[Rediff] L'étrange Noël de Bahia et Léo

Durée: 26m21s

Date de sortie: 21/12/2021

 À Sylve-Bourg, rien ne va plus à l’approche de Noël : les envies de cadeaux s’envolent, le conteur d’histoires disparaît, les jouets se rebellent et au marché de Noël les habitants sont transformés en bonhommes de pain d’épices zombies. Mais pourquoi ? C’est ce que Bahia et Léo aimeraient bien savoir…


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Réalisation : Vincent Guiot. Mix : Celsian. Générique : Léa Chevirer. Illustration : Olivier Danchin.


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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
En décembre, alors que la nuit prend tout son temps et que le froid vous force à vous
en mitoufler, tout s'illumine, sur tout l'esprit des enfants.
Tous pensent aux cadeaux qu'ils pourront bien commander.
Les souhaits et les envies se bousculent et lorsqu'ils se sentent prêts, ils écrivent
avec soin leur liste au Père Noël.
Léo, lui, n'arrive pas à se décider.
Il veut trop de choses.
La console, SP5 dont tout le monde rêve.
Le robot XR, du grand héros Star Newf.
Le kit du sorcier facécieux, le guide ultime du chasseur de monstres imaginaires, le VTT
Over Xtrem, pour ne citer que le top 5 de sa liste des mille et une en vie.
Depuis des jours, il écrit, ratures, froisses, jette et recommence sa liste.
Mais ce matin, il est déterminé.
Il postera sa lettre juste avant d'aller à l'école.
Assez à la table du salon, il pose devant lui une feuille blanche, arme son stylo et
commence à rédiger une nouvelle et ultime version de sa liste.
Mais son stylo ne bouge pas d'un pouce.
Léo n'a plus envie de rien.
« Chers Père Noël, ce que je veux le plus cette année, c'est… hum… bah rien en
fait.
Pourquoi je rédige une lettre au Père Noël d'ailleurs ? »
Sur le chemin de l'école, il retrouve Baya, sa meilleure amie.
« Alors, t'as enfin écrit ta lettre ? »
« Inutile.
J'avais envie de rien.
« Quoi ? T'as tellement d'envie que ta trois cahiers remplis, je te rappelle.
« Ben, il faut croire que j'ai changé.
« Comment ça ? En pleuvant ? »
« Non.
En voulant écrire ma lettre au Père Noël.
« Et juste avant, t'avais des envies qui se bousculaient dans ton cerveau ?
« Je crois.
Je sais plus.
C'est tout envoyé.
« Les méninges de Baya turbinent à plein régime et d'un coup, la solution vient.
« Madame Fripounet, la bibliothécaire de l'école.
« Madame Fripounet est incroyable.
Elle connaît par cœur tous ses livres, encyclopédies, romans, poésies, pièces de théâtres et même
les BD et les mangas.
Mais surtout, elle connaît des tas de légendes et d'anecdotes sur les temps anciens qui
regorgeaient d'aventures de monstres et des magiciens.
« Elle raconte tellement bien qu'on dirait qu'elle y était.
« S'il y en a une qui peut les aider, ça ne peut être qu'elle.
« Baya prend Léo par la main et passe en mode turbo.
« Ils foncent à l'école puis se faufile jusque dans l'entre-livresque de Madame
Fripounet.
« Eh bien, qu'est-ce qui me vaut le plaisir d'avoir de la visite de si beau matin ?
« Léo a perdu toutes ses envies de cadeau.
« Enfin, c'est tout qu'elle dit.
« J'ai l'impression de n'avoir jamais eu envie de rien.
« Par toutes les étagères, mon pauvre petit, ne me dis pas que tu as été victime de…
« Attendez voir, je l'ai sur le bout de la langue, comment ça s'appelle ?
« C'est horrible mangeur d'envie.
« Attendez, je dois avoir un livre à ce sujet.
« Alors, je n'aurais plus jamais d'envie ?
« Bien sûr que si.
« Madame Fripounet aura bien une solution.
« Voilà, voilà, ils en parlent dans mon exemplaire de créature mythiquement magique.
« Oh, mon pauvre petit, tu as été victime du gniffleux,
« un démon qui dévore les envies des enfants lorsqu'elles sont les plus fortes.
« Mais oui, quand tu as voulu enfin écrire ta lettre, il en a profité.
