Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui vous allez écouter la nouvelle histoire d'envoler
comté, il y est sur le Nil.
Une histoire qui vous emmène à la pêche aux vieux objets délaissés sur les bords
de ce fleuve, dans le but de leur donner une seconde vie et de redonner au Nil toute
sa splendor.
Mais avant d'écouter ce premier épisode, nous souhaitions vous présenter l'initiative
de Petite Marèle, créée par Baptiste Adrien.
Petite Marèle.fr est la première plateforme de location de jouets permettant de profiter
et de louer des jouets quand on en a vraiment envie, de réduire le gaspillage et de ne
pas en compter davantage sa maison ou sa chambre.
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venu pour en choisir d'autres.
Et pour fêter le lancement de cette nouvelle histoire, nous vous offrons une réduction
de 10 euros avec le code ILS.
Et maintenant, sortez votre épuisette, on vous embarque au large du Nil.
Bonne écoute !
Petite adepterraille oubliée dans un coin, usée, cassée, abandonnée.
Mais quel est donc cet objet ?
Un accordéon, un petit avion ou un carillon ?
Avec de bons outils et de l'imagination, il deviendra ce que tu veux qu'il soit.
Il y est, se penche et attrape un petit fago de bois qu'il jette dans les flammes de la
chaudière.
Quelques secondes plus tard, un gros nuage blanc sort de la cheminée en fonte.
Il entend le sifflement de la vapeur qui rejoint le bleu du ciel au-dessus de sa tête.
Il jette un coup d'œil à la réserve de bois qui s'épuise lentement.
Nous avons bois avancés doucement, nous n'aurons bientôt plus de bois.
Pense-t-il ?
La péniche d'Iliès s'appelle le Nymphéa et elle avance à la vapeur.
Car dans le monde où il y est, il est devenu très difficile de se procurer de l'essence.
Le bois qui brûle dans la chaudière l'a fait avancer.
Mais sur les terres arides de l'Egypte, il n'y a que très peu de forêt.
Il sort sur le ponton.
Il est tôt, mais le soleil fait déjà scintiller le grand fleuve Nil.
Des champs de blé et des roseaux dansant au gré du courant défilent au bord de l'eau.
Accoudés à une grande table installée au milieu du pont,
Ayub, le père d'Iliès, recoue un filet de pêche en s'y flottant.
Sa mère dina tient le gouvernail.
Et sa petite sœur Chani fredonne dans un coin en rangant soigneusement des boulons et des vices
dans les compartiments d'une grande caisse à outils.
Le Nymphéa ressemble à un atelier flottant sur l'eau.
Partout, il y a des objets usés, cassés, rafistolés et des outils de toutes les formes.
Voilà des années, Caillou et Bédina ont trouvé cette péniche abandonnée sur les bords du fleuve.
Ils l'ont remise en état et l'ont transformé en une recyclerie flottante.
Les récupèrent tous les objets qu'ils trouvent et les répart.
Aujourd'hui, c'est samedi.
Iliès et sa famille se rendent dans la grande ville du Caire
pour vendre des objets qu'ils ont trouvés et rafistolés.
Les premières habitations ne tardent pas à apparaître au milieu des champs.
Petit à petit, le paysage de ville remplace le paysage de campagne.
Des cabanes faites de pierres et de sable se dressent les unes contre les autres.
Au loin, Iliès aperçoit une immense pyramide qui se font dans les nuages.
Son père attrape une paire de jumelles.
C'est une pyramide de Gizet.
Elle est là depuis des millénaires.
Aujourd'hui, elle est habitée par le Seigneur Horus.
C'est le Seigneur le plus puissant d'Icypte.
Il contrôle toute la plaine, toutes les terres que tu vois lui appartiennent.
Le père de Russe, le Seigneur Kahn,
a forcé l'entrée de cette pyramide et s'est installé dedans il y a des années.
Il a aussi pris les terres des paysans et depuis ce temps-là,
ils doivent donner la moitié de leur récolte à son fils russe.
Ah bon ? Mais pourquoi ?
