin, il aperçoit deux silhouettes qui se découpent sur le ponton.
La tête tout est bourrifée de marois et l'ombre de mango sur l'épaule de Joko.
Il pagait plus fort écrit.
J'ai réussi ! J'ai trouvé la dernière couleur !
Marois et Joko dancent de joie sur le ponton.
Guy Lang saute de la pirogue et se jette au coup de ses amis.
Fais voir ! Fais voir !
Demande Marois en sautillant.
Oui, montre-nous !
Guy Lang ouvre la main et leur montre le petit coquillage.
Mais il n'est pas bleu ?
C'est Grimarois.
Guy Lang le regarde.
C'est vrai ? Il est complètement gris.
C'est un coquillage comme il en existe des millions.
Tout gris, tout petit.
Il ne comprend pas.
Il se met à douter.
Il est pourtant sûr d'avoir été appelé par la couleur.
Joko sourit.
J'suis parce que les plus belles choses sont souvent cachées.
Dites-il en posant son doigt sur le coquillage et en le caressant délicatement.
Tout doucement, le coquillage s'entrouvre.
À l'intérieur, brille une perle.
Bleu.
Bleu comme la nuit qui tombe en silence.
Guy Lang a trouvé toutes les couleurs.
Il lui reste maintenant à peindre son bâtique magique.
Il sait qu'il va devoir puiser en lui toute la magie enfouie.
Vous venez d'écouter Guy Lang et le Bâtique Magique.
Nous vous donnons rendez-vous lundi prochain pour la suite de l'aventure.
Si l'histoire de Guy Lang dans les îles du Sous-la-Houézi vous a plu,
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A très vite !