« Mais ce qui est étrange, c'est que ce démon a été renvoyé chez lui il y a fort,
fort longtemps.
« Je me demande comment il a pu revenir.
« Un démon ?
« Mais c'est carrément la catastrophe.
« Comment je vais faire pour récupérer mes envies ?
« Le gniffleux est glouton.
« Il suffit de le tenter avec une belle envie.
« J'en ai plus, moi.
« Mais il reste baïa ?
« Sauf qu'elle ne fait jamais de liste au Père Noël.
« Elle a déjà tous les jouets qu'elle veut avec sa famille qui possède le magasin,
« la fabrique à Joujou.
« Mais il y a un truc dont je rêve depuis toujours.
« Un kit de menuiserie pour créer des soldats de bois.
« Mes parents disent que je suis trop petite.
« C'est parfait !
« Alors voici ce que vous allez faire.
« Baïa, tu vas t'installer pour écrire ta lettre.
« Toi, Léo, tu devras t'armer de farine.
« Comme ça, dès que Baïa sentira ses envies sans voler,
« tu jetteras de la farine sur elle.
« Logiquement, le démon va apparaître.
« Ne perd pas une minute,
« dessine un cercle de farine tout autour de lui
« et le gniffleux sera pris au piège.
« Les enfants sont épatés.
« La journée à l'école leur semble durer une éternité.
« Lorsque la cloche sonne,
« ils se précipitent chez Léo et mettent leur plan à exécution.
« Baïa s'installe sur la table du salon.
« Face à une feuille,
« elle se concentre pour ne penser qu'à son envie de recevoir
« un kit de menuiserie pour Noël.
« Dès qu'elle commence à écrire,
« un frisson la parcourt.
« À l'instant où son stylo se fait hésitant,
« Léo passe à l'action.
« Un nuage de farine recouvre tout.
« Juste derrière Baïa, une silhouette se dessine.
« Sans perdre une minute, Léo trace un cercle autour.
« Un minuscule et curieux démon cornu les fixes.
« L'air renfrognée.
« Ce n'est pas très sympathique ce que vous venez de faire là.
« Parce que vous vous êtes gentil peut-être.
« Vous avez dévoré l'envie de cadeaux de Léo.
« Ça faisait des jours qu'il essayait d'écrire sa liste.
« Son envie est succulente,
« La plus délicieuse que j'ai jamais dégustée.
« Vous pourriez me libérer ?
« Pas avant que vous ayez rendu son envie à Léo.
« Mais je m'en nourris.
« Après tous ces siècles sans en dévorer, je suis affamé.
« Comment ça se fait que vous soyez revenu ?
« Vous n'aviez pas été chassé ?
« Rachon que c'est le grand sorcier à réussir à m'invoquer.
« Il m'a libéré pour que je dévore mon mait préféré.
« Les envies de Noël des enfants.
« Alors vous allez rester prisonniers de ce cercle de farine.
« Vous ne nous auriez pas !
« Je vais mourir de faim et disparaître.
« Il fallait réfléchir avant de bouleoter n'importe quoi.
« Mais j'ai besoin d'envie pour vivre.
« Je sais.
« Vous pourriez manger celle des méchants.
« Grâce à vous, il deviendrait gentil.
« Et vous serez un héros.
« Je n'y avais jamais pensé.
« Vous croyez qu'elles ont bon goût ?
« Moi, vous de le découvrir.
Très bien.
« On va passer un pacte.
« Vous devez jurer de nous vous en prendre qu'aux méchants de envie
« et de rendre toutes celles que vous avez boulotées.
« Tant plat !
« Bahia y fasse le cercle et le gni fêle disparaît.
« Léo s'illumine.
« Il a retrouvé son envie de cadeau
« et s'empresse d'écrire sa liste au Père Noël.
« Un peu plus tard, le nez enfouit dans leurs écharpes.
« Bahia et Léo sortent poster leurs lettres au Père Noël.
« Une fois la lettre avalée par la boîte de la place du marché,
« Léo et Bahia remarquent qu'il y a un attroupement
« qui grossit de minute en minute.
« Bah, il se passe quoi ici ?
« Bah, Léo, c'est bientôt l'heure du compte de Kilibien.
« On y va ?
« Tout le monde adore Kilibien.