C'est un Iliès.
Parce que lui seul a le pouvoir de se déplacer.
Il a une immense réserve de pétrole classée quelque part dans la pyramide.
Si les paysans veulent quelques litres d'essence pour faire fonctionner leur machine,
ils doivent prêter à l'égance, à Horus.
Ça veut dire qu'ils doivent le servir et lui donner une grande partie de leur récolte.
En essence, Horus les protège.
S'ils se font attaquer et leur donnent un peu d'essence.
Mais c'est pas juste ! L'essence devrait être à tout le monde !
C'est pas juste !
Mais c'est comme ça que marche le monde !
La vie, c'est pas de la tard.
Bougogne une voie chevrotante.
Iliès se retourne.
Son grand-père Amosis assise sur son fauteuil roulant, m'achouine un bâton de cannelle.
Tu vois, mon petit gars,
le problème, c'est quand les gens veulent tout ce quelque chose qui est de plus en plus rare.
Quand j'étais jeune, on trouvait encore du pétrole.
Tout le monde ou presque avait une voiture.
On pouvait se déplacer facilement.
Et puis il y en a eu de moins en moins.
Écoutez de plus en plus cher et seul.
Les personnes très riches pouvaient s'en acheter.
Le Seigneur Cannes a vite compris
que les gens étaient prêts à tout pour quelques litres.
Alors il a acheté tout le pétrole qu'il a pu trouver.
Il l'a caché dans sa pyramide et il a installé une véritable armée tout autour
pour empêcher quiconque de s'en approcher.
Il a mis tout son peuple à genoux.
La petite chani dans l'oreille, intrigué par l'histoire que raconte son grand-père.
Et personne n'a essayé de l'empêcher ?
Demande-t-elle.
Oh !
Oh, bien sûr que si !
Certains voulaient partager les richesses pour que tout le monde en ait un peu.
Une société secrète a été fondée pour arrêter Cannes.
Mais les pauvres ont été capturés.
On disparut dans les cachots de la pyramide.
Dina manœuvre pour approcher la péniche d'un ponton.
L'acier heurte doucement le bois.
Bon, c'est pas le tout les petits loups, mais on a du bazar à ouvrir aujourd'hui.
C'exclame Dina en désignant les objets empilés dans un coin de la péniche.
À Moziz, il y a ses chanies, les prennent et les déposent sur une charrette.
Il y a quatre vélos repêchés au fond du fleuve, deux machines à coudre trouvées
dans une des charges et auxquelles ils ont rajouté des pédales, un moulin à café,
deux réveils à ressort et une trottinette.
À cela s'ajoute une caisse entière d'outils, de clous, de vis et de boulons.
Allez, c'est l'heure de sortir, Acacia.
Sourit Chani en disparaissant dans la cale de la péniche.
Un hénissement joyeux ne tarde pas à se faire entendre et deux grandes oreilles grises et
toutes douces se dessinent dans l'embrasure de la porte.
Dina glisse sur son doigt, arnait et la tâche à la charrette.
C'est bien mon âne.
Mur-mure Chani en lui caressant les oreilles et en lui donnant une poignée de foi.
Bon, allez, à tout à l'heure les enfants.
Clame Amosis alors que Chani lia ses leurs parents,
descende de la péniche avec Acacia, tirant la charrette.
Moi, moi, j'ai de la bricole à faire.
Sur ses mots, il fait rouler son fauteuil jusqu'à la cale.
Amosis a une petite pièce secrète tout au fond de la péniche.
Personne n'y a jamais mis les pieds et elle garde la clé accrochée à une petite chaine autour de son cou.
Juste à côté d'un étrange pendentif qu'il a depuis qu'il est bébé.
Iies donnerait cher pour savoir ce que son grand-père fabrique dans cette petite pièce.
Parfois, il colle son oreille contre la porte et il lui semble entendre des bruits de marteau au-dessus.
Son grand-père est un inventeur.
Toute sa vie, il a réparé, fabriqué, bidouillé tout ce qui lui passait sous la main.