« C'est un compteur hors-père,
« grâce auquel on ne s'ennuie jamais.
« Chaque jour de décembre, il s'installe au marché de Noël.
« Et à 18h, tapante,
« tout le monde se presse pour écouter sa nouvelle histoire.
« Mais aujourd'hui, c'est le maire qui accueille les enfants et leurs parents.
« Un grand renfort de trifouillage de doigts,
« il annonce à la foule que la star des comptes n'est pas là.
« Dans la foule, sa chouine, sa souffle et sa proteste.
« C'est très très louche ça.
« Kilibien n'a jamais raté une histoire.
« Il est peut-être malade.
« Ça n'est pas un virus qui le plourait au lit.
« Et puis t'as vu la tête du maire ?
« On n'a qu'à passer chez lui pour voir si tout va bien.
« Il trouve la maison de Kilibien,
« tout illuminé de décoration de Noël.
« Il y a même de la lumière qui s'échappe du salon.
« Sur, dit trouvé Kilibien, Baya sonne.
« Une fois, deux fois, trois fois, mais personne n'ouvre.
« C'est curieux quand même.
« Il serait parti en laissant tout allumé ?
« Tu entends ça ?
« Des marmonnages comme si on parlait.
« Ça vient de la cave.
« Sur la pointe des pieds,
« les enfants s'approchent d'une petite fenêtre
« qui donne sur le sous-sol et sa coupice.
« Ceux qu'ils découvrent, les laissent sans voix.
« Kilibien est assis sur une chaise,
« son grimoire de contes sur les genoux,
« entouré d'une dizaine de bonhommes de neige
« qu'il écoute avec attention.
« Baya a une tête toute froncée.
« Léo, lui, aussi, entre émerveillement et effroi.
« Et lorsqu'il voit le plus petit des bonhommes de neige
« sortir de la cave, il ne pense qu'à une chose, des guerres pires.
« Il nous a vu ! Il faut pas rester ici !
« Attends un peu, j'aimerais bien savoir ce qui se passe.
« Que faites-vous ici ?
« Ça se voit pas ?
« On essaie de comprendre ce que vous avez fait à Kilibien.
« Oh là, en sorcelée pour qu'il nous raconte des histoires.
« Il suffisait de lui demander
« qu'il lui bien raconte des histoires à tout le monde.
« Sauf que nous, on a besoin de ces histoires
« pour nous protéger de la chaleur hivernale.
« Parce que vous trouvez qu'il fait chaud, vous ?
« Je suis gelé.
« Les hivers sont de plus en plus doux
« et nous sommes obligés de nous réfugier
« tout en haut de la Grande Montagne, le royaume des neiges éternelles.
« Et vous croyez vraiment que des histoires
« vont vous protéger du réchauffement ?
« C'est n'importe quoi.
« Norchax, le grand prophète, est venu dans notre village.
« Il nous a raconté que la chaleur allait bientôt
« conquérir notre montagne et que nous étions en danger.
« Nous étions fort inquiets, mais il nous a rassurés.
« Il y avait une solution, les histoires de qui il est bien.
« D'après la légende, si ces histoires réchauffent
« le cœur des humains, elles peuvent refroidir le nôtre.
« C'est grâce à ces comptes que nous survivrons.
« Et je parais qu'il s'est lui qui vous a aidé à l'en sorceler ?
« Tout à fait, grâce à des coups qui glaçaient.
« Norchax est un gros menteur.
« Regarde, il y a un déco-pain près de la chaudière.
« Que vaut-tu à ses pieds ?
« Par tous les floucots, une flac.
« Norchax nous a trompés.
« Nous vous avons privé d'histoire pour rien.
« Débité, le petit bonhomme de neige annonce la nouvelle à ses congénères.
« Je tend un froid polaire sur l'Assemblée.
« Ceux qui les rentrissent, ce n'est pas qu'ils doivent rentrer chez eux.
« Mais plutôt, de ne plus écouter les histoires de Quili bien
« qu'ils trouvent malgré tout magique.
« Les histoires de Quili bien sont diffusées à la radio.
« Ne bougez pas, je vais vous en chercher une.
« Baïa file comme l'éclair et revient quelques instants plus tard
« avec un poste de radio.
« Les bonhommes de neige s'illuminent de joie
« à tel point que Baïa et Léo sont obligés de fermer les yeux.
« Un vent gelé s'engouffre dans la cave.
« Puis tout redevient silence.
« Les enfants se retrouvent seuls avec Quili bien
« qui recouvrent ses esprits.
« Ils ne se souviennent de rien, seulement d'avoir eu très froid.
« Baïa et Léo lui racontent tout.
« Le vieux compteur est tout épaté.
« Ils se sentent tout ragaillardis,
« bouddhi de sa chaise et se mettent en route vers le marché de Noël.
« Même s'il est tard, lors du compte, aura bien lieu.
« Un petit groupe d'enfants, accompagnés de leurs parents,
« attendent pour écouter l'histoire du jour.
« Ça ne plaît pas du tout à Léo.
« Pourquoi il y a aussi peu de monde ?
« Lors du compte est passé. Les gens ont dû rentrer chez eux.
« À cette heure-là, le marché est bondé normalement.
« Où sont-ils tous ?
« Je ne sais pas. Mais t'as remarqué,
« tous les passants ont le même petit sac en papier
« au délice de Tonton-Charonx.
« J'aime pas ça du tout.
« Allons jeter un œil.
Baïa et Léo rejoignent en vitesse l'allée centrale du marché de Noël
pour y trouver une queue interminable qui se répand dans les rues attenantes.
« Tout le monde parle du stand de Tonton-Charonx
« et semble impatient de goûter ses pains d'épices merveilleux,
« tellement savoureux qu'on a l'impression de croquer dans un nuage.
« L'odeur qui plane sur le marché est si envoutante
« que Baïa et Léo ont très envie de faire la queue,
« mais leur impatience est plus forte.
« Ils remontent en 4e vitesse la queue,
« croisant des tas de chanceux dégustant le pain d'épices tant convoitées.
« Ils sont presque arrivés au stand
« lorsqu'un râle de mécontentement remonte la fille d'attente.
« Il y a rupture de stock.
« Aussitôt, tous ceux qui sont en train de croquer
« dans l'un des gâteaux de Tonton-Charonx sont pris de crampadesse Thomas
« avant de se transformer en bonne femme et bonhomme de pain d'épices.
« La panique s'empare du marché.
« Je savais bien qu'il y avait un truc qui clochait.
« Allons voir ce fichu marchand.
« Les enfants fendent la foule affolée et remontent jusqu'au stand.
« Là, ils trouvent un vieil homme hausseux et tout est bourrifé
« qui remballe ses affaires en sifflotant.
« Hé, vous, la freu ! Arrêtez-vous tout de suite !
« Le vieux marchand sursaut.
« Regarde les enfants.
« Sort une fiole de la poche de son veston et la vide du traite.
« Puis, il leur adresse un sourire plein de dents jaunis,
« hoquette et disparaît dans un nuage de fumée verdâtre.
« Un sorcier ! C'est un sorcier qui est derrière tout ça !
« Il a peut-être laissé quelque chose derrière lui.
« Là, près de la caisse, il y a un portefeuille.
« C'est trop beau ! Il pourra pas nous échapper ! Ouvre-le !
« Il n'y a que des vieilles photos et une carte de membre d'un club de lecture.
« Hubert Ronchon.
« Ronchon ? Ça me dit quelque chose ?
« Ne me dis pas que c'est Pépé Ronchon,
« le vieux poux qui gronne sur tout le monde.
« Il le ressemble drôlement.
« Pas du tout, les enfants !
« Ce sorcier s'appelle Ronchax et mène sacré pagaille à quelques jours de Noël.
« Juché sur un règne miniature,
« un petit brin de femme rondelette,
« pas plus haute qu'un tabouret, se tient derrière les deux enfants.
« Bonne et vert, salopette verte,
« chaussettes rayées rouge et blanche,
« chaussures marron, oreilles pointues, elle ressemble à s'y méprendre.
« Une elfe ? Vous êtes une elfe de Noël ?
« Tout à fait, p'tite.
« Je m'appelle Izilda, chef de la sécurité de Noël.
« Le patron m'a envoyé enquêter sur ce qui se trame par chez vous.
« Et vous avez dit que le sorcier s'appelait Ronchax ?
« Affirmatif.
« On ne sait pas grand-chose sur lui, mais ce portefeuille va nous aider.
« Il n'y a rien hormis cette vieille carte et ses vieilles photos.