Dans la cuisine de la péniche, on trouve une horloge qui sert aussi de four à pain,
une cafetière qui parle l'égyptie antique et un four à énergie solaire.
Toutes ses inventions viennent d'Amosis.
Chani guide Acacia dans un dédale de petites rues poussireuses.
Il fait chaud et les criquets bourdonnent cachés entre les pierres.
Au détour d'une ruelle signeuse, la grande plage du marché s'étale devant eux.
Acacia avance jusqu'au fond de la place et Ayu Bedi'na dresse le rétal.
Une vieille dame s'approche.
« Combien pour le moulin et café ?
Un sac de sardine ! » lui répondina.
« Je n'ai qu'un de mes sacs.
Ça fera l'affaire, teni ! »
La vieille dame pose ses mains sur son cœur en signe de remerciement
et repart avec son moulin sous le bras.
L'argent a disparu depuis déjà bien longtemps
et les gens se procurent des choses en les échangeant contre d'autres choses.
Pleins de monde se pressent autour des objets que vendent les parents d'Iliès.
Ils savent que même s'ils ne sont pas neufs, tous ces objets sont robustes et bien réparés.
Une heure plus tard, tous les objets ont été vendus
et la charrette est remplie de sacs de farine, de légumes, de fagots de bois
pour faire avancer la péniche et de bottes de foin pour Acacia.
Soudain, un grand silence tombe sur la place du marché.
Des gardes du Seigneur Horus sont arrivés.
Ils avancent sur la place, leurs armures luisant sous le soleil.
Les enfants se cachent sous les étales.
Les vendeurs et les vendeuses baissent la tête.
Même les poules arrêtent de cancanner.
Leurs potes sur la terre dure font un bruit sourd.
Père ton vide d'ici.
Mur-mure Dina en prenant Shani dans ses bras et en la posant sur le dos d'Acacia.
Elle attrape la main d'Iliès.
Allez !
Souffle Shani dans l'oreille de l'âne.
Acacia se met en marche.
Mais le grincement des roues de la charrette fait se retourner une des gardes.
Hé, vous ! Où as-tu que vous allez comme ça ?
Nous rentrons chez nous ! répond Dina.
Il y est sans la main de sa mère qui presse ses doigts.
Elle est moite.
Vous avez payé la taxe ?
Quelle taxe ?
Demande à Yub.
Hein ! La taxe pour le marché, partit !
Nous n'avons pas prêté allégeance au Seigneur Horus, non de lui de vos moyens.
Avant, se dit Dina en passant les lèvres.
Un mur-mure parcourt le marché.
Tout le monde ici a prêté allégeance.
C'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour vivre.
Peu importe !
Vous êtes sur ces terres !
Vous devez payer.
Vous finirez tous et toutes en prison.
Dina peint si fort les lèvres qu'elles en deviennent blanches.
Il y est sans que sa mère trouve cela injuste et qu'elle est sur le point de s'énerver.
Mais elle respire un grand coup et attrape un sac de farine sur la charrette.
Elle le lance en direction de la garde.
Vous plaisantez ?
La taxe est tout ce qu'il y a sur votre charrette.
Allez, vous autres, prenez tout ça !
Ordonne-t-elle en direction des autres gardes.
Mais, mais, mais, c'est tout ce qu'on a !
Vous ne pouvez pas tout nous prendre !
Estimez-vous heureux qu'on vous laisse la charrette, Elan.
Si vous ne voulez pas payer autant,
vous n'avez qu'à prêter allégeance au grand Seigneur Horus.
Sur le chemin du retour, avec la charrette vide derrière eux,
tous se sont tristes et en colère.
Dina chuchotte à l'oreille d'Aioub.
C'est trop injuste. Ça ne peut plus durer.
Aioub, tu sais ce qu'il nous reste à faire.
Il y est, se regarde sa mère.
Il croit voir dans ses yeux une étincelle s'allumée.
Il sait qu'elle a une idée derrière la tête.
Vous venez d'écouter une histoire d'envoler comptée,
une création originale écrite par Lucille Petit.
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À très vite !