« Saronx, le vendeur de pein d'épices,
« Norchax, qui a conseillé les bonhommes de neige,
« Rachonx, qui a libéré le gni-feuleux,
« Tous ces noms, ce sont des anagrammes de Ronchax.
« Alors tous nos soucis ont été causés par la même personne ?
« Regarde cette photo, il y a deux enfants dessus qui se ressemblent comme des gouttes d'eau.
« Ronchax et...
« Son frère, si ça se trouve, Pépé Ronchon est le frère de Ronchax.
« À moins que ce soit votre Pépé Ronchon, le grand méchant.
« Il n'y a qu'une seule manière de le savoir.
Izilda, Baïa et Léo filent à travers les rues des herbes.
« Ils ne croisent que des pauvres sujets en peint d'épices en train de se lamanter.
« D'états de rumeurs circulent sur Pépé Ronchon et pas des plufodichons.
« Et il faut avouer que l'état de sa maison n'arrange rien.
« Elle est toute de travers, à moitié recouverte de mousse et de lierre.
« Les trois gros arbres plantés devant donnent l'impression de gardiens menaçants.
« Les étangles, leurs branches, crochues au-dessus de vionins, de jardins qui vous fixent du regard.
« Il paraît que ce sont tous ceux qui ont un jour osé déranger Pépé Ronchon.
« Malgré la crainte qu'il leur tenaille le ventre, Baïa et Léo se tiennent devant le portillon, accompagné d'Ilda.
« Alors qu'ils s'apprêtent à sonner, la porte s'ouvre.
« Des dizaines de chasses sortent en silence sur le perro.
« Les coeurs des deux enfants s'emballent.
« Et puis un vieil homme sort, Pépé Ronchon.
« Sauf que ni Baïa ni Léo, pas plus qu'Ilda, ne leur aient imaginé comme ça.
« Le vieil homme est tout maigre, les cheveux y bourrifait, mais il est enmitouflé dans une épaisse robe de chambre arc-en-ciel.
« Des chaussons tiraient que sa cipier et son sourire à ligne de rangée dedans est inslante.
« J'imagine que la visite d'un elfre de Noël et de deux enfants n'augurent rien de bon.
« Allez, venez vous mettre au chaud.
« Sans qu'ils aient le temps de réagir, Pépé Ronchon claque des doigts
« et le trio se retrouve à tabler dans un salon douillet et sobrement décoré.
« Une tasse de chocolat sentant divinement bon et posée devant chacun d'eux.
« Vous êtes différents.
« De quoi donc ?
« Bah, vous avez l'air gentil.
« Oh, c'est que je trompe bien mon monde.
« J'aime la tranquillité d'autant plus que je suis un sorcier.
« Et si l'on venait à découvrir qui je suis, oh, j'aurai de gros soucis.
« Alors, quand je me mêle avec vous autres les humains, je fais de mon mieux pour qu'on ne s'intéresse pas à moi.
« Alors, c'est pour ça que vous groniers sur tout le monde ?
« Au moins, ça tient les gens à l'écart.
« Ton petit manège ne marche pas avec moi, Ronchax.
« Oh, quel drôle de nom ! Je m'appelle Ronchon.
« Robert, de bon prénom.
« Vous ne vous appelez pas Hubert ?
« Comment connaissez-vous ce prénom ?
« C'est celui de mon frère Jumeau.
« Ne me dites pas qui est dépassé à l'action.
« C'est peu dire.
« Il a transformé les habitants de la ville en bons hommes de peint-épices,
« qui ne nappait qu'il y bien et libérait le gni-feuleux.
« Mais pourquoi est-il aussi méchant ?
« Parce que nos parents étaient des sorciers sans le sous.
« Par chance, on avait un toit sur la tête.
« C'est dieu de maison.
« Mais ça ne suffisait pas à mon frère.
« Il rêvait toujours de recevoir des cadeaux sur toi, Noël.
« Par chance, on en avait toujours un.
« Mais il était toujours modeste.
« Il suffisait à me rendre heureux, mais pas Hubert.
« Il avait l'impression que le père Noël ne lisait jamais sa longue liste
qu'il se contentait de lui offrir le jouet le moins cher.
« Au début, ça le rendait triste.
« Mais peu à peu, son chagrin s'est transformé en colère.
« Et puis un jour, Hubert a claqué la porte,
« déclarant qu'il ferait tout pour mettre fin à Noël.
« Tout ça parce qu'il n'avait pas reçu plein de cadeaux.
« Hélas !
« Un téléphone vibre.
« C'est celui d'Isilda.
« Elle a reçu un message.
« Un masque de terreur recouvre son visage lorsqu'elle le lit.
« Qu'est-ce qui se passe, Isilda ?
« Un affreux sorcier a volé le traîneau de père Noël.
« Hubert n'aurait jamais osé.
« Les méchants, ça hausse tout.
« J'aurais jamais dû quitter le royaume de Noël.
« J'aurais dû envoyer l'un de mes assistants.
« Quelle idiote !
« C'est si grave que ça.
« T'as pas idée.
« Avec ce traîneau, on contrôle l'espace et le temps.
« Regardez dehors, le ciel.
« La nuit laisse place au jour, mais à l'envers.
« Et alors qu'une traînée verdâtre zèbre le ciel,
« le soleil remonte haut dans le ciel et s'arrête à son zénite.
« Il a figé le temps ?
« Oh, c'est une catastrophe !
« Tout ça pour empêcher Noël d'arriver,
« mais il est congelé du cerveau.
« On doit l'arrêter. Il peut être n'importe où.
« Je vais vous aider, lui et moi, s'amener.
« Et en plus, vous avez un objet qui lui appartient.
« Je vais ouvrir un portail pour que nous puissions le rejoindre.
« Pépéronchon prend le portefeuille.
« Marmonne, et d'un coup,
« une petite bulle de lumière apparaît devant lui.
« Il entame alors une danse pleine de drôles de gesticulation.
« Soudain, il s'arrête.
« Jette le portefeuille et là, la bulle grossit, grossit,
« grossit pour laisser place à une porte.
« Sans attendre, Pépéronchon louvre.
« Elle donne sur une plage de rêve,
« bordée par une épaisse forêt d'arbres exotiques.
« Une maison se dresse tout près.
« Il ne se refuse rien.
« Il ruine Noël et ensuite, il part en vacances.
« Je dirais plutôt qu'il s'est caché sur une île perdue.
« On saura bien où il est en passant cette porte.
« Une fois de l'autre côté,
« tout le monde est frappé par la beauté du paysage
« avec son eau turquoise.
« Toutefois, la chaleur accablante tranche
« avec la froidure d'où vient la petite troupe.
« Alors, d'un claquement de doigts,
« Pépéronchon habille tout le monde plus légèrement.
« Soudain, la forêt gronde.
« Les arbres tremblent plus des dizaines de jouets maléfiques, Jacques.
« Que personne ne panique, j'en fais mon affaire.
« Ils vont voir de quel bois se chauffe
« la chef de la sécurité de Père Noël.
« Foncez, trouvirons chax.
« Alors qu'Isilda se chette en hurlant sur les assaillants,
« le reste de l'équipe s'engouffre dans la forêt.
« Ils s'attendent à devoir traverser une jungle tout fû,
« mais après quelques simples engendées,
« ils arrivent dans une clérière de sable entourée de palmiers,
« au milieu de laquelle est plantée une cabane biscorneuse,
« faite de rondins de bois mal coupés et de branchages.
« Posé à côté, le traîneau du Père Noël
« auxquels sont attelés des reines épuisées.
« Ronschax, ou plutôt Hubert Ronschon,
« sort de sa caute impériale,
« dans une robe de sorcier d'un noir profond,
« un gros pendentif verdâtre autour du cou.
« Il applaudit les arrivants.
« Bravo, bravo les enfants !
« Vous m'avez retrouvé et vous m'avez ramené mon abecile de frère.
« Vous vouliez me faire un cadeau.
« Vous allez remettre le temps en marche, sinon ?
« Sinon quoi ?
« Attention à ce que tu vas dire, petite.
« Je suis puissant, très puissant.
« Tu menaces les enfants, Hubert.
« Ça te ressemble pas.
« Mais viens, rentre-toi à la maison,
« on va boire un bon chocolat chaud et déguster de délicieux cookies.
« Alors que j'ai enfin réussi mon grand œuvre,
« le plan le plus matiavénique de tous les temps, jamais.
« Ah, ne me force pas à me battre.
« Parce que tu te crois encore meilleur que moi,
« tu vas le regretter.
« Une épaisse fumée verte s'échappe du collier
« et enveloppe Ronschax.
« Une ombre horrible mouchicontaisque, c'est-il.
« Un hurlement de colère la fait s'évaporer.
« L'affreux Hubert s'est transformé
« en un gros tas de muscles verdâtre.
« Baïa et Léo sont perdu.
« Écartez-vous, je vais lui donner une bonne correction.
« Une baguette apparaît dans la main du sorcier.
« Un éclair en sort et frappe le sol.
« Une seconde plus tard, un serpent de sable jaille
« pour s'enrouler autour du monstre.
« Leur éptile resserre son étreinte,
« mais d'un mouvement d'épaule, Ronschax le fait exploser.
« Les coupes pleuvent, les sores fuisent,
« pépéronchons épuisent, Ronschax est bien trop fort.
« Arrête, Hubert !
« T'as tout ça ne rit marien, on était heureux, Gamma.
« Heureux ? Heureux ?
« On était l'arrêté de l'académie des sorciers
« à cause de notre look de poupilleux.
« Même les professeurs n'ont pas nos gardés.
« Mais ce n'est pas une raison pour gâcher Noël.
« Mais tu réessends, si j'ai fait ça,
« si à cause de ce modi perdant elle,
« toujours à nous offrir, mes jouets n'étaient plus minables.
« Diffois, je lui ai demandé la figurine
« dès l'héonore, la profondeuse de terreur.
« Diffois, tu m'endors ?
« Et jamais, jamais il ne me l'a offerte.
« Alors que tous les autres, il l'a recevée.
Ce n'est pas la figurine super-collector
que ton arrière-grand-père a créé ?
Mais oui, t'as raison.
Alors on peut tout arrêter maintenant ?
Baya se précipite en plein dans la mêlée,
pile entre Hubert et Robert Ronchon.
Stop ! Pousse ! On fait une pause !
Qu'est-ce qui te prend, les mioches ?
Réperonchon, renvoyez-moi chez moi !
Ce n'est pas le moment, Baya.
Tu as tellement bair que tu veux aller pleurer
dans les jupes de ta maman.
Vous, je vous ai pas sonné. Faites ce qu'elle dit, elle a la solution.
Comme si une gamee pouvait me battre.
La bagarre, la bagarre, y a que ça qui compte pour vous.
Non mais franchement, alors, M. Ronchon, elle vient cette porte.
Un peu perdu, Péperonchon prend une clé que Baya le vit en.
Il entame son curieux rituel et une porte apparaît.
Elle donne droit sur l'atelier de jouet familial.
La jeune fille s'y engouffre sous le regard effaré des deux sorciers.
Après une longue, très longue minute,
elle revient en tenant...
Une figurine d'éodorne profondeuse de terreur.
Oui, la toute première qui a confectionné mon arrière papy.
Je suis sûre qu'il aurait adoré que vous l'ayez.
Tu... Tu me l'as donne ? Pour de vrai ?
Pour de vrai.
Un jouet est toujours mieux entre les mains de quelqu'un qui en a vraiment envie.
La fumée verdâtre s'enroule autour de Ronchax,
qui redevient un vieux sorcier.
Mais avec ses yeux brillants de l'arme et ses mains tendues vers le jouet,
il n'a plus rien d'affreux.
C'est le plus beau cadeau qu'on n'a jamais fait.
Euh... Tu pourrais remettre le temps en marche maintenant ?
Ronchax se saisit son pendentif,
puis prononce une formule d'une voix rocailleuse
qui donne l'impression d'entendre une avalanche se déchaîner.
D'un coup, le soleil fit se coucher, la nuit reprend son cours.
Tout est rentré dans l'ordre.
Et depuis la cheminée où elle a trouvé une place de choix,
et Léonore, la pourfendeuse de terreur,
contemple deux vieux sorciers et deux enfants
qui se racontent toutes leurs envies de cadeaux les plus folles
en buvant un bon chocolat.
...

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Imaginez que vous adorez lire, et que votre rêve est de devenir le plus grand monstrologue de tous les temps. Maintenant imaginez que vous tombiez sur Monstropedia, un livre monde peuplé de monstres rares. Oseriez-vous le lire, même si l'on dit qu'il est maudit ?


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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